On n'est pas des moutons

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« Maréchal, me voilà ! » Quand le FN redevient ce qu’il est

Ca a chauf­fé lors de la remi­se, mar­di 27 à Paris,  par le Trom­bi­no­sco­pe du prix d” « élu local de l’année » au mai­re FN d’Hénin-Beaumont Stee­ve Briois. Cet­te bana­le céré­mo­nie de l’entre-soi poli­ti­cien a tour­né au vinai­gre, ver­sion fron­tis­te.

Alors que les prix sont remis en mains pro­pres, vient le moment pour Gil­les Leclerc, pré­si­dent de la chaî­ne Public Sénat et qui n’a rien d’un gau­chis­te, de remet­tre le sien à Stee­ve Briois. Et son dis­cours n’est... com­ment dire ?... pas vrai­ment enjoué :

« Je vais être tout a fait hon­nê­te, j’étais pas for­cé­ment spé­cia­le­ment volon­tai­re pour cet exer­ci­ce un peu spé­cial. [...] Il ne s’agit pas à pro­pre­ment par­ler d’une véri­ta­ble récom­pen­se. [...] Aujourd’hui mai­re, donc, dépu­té euro­péen – tiens j’oubliais d’ailleurs qu’au Front natio­nal on n’était pas for­cé­ment contre le cumul. [...] C’est vrai que vous avez sans dou­te en mémoi­re les bilans pas très fameux, vous en convien­drez, de vos col­lè­gues élus en 1995. »

Sui­te à quoi il des­cend de la scè­ne et lais­se une hôtes­se remet­tre son prix à Stee­ve Briois. Qui décla­re à la tri­bu­ne :

« Je vou­lais vous remer­cier pour ce prix. Même s’il m’a été attri­bué visi­ble­ment à contre-cœur, il me va droit au cœur. »

Les res­pon­sa­bles fron­tis­tes pré­sents pren­nent alors à par­ti Gil­les Leclerc, sous l’œil des camé­ras du Petit Jour­nal. « Le dis­cours que vous avez fait est un dis­cours de pro­tec­tion, il fal­lait met­tre un pré­ser­va­tif pour venir  », lui lan­ce fine­ment le dépu­té Gil­bert Col­lard, qui ajou­te : « Quand on le reli­ra dans dix ans, votre dis­cours... Je vous plains. » « Mon­sieur Leclerc, vous avez été en-des­sous de tout, le tan­ce à son tour le séna­teur Sté­pha­ne Ravier. Ne vous for­cez pas à vous ridi­cu­li­ser à ce point ! [...] Vous vous êtes apla­ti, vous avez ram­pé...  » Et puis c’est au tour de Marion Maré­chal - Le Pen. Tout sou­ri­re, la dépu­tée et niè­ce de Mari­ne Le Pen mena­ce assez clai­re­ment le jour­na­lis­te :

« Fran­che­ment, c’est mina­ble. Je suis regon­flée à bloc ! Mais on va vous avoir... Mais quand ça va arri­ver, ça va vrai­ment vous fai­re mal ! Vrai­ment, mer­ci. Par­ce qu’on a des petits coups de mou et quand on a ça, on est moti­vés ! Vrai­ment. Vrai­ment. »

FN-Marion-Marechal-Le-Pen-menace-le-journaliste-Gilles-Leclerc-On-va-vous-avoir.-Mais-quand-ca-va-arriver-ca-va-vraiment-vous-fair

[Sour­ces : Etien­ne Bal­dit, le lab.europe1.fr et Dany Bruet]


Journalistes-otages, héros modernes et sacralisés

« Nos » qua­tre jour­na­lis­tes-ota­ges sont donc ren­trés de Syrie. C’est bien. Mais plein de cho­ses me gênent et, main­te­nant qu’ils ont été si célé­brés, je me lâche. Car tant de célé­bra­tions, jusqu’à l’indécence, m’ont en effet incom­mo­dé. Sur­tout, cet éta­la­ge cor­po­ra­tis­te des « pro­fes­sion­nels de la pro­fes­sion », com­me on dit avec iro­nie. Je reprends l’expression à mon comp­te, en y ajou­tant… quoi ? Du dépit, de la hon­te (pour la « confrè­rie »), de la gêne plu­tôt, au nom de tous ceux qui, face à cet­te sacra­li­sa­tion impu­di­que, ne peu­vent que se tai­re.

C’en est deve­nu un rituel, en effet, avec ses enjeux poli­ti­co-média­ti­ques : le jour­na­lis­te com­me héros moder­ne, hélas par­fois haus­sé au rang du mar­tyr, tom­bé au champ d’honneur de l’Information et de la Liber­té, rapa­trié en héli­co, tar­mac mili­tai­re, pré­si­dent de la Répu­bli­que, et tout et tout. Et pour bien fai­re entrer ces qua­tre héros au pan­théon moder­ne du tout-info, il aura fal­lu bien les pres­su­rer devant tant de micros et de camé­ras :

Dites, au moins, vous avez beau­coup souf­fert !…, « ils » ont été méchants, hein !…, et ces simu­la­cres d’exécution !…

– Ben… pas tant que ça… enfin un peu quand même…

J’ai été de cet­te cor­po­ra­tion…, en ayant tou­jours res­sen­ti le besoin d’une dis­tan­ce. Avec des ques­tion­ne­ments per­son­nels et en géné­ral : Qu’est-ce qui pous­se tel ou tel à deve­nir jour­na­lis­te ? Quid du nar­cis­sis­me « pro­fes­sion­nel », du voyeu­ris­me, du roman­tis­me, de l’ « héroïs­me » et de la vani­té ?

Un pro­fes­sion­nel, c’est quelqu’un… qui fait son bou­lot, de son mieux ; plus ou moins contraint ; en échan­ge d’un salai­re, plus ou moins gros. Un jour­na­lis­te aus­si. Si son chan­tier se trou­ve en Syrie, et qu’il a, plus ou moins, accep­té de le rejoin­dre, il doit œuvrer à la même tâche : com­pren­dre et fai­re com­pren­dre, témoi­gner aus­si. Bou­lot ris­qué, dans un pays en guer­re. Y être pris en ota­ge fait par­tie des dan­gers dudit métier. Acci­dent du tra­vail. C’est heu­reux, bien sûr, qu’il soit libé­ré. Que l’accidenté en réchap­pe et gué­ris­se. Nor­mal, là enco­re, c’est le bou­lot.

otages mali

Ota­ges au Mali depuis 2011 et 2012

Mais l’un et l’autre de ces tra­vailleurs ne connaî­tront pas le même « trai­te­ment ». Tout com­me pour Ser­ge Laza­re­vic et Gil­ber­to Rodri­guez Leal, enle­vés au Mali, res­pec­ti­ve­ment depuis novem­bre 2011 et novem­bre 2012. Ils ne sont pas jour­na­lis­tes, les pau­vres. Dou­ble pei­ne ! De même pour Phi­lip­pe Ver­don, 53 ans, retrou­vé en juillet 2013, au Mali, assas­si­né d’une bal­le dans la tête.

Je ne veux pas cra­cher dans cet­te sou­pe qui m’a nour­ri, et dont je me suis d’ailleurs réga­lé. Mais l’outrance de ces célé­bra­tions me font dire qu’elle cache trop de non-dits et d’enjeux qui n’ont rien à voir avec le spec­ta­cle exhi­bé. Ou bien si : ils ont à voir, par contras­te, avec la réa­li­té vrai­ment et autre­ment dra­ma­ti­que de l’état du mon­de. Avec les vrais héros de ce mon­de en souf­fran­ce extrê­me. Ces héros de la vie ordi­nai­re, quo­ti­dien­ne ; ceux qui souf­frent au jour le jour ; qui se lèvent dans la dou­leur, sans désir car cet­te socié­té ne les regar­de pas, ne les voit même pas ; car ils ne sont que don­nées abs­trai­tes dans la macro-éco­no­mie mon­dia­li­sée. Tous ces héros non ren­dus assez visi­bles par tant de jour­na­lis­tes assis, ayant déser­té les ter­ri­toi­res de la gran­de misè­re ordi­nai­re.

Si aucun jour­na­lis­te n’a enco­re été pris en ota­ge et gar­dé dans une cave obs­cu­re d’un quar­tier de Fran­ce, c’est peut-être qu’aucun jour­na­lis­te (ou pres­que) ne s’y rend, pré­fé­rant, sans dou­te, de « vrais » ter­ri­toi­res de guer­re.

• Sur Wiki­pe­dia, la noti­ce Ota­ge

• Sur lemonde.fr : La fille de l’otage fran­çais rete­nu au Mali dénon­ce une inéga­li­té de trai­te­ment

• sur Ota­ges-du-mon­de : LES 3 FRANÇAIS OTAGES DANS LE MONDE (dont RODOLFO CAZARES, FRANCO-MEXICAIN AU MEXIQUE depuis le 9 juillet 2011 - LE PLUS ANCIEN OTAGE FRANCAIS)

• Pas si à côté du sujet - lemonde.fr : Faut-il libé­rer les orques en cap­ti­vi­té ?


Au Répu, ça pue !

Un hono­ra­ble et ami­cal cor­res­pon­dant de Lor­rai­ne (mer­ci Domi­ni­que) m’envoie cet­te pho­to (trou­ble, à cau­se de l’odeur) de son quo­ti­dien local dénom­mé Répu­bli­cain lor­rain, alias Le Répu.

Le Républicain lorrain, 24/9/13

Le Répu­bli­cain lor­rain, 24/9/13

On a beau être, com­ment dire ? tolé­rant, sou­ple, com­pré­hen­sif, bien­veillant, etc. il y a quand même des coups de pied au cul qui se per­dent. Quand la cras­se men­ta­le rejoint la jour­na­lis­ti­que, le Gui­ness des records n’y suf­fi­rait plus. C’est pour­tant « dans le jour­nal », celui daté du 24/9/13. Pour­vu qu’il y ait enco­re plus d’invendus que d’habitude !


France inter. Quand Le Pen montre « 13 millions d’étrangers », les journalistes regardent son doigt

Indi­gna­tion enco­re. Fran­ce inter rece­vait ce matin Jean-Marie Le Pen en fin de par­cours à la tête (Pen en bre­ton…) du Front natio­nal. Le vieux facho s’en sera enco­re bien tiré. Avec l’habileté et cet aplomb qu’on lui connaît, il aura une fois de plus rou­lé les jour­na­lis­tes dans sa fari­ne. Ain­si en fut-il lors­que, enton­nant son refrain de pré­di­lec­tion, il affir­ma que la Fran­ce comp­te désor­mais, « d’après l’Insee, plus de 13 mil­lions d’étrangers qui ne man­quent pas de poser de gra­ves pro­blè­mes »…

Le faus­sai­re à plein micro.

Trei­ze mil­lions, et même plus ! Ce qui repré­sen­te­rait 20% de la popu­la­tion… Mais per­son­ne pour rele­ver. Ni le pon­ti­fiant Guet­ta, ni le déca­pant Legrand, ni enfin le sémillant Cohen n’opposèrent au faus­sai­re la réa­li­té sta­tis­ti­que : 3,65 mil­lions de per­son­nes, sur plus de 63 mil­lions, soit 5,8% de la popu­la­tion au der­nier recen­se­ment de 2006. 

S’il n’est qu’une don­née à connaî­tre quand un jour­na­lis­te ren­con­tre Le Pen, c’est bien cel­le sur l’immigration, non ? Au lieu de quoi on lui pose d’insipides ques­tions gen­re « La Tuni­sie est-elle une dic­ta­tu­re ? »* Et l’autre men­teur de pour­sui­vre son bon­hom­me de che­min, et de ter­mi­ner sa car­riè­re de faus­sai­re « en beau­té », com­me il l’avait com­men­cée d’ailleurs. Je rap­pe­lais ici même, en octo­bre der­nier, com­ment Le Pen fut pro­pul­sé par la télé, en 1984, avec l’émission au titre bien pré­somp­tueux : L’Heure de véri­té… Il avait pu user et abu­ser du men­son­ge sans être le moins du mon­de inquié­té par des jour­na­lis­tes plus suf­fi­sants que com­pé­tents. Il aurait eu tort de se gêner. Ain­si vient-il de réus­sir sa sor­tie selon la même recet­te éprou­vée. Face à la même indo­len­ce jour­na­lis­ti­que.

* Et la dilet­tan­te Pas­ca­le Clark de poser la même ques­tion à Régis Debray. C’était peu avant dans ses « Cinq minu­tes avec… ». Alors, la Tuni­sie, au fait ?

Clip audio : Le lec­teur Ado­be Fla­sh (ver­sion 9 ou plus) est néces­sai­re pour la lec­tu­re de ce clip audio. Télé­char­gez la der­niè­re ver­sion ici. Vous devez aus­si avoir JavaS­cript acti­vé dans votre navi­ga­teur.


Un an otages en Afghanistan !

Tris­te anni­ver­sai­re que celui des deux jour­na­lis­tes de Fran­ce 3 Her­vé Ghes­quiè­re et Sté­pha­ne Tapo­nier et leurs trois accom­pa­gna­teurs, enle­vés lors d’un repor­ta­ge en Afgha­nis­tan. C’était le 29 décem­bre 2009. Depuis, les plus direc­te­ment concer­nés – les famil­les des ota­ges et le comi­té de sou­tien – n’ont reçu que d’indirectes preu­ves de vie des jour­na­lis­tes pri­son­niers, dont une vidéo récen­te. En même temps, ils ont l’impression d’avoir été bala­dés par les auto­ri­tés fran­çai­ses cen­sées négo­cier avec les ravis­seurs. Sans dou­te font-elles tout leur pos­si­ble… Mais il res­te la maniè­re : cel­le par laquel­le on entre­tient les rela­tions avec les dif­fé­ren­tes par­ties. Les­quel­les en sont aujourd’hui à s’interroger sur les dosa­ges entre infor­ma­tion et com­mu­ni­ca­tion gou­ver­ne­men­ta­le. Par la voix de Flo­ren­ce Aube­nas, dans Le Figa­ro du jour, le comi­té de sou­tien inter­pel­le solen­nel­le­ment les auto­ri­tés fran­çai­ses et pose cet­te ques­tion : « Un an déjà, qu’avez-vous fait ? »

Une péti­tion de 80 000 signa­tu­res a été remi­se à l’Élysée la semai­ne der­niè­re. Des mani­fes­ta­tions sont annon­cées aujourd’hui dans le pays, dans des vil­les et des vil­la­ges où par­fois, com­me ici à Saint-Étien­ne-les-Orgues (Alpes de Hau­tes-Pro­ven­ce) dont la mai­rie a accro­ché sur sa faça­de les por­traits des deux ota­ges.

Cinq autres ota­ges fran­çais se trou­vent actuel­le­ment rete­nus au Mali. Ils ont été enle­vés à Arlit au Niger le 16 sep­tem­bre,  ain­si qu’un Togo­lais et un Mal­ga­che. « Al-Qai­da au Magh­reb isla­mi­que » (AQMI) a reven­di­qué ce rapt. Un sixiè­me Fran­çais a été enle­vé le 14 juillet 2009 à Moga­dis­cio, en Soma­lie. Il s’agit d’un mem­bre de la Direc­tion géné­ra­le de la sécu­ri­té exté­rieu­re (DGSE) kid­nap­pé par des rebel­les isla­mis­tes soma­liens. Un autre agent, a réus­si à s’enfuir le 25 août der­nier.



L’honneur des journalistes. Ce « deuil des convictions » porté à la boutonnière

L’ordre napo­léo­nien de la Légion d’honneur res­te tou­jours… à l’honneur. Il peut s’avérer riche d’enseignements d’aller consul­ter les lis­tes pério­di­ques des pro­mus. Et, par exem­ple, se ras­su­rer en consta­tant qu’on ne fait pas par­tie du lot. Ou en se délec­tant de ce mot de Jules Renard dans son Jour­nal : « En Fran­ce, le deuil des convic­tions se por­te en rou­ge et à la bou­ton­niè­re. » Lis­te copieu­se à l’appui, Acri­med a reco­pié les noms de la caté­go­rie « Légion d’honneur et Ordre du Méri­te pour jour­na­lis­tes et diri­geants de médias », et cela de 2005 à cet­te année, der­nier cru du 14-juillet. On com­prend  mieux, « en direct », tout l’intérêt des monar­ques à s’allier les médias et leurs ser­vants. Ain­si gros­sit, en ses vagues suc­ces­si­ves, l’obèse répu­bli­que des éli­tes et des ému­les, des copains et des coquins.

Ouvrez le ban ! :

I. Légion d’honneur

- Décret du 2 avril 2010 :
Au gra­de de com­man­deur
- Phil­li­pe Labro, offi­cier du 8 jan­vier 2002, écri­vain, jour­na­lis­te
Au gra­de d’officier
- Anne-Marie Cou­derc, che­va­lier du 26 sep­tem­bre 2000, ex-direc­tri­ce géné­ra­le du grou­pe Hachet­te Fili­pac­chi, aujourd’hui direc­tri­ce délé­guée de Lagar­dè­re Acti­ve.
- Jean Ama­dou, chan­son­nier, pro­duc­teur, ani­ma­teur d’émissions.
- Mireille Dumas, pro­duc­tri­ce et pré­sen­ta­tri­ce.
- Deni­se Fabre, ancien­ne pré­sen­ta­tri­ce d’émissions télé­vi­sées.
- Odi­le Got­lieb, Che­va­lier du 28 octo­bre 2001, édi­tri­ce, pré­si­den­te des Édi­tions Odi­le Jacob.
Au gra­de de che­va­lier
- Domi­ni­que Durand, jour­na­lis­te, rédac­teur en chef de revues scien­ti­fi­ques, pré­si­dent de l’Association fran­çai­se Buchen­wald-Dora et Kom­man­dos.
- Décret du 31 décem­bre 2009 :
Au gra­de de com­man­deur
- Edmon­de Char­les-Roux, Offi­cier du 1er avril 2003, écri­vai­ne, pré­si­den­te de l’Académie Gon­court, ancien­ne jour­na­lis­te à Elle, ancien­ne rédac­tri­ce en chef de l’édition fran­çai­se de Vogue.
- Jean-Clau­de Nar­cy, Offi­cier du 9 juillet 2002, jour­na­lis­te, ancien pré­sen­ta­teur du jour­nal télé­vi­sé.
Au gra­de d’officier
- Jean-Luc Hees, Che­va­lier du 29 novem­bre 2001, pré­si­dent du grou­pe Radio-Fran­ce.
Au gra­de de che­va­lier
- Axel Duroux, jour­na­lis­te, ex-pré­si­dent du direc­toi­re du grou­pe RTL entre 2005 et 2009, direc­teur géné­ral de TF1 (2009)
- Régis Fau­con, ancien jour­na­lis­te à FR3, TF1, aujourd’hui jour­na­lis­te indé­pen­dant.
- Alexan­dra d’Arnoux, jour­na­lis­te.
- Daniè­la Lum­bro­so, pro­duc­tri­ce de télé­vi­sion, jour­na­lis­te et pré­sen­ta­tri­ce.
- Syl­vie Ody, jour­na­lis­te.
- Thé­rè­se Tor­re, pro­duc­tri­ce d’émissions télé­vi­sées.
- Jean-Pier­re Vignol­le, direc­teur géné­ral de l’Agence Fran­ce-Pres­se.
- Décret du 14 juillet 2009 :
Au gra­de de che­va­lier
- Deni­se Ammoun, jour­na­lis­te, écri­vai­ne (Égyp­te).
- Jean Ayzac, jour­na­lis­te, ancien vice-pré­si­dent d’un conseil géné­ral.
- Gene­viè­ve Bri­sac, édi­tri­ce, écri­vai­ne.
- Alain Elkann, jour­na­lis­te, conseiller spé­cial du minis­tre ita­lien de la Cultu­re.
- Char­les Ender­lin, jour­na­lis­te, chef du bureau d’une chaî­ne de télé­vi­sion à Jéru­sa­lem.
- Marie-Clai­re de La Gran­diè­re, jour­na­lis­te, direc­tri­ce de la rédac­tion d’un maga­zi­ne et écri­vai­ne.
- Patri­ck Fores­tier, jour­na­lis­te, écri­vain
- Rug­ge­ro De Pas, jour­na­lis­te, pré­si­dent du cen­tre d’accueil de la pres­se étran­gè­re à Paris.
- Didier Pillet, jour­na­lis­te
Au gra­de d’officier
- Antoi­ne Sfeir, écri­vain, jour­na­lis­te, direc­teur des Cahiers de l’Orient.
- Phi­lip­pe Tes­son, jour­na­lis­te.
- Phi­lip­pe Vas­seur, « ancien minis­tre, pré­si­dent d’une fédé­ra­tion d’entreprises », dixit le décret. Mais M. Vas­seur est un ancien jour­na­lis­te éco­no­mi­que de TF1, des Echos, du Figa­ro, pré­si­dent de l’Ecole Supé­rieu­re de Jour­na­lis­me de Lil­le depuis sep­tem­bre 2008.
- Décret du 10 avril 2009 :
Au gra­de de che­va­lier
- Emi­le Picy, jour­na­lis­te par­le­men­tai­re.
- Hen­ri Pigeat, pré­si­dent du conseil d’administration du Cen­tre de for­ma­tion des jour­na­lis­tes.
- Hélè­ne Piro­non, jour­na­lis­te.
- Emma­nuel Hoog, ex-pré­si­dent-direc­teur-géné­ral de l’Institut Natio­nal de l’Audiovisuel, pré­si­dent de l’agence Fran­ce-Pres­se.
- Didier Quillot, pré­si­dent de Lagar­dè­re Acti­ve.
- Décret du 31 décem­bre 2008 :
Au gra­de de che­va­lier
- Marie Holz­man, écri­vai­ne, jour­na­lis­te, pré­si­den­te de l’association Soli­da­ri­té Chi­ne.
- Caro­li­ne Sinz-Deleau, jour­na­lis­te, grand repor­ter au ser­vi­ce « Enquê­tes et repor­ta­ges » de Fran­ce 3.
Au gra­de d’officier
- Didier Fran­çois, sous-direc­teur de l’édition, de la pro­duc­tion et de l’information à la Direc­tion des Jour­naux offi­ciels.
- Marie-Clau­de Bros­sol­let, Che­va­lier du 16 novem­bre 1998, pré­si­dent-direc­teur géné­ral des édi­tions Belin.
- Décret du 13 juillet 2008 :
Au gra­de de com­man­deur
- Jose­ph Cram­pes, dit Jac­ques Chan­cel, jour­na­lis­te, écri­vain, admi­nis­tra­teur du grou­pe Canal+.
Au gra­de de che­va­lier
- Ruth Elkrief, jour­na­lis­te, pré­sen­ta­tri­ce.
- Michè­le Leloup, jour­na­lis­te spé­cia­li­sée « Archi­tec­tu­re » à L’Express.
- Phi­lip­pe Rein­hard, jour­na­lis­te (Le Télé­gram­me de Brest, L’Éclair des Pyré­nées...), écri­vain.
- Héloi­se Lefe­vre d’Ormesson, écri­vain, édi­tri­ce (édi­tions Héloi­se d’Ormesson).
- Décret du 21 mars 2008 :
Au gra­de de com­man­deur
- Jean-René Four­tou, Offi­cier du 14 avril 1997, pré­si­dent du conseil de sur­veillan­ce du grou­pe Viven­di.
- Patri­ck Le Lay, Offi­cier du 27 février 2003, ancien pré­si­dent du conseil d’administration de TF1.
- Elia­ne Vic­tor, Offi­cier du 28 mars 1991, écri­vai­ne, ancien­ne jour­na­lis­te à Elle, pro­duc­tri­ce de l’émission « Quo­ti­dien­ne­ment vôtre » sur TF1.
Au gra­de d’officier
- Rémy Saut­ter, Che­va­lier du 9 mars 1993, pré­si­dent-direc­teur-géné­ral du grou­pe RTL.
- Her­vé Cha­ba­lier, Che­va­lier du 20 juin 1996, ani­ma­teur, jour­na­lis­te, pro­duc­teur.
- Eve Rug­gie­ri, Che­va­lier du 25 octo­bre 1990, pro­duc­tri­ce, pré­sen­ta­tri­ce.
- John Vino­cur, édi­to­ria­lis­te de l’International Herald Tri­bu­ne.
- Robert Menard, jour­na­lis­te, ex-secré­tai­re géné­ral de Repor­ters Sans Fron­tiè­res.
Au gra­de de che­va­lier
- Yves Mes­sa­ro­vit­ch, ancien jour­na­lis­te rédac­teur en chef au Figa­ro, ancien direc­teur du grou­pe Expan­sion, ancien jour­na­lis­te à L’Express.
- Décret du 30 jan­vier 2008 :
Au gra­de de che­va­lier
- Jean Guillard, jour­na­lis­te hono­rai­re.
- Caro­le Bel­le­ma­re, jour­na­lis­te, chef de ser­vi­ce dans un quo­ti­dien (Le figa­ro éco­no­mie).
- Chan­tal Dou­mic-Nerot, ancien­ne jour­na­lis­te
- Marie-Loui­se Schaef­fer, jour­na­lis­te, grand repor­ter
Au gra­de d’officier
- Arlet­te de Beu­ve­rand de la Loyè­re, direc­tri­ce de rédac­tion dans un grou­pe de pres­se.
Au gra­de de che­va­lier
- Cathe­ri­ne Cey­lac, pro­duc­tri­ce et ani­ma­tri­ce de télé­vi­sion sur Fran­ce 2.
- Isa­bel­le Dor, jour­na­lis­te.
- Patri­cia Mar­tin, jour­na­lis­te, ani­ma­tri­ce d’émissions radio­pho­ni­ques sur Fran­ce Inter.
- Décret du 13 juillet 2007 :
Au gra­de de Com­man­deur
- Jean Lacou­tu­re, jour­na­lis­te, écri­vain. Offi­cier du 8 février 1993.
Au gra­de de che­va­lier
- Patri­ck Buis­son, ancien jour­na­lis­te, direc­teur géné­ral de la chai­ne His­toi­re.
- Fran­çois Gault, jour­na­lis­te, cor­res­pon­dant per­ma­nent de Radio Fran­ce en Polo­gne.
- Eli­se Lucet, jour­na­lis­te, pré­sen­ta­tri­ce du jour­nal de 13h (Fran­ce 2).
- Eric Revel, jour­na­lis­te éco­no­mi­que.
- Daniel Ron­deau, écri­vain, jour­na­lis­te.
- Décret du 6 avril 2007 :
Au gra­de de che­va­lier
- Véro­ni­que Saint Oli­ve, née Mis­sof­fe, jour­na­lis­te (Fran­ce 2). A l’époque, Arrêt sur ima­ges était reve­nu sur sa nomi­na­tion.
- Hen­ri Tincq, jour­na­lis­te spé­cia­li­sé dans les affai­res reli­gieu­ses à La Croix, puis au Mon­de.
- Patri­ck Lamm, jour­na­lis­te éco­no­mi­que, rédac­teur en chef (Les Echos).
- Chris­tian Brin­court, jour­na­lis­te, grand repor­ter à Paris Mat­ch.
- Phi­lip­pe Goul­liaud, jour­na­lis­te poli­ti­que au Figa­ro.
- Jean-Paul Pigas­se, jour­na­lis­te.
- Décret du 31 décem­bre 2006 :
Au gra­de de che­va­lier
- Isa­bel­le Dath, jour­na­lis­te à RTL.
- Ani­ta Haus­ser, écri­vai­ne, jour­na­lis­te, ancien­ne chef du ser­vi­ce poli­ti­que de LCI, rédac­tri­ce en chef adjoin­te du ser­vi­ce poli­ti­que du quo­ti­dien Le Soir.
- Armel­le Héliot, jour­na­lis­te, grand repor­ter puis rédac­tri­ce en chef du ser­vi­ce cultu­re du Figa­ro.
- Syl­vie Pier­re-Bros­so­let­te, jour­na­lis­te, rédac­tri­ce en chef du ser­vi­ce de poli­ti­que inté­rieu­re de l’hebdomadaire Le Point.
- Ran­da Takied­di­ne, jour­na­lis­te, chef du bureau de Dar Al Hayat à Paris.
- Gérard Klein, comé­dien, ani­ma­teur d’émissions télé­vi­sées.
- Eli­sa­be­th Ker­var­rec, jour­na­lis­te pour « Fran­çais du Mon­de » et secré­tai­re géné­ra­le de l’Association Démo­cra­ti­que des Fran­çais à l’Etranger.
- Fran­çois Lubri­na, méde­cin vété­ri­nai­re, jour­na­lis­te (Cana­da).
Au gra­de d’officier
- Thier­ry Des­jar­dins, Che­va­lier du 19 août 1997, jour­na­lis­te au Figa­ro.
- Jean-Pier­re Elkab­ba­ch, Che­va­lier du 10 décem­bre 1998, jour­na­lis­te à Euro­pe 1.
- Décret du 13 juillet 2006 :
Au gra­de d’officier
- Alain Duples­sis de Pou­zil­hac, pré­si­dent du direc­toi­re de la chaî­ne d’information Fran­ce 24, PDG de la Socié­té de l’Audiovisuel Exté­rieur de la Fran­ce (SAEF).
- Marian­ne Berard-Que­lin, pré­si­den­te-direc­tri­ce-géné­ra­le de la Socié­té Géné­ra­le de Pres­se.
Au gra­de de che­va­lier
- Jean-Jac­ques Bour­din, jour­na­lis­te-rédac­teur en chef de RMC info, ani­ma­teur.
- Ladis­las de Hoyos, ancien jour­na­lis­te pour TF1 puis Fran­ce 2 et Fran­ce Inter.
- Patri­ck Fau­con­nier, grand repor­ter, fon­da­teur du maga­zi­ne Chal­len­ges, jour­na­lis­te au Nou­vel Obser­va­teur.
- Hen­ri Lau­ret, jour­na­lis­te, chro­ni­queur et édi­to­ria­lis­te à Fran­ce Info, direc­teur géné­ral et codi­rec­teur de la rédac­tion de Fran­ce Soir.
- Fré­dé­ric Fer­ney, écri­vain, jour­na­lis­te et cri­ti­que au Point.
- Renaud Le Van Kim, pro­duc­teur de télé­vi­sion, patron de KM pro­duc­tions et conseiller à TF1.
- William Ley­mer­gie, pro­duc­teur, pré­sen­ta­teur.
- Jac­ques Lou­vet, pré­si­dent de la Fédé­ra­tion natio­na­le de la pres­se spé­cia­li­sée.
- Pier­re Ful­la, jour­na­lis­te spor­tif.
- Décret du 31 décem­bre 2005 :
Au gra­de d’officier
- Jean-Pier­re Caillard, Che­va­lier du 17 sep­tem­bre 1994, ancien jour­na­lis­te et direc­teur de la publi­ca­tion du quo­ti­dien La Mon­ta­gne, pré­si­dent-direc­teur géné­ral de la chaî­ne de télé­vi­sion Cler­mont Pre­miè­re, Pré­si­dent du grou­pe­ment des grands régio­naux.
- Michè­le Cot­ta, Che­va­lier du 10 juin 1996, jour­na­lis­te, ancien­ne pré­si­den­te de Radio-Fran­ce, ancien­ne direc­tri­ce de l’information à TF1.
- Robert Namias, Che­va­lier du 19 novem­bre 1997, jour­na­lis­te, ancien repor­ter à RTL, ancien chro­ni­queur à Euro­pe 1, ancien direc­teur de la rédac­tion de TF1, édi­to­ria­lis­te sur la chaî­ne d’information I-télé.
Au gra­de de che­va­lier
- Fran­çoi­se Labor­de, jour­na­lis­te, ancien­ne rédac­tri­ce en chef adjoin­te de TF1, ancien­ne pré­sen­ta­tri­ce des JT du week-end sur Fran­ce 2, nom­mée au Conseil Supé­rieur de l’Audiovisuel par Nico­las Sar­ko­zy en jan­vier 2009.
- Vic­tor Mal­ka, ani­ma­teur sur Fran­ce Cultu­re.
- Jean-Manuel Bour­gois, direc­teur géné­ral d’une mai­son d’édition.
- Isa­bel­le Gal­li­mard, pré­si­den­te-direc­tri­ce géné­ra­le de la mai­son d’édition Gal­li­mard.
- Antoi­ne Schwarz, pré­si­dent de la chaî­ne radio­pho­ni­que RFI.
- Marc Tes­sier, ancien pré­si­dent de Fran­ce Télé­vi­sion (1999-2005).
- Décret du 14 juillet 2005 :
Au gra­de de Com­man­deur
- Pier­re Weill, ancien PDG de la Sofres, pré­si­dent de Weill Conseil et du comi­té stra­té­gi­que de TNS Sofres.
Au gra­de d’officier
- Michel Bou­ti­nard Rouel­le, admi­nis­tra­teur d’Havas, ancien pré­si­dent d’Havas Media Com­mu­ni­ca­tion et ancien PDG d’Avenir Havas Media SA.
- Albert Mal­let, ancien pré­si­dent de Radio Sha­lom.
- Jean-Fran­çois Revel, écri­vain, mem­bre de l’Académie fran­çai­se, édi­to­ria­lis­te au Point.
Au gra­de de che­va­lier
- Daniel Bou­det, pré­si­dent de la mis­sion sur la télé­vi­sion numé­ri­que ter­res­tre.
- Louis-Fran­çois Caillaud, direc­teur dépar­te­men­tal de La Nou­vel­le Répu­bli­que.
- Ber­nard Lecom­te, direc­teur de col­lec­tion aux édi­tions Jean-Clau­de Lat­tès, ancien jour­na­lis­te (La Croix, L’Express...), écri­vain.
- Oli­vier Poi­vre, dit Poi­vre d’Arvor, écri­vain
- Vivia­ne Rebes­chi­ni, rédac­tri­ce en chef
- Domi­ni­que War­lu­zel, avo­cat, concep­teur et pro­duc­teur de maga­zi­nes télé.
- Hen­ri Made­lin, ancien rédac­teur en chef de la revue Etu­des.
- Daniel Bila­lian, jour­na­lis­te, direc­teur des sports de Fran­ce Télé­vi­sions.
- Lau­re Adler, ancien­ne direc­tri­ce de Fran­ce Cultu­re, écri­vain.
- Jean-Jac­ques Gabut, ancien direc­teur au grou­pe Le Pro­grès.
- Ber­trand Méheut, PDG de Canal Plus.
- Richard Ducous­set, vice-pré­si­dent d’Albin Michel, gérant de Canal Plus Edi­tions et des édi­tions Fili­pac­chi-Albin Michel.
- Nico­las Duha­mel, direc­teur géné­ral délé­gué de La Pos­te, ancien direc­teur géné­ral adjoint d’Havas, ancien direc­teur géné­ral de l’Office d’annonces (ODA).
- Ber­trand Fabre, direc­teur de la rédac­tion du Moni­teur des tra­vaux publics et du bâti­ment, direc­teur des rédac­tions du grou­pe Le Moni­teur.
- Fabri­ce Larue, pré­si­dent de la Finan­ciè­re Fabri­ce Larue, pré­si­dent de Datem (ex-Pres­se Infor­ma­ti­que), ancien PDG du Grou­pe Des­fos­sés Inter­na­tio­nal SA.

II. Ordre Natio­nal du Méri­te

- Décret du 15 mai 2010 :
Au gra­de d’officier
- Gabriel Milé­si, gérant de socié­té, jour­na­lis­te éco­no­mi­que. Che­va­lier du 10 mars 1988.
- Fabien­ne Ser­van-Schrei­ber (épou­se Weber), pré­si­den­te-direc­tri­ce géné­ra­le d’une socié­té de pro­duc­tion audio­vi­suel­le. Che­va­lier du 31 mars 2000.
Au gra­de de che­va­lier
- Béa­tri­ce Garet­te (née Dabet), direc­tri­ce géné­ra­le de (Sipa-pres­se).
- Sofia Ben­ga­na, direc­tri­ce géné­ra­le de pres­se numé­ri­que dans une socié­té (Grou­pe Le Figa­ro)
- Hen­ri Néron, jour­na­lis­te (Guya­ne).
- Jac­ques Jublin, rédac­teur en chef d’I-télé.
- Fré­dé­ri­ck-Louis Bou­lay, jour­na­lis­te, direc­teur des pro­gram­mes de TV5.
- Char­les-Hen­ry Dubail, direc­teur de publi­ca­tion.
- Pas­ca­le Marie (épou­se Boun­four), direc­tri­ce d’un syn­di­cat de pres­se.
- Cathe­ri­ne Nayl (épou­se Per­rot), jour­na­lis­te, direc­tri­ce de la rédac­tion de TF1.
- Noël Qui­du-Trons­corff, grand repor­ter, pho­to­gra­phe.
- Chris­ti­ne Kel­ly (née Tigif­fon), jour­na­lis­te, mem­bre du CSA.
- Décret du 13 novem­bre 2009 :
Au gra­de de com­man­deur
- Jac­ques Oure­vit­ch, Offi­cier du 13 avril 1988, ancien jour­na­lis­te à Euro­pe 1.
Au gra­de d’officier
- Patri­ck Poi­vre d’Arvor, Che­va­lier du 17 jan­vier 2001, écri­vain, jour­na­lis­te, pré­sen­ta­teur.
- Robert Wer­ner, jour­na­lis­te, ancien rédac­teur en chef de l’Unité Patri­moi­ne à TF1, ancien chro­ni­queur sur Radio Fran­ce.
Au gra­de de che­va­lier
- Jean-Pier­re Caf­fin, direc­teur géné­ral du grou­pe Pris­ma-Pres­se.
- Eva Bet­tan, jour­na­lis­te.
- Syl­vie Blum, pro­duc­tri­ce audio­vi­suel et médias, INA.
- Mary­se Bru­giè­re, direc­tri­ce de pro­gram­mes du Conseil Supé­rieur de l’Audiovisuel.
- Alfred Hidal­go, jour­na­lis­te, édi­teur, direc­teur du « dépar­te­ment chan­son » chez Fayard.
- Yves Cal­vi, jour­na­lis­te, ani­ma­teur et pré­sen­ta­teur.
- Pier­re Lepa­pe, jour­na­lis­te et cri­ti­que lit­té­rai­re.
- Décret du 15 mai 2009 :
Au gra­de de com­man­deur
- Sophie Andrieu, édi­tri­ce. Offi­cier du 30 juin 1995.
- André Tubeuf, pro­duc­teur d’émissions radio­pho­ni­ques.
Au gra­de de che­va­lier
- Yan­ni­ck Durand de Pré­mo­rel, direc­teur délé­gué d’un grou­pe de pres­se, audi­teur à l’Institut des hau­tes étu­des de défen­se natio­na­le.
- Nilou­far Soyeux du Cas­tel, direc­tri­ce d’un grou­pe de com­mu­ni­ca­tion.
Au gra­de d’officier
- Moni­que Gar­nier-Lan­çon, jour­na­lis­te
- Oli­vier Pognon, jour­na­lis­te par­le­men­tai­re. Che­va­lier du 19 juin 2001.
- Paul Wer­mus, jour­na­lis­te. Che­va­lier du 21 novem­bre 1995.
- Fran­çoi­se Attaix, épou­se Van­da­me, jour­na­lis­te.
- Caro­li­ne Dequet, direc­tri­ce géné­ra­le d’une chaî­ne de télé­vi­sion.
- Cen­dri­ne Domin­guez, jour­na­lis­te.
- Ber­nard Gick, concep­teur-réa­li­sa­teur d’émissions radio­pho­ni­ques.
- Oli­vier de Lagar­de, jour­na­lis­te.
- Marie-Thé­rè­se Litz­ler, direc­tri­ce régio­na­le d’une chaî­ne de télé­vi­sion.
- Syl­vie Mali­gor­ne, jour­na­lis­te.
- Jean Ribet , jour­na­lis­te.
- Phi­lip­pe Rous­seau, rédac­teur en chef de quo­ti­diens.
- Daniel Schi­ck, chro­ni­queur, pro­duc­teur et ani­ma­teur de radio et télé­vi­sion.
- Décret du 14 novem­bre 2008 :
A la digni­té de Grand Offi­cier
- Clau­de Lanz­mann, jour­na­lis­te, cinéas­te.
Au gra­de de Com­man­deur
- Pier­re Dumayet , jour­na­lis­te. Offi­cier du 21 octo­bre 1993.
Au gra­de de che­va­lier
- Andrée Ampi­gny, comé­dien­ne, jour­na­lis­te, auteur. conseillè­re muni­ci­pa­le du Dia­mant ( Mar­ti­ni­que ).
- Gene­viè­ve de Cazaux, jour­na­lis­te, grand repor­ter.
- Jean-Michel Danet, admi­nis­tra­teur natio­nal, direc­teur d’une revue.
- Edouard Maret, jour­na­lis­te.
- Jean Clau­de Pons, jour­na­lis­te en Poly­né­sie fran­çai­se.
- Béa­tri­ce Tau­pin, jour­na­lis­te spé­cia­li­sée en éco­no­mie.
- Marie-Hélè­ne Loaëc, rédac­tri­ce en chef d’un heb­do­ma­dai­re spé­cia­li­sé
- Décret du 16 mai 2008 :
Au gra­de d’officier
- Fran­çois Bies­sy, jour­na­lis­te repor­ter d’images. Che­va­lier du 23 avril 1988.
Au gra­de de che­va­lier
- Ghis­lai­ne Che­nu, jour­na­lis­te et pro­duc­tri­ce d’Envoyé Spé­cial sur Fran­ce 2.
- Valé­rie Expert, rédac­tri­ce en chef d’une chaî­ne de télé­vi­sion.
- Phil­li­pe Levrier, pré­si­dent d’un grou­pe­ment audio­vi­suel.
- Mary­se Bur­got, jour­na­lis­te (Fran­ce 2).
- Gérard Ernault, direc­teur de rédac­tion de Fran­ce Foot­ball.
- Chris­to­phe Hon­de­lat­te, jour­na­lis­te (Fran­ce 2, RTL).
- Hugues Huet, grand repor­ter.
- Xavier Lam­bert, direc­teur de RFO.
- Marie-Chris­ti­ne Meyer, direc­tri­ce adjoin­te de Fran­ce Inter.
- Fré­dé­ric Mou­nier, jour­na­lis­te (La Croix).
- Domi­ni­que Qui­nio, direc­tri­ce de La Croix.
- Natha­lie de Sen­ne­vil­le-Leen­hardt, rédac­tri­ce en chef de Réfor­me.
- Cyril Viguier, pro­duc­teur de télé­vi­sion.
- Mar­the Vial­le­font (née Por­ta­lier), ancien­ne ani­ma­tri­ce, jour­na­lis­te (L’Auvergnat de Paris).
- Syl­vie Le Cal­vez (née Fou­cher), jour­na­lis­te (Ouest-Fran­ce), pré­si­den­te d’un col­lec­tif de pro­tec­tion de la natu­re.
- Jean-Paul Cha­pel, jour­na­lis­te (Fran­ce 2).
- Cathe­ri­ne Cha­ti­gnoux, jour­na­lis­te (Les Echos).
- Béa­tri­ce Had­ja­je, jour­na­lis­te au ser­vi­ce « étran­ger » de RTL.
- Décret du 30 jan­vier 2008 :
Au gra­de de com­man­deur
- Clau­de Imbert, direc­teur d’un heb­do­ma­dai­re.
Au gra­de de che­va­lier
- Manuel Bur­rus, écri­vain, jour­na­lis­te, cri­ti­que lit­té­rai­re.
- Constan­ce Ponia­tows­ki, jour­na­lis­te, mem­bre de l’Observatoire de la pari­té.
- Hoda Bara­kat, jour­na­lis­te, écri­vai­ne.
- Michel Cami­no, secré­tai­re géné­ral d’une socié­té de pres­se.
- Clau­de Hem­mer, direc­teur de sta­tions radio­pho­ni­ques.
- Mar­ti­ne Vas­let, épou­se Paris, direc­tri­ce des res­sour­ces humai­nes de RFI.
- Anne Wicker (née Schmitt), jour­na­lis­te, direc­tri­ce de la rédac­tion d’un maga­zi­ne.
- Décret du 7 mai 2007 :
Au gra­de d’Officier
- Jean-Char­les Blon­del, jour­na­lis­te, écri­vain. Che­va­lier du 21 décem­bre 1998.
- Jac­ques Pes­sis, jour­na­lis­te, écri­vain, pro­duc­teur et réa­li­sa­teur. Che­va­lier du 8 novem­bre 1995.
- Raoul Tour­ret­te, ancien jour­na­lis­te, mem­bre actif d’associations et confé­ren­cier.
Au gra­de de Che­va­lier
- Mat­thieu Aron, rédac­teur en chef dans une sta­tion radio­pho­ni­que.
- Marie-Pier­re Bou­li­gaud, direc­tri­ce géné­ra­le et rédac­tri­ce en chef d’un heb­do­ma­dai­re.
- Patri­ce Cos­ta, jour­na­lis­te et consul­tant sur l’environnement.
- Patri­ck Char­les, jour­na­lis­te.
- Odi­le Meu­vret, ancien­ne jour­na­lis­te.
- Pas­cal Pin­ning, rédac­teur en chef, res­pon­sa­ble du ser­vi­ce évé­ne­ments d’une chaî­ne de télé­vi­sion.
-Fre­de­ric Richard, ani­ma­teur d’émissions télé­vi­sées.
- Gene­viè­ve Galey, jour­na­lis­te, rédac­tri­ce en chef d’un jour­nal télé­vi­sé.
- Décret du 14 novem­bre 2006 :
Au gra­de d’Officier
- Clau­de Dufres­ne, jour­na­lis­te, écri­vain
- Cathe­ri­ne Nay, jour­na­lis­te, direc­tri­ce adjoin­te de la rédac­tion d’une chaî­ne radio­pho­ni­que
- Alexan­dre Adler, jour­na­lis­te, uni­ver­si­tai­re
Au gra­de de che­va­lier
- Fran­çoi­se Nys­sen, édi­tri­ce
- Fran­çois Bachy, jour­na­lis­te, Direc­teur adjoint de l’information, en char­ge du pôle poli­ti­que sur TF1.
- Guy Del­court, édi­teur.
- Pier­re Lou­ty ( Pier­re, Léo­nard ), édi­teur, écri­vain.
- Moha­med Meb­toul, réa­li­sa­teur de télé­vi­sion.
- Fre­de­ric Morel, direc­teur géné­ral d’une mai­son d’édition.
- Didier Pillet, jour­na­lis­te.
- Chris­tian Vion, direc­teur géné­ral d’une chaî­ne télé­vi­sée.
- Décret du 15 mai 2006 :
Au gra­de de com­man­deur
- Phi­lip­pe Labro, Offi­cier du 18 novem­bre 1992, jour­na­lis­te, écri­vain.
- André Brin­court, jour­na­lis­te, écri­vain.
Au gra­de de che­va­lier
- Thier­ry d’Athis, ancien jour­na­lis­te et vice-pré­si­dent d’une asso­cia­tion pro­fes­sion­nel­le de jour­na­lis­tes de l’aéronautique et de l’espace.
- Jac­ques Esnous, direc­teur de l’information d’une chaî­ne radio­pho­ni­que.
- Jean louis Beau­car­not, jour­na­lis­te, écri­vain.
- Oli­vier Bétour­né, édi­teur.
- Patri­ce Cave­lier, secré­tai­re géné­ral à la pré­si­den­ce d’une chaî­ne radio­pho­ni­que.
- Domi­ni­que Jameux, pro­duc­teur d’émissions radio­pho­ni­ques.
- Jean-Luc Mano, jour­na­lis­te, écri­vain.
- Denis Mara­val-Hutin, édi­teur.
- Muriel Rosé, direc­tri­ce des uni­tés maga­zi­nes et docu­men­tai­res d’une chaî­ne de télé­vi­sion.
- Pier­re Taille­fer, direc­teur de l’information d’une agen­ce de pres­se.
- Décret du 14 novem­bre 2005 :
Au gra­de de Com­man­deur
- Jean Nar­cy, jour­na­lis­te, pré­sen­ta­teur de télé­vi­sion. Offi­cier du 18 décem­bre 1997.
Au gra­de de Che­va­lier
- Jean-Yves Vif, jour­na­lis­te
- Pas­ca­le Kufus, jour­na­lis­te ( Alle­ma­gne )
- Pier­re Com­bes­cot, écri­vain, jour­na­lis­te
- Gil­les Cos­taz, jour­na­lis­te, écri­vain, auteur
- Deni­se Epo­te, jour­na­lis­te, res­pon­sa­ble d’une chaî­ne télé­vi­sée
- Rémi Le Goff, jour­na­lis­te, grand repor­ter en Nou­vel­le-Calé­do­nie

C’est long, hein ? Bien plus que la lis­te des « refuz­niks », que voi­ci. Gloi­re à eux !

Refus de la décoration 

lis­te publiée par Wiki­pe­dia

* Le curé d’Ars, saint Jean-Marie Vian­ney, reçut la croix de che­va­lier de la Légion d’honneur en 1855, à son insu : la deman­de en avait été fai­te par le sous-pré­fet de Tré­voux et le pré­fet de l’Ain. Il la refu­sa au motif que la croix ne rap­por­te­rait pas d’argent pour les pau­vres. Mal­gré ce refus, la chan­cel­le­rie de la Légion d’honneur lui envoya la croix sans deman­der l’argent. En défi­ni­ti­ve, il ne la por­ta jamais mais elle fut posée sur son cer­cueil.
* Jean Vic­tor Marie Moreau se moquait de l’institution de la Légion d’honneur. Quelqu’un lui disait qu’on avait des­sein de don­ner la croix, non-seule­ment à ceux qui se seraient dis­tin­gués par la gloi­re des armes, enco­re à ceux qui se seraient fait remar­quer par leur méri­te et par leur savoir. Il s’écria : « Eh bien ! Je vais deman­der la croix de com­man­deur de l’ordre pour mon cui­si­nier, car il a un méri­te supé­rieur dans l’art de la cui­si­ne. » (O’Meara.)
* Les col­la­bo­ra­teurs du Canard enchaî­né se sont don­né depuis tou­jours com­me règle de refu­ser les déco­ra­tions, au pre­mier rang des­quel­les la Légion d’honneur (Pier­re Sci­ze, jour­na­lis­te, fut ren­voyé du jour­nal en 1933 pour l’avoir accep­tée bien qu’elle lui fut décer­née à titre mili­tai­re.)
* Ils refu­sè­rent la déco­ra­tion : le dra­ma­tur­ge Népo­mu­cè­ne Lemer­cier refu­sant de prê­ter ser­ment à l’Empereur et à sa dynas­tie, La Fayet­te, le poè­te Jean-Fran­çois Ducis (qui pré­fé­rait « por­ter des haillons que des chaî­nes », Mgr Mau­ri­ce de Bro­glie, Gérard de Ner­val, Nadar, Geor­ge Sand (qui écri­vit au minis­tre qui lui pro­po­sait la croix : « Ne fai­tes pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l’air d’une vieille can­ti­niè­re ! »), Hono­ré Dau­mier (qui décla­ra : « Je prie le gou­ver­ne­ment de me lais­ser tran­quille ! »), Émi­le Lit­tré, Gus­ta­ve Cour­bet, Guy de Mau­pas­sant, Mau­ri­ce Ravel (qui refu­se immé­dia­te­ment cet­te dis­tinc­tion, sans don­ner de jus­ti­fi­ca­tion), Pier­re et Marie Curie (Pier­re, à qui l’on pro­po­sait la croix, rétor­qua sim­ple­ment : « Je n’en vois pas la néces­si­té »), Clau­de Monet, Geor­ges Ber­na­nos, Eugè­ne Le Roy, Jean-Paul Sar­tre, Simo­ne de Beau­voir, Albert Camus, Antoi­ne Pinay, Bri­git­te Bar­dot (qui est déco­rée en 1985 mais refu­se d’aller la cher­cher), Cathe­ri­ne Deneu­ve, Clau­dia Car­di­na­le.
* Hec­tor Ber­lioz, auquel l’État désar­gen­té vou­lait payer une mes­se de Requiem avec le ruban rou­ge au lieu de ver­ser les 3 000 francs pro­mis, s’écria : « Je me fous de votre croix. Don­nez-moi mon argent ! ».
* Des poè­tes anar­chis­tes com­me Jac­ques Pré­vert, Geor­ges Bras­sens qui en fit une chan­son ou Léo Fer­ré, qui a bro­car­dé « ce ruban mal­heu­reux et rou­ge com­me la hon­te ».
* Gene­viè­ve de Fon­te­nay, la pré­si­den­te du Comi­té Miss Fran­ce qu’un séna­teur de Savoie vou­lait pro­po­ser, l’a aus­si refu­sée pour des rai­sons inver­ses : « C’est vrai­ment désa­cra­li­ser le ruban que de le dis­tri­buer à n’importe qui… com­me des médailles en cho­co­lat. »
* Dis­tin­gué fin décem­bre 1997, l’écrivain Ber­nard Cla­vel a fait savoir qu’il refu­sait de rece­voir la Légion d’honneur, pré­fé­rant res­ter « dans le clan de ceux qui l’ont refu­sée ». Il a ajou­té que son oncle Char­les Cla­vel l’avait reçue par­ce qu’il avait abon­dam­ment ver­sé son sang pour son pays dans une ter­ri­ble guer­re : « Je pen­se qu’il se retour­ne­rait dans sa tom­be en me voyant por­ter le même ruban que lui. » C’est éga­le­ment le cas de Phi­lip­pe Séguin, dont le père est mort sans la rece­voir.
* En 1949, le minis­tè­re de l’Éducation natio­na­le pro­po­se la déco­ra­tion à Mar­cel Aymé. La répon­se don­née par l’écrivain est res­tée célè­bre. Il ter­mi­ne son arti­cle par ces mots : « [...] pour ne plus me trou­ver dans le cas d’avoir à refu­ser d’aussi dési­ra­bles faveurs, ce qui me cau­se néces­sai­re­ment une gran­de pei­ne, je les prie­rais qu’ils vou­lus­sent bien, leur Légion d’honneur, se la car­rer dans le train, com­me aus­si leurs plai­sirs ély­séens. »
* Le sculp­teur résis­tant René Iché, déco­ré com­me che­va­lier pour 1914-1918, refu­sa la pro­mo­tion d’officier en 1947 esti­mant que cet­te déco­ra­tion per­dait tout sens s’il la rece­vait en tant qu’artiste ou en tant que résis­tant pion­nier de 1940.
* Cer­tai­nes per­son­nes choi­sis­sent d’accepter la déco­ra­tion mais refu­sent de la por­ter, par exem­ple Jean d’Ormesson, de l’Académie fran­çai­se qui décla­rait : « Les hon­neurs, je les mépri­se, mais je ne détes­te pas for­cé­ment ce que je mépri­se ».
* Erik Satie écrit à pro­pos du refus de la déco­ra­tion par Mau­ri­ce Ravel : « Ravel refu­se la Légion d’honneur, mais tou­te sa musi­que l’accepte. »
* De même, lors­que Ara­gon la refu­se, Jac­ques Pré­vert, fei­gnant la sévé­ri­té, lui dit : « C’est très bien de la refu­ser, mais enco­re fau­drait-il ne pas l’avoir méri­tée. »
* Edmond Mai­re la refu­sa en décla­rant : « Ce n’est pas à l’État de déci­der ce qui est hono­ra­ble ou pas. »
* Le 16 octo­bre 2006, le pré­si­dent de l’organisation d’Éducation supé­rieu­re tur­que et ancien rec­teur de l’université Gala­ta­sa­ray, prof. Erdo­gan Teziç, a ren­du la Légion d’honneur qu’il avait reçue le 17 sep­tem­bre 2004 pour pro­tes­ter contre l’adoption de la loi par l’Assemblée natio­na­le fran­çai­se visant à péna­li­ser la néga­tion du géno­ci­de armé­nien.
* Le 2 jan­vier 2009, Michè­le Audin, mathé­ma­ti­cien­ne, fille du mathé­ma­ti­cien Mau­ri­ce Audin (1932-1957), refu­se le gra­de de che­va­lier de la Légion d’honneur au motif de l’absence de répon­se du pré­si­dent Sar­ko­zy à la let­tre ouver­te envoyée par sa mère deman­dant que soit éclair­ci le mys­tè­re de la dis­pa­ri­tion de son mari en Algé­rie et que la Fran­ce assu­me sa res­pon­sa­bi­li­té.
* Le 5 jan­vier 2009, les jour­na­lis­tes poli­ti­ques Fran­çoi­se Fres­soz (Le Mon­de) et Marie-Eve Maloui­nes (Fran­ce Info) ont annon­cé refu­ser la déco­ra­tion : « Rien, dans mon par­cours pro­fes­sion­nel, ne jus­ti­fie pareille dis­tinc­tion. Je pen­se en outre que, pour exer­cer libre­ment sa fonc­tion, un jour­na­lis­te poli­ti­que doit res­ter à l’écart des hon­neurs. Pour ces rai­sons, je me vois dans l’obligation de refu­ser cet­te distinction[27]. »
* Jean Kreit­mann, écri­vain évan­gé­lis­te suis­se refu­sa le titre de che­va­lier de la Légion d’honneur sous la pré­si­den­ce de Fran­çois Mit­ter­rand.
* Jean Guillou, orga­nis­te, l’a refu­sé en juillet 2010 par­lant de la légion d’honneur com­me un acces­soi­re hono­ri­fi­que.


Henri Montant, alias Arthur. Journaliste, satiriste, écologiste

Ph. Le Télé­gram­me

J’apprends par mon pote Lan­glois, dans Panouille, son blog, la mort d’Henri Mon­tant. Celui qui se fai­sait appe­ler Arthur sous ses billets acé­rés, sauf dans Le Mon­de, où ça n’aurait pas fait sérieux. Arthur, le bar­bu à la pipe et au regard plis­sé, com­me pour aug­men­ter la pro­fon­deur du champ, sur­tout celui si éten­du de la conne­rie. Il fut donc de la ban­de à Char­lie-Heb­do (de l’époque Cho­ron) et plus enco­re de cel­le de La Gueu­le Ouver­te (de Four­nier et Isa­bel­le Cabut), au temps où l’on pas­sait de l’ « envi­ron­ne­ment » à l’écologie, y com­pris et sur­tout au sens poli­ti­que (can­di­da­tu­re de René Dumont à la pré­si­den­tiel­le de 74).

On le retrou­ve­ra plus tard dans les feuilles libres et liber­tai­res com­me La Gros­se Ber­tha, CQFD, Siné Heb­do et Bak­chi­ch.

Nos rou­tes se sont sou­vent croi­sées, notam­ment au temps où nous pas­sions le flam­beau, au Cen­tre de for­ma­tion des jour­na­lis­tes, à Paris.

Il n’est pas mort de la Légion d’honneur, mais d’un can­cer same­di en Bre­ta­gne, à 70 ans.

Ber­nard Lan­glois lui rend le bel hom­ma­ge, que des lec­teurs enri­chis­sent, notam­ment Isa­bel­le Cabut. Le mieux est d’y aller voir.

On lira aus­si un beau por­trait de lui par Jac­ques Chan­teau, dans Le Télé­gram­me du 27 mars 2009, alors qu’il pré­si­dait à Mor­laix le jury d’un fes­ti­val de films, «Court mais bref».


Société-médias. Voici donc venue l’ère des robots-journalistes ! (On y était presque déjà…)

monde-10310.1268235073.jpg Jour­na­lis­tes, patrons de médias, socio­lo­gues et autres curieux, aler­te géné­ra­le ! Tou­te affai­re ces­san­te, si ce n’est déjà fait, pré­ci­pi­tez-vous page 15 du Mon­de du 10/3/10 dont le titre dit tout : « L’ère des robots-jour­na­lis­tes ». Scien­ce-fic­tion ? Déli­re tech­no-azi­mu­té ? Pas du tout ! Ce que racon­te Yves Eudes dans sa page bien dénom­mée « Décryp­ta­ges », c’est rien moins qu’une nou­vel­le révo­lu­tion qui, dans un mois un an„ va tou­cher la pres­se – l’ « impac­ter » com­me diraient les mili­tai­res –au plus haut point, à savoir la rédac­tion auto­ma­ti­que infor­ma­ti­sée du tout-venant jour­na­lis­ti­que. Des expé­ri­men­ta­tions pous­sées sont déjà en cours, por­tant en par­ti­cu­lier sur la rédac­tion de comp­tes ren­dus spor­tifs. Le confrè­re du Mon­de s’est ren­du sur le cam­pus d’Evanston, près de Chi­ca­go, pour tou­cher du doigt les pre­miè­res proues­ses en ce domai­ne de l’intelligence arti­fi­ciel­le.

Les pre­miers mena­cés par cet­te révo­lu­tion immi­nen­te, ce sont d’abord les pis­se-copie débi­tant de maniè­re qua­si-auto­ma­ti­que, déjà, des enfi­la­des de phra­ses « tou­tes fai­tes » enfa­ri­nées de cli­chés. Au fond, il n’est pas si éton­nant qu’un ordi­na­teur, ani­mé par un pro­gram­me un tant soit peu futé, par­vien­ne à répli­quer cet­te pro­se pas­se-par­tout. Elle s’applique ain­si sans gran­des dif­fi­cul­tés aux comp­tes ren­dus de mat­ches dont les résul­tats sont sou­vent qua­li­fiés de « logi­ques » – j’adore ! – tan­dis que les péri­pé­ties revien­nent à une suc­ces­sion d’événements binai­res : bien-mal, but-pas but, du pain béni ultra-fas­to­che pour puces élec­tro­ni­ques. Idem pour les cours de la bour­se : lan­ga­ge codé, voca­bu­lai­re res­treint autour de trois indi­ca­teurs basi­ques : + - = Ça se com­pli­que un poil pour la météo, mais à pei­ne.

Bien sûr, l’ordinateur et son pro­gram­me ne vont pas tout inven­ter mais mou­li­ne­ront des don­nées quan­ti­ta­ti­ves, et même qua­li­ta­ti­ves sim­ples, dont on les aura nour­ris.

Les déve­lop­pe­ments déjà à l’étude, pré­voient à court ter­me d’introduire des modes de trai­te­ment de l’information per­met­tant d’exprimer des nuan­ces sty­lis­ti­ques, afin d’obtenir des arti­cles fice­lés « à la mode » de tel jour­nal ou même de tel rédac­teur. Les pro­gram­mes d’IA (intel­li­gen­ce arti­fi­ciel­le) savent en effet ana­ly­ser les com­po­san­tes des sty­les en ques­tion et de les réin­jec­ter dans la rédac­tion auto­ma­ti­sée.

Même des jour­naux télé­vi­sés sont expé­ri­men­tés, pré­sen­tés par de « vrais » jour­na­lis­tes-robots ! Voyez d’ici la lignée post-dar­wi­nien­ne à haut ren­de­ment néo-libé­ra­lis­te : PPDA-TF1 -> PPDA-Gui­gnols -> PPDA-robot. 

Le blè­me là-dedans ne rési­de pas seule­ment dans le mou­ron syn­di­cal à pré­voir… Il se pose sur­tout en ter­mes de conte­nu infor­ma­tif, y com­pris, à échéan­ce – puis­qu’ « on n’arrête pas le pro­grès » ! – sur des arti­cles très éla­bo­rés. Là, je devan­ce les concep­teurs de la cho­se ultra-big-bro­the­rien­ne, puis­que ces der­niers pré­ten­dent que leur révo­lu­tion déga­ge­ra d’autant les jour­na­lis­tes, les vrais, des tâches fas­ti­dieu­ses qui empê­chaient leurs plus bel­les envo­lées pro­fes­sion­nel­les et citoyen­nes ! Mon cul ! com­me dirait Zazie. La seule répon­se qui vaille à cet égard res­tant cel­le de l’esprit cri­ti­que de tout un cha­cun – selon que des résis­tants refu­se­ront de se cou­cher. Il en va de l’info com­me de la bouf­fe, de la bon­ne pata­te com­me de son erzatz ogm-isé : on peut n’y voir que couic ! Jusqu’à l’empoisonnement final. On peut aus­si ne pas en mou­rir et conti­nuer à fai­re son gras en ron­ron­nant.

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PS. Pro­chai­ne éta­pe, le bara­tin poli­ti­que ! Là, ce sera ultra-fas­to­che mais sur­tout inuti­le, le pro­gram­me LDB (lan­gue de bois) ayant fait ses preu­ves depuis si long­temps. Oui je sais, c’est déma­go et aus­si fas­to­che. Quoi­que.


L’ « imprudence vraiment coupable » des journalistes de F3 en Afghanistan

Les jour­na­lis­tes, com­me dit Guy Bedos, on dirait par­fois, voi­re sou­vent, qu’ils ont fait l’école hôte­liè­re : ils savent si bien pas­ser les plats. Les pou­voirs les aiment, ceux-là, qui s’appliquent à lécher les bot­tes, sinon les culs – mais là, gaf­fe, il faut y met­tre du « talent » afin que cela ne se voit pas trop. Hou­la-la, c’est tout un métier ! et il est alors dûment recon­nu et appré­cié par les pou­voirs, tous les pou­voirs. Un contrat taci­te géné­ra­le­ment res­pec­té dans la bon­ne, sai­ne et sou­vent joyeu­se conni­ven­ce. Mais au moin­dre coup de canif, ça se déchaî­ne. Ain­si, à pro­pos des deux jour­na­lis­tes de Fran­ce 3, enle­vés le 30 décem­bre en Afgha­nis­tan, Le secré­tai­re géné­ral de l’Élysée, Guéant, a esti­mé que le « scoop ne devait pas être recher­ché à tout prix », confir­mant des pro­pos de Sar­ko­zy évo­quant une « impru­den­ce vrai­ment cou­pa­ble ».

« Scoop à tout prix », « impru­den­ce vrai­ment cou­pa­ble », tou­chants aveux et, du même coup, bel­le défi­ni­tion par la néga­tion du métier d’informer de la part de ces diri­geants de l’État. En ter­mes directs : qu’allaient donc fai­re là-bas, ces sales gamins refu­sant la dis­ci­pli­ne mili­tai­re ?! Jour­na­lis­tes et skieurs hors pis­tes, c’est tout pareil, de coû­teux incons­ciens…

De son côté, le zélé minis­tre des affai­res étran­gè­res n’a pas vou­lu être en res­te. Lun­di, sur Fran­ce Info, il a décla­ré que les jour­na­lis­tes enle­vés avaient été « pré­ve­nus » des ris­ques, ajou­tant : « Ils ont vou­lu pren­dre leurs ris­ques, main­te­nant c’est nous qui les pre­nons pour les sor­tir, et c’est nor­mal. ». Tra­dos : ils ont vou­lu n’en fai­re qu’à leurs têtes, voi­là le tra­vail ! « main­te­nant c’est nous qui »… Et j’aime bien le petit bout de peti­te phra­se selon le pas de dan­se faux-cul, deux en avant un en arriè­re : « Et c’est nor­mal » ! C’est en quoi Kouch­ner n’est pas tout à fait ali­gné sur l’Élysée – on ne vient pas de n’importe où, on est indé­pen­dant « nous », non mais !

Oui, les jour­na­lis­tes c’est sur­tout bien quand ça n’emmerde pas le mon­de, que ça se lais­se gen­ti­ment embar­quer dans les blin­dés de l’armée – pas sans ris­ques, cer­tes –, à ser­vir la bon­ne sou­pe de la com’. Les autres, on devrait les lais­ser dans leur mer­de. On n’est pas allés les cher­cher, après tout !


Les journalistes selon Sarkozy : « des nullards », « des bandits », « leur cracher à la gueule » !

J’ai atten­du ce diman­che, à l’heure de la mes­se, pour finir ma lec­tu­re du Canard de mer­cre­di. D’où, avec quel­que retard, cet­te per­le en for­me de cita­tion, rap­por­tée par le ban­dit-pal­mi­pè­de, en géné­ral pas man­chot de la plu­me :

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L’hyperprésident se lais­se aller dans sa géné­ra­li­sa­tion qui exclut tou­te la cohor­te de ses cire-pom­pes. Cohor­te est cer­tes exa­gé­ré. De même s’agissant du qua­li­fi­ca­tif d’ « hyper­pré­si­dent ».  La une du der­nier Cour­rier inter­na­tio­nal sem­ble à cet égard mali­gne­ment per­fi­de. Voyez-vous même ce que sous-enten­dent ces ban­dits-là :

courrier.1240137752.jpg


Érythrée - Un journaliste suédois emprisonné depuis neuf ans

Un jour­na­lis­te de natio­na­li­té sué­doi­se est empri­son­né dans son pays d’origine, l’Érythrée, depuis 2750 jours. Une cam­pa­gne pour sa libé­ra­tion a été lan­cée en Suè­de. Des relais inter­na­tio­naux ne seront pas de trop pour ten­ter de sor­tir Davit Isaak des grif­fes d’un régi­me redou­ta­ble. L’Érythrée se trou­ve au 173e et der­nier rang des pays dans le clas­se­ment mon­dial pour la liber­té de la pres­se, éta­bli par Repor­ters sans fron­tiè­res.

Le tex­te ci-des­sous éma­ne du site Sve­deg - Actua­li­tés sué­doi­ses, qui nous deman­de de relayer la cam­pa­gne de mobi­li­sa­tion.

disaak.1238588105.jpgDepuis près de 9 ans, le  jour­na­lis­te et écri­vain sué­dois d’origine éry­thréen­ne Dawit Isaak est empri­son­né dans l’ancienne colo­nie ita­lien­ne. Après plu­sieurs année en exil en Suè­de, il retour­na en Éry­thrée en 1996 et fon­da le jour­nal d’opposition Setit. En mai 2001, Setit publia la let­tre ouver­te de plu­sieurs minis­tres, cri­ti­ques sur le régi­me en pla­ce et appe­lant à des réfor­mes démo­cra­ti­ques. La répon­se de la dic­ta­tu­re en pla­ce eu lieu quel­ques mois plus tard à l’ombre des atten­tats du World Tra­de Cen­ter. Le jour­na­lis­te ain­si que d’autres oppo­sants poli­ti­ques furent arrê­tés et empri­son­nés immé­dia­te­ment.  Par­mi eux, des minis­tres du gou­ver­ne­ment qui étaient favo­ra­ble à des réfor­mes. Par­mi les oppo­sants arrê­tés, 10 sont morts en pri­son.

Dawit Isaak est arri­vé en 1987 en Suè­de com­me réfu­gié poli­ti­que. Il devint sué­dois en 1992. Lors de l’indépendance de son pays en 1996, il y retour­na et fon­da le pre­mier jour­nal d’opposition, Setit.  Après la publi­ca­tion d’un arti­cle cri­ti­que, il fut empri­son­né. Aucun jour­na­lis­te n’a enco­re été accu­sé ou jugé. Ils sont consi­dé­rés com­me des traî­tres et les jour­na­lis­tes sont aus­si accu­sé d’avoir reçu des aides finan­ciè­res de l’étranger. Les contacts avec Dawit Isaak ont depuis ce temps été très spar­tia­tes. Le consul hono­rai­re sué­dois a réus­si à l’entrevoir à tra­vers des bar­reaux en 2001. En 2002, il fut hos­pi­ta­li­sé pour soi­gner des bles­su­res dû aux tor­tu­res subies en pri­son selon l’association amé­ri­cai­ne Com­mit­tee to Pro­tect Jour­na­lists (CPJ). En 2004, l’ambassadeur Éry­thréen à Stock­holm assu­rait que Dawit Isaac était en bon­ne san­té. En 2005, il fut libé­ré trois jours mais fut arrê­té et remis der­riè­res les bar­reaux. Aucu­ne orga­ni­sa­tion inter­na­tio­na­le n’a pu lui ren­dre visi­te depuis ce jour.

erythree.1238587660.jpgLe 26 mars, les rédac­teurs des prin­ci­paux jour­naux sué­dois, DN, SvD, Afton­bla­det et Expres­sen ont lan­cé une cam­pa­gne de mobi­li­sa­tion pour la libé­ra­tion du jour­na­lis­te et lan­cé une péti­tion afin de fai­re pres­sion sur le gou­ver­ne­ment sué­dois. Par­mi les pos­si­bi­li­tés, la cou­pu­re des aides finan­ciè­res a été évo­quée.  L’utilisation de l’Érythrée com­me pion dans la lut­te de pou­voir en Afri­que com­pli­que la don­ne. Le prin­ci­pal pro­blè­me de la diplo­ma­tie sué­doi­se est que le gou­ver­ne­ment éry­thréen n’a rien à per­dre.  Les pres­sions inter­na­tio­na­les ont de plus peu d’effet sur ce pays et la démo­cra­tie n’y a a pas enco­re ger­mé. Le pré­si­dent éry­thréen a d’ailleurs annon­cé qu’il n’y avait pas d’opposition dans son pays et décla­ré que les pre­miè­res élec­tions seraient pos­si­bles dans 30-40 ans le temps que la situa­tion se soit sta­bi­li­sée. En espé­rant que le jour­na­lis­te ne doi­vent pas atten­dre aus­si long­temps.

Sour­ce: Freedawit.com, Dagens Nyhe­ter


Bizot, éclaireur toujours Actuel

C’est étran­ge, ceux qui par­tent lais­sent tou­jours le même mes­sa­ge : Gaf­fe à vous, à vos bor­du­res, à vos jours comp­tés ! On en rigo­le un peu, mais du rire jau­ne de la pro­fon­deur inquiè­te. Quand j’apprends ça dans le pos­te, au petit déj, mon café devient noir-noir. Jean-Fran­çois Bizot est mort. Ça m’en fout un coup, pour pleins de rai­sons. D’abord l’âge, le même à huit jours près – ça veut dire même géné­ra­tion et ça ne vou­drait rien dire si ce n’était sur­tout ces conver­gen­ces vers bien des points, dont celui d’une pre­miè­re ren­con­tre, en 72 par là.

C’était impas­se de l’Ouest à Mont­par­nas­se, siè­ge d’Actuel, un vieil immeu­ble limi­te pou­ra­ve, qua­si squatt (cher­chez plus, le quar­tier a été rasé de près et boboï­sé). Le patron régnait dans une gran­de piè­ce, der­riè­re un vieux bureau de récup. Je pigeais alors pour une ency­clo­pé­die suis­se (EDMA, Ency­clo­pé­die du mon­de actuel…, édi­tions Ren­con­tres, bureau au quar­tier Latin où l’on croi­sait à l’occasion un cer­tain Raoul Vane­geim) à qui j’avais pro­po­sé un arti­cle sur Actuel, le canard, et sur Bizot. On a donc dis­cu­té un bon moment « entre pros » (jeu­nes pros) à cau­se de la com­man­de, et ça s’est pro­lon­gé bien au delà pour culmi­ner sur le free jazz.

Bizot et la musi­que, ça cau­sait ! Pas éton­nant qu’il ait aus­si lan­cé une radio, Nova, puis relan­cé TSF com­me sta­tion de jazz. Ça cau­sait musi­que-donc-poli­ti­que. Se sou­ve­nir de ces années : la guer­re du Viet­nam tirait à sa fin, mais on ne le savait pas, en ayant cham­bou­lé l’ « Amé­ri­que » dont la beat gene­ra­tion avait inven­té la contre-cultu­re, l’underground nour­ri des Kerouac, Gins­berg et aus­si Dylan et enco­re Andy Warhol, entre autres – la rou­te, la dévian­ce anti­con­for­mis­te, la révol­te com­me art de vie. Ça c’est le côté Amé­ri­que blan­che et sa jeu­nes­se cra­chant dans la sou­pe pois­seu­se et mer­di­que touillée par les Nixon et Kis­sin­ger. Côté Noirs, le « dream » de Luther King a viré au cau­che­mar des gran­des émeu­tes urbai­nes ; le mou­ve­ment des droits civi­ques patau­ge. On appel­le ça une cri­se, et quand il s’agit de l’Amérique, c’est un choc mon­dial.

La contre cultu­re éma­ne de ce mer­dier – la fleur qui éclot sur le fumier. Qui, aus­si, va secouer la Fran­ce de Mai 68, par ailleurs année de lan­ce­ment d’Actuel, canard de jazz… Titre que reprend donc Bizot en 70 pour le tor­dre à sa maniè­re en un fan­zi­ne com­plè­te­ment allu­mé (à coups de pétards…), fond et for­me tri­tu­rés par­fois jusqu’à l’illisible, l’imbitable majes­tueux, la cou­leur LSD fluo-ripo­li­née au cul de la roto (affo­lée). J’ai aimé cet Actuel dégueu­lant dans les orniè­res, en appe­lant aus­si à l’Autre cho­se dans cet­te Phran­ce de la phy­nan­ce pom­pi­do­lien­ne, bous­cu­lant le confor­mis­me des canards et leurs plan-plan « sujets de socié­té », pro­pul­sant des des­si­neux déjan­tés com­me Robert Crumb*, Gil­bert Shel­ton. Ouah !

Donc Bizot, c’était ça, ver­sion fren­chie très made in USA, sur­tout côté Cali­for­nie où copu­laient d’ardeur en un étran­ge plu­mard adep­tes d’un col­lec­ti­vis­me (les com­mu­nau­tés hip­pies et autres) et un indi­vi­dua­lis­me farou­che, anar­chis­te, esthè­te et bour­geois à la fois : tout Actuel (le col­lec­tif du jour­nal) et tout Bizot et la ban­de d’électrons en quê­te de « libé­ra­tion ». Bizot bour­geois, cer­tes, au sens de l’origine de clas­se, ça comp­te : un papa qui signe un chè­que de 800 pata­tes – on n’aurait pas fini dans le même hos­pi­ce… De ces «bour­geois à talent» dont aimait à par­ler Made­lei­ne Rebé­rioux à pro­pos des accou­cheurs de la Révo­lu­tion fran­çai­se, ceux qui allu­ment les lumiè­res quand il fait trop noir.

Mai 68 a gran­di dans ces années-là.
Cel­les des gran­des déri­ves en mer d’Utopie, cer­tes bor­du­rant à l’occasion les chi­mè­res, bra­vant le ridi­cu­le poli­ti­que des gau­chis­mes infan­ti­les et jusqu’au maoïs­me – en fal­lait-il de la déses­pé­ran­ce ! Bizot en fut – ten­ta­tion bour­geoi­se des extrê­mes ? S’en remit. Lui ne sem­bla pas som­brer dans l’alcool du libé­ra­lis­me, l’alcoo-libé­ra­lis­me, celui qui consa­cre la défai­te du col­lec­tif (on ne peut même plus écri­re col­lec­ti­vis­me alors que la ques­tion de la col­lec­ti­vi­té a viré à la com­mu­nau­té – d’intérêts !) sur l’individualisme. Bizot avait cho­pé le can­cer qui, peut-être, lui ren­dit ce ser­vi­ce de consa­crer en lui le sens du vital, du pré­cieux de la vie, de la vani­té du pou­voir et du paraî­tre, aujourd’hui valeurs suprê­mes et ava­riées. Il ne sera donc pas ren­tré à la niche néo­li­bé­ra­le, com­me le Kouch­ner, qui eut aus­si son pas­sa­ge « Actuel » puis cho­pa, lui, le can­cer du poli­ti­cien clai­ron­nant.

J’en reviens à mes « seven­ties », impas­se de l’Ouest (impas­se de l’Occident ?), tan­dis que nous cau­sons bien­tôt jazz. Champ libre vient d’éditer «Free Jazz / Bla­ck Power» de Car­les et Como­li, cou­ver­tu­re de Rei­ser ; et aus­si «Le Meur­tre du Christ» de Rei­ch, et de res­sor­tir «La socié­té du Spec­ta­cle» de Debord. C’était pas du Houel­le­be­que, du Angot et autres bran­let­tes. Enco­re moins du Fer­ry, l’anti-68, ou du Bes­son (le pan­ta­lon)… C’est dire l’époque, quand même…

D’ailleurs, ima­gi­nez ça, Bizot m’offre un 30 cm de Col­tra­ne, « Ole » ; je l’entends enco­re me dire « Tu ver­ras, c’est le mor­ceau char­niè­re entre le bop et le free, j’aime beau­coup ». J’ai « vu » et ça res­te un de mes mor­ceaux de jazz pré­fé­rés. Il avait du flair le zigue. Sinon aurait-il sou­te­nu Sex­pol ? Oui, la revue Sex­pol, cel­le selon le Rei­ch ci-des­sus, cel­le qui zébra le front sexo-poli­ti­que de 75 à 81. [En savoir plus : clic ! ] On cher­chait des sous pour édi­ter le numé­ro un (et les autres d’ailleurs). Bizot n’a pas écor­né le chè­que de papa pour ça, il lui fal­lait nour­rir ses « actuels », non mais il pro­po­sa l’hospitalité, si bien que le Sex­pol 1, ça ne se sait pas, hein, a été assem­blé, à la main, chez Actuel, impas­se de l’Ouest : his­to­ri­que ! Com­me quoi l’histoire n’est jamais si loin qu’on croit, sur­tout dans le regis­tre Actuel.

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* Crumb joue du ban­jo et de la man­do­li­ne dans le grou­pe de jazz Les Pri­mi­tifs du futur.


JAZZ. La Seyne, Napoléon, Marmande…

Y a bien des fois j’aime pas les jour­na­leux. Mais les jour­na­lis­tes, la bel­le affai­re. Tenez, ceux qui for­gent leurs papiers à chaud sur une tri­bu­ne de sta­de, et hop, dans le canard du matin ! C’est beau. Pareil pour un concert. De jazz pen­dant qu’on y est. La Sey­ne, Napo­léon, Fran­cis Mar­man­de… J’explique.

john-tchicai

John Tchi­cai jouait et chan­tait le 26 juillet au XXIIe fes­ti­val de La Sey­ne-sur-Mer. Ph. gp

Alain Soler, André Jau­me, Ber­nard San­ta­cruz, John Tchi­cai et Marc Maz­zillo – Pho­to gp

Hier soir, La Sey­ne-sur-Mer, dans le Var. 22e fes­ti­val dit du Fort Napo­léon. Car ça se pas­se là, entre qua­tre murs de for­te­res­se, en haut d’une pinè­de qui domi­ne la baie de Tou­lon. Un lieu com­me une arè­ne, mais car­rée… Avec des gra­dins et du sable au fond d’où émer­ge une scè­ne. Donc pas de toros ni de mata­dors. Pas de sang, du son. Il y a là, ce soir une sacrée bro­chet­te. Pas l’armada des gran­des fies­tas avec leurs vedet­tes, mais la fine fleur. Tenez, André Jau­me, saxos et flû­te. S’il n’était si modes­te ce grand loge­rait au Pan­théon.

De même John Tchi­cai. Hein, quoi, qui ? Une his­toi­re du jazz à lui tout seul, tis­sée au long de ses 71 balais, né à Copen­ha­gue d’une mère danoi­se et d’un père congo­lais, déni­ché par Archie Shepp – je fais vite, les bran­chés iront au dico du jazz, page 1157. Tou­jours est-il que le voi­là dans la New Thing à New York et on va le trou­ver aux côtés de Ros­well Rudd, Car­la Bley, puis Albert Ayler – il enre­gis­tre avec lui et Don Cher­ry, Gary Pea­co­ck, Son­ny Mur­ray une musi­que de film, « New York Eye & Ear Control », 1964. Avec John Col­tra­ne, ce sera l’album « Ascen­sion », 1965. Une tra­jec­toi­re qui pas­se par la Fran­ce, près de Per­pi­gnan où il vit aujourd’hui.

Retour à hier soir [26/07/07] en sax ténor, puis­sant et fin au pos­si­ble, jouant de ses com­pos, ou cel­les de Ber­nard San­ta­cruz, super­be contre­bas­sis­te, rejoint pour ce quin­tet d’un soir (ou plus car affi­ni­tés très affir­mées !) par Alain Soler – quel gui­ta­ris­te ! – et Marc Mazillo à la bat­te­rie. Lequel nous a offert, avec John Tchi­cai à la voix, un mémo­ra­ble duo de peaux et de scat.

Je m’arrête là sur le concert pro­pre­ment dit. Car je vou­lais en fait évo­quer un autre artis­te, qui lui joue du sty­lo – enfin du mac à 88 tou­ches, on appel­le ça aus­si un cla­vier. Ça fait quel­ques années qu’on se croi­se, jus­te le temps de se saluer, de se dire, oui pas le temps, à la pro­chai­ne. Hier pareil. Il s’était réfu­gié sous un néon dans un coin du fort, com­me un gref­fier de Napo­léon. À une heu­re du mat’, l’affaire n’était pas bou­clée. Car il ramait sur son ins­tru­ment indo­ci­le. Jouer du cer­veau, déjà c’est pas don­né, mais la mise en musi­que !

Or, notre hom­me est un musi­cien. Du ver­be, on le sait, et de la contre­bas­se. Paraît qu’il en tou­che un bon brin. Il joue aus­si du pla­neur, que nous avons donc en com­mun, en plus du jazz et moins la cor­ri­da – nul n’est par­fait. Ses chro­ni­ques, hors les olé !, j’en suis fan. Et même jaloux. Il est trop. «Mais non, mais non !» fait-il pour contrer le com­pli­ment en bais­sant un regard ado. Mais si mais si : trop culti­vé, trop talen­tueux, trop bon jour­na­lis­te. C’est pas dur, si j’avais enco­re un vœu de métier à for­mu­ler, ce serait ça : « Je vou­drais fai­re Mar­man­de». Mais il est là. Et bien là.

PS. Alors, ce papier, ça vient ? (Voir Le Mon­de daté 28/07/07).

–––––––

Jazz au Fort Napo­léon. La Sey­ne-sur-Mer. Miro­slav Vitous Trio – en rem­pla­ce­ment de Joshua Red­man trio (le 27 juillet), Lar­ry Willis (le 28), car­te blan­che à Médé­ric Col­li­gnon (le 29), Jean-Pier­re Lla­ba­dor (le 30), Chris­to­phe Mar­guet Résis­tan­ce poé­ti­que Quar­tet (le 30). Tél. : 04-94-06-96-60.

www.jazzfortnapoleon.com


Sarkozy sur France Inter. Comme un pet sur une toile cirée

Ce matin, invi­té de Fran­ce inter, le can­di­dat UMP. Très défen­sif-offen­sif selon son natu­rel galo­pant. En auto-sur­veillan­ce, se redou­tant lui-même, depuis le temps qu’ « on » lui dit – « on », ses mana­gers de boxe qui, entre cha­que round, vien­nent lui pas­ser l’éponge dans le dos : « Gaf­fe à ta gau­che, Nico­las ! Pen­se à ton cro­chet droit ! ». Et le poids-coq, un peu wel­ter, repart au coup de gong, fait écran à l’arbitre pour ten­ter un coup bas, sous la cein­tu­re.

sarko_de_m.1178145049.jpgIl était donc sur ses gar­des, dans ce repai­re post(e)-68tard, cet­te radio écou­tée sur­tout par des Sar­ko-scep­ti­ques, pour le moins [son­da­ge Télé­ra­ma] – mais les trois ou qua­tre audi­teurs- ques­tion­neurs seraient cet­te fois triés en consé­quen­ce. Il avait donc tort de s’inquiéter pour si peu. Guy Car­lier aura pré­fé­ré tour­ner les talons. Suf­fi­sait alors de la jouer badi­ne – on badi­ne bien avec les médias, et Demo­rand don­nait aima­ble­ment dans le taquin : « Vrai­ment, liqui­der 68 ? » Beuh, le pica­dor n’aura guè­re fati­gué le tau­reau, et Hélè­ne Jouan n’agitera pas la mule­ta, tout jus­te un p’tit coup de chif­fon timi­de. Et lui de bar­bouiller à tout-va : « Fran­çois Hol­lan­de a dit qu’il n’aimait pas les riches ». Rien ne se pas­se autour des micros. Pas le moin­dre contre­point. Pour­quoi se géner ? D’un upper­cut, il des­cend 68 : ce temps où « Vol­tai­re, ça valait Har­ry Pot­ter ». Et pas un mot pour rele­ver ce déni intel­lec­tuel – ou au moins pour rap­pe­ler, même en badi­nant, que le Pot­ter en ques­tion, euh, en 68…

C’est vrai qu’il ter­ro­ri­se. Demo­rand, tout assu­ré qu’il parais­se – de l’assurance sans ris­que des jaset­tes de salon radio­pho­ni­que –, ne résis­te en rien aux assauts de la bête, feu­trés de ses « je vous le dis très gen­ti­ment » (à deux repri­ses), mais n’y reve­nez pas trop ! La mena­ce a du mal à se voi­ler : « Vous êtes for­mi­da­ble ! Avec vous, j’ai l’impression de fai­re un débat avec un hom­me poli­ti­que… Mer­ci, com­me ça je m’entraîne pour ce soir ! »… Ou enco­re : « On peut avoir ses convic­tions et être pré­cis ! » Ces piques sont ter­ri­ble­ment acé­rées. Elle déli­mi­tent la fonc­tion jour­na­lis­ti­que : des ques­tions, cer­tes, mais pas d’objection, pas de résis­tan­ce, jus­te pas­ser les plats. 40.000 per­son­nes hier à Char­lé­ty : « – Vous y étiez ?! Bon, disons que vous y étiez pas !… » Sous-enten­du : alors on la fer­me ! Et lui alors, il y était?

Un audi­teur prend le relais pour dénon­cer la « colo­ni­sa­tion » de Fran­ce inter par les idées de 68… Oh, com­me vous y allez !, pro­tes­te en sub­stan­ce Demo­rand, voyez Syl­ves­tre et Mar­ris, on équi­li­bre… Com­me si la fonc­tion jour­na­lis­ti­que ne devait, par essen­ce, rele­ver de la néces­sai­re et démo­cra­ti­que fonc­tion de contre-pou­voir. Un minis­tè­re de l’information ? – « Une plai­san­te­rie ! » En effet, pour quoi fai­re ? Com­me si le sys­tè­me des réseaux d’amitié et de conni­ven­ce n’était pas autre­ment effi­ca­ces. Mais l’objection est d’avance désa­mor­cée : « On me dit que les médias sont à ma sol­de… Mon dieu ! » Voyez Libé­ra­tion, le Nou­vel Obs, Marian­ne… qui appar­tien­nent à des riches et cepen­dant par­ti­sans de « Mada­me Royal »… « Dois-je en conclu­re que Mada­me Royal est liée aux puis­san­ces de l’argent ? » Silen­ce radio. Sar­ko­zy embraie de plus bel­le : Lagar­dè­re n’était pas à Ber­cy, Bouy­gues non plus. Alors, si c’est pas la preu­ve !

Et là, les micros sont scot­chés, médu­sés.

Bon, OK, on ne peut pas tout res­sor­tir, ni for­cé­ment être assez réac­tif face à tant d’aplomb… Mais enfin, il y avait quand même matiè­re à rétor­quer ! Sinon, bor­del de chiot­te, à quoi je sers à ce micro qui, rap­pe­lons-le, est tout de même et avant tout un outil au ser­vi­ce du droit du public à l’information ! Alors, je résu­me, en vrac :

Sar­ko­zy a un fils dont Mar­tin Bouy­gues – action­nai­re prin­ci­pal de TF1 –  est le par­rain ; lequel a assis­té au congrès de l’UMP qui a sacré le même Sar­ko­zy ; Ber­nard Arnault – PDG de LVMH qui pos­sè­de La Tri­bu­ne – est ami de Sar­ko­zy, qui a assis­té au maria­ge de la fille d’Arnault, com­me il avait assis­té au maria­ge de Clai­re Cha­zal (TF1) ; Vin­cent Bol­lo­ré – entre autres PDG d’Havas – ami de Sar­ko­zy, pré­sent à la remi­se de sa légion d’honneur ; Arnaud Lagar­dè­re –  Hachet­te (entre autres: Euro­pe 1, le Jour­nal du Diman­che, Paris-Mat­ch, des titres régio­naux), EADS… – grand ami de Sar­ko­zy, pré­sent, cet­te fois, à son mee­ting pour le « oui » à la consti­tu­tion Euro­péen­ne en mai der­nier. N’oublions pas non plus dans la même bro­chet­te ami­ca­le : Édouard de Roth­schild  l’actionnaire de réfé­ren­ce de Libé­ra­tion (« jour­nal de mer­de»), Alain Minc pré­si­dent du conseil de sur­veillan­ce du Mon­de.

Donc, à Fran­ce Inter ce matin-là, on a glis­sé là-des­sus com­me pet sur toi­le cirée.

Pour­tant l’invité n’était pas plei­ne­ment content (peut-il jamais l’être avant d’atteindre « la plus hau­te mar­che ? ») Pas content, car il n’aime pas les jour­na­lis­tes et les redou­te. D’où ces assauts d’attention mêlés de mena­ce. La main dans le dos et la dague pas loin : « Mon­sieur Demo­rand », qu’il lui lan­ce à la der­niè­re minu­te, « vous filez un mau­vais coton… » Pour­quoi dit-il ça, à celui qui n’a tout de même pas démé­ri­té et pro­tes­te de sa bon­ne foi : « Ça veut dire quoi ça, exac­te­ment, Nico­las Sar­ko­zy ? » Répon­se : « Ça veut dire qu’à 9 heu­res on a le droit… » Demo­rand : « …de plai­san­ter ». Sar­ko­zy : « …oui, de plai­san­ter ». Ouf, on a eu peur ! On souf­fle en van­nant gaie­ment avec des slo­gans de 68. Le débat, c’est pas la guer­re, hein ! Il était moins une.

© des­sin andré faber



BONNE NOUVELLE. Les journaux sont foutus, vive les journalistes !


par John Mac­Gre­gor, cher­cheur au dépar­te­ment Socio­lo­gie des médias du MIT

John Mac­Gre­gor, cher­cheur état­su­nien, n’y va que par qua­tre che­mins : 1) la pres­se quo­ti­dien­ne est condam­née dans sa for­me actuel­le ; 2) dans les dix ans à venir, les pré­payés (« gra­tuits ») vont s’imposer et assu­rer une pre­miè­re relè­ve tran­si­toi­re… ; 3) …sui­vie par une défer­lan­te tech­ni­que et jour­na­lis­ti­que : dis­pa­ri­tion qua­si tota­le des indus­tries de pres­se (fabri­ca­tion et dif­fu­sion) au pro­fit de l’internet : impres­sion à domi­ci­le de jour­naux à la car­te ; 4) les « cen­tres de pres­se » fonc­tion­ne­ront tous com­me les agen­ces actuel­les, sans sup­port maté­riel, et emploie­ront 80 % de jour­na­lis­tes et le res­te en com­mer­ciaux et ges­tion­nai­res. L’avenir de la pres­se appar­tient donc – enfin – aux jour­na­lis­tes !

John Mac­Gre­gor, 55 ans, est cher­cheur-ensei­gnant à Cam­brid­ge au fameux MIT (Mas­sa­chu­setts ins­ti­tu­te of tech­no­lo­gy). C’est là que j’ai fait sa connais­san­ce, fin des années 70, tan­dis qu’il diri­geait déjà le dépar­te­ment Com­pa­ra­ti­ve media stu­dies. Il n’a ces­sé depuis d’œuvrer en obser­va­teur cri­ti­que et enga­gé (ancien jour­na­lis­te et auteur d’une dizai­ne d’ouvrages) de la pres­se des Etats-Unis et, plus géné­ra­le­ment du mon­de occi­den­tal. Francophone/phile, il connaît très bien la Fran­ce pour y séjour­ner régu­liè­re­ment. Il tutoie aus­si ses médias, com­me on va le voir. L’entretien qui suit devait paraî­tre sous for­me d’interview. Mais, avec l’accord de l’intéressé et revue par lui, une syn­thè­se de ses pro­pos a paru plus appro­priée. GP.

 

1)Tels qu’ils sont,

les quotidiens sont condamnés

 

John Mac­Gre­gor : On me trou­ve­rait peut-être mieux ins­pi­ré de par­ler de la pres­se amé­ri­cai­ne… Qui va mal aus­si ! Elle subit une vague ter­ri­ble de concen­tra­tions met­tant en cau­se, plus gra­ve­ment que jamais, le plu­ra­lis­me des médias et des idées. Mais notre sujet, ici, c’est la pres­se fran­çai­se. De plus, je viens de pas­ser plu­sieurs mois en Euro­pe et quel­ques semai­nes en Fran­ce pour, pré­ci­sé­ment, actua­li­ser mes réflexions au plus près des réa­li­tés.

D’abord, un rap­pel : la plu­part des médias d’information des pays occi­den­taux tra­ver­sent une cri­se sans pré­cé­dent. Cer­tes à des niveaux dif­fé­rents, mais de maniè­re assez paral­lè­le : d’une part sur le plan éco­no­mi­que, d’autre part sur celui de la confian­ce. Per­te de confian­ce – on devrait plu­tôt par­ler d’appé­ten­ce des clients – les ache­teurs-lec­teurs – et, plus nou­veau et inquié­tant, per­te de confian­ce des jour­na­lis­tes en leur métier. Aux Etats-Unis, une enquê­te a rele­vé que 70 % d’entre eux ne sont pas satis­faits des condi­tions d’exercice du métier. J’ignore si cela a été mesu­ré en Fran­ce, mais de mul­ti­ples contacts avec des jour­na­lis­tes fran­çais me font crain­dre aus­si une insa­tis­fac­tion assez géné­ra­le. Les récen­tes opé­ra­tions de rachat, en par­ti­cu­lier cel­les menées par l’industriel de l’armement Das­sault, ont trou­blé de nom­breu­ses rédac­tions.

Par où la cri­se a-t-elle démar­ré ? Sans dou­te par tous les bouts du pro­blè­me qui, en fait, est très com­plexe. Il fau­drait notam­ment consi­dé­rer la ques­tion éco­no­mi­que géné­ra­le qui com­prend la mar­chan­di­sa­tion mon­dia­li­sée de pres­que tou­te l’activité humai­ne ; et dans ce mael­ström inouï, pren­dre en comp­te l’économie même des médias, très par­ti­cu­liè­re. Voi­là en effet un pro­duit, assu­mons le ter­me, qui ose se ven­dre deux fois : aux annon­ceurs, puis aux lec­teurs. Les excep­tions exis­tent, mais sont tel­le­ment raris­si­mes qu’on les consi­dè­re com­me des ano­ma­lies – je pen­se au Canard enchaî­né, on y revien­dra.

Il fau­drait aus­si s’attarder sur l’évolution des socié­tés dans leurs rap­ports à la tech­ni­que. Cel­le-ci a per­mis une mul­ti­pli­ca­tion effré­née de canaux se pré­sen­tant com­me infor­ma­tifs alors qu’ils sont avant tout des sup­ports com­mer­ciaux. Pour la pres­se, il en va com­me de la mar­chan­di­se géné­ra­li­sée dont l’hyperproduction conduit aux cri­ses inces­san­tes de l’économie actuel­le. On dit : « Too much infor­ma­tion is over­kill ». Trop d’info tue l’info. De nos jours, en fait, on devrait par­ler du trop peu d’information ! Trop de signes, cer­tes, habillés en infor­ma­tion, dégui­sés ; nous som­mes dans le dégui­se­ment, dans le tra­ves­tis­se­ment des réa­li­tés ; l’ « info » deve­nant de plus en plus une mar­chan­di­se com­me une autre, on croit que sa répli­ca­tion en série jus­ti­fie l’existence de ces réseaux mons­trueux de com­mu­ni­ca­tion – et il fau­drait habiller tous ces mots de guille­mets bar­be­lés pour les conte­nir dans leurs sens les plus vul­gai­res et détour­nés en shows plus ou moins hol­ly­woo­diens.

(Lire la sui­te…)


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

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    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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