On n'est pas des moutons

Mot-clé: jazz

Mimi Perrin, comme un pinson du jazz

Mimi Per­rin, 1960. « Jazz maga­zine » saluant la nais­sance d’un style vocal.

A quoi ça tient… Les jour­naux, le jazz, la poli­tique, tout ça… J’allais allu­mer le feu, chif­fon­nant quelques boules de vieux Monde, la presse pour ça, rien de mieux – va le faire avec une page oueb… Mais brû­ler du jour­nal, pour un jour­na­liste, y a pas, c’est tou­jours un geste dur, à l’arrière-goût d’holocauste. Avec ça qu’au der­nier moment, un titre, une image, un mot vous accroche l’œil – et voilà ce qui arriva l’autre soir : « Quoi, Mimi Per­rin est morte ? ». Ben oui, c’est Mar­mande qui l’atteste, en tête de la page 30 [Le Monde, 20/​11/​10] avec une magni­fique photo de Jean-​Pierre Leloir. C’est bizarre la lec­ture du canard, on sait ça depuis longtemps.Un peu comme pour la musique, on vire­volte… Là, j’avais bien per­cuté sur la mort d ‘Abra­ham Ser­faty, l’inlassable oppo­sant au régime maro­cain ; et voilà com­ment Mimi Per­rin faillit pas­ser à la trappe de mon his­toire de jazzophile.

Superbe album avec ses vingt titres.

Jean­nine (avec deux n) Per­rin, dites « Mimi » (comme un pin­son ?), avant de mou­rir à 84 ans, ce 16 novembre à Paris, a vécu une double vie. Pour les jaz­zeux, celle des Double Six, sans doute le plus fameux encore à ce jour des groupes vocaux fran­çais et fran­co­phones. Elle en fut la créa­trice et l’inspiratrice de 1959 à 1965, date de la dis­so­lu­tion du groupe. Pour les lit­té­raires, c’était une tra­duc­trice renom­mée de l’américain au fran­çais – notam­ment les bio­gra­phies de Dizzy Giles­pie, Nina Simone et Quincy Jones dont elle était très proche. Mais on lui doit aussi des tra­duc­tions de John Le Carré (entre autres La constance du jar­di­nier, Une ami­tié abso­lue, avec sa fille Isabelle).

Dans les deux cas, un rap­port intime avec la langue fran­çaise. C’est même ce qui a consti­tué toute la pleine saveur des Double Six : cette manière superbe d’allier l’essence du jazz à celle du fran­çais, pour­tant réputé peu « musi­cable » – sur­tout dans ce registre, comme dans celui du rock, géné­ti­que­ment por­tés par l’anglo-saxon. Mais les Double Six, ce n’était pas qu’une per­for­mance lin­guis­tique. C’était aussi et d’abord un exploit musi­cal ayant consisté à « res­ti­tuer voca­le­ment les ver­sions ins­tru­men­tales de thèmes de jazz, solos com­pris, en repre­nant toutes les voix d’une orches­tra­tion de big band » (Xavier Pré­vost, Dic­tion­naire du jazz).

Je ne vous en dis pas plus ici, pré­fé­rant lui lais­ser la voix, sublime, dans l’extrait ci-​dessous, de 1960 (juste une minute légale de citation).

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aussi avoir JavaS­cript activé dans votre navigateur.

On entend ici Mimi Per­rin dans « Rate Race » (La course au rat) de Quincy Jones ; elle tient la ligne se saxo ténor de Billy Mit­chell dans l’orchestre de Count Basie. Au piano, Art Sim­mons, à la basse, Michel Gau­dry et Daniel Humair à la bat­te­rie. Les CD du groupe peuvent don­ner lieu à des cadeaux de qua­lité… Parmi les autres voix du groupe, on retrou­vera notam­ment celles de Chris­tiane Legrand (sœur de Michel), et aussi de Ber­nard Lubat et d’Eddy Louiss. Un col­lier de perles dont « Mimi » fut l’une des plus étincelantes.


Enzo Carniel Trio et Nicolas Folmer : un jazz qui Mouline à Vitrolles

Il y a aussi le devant de la scène : un public et une équipe qui relient le jazz et les musi­ciens. © Ph. Gérard Tissier

Samedi 13 novembre, Mou­lin à jazz de Vitrolles (Bouches-​du-​Rhône). Taux de com­pres­sion maxi, soit plus de cent per­sonnes. Une qua­ran­taine d’autres refou­lées. A l’affiche : Enzo Car­niel Trio et Nico­las Fol­mer en invité. Concert impec, écoute et ambiance de même. Ova­tion inévi­table. Expli­ca­tion du suc­cès : des musi­ciens de talent, certes et en pre­mier lieu. Mais aussi des condi­tions opti­males pour des artistes tou­jours ravis de venir jouer à Vitrolles où ils sont cajo­lés à la fois par la bande de Char­lie Free, l’association qui gère le Mou­lin et le Fes­ti­val, et par un public si atten­tif, connais­seur et cha­leu­reux. Le tout ayant un prix, celui du spec­tacle vivant, menacé comme tant d’autres secteurs.

À lire sur Citi­zen jazz : http://www​.citi​zen​jazz​.com/​J​a​z​z​-​a​u​-​M​o​u​l​i​n​-​V​i​t​r​o​l​l​e​s​-​s​u​i​v​i​-​d​e​.​h​tml


Wayne Shorter à Marseille. Cette volonté de larguer les amarres…

Wayne Shor­ter en quar­tette. C’était ce 21 octobre 2010 sur les quais de Mar­seille, Fiesta des Suds. Seul concert de jazz de cette semaine « musiques et arts du monde », un must, comme on dit en pro­ven­çal… Les voilà donc qui s’installent, fan­tômes devant deux bons mil­liers d’oreilles, dont la moi­tié de corps et de cer­veaux, espé­rons. Ce sera le cas : grand rendez-​vous pour grande musique – y en aurait-​il d’autres ? La plu­part le savent, ils ont bien rendez-​vous avec l’ex-sax des Jazz Mes­sen­gers, de Miles Davis après Col­trane, puis de Wea­ther Report – ceux qui ont, du moins pour un temps de rock, changé le cli­mat du jazz.

La suite là, sur Citi­zen Jazz.

Comme un Braque ou un Picasso, des mor­ceaux por­tés par la struc­ture. © Ph. Gérard Tissier



Alain Corneau, le musicien à la caméra

Alain Cor­neau au Fes­ti­val du Film Fran­çais de Yoko­hama, le 19 juin 2005. Ph. Wikipedia

Mes papiers « jazz » seront désor­mais plus au chaud sur le site de Citi­zen Jazz. Je conti­nue­rai à les signa­ler sur C’est pour dire, comme c’est le cas avec cet hom­mage au cinéaste Alain Cor­neau, qui vient de mourir.

Alain Cor­neau, le musi­cien à la caméra


Mort d’Abbey Lincoln. Voix du jazz et des droits de l’homme

Abbey Lin­coln en concert (1992) Ph. Wikipedia

Abbey Lin­coln est morte samedi (14 août), mais la France des « JT » n’en aura rien su – si j’en crois mes [télé]visions. Cette France aura été gavée des pro­diges d’une Amé­ri­caine de dix ans désor­mais pro­mue Cal­las en herbe. Ou bien, le len­de­main, d’un gamin de huit ans, un Anglais, sur­nommé le « petit Monet » parce qu’il peint comme un dieu… Ne cher­chez pas l’arnaque (enfin si !, s’il y en a une, tou­jours pos­sible), c’est le Spec­tacle qui exige de tels sacrifices.

Donc la chan­teuse de jazz a tré­passé à 80 ans, dans sa mai­son de retraite de New York. On peut bien conce­voir que l’info ne sou­lève guère les rédac­tions télé­vi­sées et qu’il valait mieux, certes, trai­ter des rafles de Roms et autres réprou­vés de la démente poli­tique sar­ko­zyenne. Sauf que lien il y a entre la mort de la dame état­su­nienne et cette désho­no­rante actua­lité fran­çaise. Abbey Lin­coln, en effet, fut une ardente mili­tante pour les droits civiques aux Etats-​Unis, c’est-à-dire contre cette ségré­ga­tion qui ren­voyait les Noirs au rayon des sous-​hommes.

Noire elle-​même, peut-​être aussi métis­sée de sang indien, Anna Marie Wool­dridge s’était unie en 1962, à la ville comme au com­bat poli­tique, avec le bat­teur Max Roach (mort en 2007), pion­nier du bebop et mili­tant des droits de l’homme. Ce n’est évi­dem­ment pas par hasard qu’elle choi­sit alors de s’appeler Lin­coln. En 1960, en effet, elle et Roach avaient été invi­tés à contri­buer aux com­mé­mo­ra­tions du cen­tième anni­ver­saire de la pro­cla­ma­tion d’émancipation de Abra­ham Lin­coln pré­vues en 1963.

Voilà pour­quoi l’ « actu » aurait pu réser­ver même seule­ment une brève à cette grande dame à la voix « enga­gée », c’est-à-dire une voix non pas jolie, sur­tout pas enjô­leuse ; une voix si indé­fi­nis­sable et forte à la fois. Le mieux est de la don­ner à entendre. Par exemple dans cet extrait de « Ten­der as a Rose », un chant a capella, pas mili­tant, pas fleur bleue non plus.

Clip audio : Le lec­teur Adobe Flash (ver­sion 9 ou plus) est néces­saire pour la lec­ture de ce clip audio. Télé­char­gez la der­nière ver­sion ici. Vous devez aussi avoir JavaS­cript activé dans votre navigateur.

Pour en savoir plus sur Abbey Lin­coln, ne vous pri­vez pas non plus de lire le très bon article de Diane Gas­tellu sur Citi­zen Jazz.


McCoy Tyner à La Roque-d’Anthéron. Même les astres vieillissent


« Sois fier, ouvrier ! » Ph. Gérard Tissier

Une fois le tra­vail fini, l’ouvrier ramasse sa musette, la passe à l’épaule et file vers son des­tin. Qu’y a-​t-​il donc dans la musette de McCoy Tyner, Alfred de son inusité pré­nom, ame­née avec lui hier [lundi 26 juillet 2010] à son concert du fes­ti­val de La Roque d’Anthéron ? Il a gagné la scène à petits pas comp­tés de retraité. Soixante-​douze ans, pas si vieux pour­tant. Mais c’est qu’il en a compté des pas, et des notes donc, par mil­liers de mil­lions ! Cet aristo du jazz a tout du prolo magis­tral, et sa cas­quette on ne sait si elle sort d’un green de golf ou d’un bis­trot à tiercé. S’en fout. Donc, il pose sa pré­cieuse musette au pied du Stein­way ; elle est pleine, jouf­flue, fer­mée : des sou­ve­nirs, des his­toires, pleine d’images, de sons, de par­toches ? Elle reste muette la musette et le voilà à l’ouvrage, l’ouvrier. Il la connaît sa machine, depuis le temps. Il l’aime et la caresse. Pas la moindre bru­ta­lité. Tout dans la tête et en voi­ture les copains.

Soit Joe Lovano au ténor, à l’avant, place du mort. C’est-à-dire celle du grand, du géant, du com­man­deur à l’ombre tuté­laire. Avec Col­trane, McCoy aura joué presque une dizaine d’années, dont cinq ou six au plus près (60−65), les plus grandes, les glo­rieuses, l’épopée. On n’en fini­rait pas d’égrener enre­gis­tre­ments et concerts, par cen­taines, dont celui de 60, à l’Olympia, où ils furent sif­flés, mécham­ment, par d’ignares braillards, arrière-​gardistes à la ramasse. Des réacs en fait, des peine à jouir en quête de ras­su­rance : entendre ce qu’on connaît, c’est mieux pour chan­ton­ner ou fan­fa­ron­ner. On dira que ça vaut les snobs, ô Gudule… Mais la musique, le jazz, revenons-​y.

Hier donc, ça se pas­sait à Rognes, près d’ Aix-​en-​Provence et de la Roque d’Anthéron, vous savez le grand fes­ti­val de piano. Rognes, dans les anciennes car­rières de la pierre du même nom qui pare les belles mai­sons de riches. L’endroit est comme on dit « magique » : un trou taillé à l’équerre dans la roche du plus bel ocre. En fond de scène, cette muraille avec son Nia­gara de lierre éme­raude. Ne me dites pas que ça ne s’entend pas ! Néces­saire écrin aux notes célestes. Pour­quoi croyez-​vous qu’on par­coure tant de lieues pour com­mu­nier en musique ? : Vienne et son théâtre antique, Nice et ses cor­niches, Vitrolles et ses pla­tanes, La Seyne-​sur-​mer et son Fort Napo­léon – j’en passe. Pour­quoi pré­fé­rer le décor d’un res­tau­rant à celui de sa cui­sine ? Reste tou­jours la ques­tion des plats, évi­dem­ment. Pas ques­tion de tam­bouille ou d’arnaque à la frime.

Ph. Gérard Tissier

Et hier, jus­te­ment, pas la moindre trace de notes fre­la­tées. Lovano, donc, le gendre idéal pour noces bien tenues. Aucun débor­de­ment dans le pro propre. Mais du solide, de l’assuré, jusque dans la déli­ca­tesse soyeuse. Au volant, Alfred suit sa route, « négo­cie » ses courbes, assure les reprises ; main gauche main droite en pleine vélo­cité. Aux places arrière, le mou­lin de la ryth­mique, cor­recte aussi, plus ou moins – un bat­teur qui bat (Eric Kamau Gra­vatt, passé par Wea­ther Report) sans plus ; un contre­bas­siste qui pulse de même (Gerald Can­non, appuyé, démonstratif).

On aura par­couru la grande route du jazz en 90 minutes : du modal et même du swing ancien et de la racine (Blues on the Cor­ner en rap­pel). Mais plus de folie free. Même les astres vieillissent. Plus ou moins vite. Celui-​là prend son temps, sur­tout depuis que le Soleil s’est éloi­gné. Même si « les gens » per­sistent à voir en lui « l’homme qu’a vu l’ours » – ce « pia­niste de John Col­trane », alias J-​C, vous savez dans le sys­tème ado­ra­tif des fans, ceux qui croient aux miracles, qui croient croire et qui coassent, comme raillait Pré­vert, et qui se pros­ternent au pas­sage de l’ « icône vivante » – ova­tion debout, à l’aller de la scène comme au retour, car ils étaient venus à la car­rière de Rognes comme à la grotte de Lourdes, croyant au miracle qui n’a pour­tant pas eu lieu. Mais c’était bien assez pour hono­rer le culte du jazz, cette reli­gion – en principe – barbare.

Ci-​dessous, en prime, deux extraits sai­sis dans la car­rière de Rognes :
[fla­sh­vi­deo file=http://f.lovisolojob.free.fr/video/11maccoy.flv /]

[fla­sh­vi­deo file=http://f.lovisolojob.free.fr/video/22maccoy.flv /]

– – – – – – – – – – –

Ph. Gérard Tissier

PS 1 – Mon cama­rade Gérard Tis­sier, autre fondu de jazz et néan­moins pho­to­graphe avait hier un plan « Rognes » : offrir à Alfred McCoy Tyner la photo qu’il prit de lui… en 1963 au Blue Note à Paris où il avait déboulé avec ses potes après le concert salle Pleyel du quar­tet de John Col­trane. Il y avait là Jimmy Gar­ri­son (c-​basse) et Elvin Jones (bat­te­rie) qui enta­mèrent le bœuf, à la suite du concert de l’organiste Lou Benett, ori­gi­naire de Phi­la­del­phie tout comme McCoy…

Ces deux pho­tos attestent aussi de l’impossibilité pour le jeune pho­to­graphe d’alors de bou­ger et donc de pou­voir, dans ce club si exigu (dis­paru depuis) cadrer ensemble les trois musiciens…

Mais hier, le temps de gagner la sor­tie de la car­rière (pas le tout d’y entrer…) et les vedettes avaient été aspi­rées par la limou­sine de ser­vice. Gérard a gardé ses deux pho­tos dans sa… musette. Avec le bon­jour d’Alfred !

PS 2 – Mort de Willem Breu­ker. Cour­riel de Gérard Ter­ro­nès : […] « Notre ami Willem Breu­ker nous a quit­tés hier ven­dredi [23 jui­let]. J’ai eu le grand pri­vi­lège de pou­voir pro­gram­mer ce com­po­si­teur, saxo­pho­niste et lea­der du Willem Breu­ker Kol­lek­tief dans mes dif­fé­rents jazz clubs, concerts et fes­ti­vals pari­siens, de l’enregistrer sur mon label Marge et aussi d’être son com­pa­gnon de route durant dix-​huit ans (1975−1993) dans de mul­tiples aven­tures à tra­vers toute la France.

« Artiste brillant, il fut l’un des pères des musiques impro­vi­sées euro­péennes vers le milieu des années 1960. Créa­teur et agi­ta­teur musi­cal très inven­tif, vir­tuose et plein d’humour, il com­posa aussi pour le cinéma et le théâtre. Il mani­festa une indé­pen­dance cer­taine dans la jungle des jazz et mit en pra­tique son choix de fonc­tion­ne­ment poli­ti­que­ment auto­nome en dénon­çant dans ses œuvres toutes les injus­tices et misères du monde, mais éga­le­ment par sa démarche en auto­ges­tion et ges­tion directe de son Kol­lek­tief et de son label (BVHAAST).

« Je suis effon­dré d’apprendre le décès de ce com­bat­tant ami de longue date, dis­pa­ri­tion qui repré­sente une grande perte pour tous ses proches et admi­ra­teurs, mais aussi pour le jazz et toutes les musiques impro­vi­sées actuelles. »

http://​futu​ra​marge​.free​.fr


Charlie Jazz Festival à Vitrolles. Trois soirs sans foot !

PROMO : Atten­tion, c’est ven­dredi 2, samedi 3 et dimanche 4 juillet, dès 18 heures ! Char­lie Jazz Fes­ti­val, édi­tion 13, dans le « 13 », Bouches du Rhône, Pro­vence, écrin de ver­dure sur­volé de pla­tanes tri­cen­te­naires, Domaine de Font­blanche, Vitrolles.

L’essentiel est dit, sauf la musique, la fête, la ren­contre. Avec le lieu, avec les autres, avec le jazz de haute volée. Non mais, voyez-​moi un peu le pro­gramme : Jean-​Marie MACHADO (piano), Enrico RAVA (trom­pette), Mina AGOSSI (chant), Odean POPE (saxo), Jeff « Tain » WATTS (bat­te­rie). Ça c’est pour les têtes d’affiche qui, par défi­ni­tion et injus­te­ment, prennent la pre­mière place. En atten­dant la relève, déjà à pleines dents : le groupe MELC, avec Denis JONES, gui­tare (en rési­dence au Mou­lin à Jazz de Vitrolles), Fran­çois CORDAS (saxo) et son quar­tet, le trio SASHIRD LAO et le quin­tet de Florent PUJUILA (anches) ... Sans oublier les fan­fares : La Méca­nique des Fluides, Same­na­koa, Won­der­brass.

Un fes­ti­val de jazz, et éga­le­ment un « éco-​festival » sen­sible aussi à la musique éco­lo­gique : res­tau­ra­tion et bois­sons bio, recy­clage des déchets, éclai­rage par Led, toi­lettes sèches, co-​voiturage, etc.

De Pro­vence ou de pas­sage, ce serait trop bête de rater le Char­lie Jazz Fes­ti­val. Ne serait-​ce que pour se repo­ser du Mondial…

Vous aurez pigé que cet appel n’est rien moins qu’un copi­nage. Y a pas qu’à l’Ump’ qu’on se ren­voie des ascen­seurs. Sauf que celui-​ci n’a rien de doré, qu’il ne mène pas aux Sey­chelles mais tout bon­ne­ment à un bout de para­dis du jazz et du plai­sir de vivre. Et en plus de ça, si vous me ren­voyez votre nom par cour­riel, vous béné­fi­cie­rez d’un tarif réduit de 15 euros la soi­rée (quatre concerts !) au lieu de 20. Suf­fira de vous pré­sen­ter de ma part à l’accueil. Pas beau ça ?

Odean Pope, un col­tra­nien au phrasé pro­fond (Dimanche soir, il se retourne…)

Comptes ren­dus, extraits vidéo et pho­tos des trois jours de fes­ti­val se trouvent là :

http://​www​.concer​tandco​.com/​m​a​r​s​e​i​l​le/


Pianiste de jazz. Hank, le dernier des Jones

Dans la grande fra­trie Jones, c’était le doyen et der­nier sur­vi­vant. Le pia­niste Henry « Hank » Jones est mort dimanche (16 mai) à New York, âgé de 92 ans. C’est dire s’il a labouré les terres du jazz, en side­man et en lea­der, sans qu’on par­vienne à recen­ser le nombre de disques où il se fait entendre dans son style aérien et assuré.


Hank Jones (1918−2010). Ici en 2004, au Car­ne­gie Hall de New York.

Dans la lignée d’Art Tatum, de Bud Powell et Tommy Fla­na­gan, ses réfé­rences, il avait été un des pre­miers à s’imposer dans la forme du trio bebop, notam­ment avec des com­plices de haute volée tels que Tony Williams (dm) et Ron Car­ter (b), Eddy Gomez et Jimmy Cobb.

De for­ma­tion musi­cale clas­sique, il est venu au jazz en com­pa­gnie de ses fran­gins : Thad­deus, dit Thad, com­po­si­teur, trom­pet­tiste fameux et plus encore bugliste (mort en 1986) ; et Elvin – mais oui, bon sang ! Elvin Jones (mort en 2004), le bat­teur de Col­trane – pour dire vite et don­ner une idée par­tielle de la lignée des dix frangins-​frangines de la famille Jones, tous plus ou moins musiciens.

Hank Jones était qua­si­ment l’invité atti­tré du fes­ti­val Jazz à Beau­pré, à Saint-​Cannat près d’Aix-en-Provence.

Le mieux est encore de le voir et l’écouter, comme ici dans Willow Weep for Me, un stan­dard cher à Ella Fitz­ge­rald, dont Hank Jones fut le pia­niste durant plus de cinq ans.


Mort de Lena Horne. Le charme plus que le swing

Lena Horne dans La Pluie qui chante (1946)

Helena Horne, dite Lena, vient de mou­rir aux États-​Unis à 92 ans. Je prends les devants car je vois débou­ler à son sujet la cli­che­ton­ne­rie média­tique qui jamais ne som­meille. Ce midi, sur France Inter, on a eu droit à une queue de jour­nal avec un bout de Stormy Wea­ther saluant la « grande dame du jazz »… Peu après, c’est lemonde​.fr qui nous res­ser­vait la même soupe à base de la même « grande dame du jazz ». Mar­mande doit être aux cham­pi­gnons ou quoi, alors, on col­mate comme on peut.

Grande, Lena Horne le fut sur­tout par sa beauté. Une beauté assez hol­ly­woo­dienne, pour être jugée pré­sen­table aux yeux de l’Amérique blanche et raciste. Peau claire, traits fins, sil­houette féline – elle fut sur­nom­mée « la tigresse » –, Lena Horne connut sur­tout le suc­cès au cinéma: Cabin in the sky (1942), Broad­way Rythm, Swing Fever (1944), Zieg­feld Fol­lies (1946). Mais c’est sur­tout Stormy Wea­ther (1943) qui la consacre par son charme et un éro­tisme dis­cret, voire mystérieux.

En plus de n’être pas très blanche, Lena en vint aussi à épou­ser un juif amé­ri­cain, Hay­ton, l’un des pre­miers chefs d’orchestre et arran­geurs de la MGM. Des stu­dios désap­prouvent cette union « inter-​raciale » et le couple est mis au ban. Dans les années cin­quante, le couple est accusé d”« activités anti-​américaines » ce qui vau­dra à Lena Horne une tra­ver­sée du désert émaillée de quelques disques qu’elle par­vient tout de même à enre­gis­trer pour RCA. Ses der­niers enre­gis­tre­ments paraî­tront chez Blue Note, sans révé­ler un éclat par­ti­cu­lier. En fait, Lena Horne man­quait plu­tôt de swing. Elle fut plus une chan­teuse de charme que de jazz. Mais certes, quel charme !

»> Voir aussi un de mes papiers de 2005 ainsi que sur Wiki­pe­dia : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​L​e​n​a​_​H​o​rne

»> Et puis la voir et l’entendre, rien de tel après tout…Lena Horne - Stormy Wea­ther (1943)


  • Mai 2012, en rouge et bleu…

  • Twitter - Gazouiller

  • « L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances » Ber­trand Russell
  • Non à la propagande d’AREVA !

  • Commentaires récents

  • Contrat Creative Commons«  C’est pour dire  », par Gerard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Pater­nité - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion
  • « La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste » Claude Lévi-​Strauss
  • – Ouah, la poilade !

  • Archives

  • Fin de bestiaire

    Mou­tons, orangs-​outangs, canards… Dans mon bes­tiaire, on devrait aussi croi­ser la cohorte des humains cré­dules cou­rant après leurs propres sor­nettes… Suf­fit de regar­der autour de soi. Et de se regarder…

  • iDream theme by Templates Next | Powered by WordPress