On n'est pas des moutons

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France inter. Quand Le Pen montre « 13 millions d’étrangers », les journalistes regardent son doigt

Indi­gna­tion encore. France inter rece­vait ce matin Jean-Marie Le Pen en fin de par­cours à la tête (Pen en bre­ton…) du Front natio­nal. Le vieux facho s’en sera encore bien tiré. Avec l’habileté et cet aplomb qu’on lui connaît, il aura une fois de plus roulé les jour­na­listes dans sa farine. Ainsi en fut-il lorsque, enton­nant son refrain de pré­di­lec­tion, il affirma que la France compte désor­mais, « d’après l’Insee, plus de 13 mil­lions d’étrangers qui ne manquent pas de poser de graves problèmes »…

Le faus­saire à plein micro.

Treize mil­lions, et même plus ! Ce qui repré­sen­te­rait 20% de la popu­la­tion… Mais per­sonne pour rele­ver. Ni le pon­ti­fiant Guetta, ni le déca­pant Legrand, ni enfin le sémillant Cohen n’opposèrent au faus­saire la réa­lité sta­tis­tique : 3,65 mil­lions de per­sonnes, sur plus de 63 mil­lions, soit 5,8% de la popu­la­tion au der­nier recen­se­ment de 2006.

S’il n’est qu’une don­née à connaître quand un jour­na­liste ren­contre Le Pen, c’est bien celle sur l’immigration, non ? Au lieu de quoi on lui pose d’insipides ques­tions genre « La Tuni­sie est-elle une dic­ta­ture ? »* Et l’autre men­teur de pour­suivre son bon­homme de che­min, et de ter­mi­ner sa car­rière de faus­saire « en beauté », comme il l’avait com­men­cée d’ailleurs. Je rap­pe­lais ici même, en octobre der­nier, com­ment Le Pen fut pro­pulsé par la télé, en 1984, avec l’émission au titre bien pré­somp­tueux : L’Heure de vérité… Il avait pu user et abu­ser du men­songe sans être le moins du monde inquiété par des jour­na­listes plus suf­fi­sants que com­pé­tents. Il aurait eu tort de se gêner. Ainsi vient-il de réus­sir sa sor­tie selon la même recette éprou­vée. Face à la même indo­lence journalistique.

* Et la dilet­tante Pas­cale Clark de poser la même ques­tion à Régis Debray. C’était peu avant dans ses « Cinq minutes avec… ». Alors, la Tuni­sie, au fait ?

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Un an otages en Afghanistan !

Triste anni­ver­saire que celui des deux jour­na­listes de France 3 Hervé Ghes­quière et Sté­phane Tapo­nier et leurs trois accom­pa­gna­teurs, enle­vés lors d’un repor­tage en Afgha­nis­tan. C’était le 29 décembre 2009. Depuis, les plus direc­te­ment concer­nés – les familles des otages et le comité de sou­tien – n’ont reçu que d’indirectes preuves de vie des jour­na­listes pri­son­niers, dont une vidéo récente. En même temps, ils ont l’impression d’avoir été bala­dés par les auto­ri­tés fran­çaises cen­sées négo­cier avec les ravis­seurs. Sans doute font-elles tout leur pos­sible… Mais il reste la manière : celle par laquelle on entre­tient les rela­tions avec les dif­fé­rentes par­ties. Les­quelles en sont aujourd’hui à s’interroger sur les dosages entre infor­ma­tion et com­mu­ni­ca­tion gou­ver­ne­men­tale. Par la voix de Flo­rence Aube­nas, dans Le Figaro du jour, le comité de sou­tien inter­pelle solen­nel­le­ment les auto­ri­tés fran­çaises et pose cette ques­tion : « Un an déjà, qu’avez-vous fait ? »

Une péti­tion de 80 000 signa­tures a été remise à l’Élysée la semaine der­nière. Des mani­fes­ta­tions sont annon­cées aujourd’hui dans le pays, dans des villes et des vil­lages où par­fois, comme ici à Saint-Étienne-les-Orgues (Alpes de Hautes-Provence) dont la mai­rie a accro­ché sur sa façade les por­traits des deux otages.

Cinq autres otages fran­çais se trouvent actuel­le­ment rete­nus au Mali. Ils ont été enle­vés à Arlit au Niger le 16 sep­tembre,  ainsi qu’un Togo­lais et un Mal­gache. « Al-Qaida au Magh­reb isla­mique » (AQMI) a reven­di­qué ce rapt. Un sixième Fran­çais a été enlevé le 14 juillet 2009 à Moga­dis­cio, en Soma­lie. Il s’agit d’un membre de la Direc­tion géné­rale de la sécu­rité exté­rieure (DGSE) kid­nappé par des rebelles isla­mistes soma­liens. Un autre agent, a réussi à s’enfuir le 25 août dernier.



L’honneur des journalistes. Ce « deuil des convictions » porté à la boutonnière

L’ordre napo­léo­nien de la Légion d’honneur reste tou­jours… à l’honneur. Il peut s’avérer riche d’enseignements d’aller consul­ter les listes pério­diques des pro­mus. Et, par exemple, se ras­su­rer en consta­tant qu’on ne fait pas par­tie du lot. Ou en se délec­tant de ce mot de Jules Renard dans son Jour­nal : « En France, le deuil des convic­tions se porte en rouge et à la bou­ton­nière. » Liste copieuse à l’appui, Acri­med a reco­pié les noms de la caté­go­rie « Légion d’honneur et Ordre du Mérite pour jour­na­listes et diri­geants de médias », et cela de 2005 à cette année, der­nier cru du 14-juillet. On com­prend  mieux, « en direct », tout l’intérêt des monarques à s’allier les médias et leurs ser­vants. Ainsi gros­sit, en ses vagues suc­ces­sives, l’obèse répu­blique des élites et des émules, des copains et des coquins.

Ouvrez le ban ! :

I. Légion d’honneur

- Décret du 2 avril 2010 :
Au grade de com­man­deur
– Phil­lipe Labro, offi­cier du 8 jan­vier 2002, écri­vain, jour­na­liste
Au grade d’officier
– Anne-Marie Cou­derc, che­va­lier du 26 sep­tembre 2000, ex-directrice géné­rale du groupe Hachette Fili­pac­chi, aujourd’hui direc­trice délé­guée de Lagar­dère Active.
– Jean Ama­dou, chan­son­nier, pro­duc­teur, ani­ma­teur d’émissions.
– Mireille Dumas, pro­duc­trice et pré­sen­ta­trice.
– Denise Fabre, ancienne pré­sen­ta­trice d’émissions télé­vi­sées.
– Odile Got­lieb, Che­va­lier du 28 octobre 2001, édi­trice, pré­si­dente des Édi­tions Odile Jacob.
Au grade de che­va­lier
– Domi­nique Durand, jour­na­liste, rédac­teur en chef de revues scien­ti­fiques, pré­sident de l’Association fran­çaise Buchenwald-Dora et Kom­man­dos.
- Décret du 31 décembre 2009 :
Au grade de com­man­deur
– Edmonde Charles-Roux, Offi­cier du 1er avril 2003, écri­vaine, pré­si­dente de l’Académie Gon­court, ancienne jour­na­liste à Elle, ancienne rédac­trice en chef de l’édition fran­çaise de Vogue.
– Jean-Claude Narcy, Offi­cier du 9 juillet 2002, jour­na­liste, ancien pré­sen­ta­teur du jour­nal télé­visé.
Au grade d’officier
– Jean-Luc Hees, Che­va­lier du 29 novembre 2001, pré­sident du groupe Radio-France.
Au grade de che­va­lier
– Axel Duroux, jour­na­liste, ex-président du direc­toire du groupe RTL entre 2005 et 2009, direc­teur géné­ral de TF1 (2009)
– Régis Fau­con, ancien jour­na­liste à FR3, TF1, aujourd’hui jour­na­liste indé­pen­dant.
– Alexan­dra d’Arnoux, jour­na­liste.
– Danièla Lum­broso, pro­duc­trice de télé­vi­sion, jour­na­liste et pré­sen­ta­trice.
– Syl­vie Ody, jour­na­liste.
– Thé­rèse Torre, pro­duc­trice d’émissions télé­vi­sées.
– Jean-Pierre Vignolle, direc­teur géné­ral de l’Agence France-Presse.
- Décret du 14 juillet 2009 :
Au grade de che­va­lier
– Denise Ammoun, jour­na­liste, écri­vaine (Égypte).
– Jean Ayzac, jour­na­liste, ancien vice-président d’un conseil géné­ral.
– Gene­viève Bri­sac, édi­trice, écri­vaine.
– Alain Elkann, jour­na­liste, conseiller spé­cial du ministre ita­lien de la Culture.
– Charles Ender­lin, jour­na­liste, chef du bureau d’une chaîne de télé­vi­sion à Jéru­sa­lem.
– Marie-Claire de La Gran­dière, jour­na­liste, direc­trice de la rédac­tion d’un maga­zine et écri­vaine.
– Patrick Fores­tier, jour­na­liste, écri­vain
– Rug­gero De Pas, jour­na­liste, pré­sident du centre d’accueil de la presse étran­gère à Paris.
– Didier Pillet, jour­na­liste
Au grade d’officier
– Antoine Sfeir, écri­vain, jour­na­liste, direc­teur des Cahiers de l’Orient.
– Phi­lippe Tes­son, jour­na­liste.
– Phi­lippe Vas­seur, « ancien ministre, pré­sident d’une fédé­ra­tion d’entreprises », dixit le décret. Mais M. Vas­seur est un ancien jour­na­liste éco­no­mique de TF1, des Echos, du Figaro, pré­sident de l’Ecole Supé­rieure de Jour­na­lisme de Lille depuis sep­tembre 2008.
- Décret du 10 avril 2009 :
Au grade de che­va­lier
– Emile Picy, jour­na­liste par­le­men­taire.
– Henri Pigeat, pré­sident du conseil d’administration du Centre de for­ma­tion des jour­na­listes.
– Hélène Piro­non, jour­na­liste.
– Emma­nuel Hoog, ex-président-directeur-général de l’Institut Natio­nal de l’Audiovisuel, pré­sident de l’agence France-Presse.
– Didier Quillot, pré­sident de Lagar­dère Active.
- Décret du 31 décembre 2008 :
Au grade de che­va­lier
– Marie Holz­man, écri­vaine, jour­na­liste, pré­si­dente de l’association Soli­da­rité Chine.
– Caro­line Sinz-Deleau, jour­na­liste, grand repor­ter au ser­vice « Enquêtes et repor­tages » de France 3.
Au grade d’officier
– Didier Fran­çois, sous-directeur de l’édition, de la pro­duc­tion et de l’information à la Direc­tion des Jour­naux offi­ciels.
– Marie-Claude Bros­sol­let, Che­va­lier du 16 novembre 1998, président-directeur géné­ral des édi­tions Belin.
- Décret du 13 juillet 2008 :
Au grade de com­man­deur
– Joseph Crampes, dit Jacques Chan­cel, jour­na­liste, écri­vain, admi­nis­tra­teur du groupe Canal+.
Au grade de che­va­lier
– Ruth Elkrief, jour­na­liste, pré­sen­ta­trice.
– Michèle Leloup, jour­na­liste spé­cia­li­sée « Archi­tec­ture » à L’Express.
– Phi­lippe Rein­hard, jour­na­liste (Le Télé­gramme de Brest, L’Éclair des Pyré­nées…), écri­vain.
– Héloise Lefevre d’Ormesson, écri­vain, édi­trice (édi­tions Héloise d’Ormesson).
- Décret du 21 mars 2008 :
Au grade de com­man­deur
– Jean-René Four­tou, Offi­cier du 14 avril 1997, pré­sident du conseil de sur­veillance du groupe Vivendi.
– Patrick Le Lay, Offi­cier du 27 février 2003, ancien pré­sident du conseil d’administration de TF1.
– Eliane Vic­tor, Offi­cier du 28 mars 1991, écri­vaine, ancienne jour­na­liste à Elle, pro­duc­trice de l’émission « Quo­ti­dien­ne­ment vôtre » sur TF1.
Au grade d’officier
– Rémy Saut­ter, Che­va­lier du 9 mars 1993, président-directeur-général du groupe RTL.
– Hervé Cha­ba­lier, Che­va­lier du 20 juin 1996, ani­ma­teur, jour­na­liste, pro­duc­teur.
– Eve Rug­gieri, Che­va­lier du 25 octobre 1990, pro­duc­trice, pré­sen­ta­trice.
– John Vino­cur, édi­to­ria­liste de l’International Herald Tri­bune.
– Robert Menard, jour­na­liste, ex-secrétaire géné­ral de Repor­ters Sans Fron­tières.
Au grade de che­va­lier
– Yves Mes­sa­ro­vitch, ancien jour­na­liste rédac­teur en chef au Figaro, ancien direc­teur du groupe Expan­sion, ancien jour­na­liste à L’Express.
- Décret du 30 jan­vier 2008 :
Au grade de che­va­lier
– Jean Guillard, jour­na­liste hono­raire.
– Carole Bel­le­mare, jour­na­liste, chef de ser­vice dans un quo­ti­dien (Le figaro éco­no­mie).
– Chan­tal Doumic-Nerot, ancienne jour­na­liste
– Marie-Louise Schaef­fer, jour­na­liste, grand repor­ter
Au grade d’officier
– Arlette de Beu­ve­rand de la Loyère, direc­trice de rédac­tion dans un groupe de presse.
Au grade de che­va­lier
– Cathe­rine Cey­lac, pro­duc­trice et ani­ma­trice de télé­vi­sion sur France 2.
– Isa­belle Dor, jour­na­liste.
– Patri­cia Mar­tin, jour­na­liste, ani­ma­trice d’émissions radio­pho­niques sur France Inter.
- Décret du 13 juillet 2007 :
Au grade de Com­man­deur
– Jean Lacou­ture, jour­na­liste, écri­vain. Offi­cier du 8 février 1993.
Au grade de che­va­lier
– Patrick Buis­son, ancien jour­na­liste, direc­teur géné­ral de la chaine His­toire.
– Fran­çois Gault, jour­na­liste, cor­res­pon­dant per­ma­nent de Radio France en Pologne.
– Elise Lucet, jour­na­liste, pré­sen­ta­trice du jour­nal de 13h (France 2).
– Eric Revel, jour­na­liste éco­no­mique.
– Daniel Ron­deau, écri­vain, jour­na­liste.
- Décret du 6 avril 2007 :
Au grade de che­va­lier
– Véro­nique Saint Olive, née Mis­soffe, jour­na­liste (France 2). A l’époque, Arrêt sur images était revenu sur sa nomi­na­tion.
– Henri Tincq, jour­na­liste spé­cia­lisé dans les affaires reli­gieuses à La Croix, puis au Monde.
– Patrick Lamm, jour­na­liste éco­no­mique, rédac­teur en chef (Les Echos).
– Chris­tian Brin­court, jour­na­liste, grand repor­ter à Paris Match.
– Phi­lippe Goul­liaud, jour­na­liste poli­tique au Figaro.
– Jean-Paul Pigasse, jour­na­liste.
- Décret du 31 décembre 2006 :
Au grade de che­va­lier
– Isa­belle Dath, jour­na­liste à RTL.
– Anita Haus­ser, écri­vaine, jour­na­liste, ancienne chef du ser­vice poli­tique de LCI, rédac­trice en chef adjointe du ser­vice poli­tique du quo­ti­dien Le Soir.
– Armelle Héliot, jour­na­liste, grand repor­ter puis rédac­trice en chef du ser­vice culture du Figaro.
– Syl­vie Pierre-Brossolette, jour­na­liste, rédac­trice en chef du ser­vice de poli­tique inté­rieure de l’hebdomadaire Le Point.
– Randa Takied­dine, jour­na­liste, chef du bureau de Dar Al Hayat à Paris.
– Gérard Klein, comé­dien, ani­ma­teur d’émissions télé­vi­sées.
– Eli­sa­beth Ker­var­rec, jour­na­liste pour « Fran­çais du Monde » et secré­taire géné­rale de l’Association Démo­cra­tique des Fran­çais à l’Etranger.
– Fran­çois Lubrina, méde­cin vété­ri­naire, jour­na­liste (Canada).
Au grade d’officier
– Thierry Des­jar­dins, Che­va­lier du 19 août 1997, jour­na­liste au Figaro.
– Jean-Pierre Elkab­bach, Che­va­lier du 10 décembre 1998, jour­na­liste à Europe 1.
- Décret du 13 juillet 2006 :
Au grade d’officier
– Alain Duples­sis de Pou­zil­hac, pré­sident du direc­toire de la chaîne d’information France 24, PDG de la Société de l’Audiovisuel Exté­rieur de la France (SAEF).
– Marianne Berard-Quelin, présidente-directrice-générale de la Société Géné­rale de Presse.
Au grade de che­va­lier
– Jean-Jacques Bour­din, journaliste-rédacteur en chef de RMC info, ani­ma­teur.
– Ladis­las de Hoyos, ancien jour­na­liste pour TF1 puis France 2 et France Inter.
– Patrick Fau­con­nier, grand repor­ter, fon­da­teur du maga­zine Chal­lenges, jour­na­liste au Nou­vel Obser­va­teur.
– Henri Lau­ret, jour­na­liste, chro­ni­queur et édi­to­ria­liste à France Info, direc­teur géné­ral et codi­rec­teur de la rédac­tion de France Soir.
– Fré­dé­ric Fer­ney, écri­vain, jour­na­liste et cri­tique au Point.
– Renaud Le Van Kim, pro­duc­teur de télé­vi­sion, patron de KM pro­duc­tions et conseiller à TF1.
– William Ley­mer­gie, pro­duc­teur, pré­sen­ta­teur.
– Jacques Lou­vet, pré­sident de la Fédé­ra­tion natio­nale de la presse spé­cia­li­sée.
– Pierre Fulla, jour­na­liste spor­tif.
- Décret du 31 décembre 2005 :
Au grade d’officier
– Jean-Pierre Caillard, Che­va­lier du 17 sep­tembre 1994, ancien jour­na­liste et direc­teur de la publi­ca­tion du quo­ti­dien La Mon­tagne, président-directeur géné­ral de la chaîne de télé­vi­sion Cler­mont Pre­mière, Pré­sident du grou­pe­ment des grands régio­naux.
– Michèle Cotta, Che­va­lier du 10 juin 1996, jour­na­liste, ancienne pré­si­dente de Radio-France, ancienne direc­trice de l’information à TF1.
– Robert Namias, Che­va­lier du 19 novembre 1997, jour­na­liste, ancien repor­ter à RTL, ancien chro­ni­queur à Europe 1, ancien direc­teur de la rédac­tion de TF1, édi­to­ria­liste sur la chaîne d’information I-télé.
Au grade de che­va­lier
– Fran­çoise Laborde, jour­na­liste, ancienne rédac­trice en chef adjointe de TF1, ancienne pré­sen­ta­trice des JT du week-end sur France 2, nom­mée au Conseil Supé­rieur de l’Audiovisuel par Nico­las Sar­kozy en jan­vier 2009.
– Vic­tor Malka, ani­ma­teur sur France Culture.
– Jean-Manuel Bour­gois, direc­teur géné­ral d’une mai­son d’édition.
– Isa­belle Gal­li­mard, présidente-directrice géné­rale de la mai­son d’édition Gal­li­mard.
– Antoine Schwarz, pré­sident de la chaîne radio­pho­nique RFI.
– Marc Tes­sier, ancien pré­sident de France Télé­vi­sion (1999–2005).
- Décret du 14 juillet 2005 :
Au grade de Com­man­deur
– Pierre Weill, ancien PDG de la Sofres, pré­sident de Weill Conseil et du comité stra­té­gique de TNS Sofres.
Au grade d’officier
– Michel Bou­ti­nard Rouelle, admi­nis­tra­teur d’Havas, ancien pré­sident d’Havas Media Com­mu­ni­ca­tion et ancien PDG d’Avenir Havas Media SA.
– Albert Mal­let, ancien pré­sident de Radio Sha­lom.
– Jean-François Revel, écri­vain, membre de l’Académie fran­çaise, édi­to­ria­liste au Point.
Au grade de che­va­lier
– Daniel Bou­det, pré­sident de la mis­sion sur la télé­vi­sion numé­rique ter­restre.
– Louis-François Caillaud, direc­teur dépar­te­men­tal de La Nou­velle Répu­blique.
– Ber­nard Lecomte, direc­teur de col­lec­tion aux édi­tions Jean-Claude Lat­tès, ancien jour­na­liste (La Croix, L’Express…), écri­vain.
– Oli­vier Poivre, dit Poivre d’Arvor, écri­vain
– Viviane Rebes­chini, rédac­trice en chef
– Domi­nique War­lu­zel, avo­cat, concep­teur et pro­duc­teur de maga­zines télé.
– Henri Made­lin, ancien rédac­teur en chef de la revue Etudes.
– Daniel Bila­lian, jour­na­liste, direc­teur des sports de France Télé­vi­sions.
– Laure Adler, ancienne direc­trice de France Culture, écri­vain.
– Jean-Jacques Gabut, ancien direc­teur au groupe Le Pro­grès.
– Ber­trand Méheut, PDG de Canal Plus.
– Richard Ducous­set, vice-président d’Albin Michel, gérant de Canal Plus Edi­tions et des édi­tions Filipacchi-Albin Michel.
– Nico­las Duha­mel, direc­teur géné­ral délé­gué de La Poste, ancien direc­teur géné­ral adjoint d’Havas, ancien direc­teur géné­ral de l’Office d’annonces (ODA).
– Ber­trand Fabre, direc­teur de la rédac­tion du Moni­teur des tra­vaux publics et du bâti­ment, direc­teur des rédac­tions du groupe Le Moni­teur.
– Fabrice Larue, pré­sident de la Finan­cière Fabrice Larue, pré­sident de Datem (ex-Presse Infor­ma­tique), ancien PDG du Groupe Des­fos­sés Inter­na­tio­nal SA.

II. Ordre Natio­nal du Mérite

- Décret du 15 mai 2010 :
Au grade d’officier
– Gabriel Milési, gérant de société, jour­na­liste éco­no­mique. Che­va­lier du 10 mars 1988.
– Fabienne Servan-Schreiber (épouse Weber), présidente-directrice géné­rale d’une société de pro­duc­tion audio­vi­suelle. Che­va­lier du 31 mars 2000.
Au grade de che­va­lier
– Béa­trice Garette (née Dabet), direc­trice géné­rale de (Sipa-presse).
– Sofia Ben­gana, direc­trice géné­rale de presse numé­rique dans une société (Groupe Le Figaro)
– Henri Néron, jour­na­liste (Guyane).
– Jacques Jublin, rédac­teur en chef d’I-télé.
– Frédérick-Louis Bou­lay, jour­na­liste, direc­teur des pro­grammes de TV5.
– Charles-Henry Dubail, direc­teur de publi­ca­tion.
– Pas­cale Marie (épouse Boun­four), direc­trice d’un syn­di­cat de presse.
– Cathe­rine Nayl (épouse Per­rot), jour­na­liste, direc­trice de la rédac­tion de TF1.
– Noël Quidu-Tronscorff, grand repor­ter, pho­to­graphe.
– Chris­tine Kelly (née Tigif­fon), jour­na­liste, membre du CSA.
- Décret du 13 novembre 2009 :
Au grade de com­man­deur
– Jacques Oure­vitch, Offi­cier du 13 avril 1988, ancien jour­na­liste à Europe 1.
Au grade d’officier
– Patrick Poivre d’Arvor, Che­va­lier du 17 jan­vier 2001, écri­vain, jour­na­liste, pré­sen­ta­teur.
– Robert Wer­ner, jour­na­liste, ancien rédac­teur en chef de l’Unité Patri­moine à TF1, ancien chro­ni­queur sur Radio France.
Au grade de che­va­lier
– Jean-Pierre Caf­fin, direc­teur géné­ral du groupe Prisma-Presse.
– Eva Bet­tan, jour­na­liste.
– Syl­vie Blum, pro­duc­trice audio­vi­suel et médias, INA.
– Maryse Bru­gière, direc­trice de pro­grammes du Conseil Supé­rieur de l’Audiovisuel.
– Alfred Hidalgo, jour­na­liste, édi­teur, direc­teur du « dépar­te­ment chan­son » chez Fayard.
– Yves Calvi, jour­na­liste, ani­ma­teur et pré­sen­ta­teur.
– Pierre Lepape, jour­na­liste et cri­tique lit­té­raire.
- Décret du 15 mai 2009 :
Au grade de com­man­deur
– Sophie Andrieu, édi­trice. Offi­cier du 30 juin 1995.
– André Tubeuf, pro­duc­teur d’émissions radio­pho­niques.
Au grade de che­va­lier
– Yan­nick Durand de Pré­mo­rel, direc­teur délé­gué d’un groupe de presse, audi­teur à l’Institut des hautes études de défense natio­nale.
– Nilou­far Soyeux du Cas­tel, direc­trice d’un groupe de com­mu­ni­ca­tion.
Au grade d’officier
– Monique Garnier-Lançon, jour­na­liste
– Oli­vier Pognon, jour­na­liste par­le­men­taire. Che­va­lier du 19 juin 2001.
– Paul Wer­mus, jour­na­liste. Che­va­lier du 21 novembre 1995.
– Fran­çoise Attaix, épouse Van­dame, jour­na­liste.
– Caro­line Dequet, direc­trice géné­rale d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Cen­drine Domin­guez, jour­na­liste.
– Ber­nard Gick, concepteur-réalisateur d’émissions radio­pho­niques.
– Oli­vier de Lagarde, jour­na­liste.
– Marie-Thérèse Litz­ler, direc­trice régio­nale d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Syl­vie Mali­gorne, jour­na­liste.
– Jean Ribet , jour­na­liste.
– Phi­lippe Rous­seau, rédac­teur en chef de quo­ti­diens.
– Daniel Schick, chro­ni­queur, pro­duc­teur et ani­ma­teur de radio et télé­vi­sion.
- Décret du 14 novembre 2008 :
A la dignité de Grand Offi­cier
– Claude Lanz­mann, jour­na­liste, cinéaste.
Au grade de Com­man­deur
– Pierre Dumayet , jour­na­liste. Offi­cier du 21 octobre 1993.
Au grade de che­va­lier
– Andrée Ampi­gny, comé­dienne, jour­na­liste, auteur. conseillère muni­ci­pale du Dia­mant ( Mar­ti­nique ).
– Gene­viève de Cazaux, jour­na­liste, grand repor­ter.
– Jean-Michel Danet, admi­nis­tra­teur natio­nal, direc­teur d’une revue.
– Edouard Maret, jour­na­liste.
– Jean Claude Pons, jour­na­liste en Poly­né­sie fran­çaise.
– Béa­trice Tau­pin, jour­na­liste spé­cia­li­sée en éco­no­mie.
– Marie-Hélène Loaëc, rédac­trice en chef d’un heb­do­ma­daire spé­cia­lisé
- Décret du 16 mai 2008 :
Au grade d’officier
– Fran­çois Biessy, jour­na­liste repor­ter d’images. Che­va­lier du 23 avril 1988.
Au grade de che­va­lier
– Ghis­laine Chenu, jour­na­liste et pro­duc­trice d’Envoyé Spé­cial sur France 2.
– Valé­rie Expert, rédac­trice en chef d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Phil­lipe Levrier, pré­sident d’un grou­pe­ment audio­vi­suel.
– Maryse Bur­got, jour­na­liste (France 2).
– Gérard Ernault, direc­teur de rédac­tion de France Foot­ball.
– Chris­tophe Hon­de­latte, jour­na­liste (France 2, RTL).
– Hugues Huet, grand repor­ter.
– Xavier Lam­bert, direc­teur de RFO.
– Marie-Christine Meyer, direc­trice adjointe de France Inter.
– Fré­dé­ric Mou­nier, jour­na­liste (La Croix).
– Domi­nique Qui­nio, direc­trice de La Croix.
– Natha­lie de Senneville-Leenhardt, rédac­trice en chef de Réforme.
– Cyril Viguier, pro­duc­teur de télé­vi­sion.
– Marthe Vial­le­font (née Por­ta­lier), ancienne ani­ma­trice, jour­na­liste (L’Auvergnat de Paris).
– Syl­vie Le Cal­vez (née Fou­cher), jour­na­liste (Ouest-France), pré­si­dente d’un col­lec­tif de pro­tec­tion de la nature.
– Jean-Paul Cha­pel, jour­na­liste (France 2).
– Cathe­rine Cha­ti­gnoux, jour­na­liste (Les Echos).
– Béa­trice Had­jaje, jour­na­liste au ser­vice « étran­ger » de RTL.
- Décret du 30 jan­vier 2008 :
Au grade de com­man­deur
– Claude Imbert, direc­teur d’un heb­do­ma­daire.
Au grade de che­va­lier
– Manuel Bur­rus, écri­vain, jour­na­liste, cri­tique lit­té­raire.
– Constance Ponia­towski, jour­na­liste, membre de l’Observatoire de la parité.
– Hoda Bara­kat, jour­na­liste, écri­vaine.
– Michel Camino, secré­taire géné­ral d’une société de presse.
– Claude Hem­mer, direc­teur de sta­tions radio­pho­niques.
– Mar­tine Vas­let, épouse Paris, direc­trice des res­sources humaines de RFI.
– Anne Wicker (née Schmitt), jour­na­liste, direc­trice de la rédac­tion d’un maga­zine.
- Décret du 7 mai 2007 :
Au grade d’Officier
– Jean-Charles Blon­del, jour­na­liste, écri­vain. Che­va­lier du 21 décembre 1998.
– Jacques Pes­sis, jour­na­liste, écri­vain, pro­duc­teur et réa­li­sa­teur. Che­va­lier du 8 novembre 1995.
– Raoul Tour­rette, ancien jour­na­liste, membre actif d’associations et confé­ren­cier.
Au grade de Che­va­lier
– Mat­thieu Aron, rédac­teur en chef dans une sta­tion radio­pho­nique.
– Marie-Pierre Bou­li­gaud, direc­trice géné­rale et rédac­trice en chef d’un heb­do­ma­daire.
– Patrice Costa, jour­na­liste et consul­tant sur l’environnement.
– Patrick Charles, jour­na­liste.
– Odile Meu­vret, ancienne jour­na­liste.
– Pas­cal Pin­ning, rédac­teur en chef, res­pon­sable du ser­vice évé­ne­ments d’une chaîne de télé­vi­sion.
–Fre­de­ric Richard, ani­ma­teur d’émissions télé­vi­sées.
– Gene­viève Galey, jour­na­liste, rédac­trice en chef d’un jour­nal télé­visé.
- Décret du 14 novembre 2006 :
Au grade d’Officier
– Claude Dufresne, jour­na­liste, écri­vain
– Cathe­rine Nay, jour­na­liste, direc­trice adjointe de la rédac­tion d’une chaîne radio­pho­nique
– Alexandre Adler, jour­na­liste, uni­ver­si­taire
Au grade de che­va­lier
– Fran­çoise Nys­sen, édi­trice
– Fran­çois Bachy, jour­na­liste, Direc­teur adjoint de l’information, en charge du pôle poli­tique sur TF1.
– Guy Del­court, édi­teur.
– Pierre Louty ( Pierre, Léo­nard ), édi­teur, écri­vain.
– Moha­med Meb­toul, réa­li­sa­teur de télé­vi­sion.
– Fre­de­ric Morel, direc­teur géné­ral d’une mai­son d’édition.
– Didier Pillet, jour­na­liste.
– Chris­tian Vion, direc­teur géné­ral d’une chaîne télé­vi­sée.
- Décret du 15 mai 2006 :
Au grade de com­man­deur
– Phi­lippe Labro, Offi­cier du 18 novembre 1992, jour­na­liste, écri­vain.
– André Brin­court, jour­na­liste, écri­vain.
Au grade de che­va­lier
– Thierry d’Athis, ancien jour­na­liste et vice-président d’une asso­cia­tion pro­fes­sion­nelle de jour­na­listes de l’aéronautique et de l’espace.
– Jacques Esnous, direc­teur de l’information d’une chaîne radio­pho­nique.
– Jean louis Beau­car­not, jour­na­liste, écri­vain.
– Oli­vier Bétourné, édi­teur.
– Patrice Cave­lier, secré­taire géné­ral à la pré­si­dence d’une chaîne radio­pho­nique.
– Domi­nique Jameux, pro­duc­teur d’émissions radio­pho­niques.
– Jean-Luc Mano, jour­na­liste, écri­vain.
– Denis Maraval-Hutin, édi­teur.
– Muriel Rosé, direc­trice des uni­tés maga­zines et docu­men­taires d’une chaîne de télé­vi­sion.
– Pierre Taille­fer, direc­teur de l’information d’une agence de presse.
- Décret du 14 novembre 2005 :
Au grade de Com­man­deur
– Jean Narcy, jour­na­liste, pré­sen­ta­teur de télé­vi­sion. Offi­cier du 18 décembre 1997.
Au grade de Che­va­lier
– Jean-Yves Vif, jour­na­liste
– Pas­cale Kufus, jour­na­liste ( Alle­magne )
– Pierre Com­bes­cot, écri­vain, jour­na­liste
– Gilles Cos­taz, jour­na­liste, écri­vain, auteur
– Denise Epote, jour­na­liste, res­pon­sable d’une chaîne télé­vi­sée
– Rémi Le Goff, jour­na­liste, grand repor­ter en Nouvelle-Calédonie

C’est long, hein ? Bien plus que la liste des « refuz­niks », que voici. Gloire à eux !

Refus de la décoration

liste publiée par Wiki­pe­dia

* Le curé d’Ars, saint Jean-Marie Vian­ney, reçut la croix de che­va­lier de la Légion d’honneur en 1855, à son insu : la demande en avait été faite par le sous-préfet de Tré­voux et le pré­fet de l’Ain. Il la refusa au motif que la croix ne rap­por­te­rait pas d’argent pour les pauvres. Mal­gré ce refus, la chan­cel­le­rie de la Légion d’honneur lui envoya la croix sans deman­der l’argent. En défi­ni­tive, il ne la porta jamais mais elle fut posée sur son cer­cueil.
* Jean Vic­tor Marie Moreau se moquait de l’institution de la Légion d’honneur. Quelqu’un lui disait qu’on avait des­sein de don­ner la croix, non-seulement à ceux qui se seraient dis­tin­gués par la gloire des armes, encore à ceux qui se seraient fait remar­quer par leur mérite et par leur savoir. Il s’écria : « Eh bien ! Je vais deman­der la croix de com­man­deur de l’ordre pour mon cui­si­nier, car il a un mérite supé­rieur dans l’art de la cui­sine. » (O’Meara.)
* Les col­la­bo­ra­teurs du Canard enchaîné se sont donné depuis tou­jours comme règle de refu­ser les déco­ra­tions, au pre­mier rang des­quelles la Légion d’honneur (Pierre Scize, jour­na­liste, fut ren­voyé du jour­nal en 1933 pour l’avoir accep­tée bien qu’elle lui fut décer­née à titre mili­taire.)
* Ils refu­sèrent la déco­ra­tion : le dra­ma­turge Népo­mu­cène Lemer­cier refu­sant de prê­ter ser­ment à l’Empereur et à sa dynas­tie, La Fayette, le poète Jean-François Ducis (qui pré­fé­rait « por­ter des haillons que des chaînes », Mgr Mau­rice de Bro­glie, Gérard de Ner­val, Nadar, George Sand (qui écri­vit au ministre qui lui pro­po­sait la croix : « Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l’air d’une vieille can­ti­nière ! »), Honoré Dau­mier (qui déclara : « Je prie le gou­ver­ne­ment de me lais­ser tran­quille ! »), Émile Lit­tré, Gus­tave Cour­bet, Guy de Mau­pas­sant, Mau­rice Ravel (qui refuse immé­dia­te­ment cette dis­tinc­tion, sans don­ner de jus­ti­fi­ca­tion), Pierre et Marie Curie (Pierre, à qui l’on pro­po­sait la croix, rétor­qua sim­ple­ment : « Je n’en vois pas la néces­sité »), Claude Monet, Georges Ber­na­nos, Eugène Le Roy, Jean-Paul Sartre, Simone de Beau­voir, Albert Camus, Antoine Pinay, Bri­gitte Bar­dot (qui est déco­rée en 1985 mais refuse d’aller la cher­cher), Cathe­rine Deneuve, Clau­dia Car­di­nale.
* Hec­tor Ber­lioz, auquel l’État désar­genté vou­lait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de ver­ser les 3 000 francs pro­mis, s’écria : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! ».
* Des poètes anar­chistes comme Jacques Pré­vert, Georges Bras­sens qui en fit une chan­son ou Léo Ferré, qui a bro­cardé « ce ruban mal­heu­reux et rouge comme la honte ».
* Gene­viève de Fon­te­nay, la pré­si­dente du Comité Miss France qu’un séna­teur de Savoie vou­lait pro­po­ser, l’a aussi refu­sée pour des rai­sons inverses : « C’est vrai­ment désa­cra­li­ser le ruban que de le dis­tri­buer à n’importe qui… comme des médailles en cho­co­lat. »
* Dis­tin­gué fin décembre 1997, l’écrivain Ber­nard Cla­vel a fait savoir qu’il refu­sait de rece­voir la Légion d’honneur, pré­fé­rant res­ter « dans le clan de ceux qui l’ont refu­sée ». Il a ajouté que son oncle Charles Cla­vel l’avait reçue parce qu’il avait abon­dam­ment versé son sang pour son pays dans une ter­rible guerre : « Je pense qu’il se retour­ne­rait dans sa tombe en me voyant por­ter le même ruban que lui. » C’est éga­le­ment le cas de Phi­lippe Séguin, dont le père est mort sans la rece­voir.
* En 1949, le minis­tère de l’Éducation natio­nale pro­pose la déco­ra­tion à Mar­cel Aymé. La réponse don­née par l’écrivain est res­tée célèbre. Il ter­mine son article par ces mots : « […] pour ne plus me trou­ver dans le cas d’avoir à refu­ser d’aussi dési­rables faveurs, ce qui me cause néces­sai­re­ment une grande peine, je les prie­rais qu’ils vou­lussent bien, leur Légion d’honneur, se la car­rer dans le train, comme aussi leurs plai­sirs ély­séens. »
* Le sculp­teur résis­tant René Iché, décoré comme che­va­lier pour 1914–1918, refusa la pro­mo­tion d’officier en 1947 esti­mant que cette déco­ra­tion per­dait tout sens s’il la rece­vait en tant qu’artiste ou en tant que résis­tant pion­nier de 1940.
* Cer­taines per­sonnes choi­sissent d’accepter la déco­ra­tion mais refusent de la por­ter, par exemple Jean d’Ormesson, de l’Académie fran­çaise qui décla­rait : « Les hon­neurs, je les méprise, mais je ne déteste pas for­cé­ment ce que je méprise ».
* Erik Satie écrit à pro­pos du refus de la déco­ra­tion par Mau­rice Ravel : « Ravel refuse la Légion d’honneur, mais toute sa musique l’accepte. »
* De même, lorsque Ara­gon la refuse, Jacques Pré­vert, fei­gnant la sévé­rité, lui dit : « C’est très bien de la refu­ser, mais encore faudrait-il ne pas l’avoir méri­tée. »
* Edmond Maire la refusa en décla­rant : « Ce n’est pas à l’État de déci­der ce qui est hono­rable ou pas. »
* Le 16 octobre 2006, le pré­sident de l’organisation d’Éducation supé­rieure turque et ancien rec­teur de l’université Gala­ta­sa­ray, prof. Erdo­gan Teziç, a rendu la Légion d’honneur qu’il avait reçue le 17 sep­tembre 2004 pour pro­tes­ter contre l’adoption de la loi par l’Assemblée natio­nale fran­çaise visant à péna­li­ser la néga­tion du géno­cide armé­nien.
* Le 2 jan­vier 2009, Michèle Audin, mathé­ma­ti­cienne, fille du mathé­ma­ti­cien Mau­rice Audin (1932–1957), refuse le grade de che­va­lier de la Légion d’honneur au motif de l’absence de réponse du pré­sident Sar­kozy à la lettre ouverte envoyée par sa mère deman­dant que soit éclairci le mys­tère de la dis­pa­ri­tion de son mari en Algé­rie et que la France assume sa res­pon­sa­bi­lité.
* Le 5 jan­vier 2009, les jour­na­listes poli­tiques Fran­çoise Fres­soz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) ont annoncé refu­ser la déco­ra­tion : « Rien, dans mon par­cours pro­fes­sion­nel, ne jus­ti­fie pareille dis­tinc­tion. Je pense en outre que, pour exer­cer libre­ment sa fonc­tion, un jour­na­liste poli­tique doit res­ter à l’écart des hon­neurs. Pour ces rai­sons, je me vois dans l’obligation de refu­ser cette distinction[27]. »
* Jean Kreit­mann, écri­vain évan­gé­liste suisse refusa le titre de che­va­lier de la Légion d’honneur sous la pré­si­dence de Fran­çois Mit­ter­rand.
* Jean Guillou, orga­niste, l’a refusé en juillet 2010 par­lant de la légion d’honneur comme un acces­soire honorifique.


Henri Montant, alias Arthur. Journaliste, satiriste, écologiste

Ph. Le Télégramme

J’apprends par mon pote Lan­glois, dans Panouille, son blog, la mort d’Henri Mon­tant. Celui qui se fai­sait appe­ler Arthur sous ses billets acé­rés, sauf dans Le Monde, où ça n’aurait pas fait sérieux. Arthur, le barbu à la pipe et au regard plissé, comme pour aug­men­ter la pro­fon­deur du champ, sur­tout celui si étendu de la conne­rie. Il fut donc de la bande à Charlie-Hebdo (de l’époque Cho­ron) et plus encore de celle de La Gueule Ouverte (de Four­nier et Isa­belle Cabut), au temps où l’on pas­sait de l’ « envi­ron­ne­ment » à l’écologie, y com­pris et sur­tout au sens poli­tique (can­di­da­ture de René Dumont à la pré­si­den­tielle de 74).

On le retrou­vera plus tard dans les feuilles libres et liber­taires comme La Grosse Ber­tha, CQFD, Siné Hebdo et Bakchich.

Nos routes se sont sou­vent croi­sées, notam­ment au temps où nous pas­sions le flam­beau, au Centre de for­ma­tion des jour­na­listes, à Paris.

Il n’est pas mort de la Légion d’honneur, mais d’un can­cer samedi en Bre­tagne, à 70 ans.

Ber­nard Lan­glois lui rend le bel hom­mage, que des lec­teurs enri­chissent, notam­ment Isa­belle Cabut. Le mieux est d’y aller voir.

On lira aussi un beau por­trait de lui par Jacques Chan­teau, dans Le Télé­gramme du 27 mars 2009, alors qu’il pré­si­dait à Mor­laix le jury d’un fes­ti­val de films, «Court mais bref».


Société-médias. Voici donc venue l’ère des robots-journalistes ! (On y était presque déjà…)

monde-10310.1268235073.jpg Jour­na­listes, patrons de médias, socio­logues et autres curieux, alerte géné­rale ! Toute affaire ces­sante, si ce n’est déjà fait, précipitez-vous page 15 du Monde du 10/3/10 dont le titre dit tout : « L’ère des robots-journalistes ». Science-fiction ? Délire techno-azimuté ? Pas du tout ! Ce que raconte Yves Eudes dans sa page bien dénom­mée « Décryp­tages », c’est rien moins qu’une nou­velle révo­lu­tion qui, dans un mois un an„ va tou­cher la presse – l’ « impac­ter » comme diraient les mili­taires –au plus haut point, à savoir la rédac­tion auto­ma­tique infor­ma­ti­sée du tout-venant jour­na­lis­tique. Des expé­ri­men­ta­tions pous­sées sont déjà en cours, por­tant en par­ti­cu­lier sur la rédac­tion de comptes ren­dus spor­tifs. Le confrère du Monde s’est rendu sur le cam­pus d’Evanston, près de Chi­cago, pour tou­cher du doigt les pre­mières prouesses en ce domaine de l’intelligence artificielle.

Les pre­miers mena­cés par cette révo­lu­tion immi­nente, ce sont d’abord les pisse-copie débi­tant de manière quasi-automatique, déjà, des enfi­lades de phrases « toutes faites » enfa­ri­nées de cli­chés. Au fond, il n’est pas si éton­nant qu’un ordi­na­teur, animé par un pro­gramme un tant soit peu futé, par­vienne à répli­quer cette prose passe-partout. Elle s’applique ainsi sans grandes dif­fi­cul­tés aux comptes ren­dus de matches dont les résul­tats sont sou­vent qua­li­fiés de « logiques » – j’adore ! – tan­dis que les péri­pé­ties reviennent à une suc­ces­sion d’événements binaires : bien-mal, but-pas but, du pain béni ultra-fastoche pour puces élec­tro­niques. Idem pour les cours de la bourse : lan­gage codé, voca­bu­laire res­treint autour de trois indi­ca­teurs basiques : + — = Ça se com­plique un poil pour la météo, mais à peine.

Bien sûr, l’ordinateur et son pro­gramme ne vont pas tout inven­ter mais mou­li­ne­ront des don­nées quan­ti­ta­tives, et même qua­li­ta­tives simples, dont on les aura nourris.

Les déve­lop­pe­ments déjà à l’étude, pré­voient à court terme d’introduire des modes de trai­te­ment de l’information per­met­tant d’exprimer des nuances sty­lis­tiques, afin d’obtenir des articles fice­lés « à la mode » de tel jour­nal ou même de tel rédac­teur. Les pro­grammes d’IA (intel­li­gence arti­fi­cielle) savent en effet ana­ly­ser les com­po­santes des styles en ques­tion et de les réin­jec­ter dans la rédac­tion automatisée.

Même des jour­naux télé­vi­sés sont expé­ri­men­tés, pré­sen­tés par de « vrais » journalistes-robots ! Voyez d’ici la lignée post-darwinienne à haut ren­de­ment néo-libéraliste : PPDA-TF1 -> PPDA-Guignols -> PPDA-robot.

Le blème là-dedans ne réside pas seule­ment dans le mou­ron syn­di­cal à pré­voir… Il se pose sur­tout en termes de contenu infor­ma­tif, y com­pris, à échéance – puisqu’ « on n’arrête pas le pro­grès » ! – sur des articles très éla­bo­rés. Là, je devance les concep­teurs de la chose ultra-big-brotherienne, puisque ces der­niers pré­tendent que leur révo­lu­tion déga­gera d’autant les jour­na­listes, les vrais, des tâches fas­ti­dieuses qui empê­chaient leurs plus belles envo­lées pro­fes­sion­nelles et citoyennes ! Mon cul ! comme dirait Zazie. La seule réponse qui vaille à cet égard res­tant celle de l’esprit cri­tique de tout un cha­cun – selon que des résis­tants refu­se­ront de se cou­cher. Il en va de l’info comme de la bouffe, de la bonne patate comme de son erzatz ogm-isé : on peut n’y voir que couic ! Jusqu’à l’empoisonnement final. On peut aussi ne pas en mou­rir et conti­nuer à faire son gras en ron­ron­nant.

–––––––

PS. Pro­chaine étape, le bara­tin poli­tique ! Là, ce sera ultra-fastoche mais sur­tout inutile, le pro­gramme LDB (langue de bois) ayant fait ses preuves depuis si long­temps. Oui je sais, c’est démago et aussi fas­toche. Quoique.


L’ « imprudence vraiment coupable » des journalistes de F3 en Afghanistan

Les jour­na­listes, comme dit Guy Bedos, on dirait par­fois, voire sou­vent, qu’ils ont fait l’école hôte­lière : ils savent si bien pas­ser les plats. Les pou­voirs les aiment, ceux-là, qui s’appliquent à lécher les bottes, sinon les culs – mais là, gaffe, il faut y mettre du « talent » afin que cela ne se voit pas trop. Houla-la, c’est tout un métier ! et il est alors dûment reconnu et appré­cié par les pou­voirs, tous les pou­voirs. Un contrat tacite géné­ra­le­ment res­pecté dans la bonne, saine et sou­vent joyeuse conni­vence. Mais au moindre coup de canif, ça se déchaîne. Ainsi, à pro­pos des deux jour­na­listes de France 3, enle­vés le 30 décembre en Afgha­nis­tan, Le secré­taire géné­ral de l’Élysée, Guéant, a estimé que le « scoop ne devait pas être recher­ché à tout prix », confir­mant des pro­pos de Sar­kozy évo­quant une « impru­dence vrai­ment cou­pable ».

« Scoop à tout prix », « impru­dence vrai­ment cou­pable », tou­chants aveux et, du même coup, belle défi­ni­tion par la néga­tion du métier d’informer de la part de ces diri­geants de l’État. En termes directs : qu’allaient donc faire là-bas, ces sales gamins refu­sant la dis­ci­pline mili­taire ?! Jour­na­listes et skieurs hors pistes, c’est tout pareil, de coû­teux inconsciens…

De son côté, le zélé ministre des affaires étran­gères n’a pas voulu être en reste. Lundi, sur France Info, il a déclaré que les jour­na­listes enle­vés avaient été « pré­ve­nus » des risques, ajou­tant : « Ils ont voulu prendre leurs risques, main­te­nant c’est nous qui les pre­nons pour les sor­tir, et c’est nor­mal. ». Tra­dos : ils ont voulu n’en faire qu’à leurs têtes, voilà le tra­vail ! « main­te­nant c’est nous qui »… Et j’aime bien le petit bout de petite phrase selon le pas de danse faux-cul, deux en avant un en arrière : « Et c’est nor­mal » ! C’est en quoi Kouch­ner n’est pas tout à fait ali­gné sur l’Élysée – on ne vient pas de n’importe où, on est indé­pen­dant « nous », non mais !

Oui, les jour­na­listes c’est sur­tout bien quand ça n’emmerde pas le monde, que ça se laisse gen­ti­ment embar­quer dans les blin­dés de l’armée – pas sans risques, certes –, à ser­vir la bonne soupe de la com’. Les autres, on devrait les lais­ser dans leur merde. On n’est pas allés les cher­cher, après tout !


Les journalistes selon Sarkozy : « des nullards », « des bandits », « leur cracher à la gueule » !

J’ai attendu ce dimanche, à l’heure de la messe, pour finir ma lec­ture du Canard de mer­credi. D’où, avec quelque retard, cette perle en forme de cita­tion, rap­por­tée par le bandit-palmipède, en géné­ral pas man­chot de la plume :

canard.1240137688.jpg

L’hyperprésident se laisse aller dans sa géné­ra­li­sa­tion qui exclut toute la cohorte de ses cire-pompes. Cohorte est certes exa­géré. De même s’agissant du qua­li­fi­ca­tif d’ « hyper­pré­sident ».  La une du der­nier Cour­rier inter­na­tional semble à cet égard mali­gne­ment per­fide. Voyez-vous même ce que sous-entendent ces bandits-là :

courrier.1240137752.jpg


Érythrée — Un journaliste suédois emprisonné depuis neuf ans

Un jour­na­liste de natio­na­lité sué­doise est empri­sonné dans son pays d’origine, l’Érythrée, depuis 2750 jours. Une cam­pagne pour sa libé­ra­tion a été lan­cée en Suède. Des relais inter­na­tio­naux ne seront pas de trop pour ten­ter de sor­tir Davit Isaak des griffes d’un régime redou­table. L’Érythrée se trouve au 173e et der­nier rang des pays dans le clas­se­ment mon­dial pour la liberté de la presse, éta­bli par Repor­ters sans frontières.

Le texte ci-dessous émane du site Sve­deg — Actua­li­tés sué­doises, qui nous demande de relayer la cam­pagne de mobilisation.

disaak.1238588105.jpgDepuis près de 9 ans, le  jour­na­liste et écri­vain sué­dois d’origine éry­thréenne Dawit Isaak est empri­sonné dans l’ancienne colo­nie ita­lienne. Après plu­sieurs année en exil en Suède, il retourna en Éry­thrée en 1996 et fonda le jour­nal d’opposition Setit. En mai 2001, Setit publia la lettre ouverte de plu­sieurs ministres, cri­tiques sur le régime en place et appe­lant à des réformes démo­cra­tiques. La réponse de la dic­ta­ture en place eu lieu quelques mois plus tard à l’ombre des atten­tats du World Trade Cen­ter. Le jour­na­liste ainsi que d’autres oppo­sants poli­tiques furent arrê­tés et empri­son­nés immé­dia­te­ment.  Parmi eux, des ministres du gou­ver­ne­ment qui étaient favo­rable à des réformes. Parmi les oppo­sants arrê­tés, 10 sont morts en prison.

Dawit Isaak est arrivé en 1987 en Suède comme réfu­gié poli­tique. Il devint sué­dois en 1992. Lors de l’indépendance de son pays en 1996, il y retourna et fonda le pre­mier jour­nal d’opposition, Setit.  Après la publi­ca­tion d’un article cri­tique, il fut empri­sonné. Aucun jour­na­liste n’a encore été accusé ou jugé. Ils sont consi­dé­rés comme des traîtres et les jour­na­listes sont aussi accusé d’avoir reçu des aides finan­cières de l’étranger. Les contacts avec Dawit Isaak ont depuis ce temps été très spar­tiates. Le consul hono­raire sué­dois a réussi à l’entrevoir à tra­vers des bar­reaux en 2001. En 2002, il fut hos­pi­ta­lisé pour soi­gner des bles­sures dû aux tor­tures subies en pri­son selon l’association amé­ri­caine Com­mit­tee to Pro­tect Jour­na­lists (CPJ). En 2004, l’ambassadeur Éry­thréen à Stock­holm assu­rait que Dawit Isaac était en bonne santé. En 2005, il fut libéré trois jours mais fut arrêté et remis der­rières les bar­reaux. Aucune orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale n’a pu lui rendre visite depuis ce jour.

erythree.1238587660.jpgLe 26 mars, les rédac­teurs des prin­ci­paux jour­naux sué­dois, DN, SvD, Afton­bla­det et Expres­sen ont lancé une cam­pagne de mobi­li­sa­tion pour la libé­ra­tion du jour­na­liste et lancé une péti­tion afin de faire pres­sion sur le gou­ver­ne­ment sué­dois. Parmi les pos­si­bi­li­tés, la cou­pure des aides finan­cières a été évo­quée.  L’utilisation de l’Érythrée comme pion dans la lutte de pou­voir en Afrique com­plique la donne. Le prin­ci­pal pro­blème de la diplo­ma­tie sué­doise est que le gou­ver­ne­ment éry­thréen n’a rien à perdre.  Les pres­sions inter­na­tio­nales ont de plus peu d’effet sur ce pays et la démo­cra­tie n’y a a pas encore germé. Le pré­sident éry­thréen a d’ailleurs annoncé qu’il n’y avait pas d’opposition dans son pays et déclaré que les pre­mières élec­tions seraient pos­sibles dans 30–40 ans le temps que la situa­tion se soit sta­bi­li­sée. En espé­rant que le jour­na­liste ne doivent pas attendre aussi longtemps.

Source: Freedawit.com, Dagens Nyhe­ter


Bizot, éclaireur toujours Actuel

C’est étrange, ceux qui partent laissent tou­jours le même mes­sage : Gaffe à vous, à vos bor­dures, à vos jours comp­tés ! On en rigole un peu, mais du rire jaune de la pro­fon­deur inquiète. Quand j’apprends ça dans le poste, au petit déj, mon café devient noir-noir. Jean-François Bizot est mort. Ça m’en fout un coup, pour pleins de rai­sons. D’abord l’âge, le même à huit jours près – ça veut dire même géné­ra­tion et ça ne vou­drait rien dire si ce n’était sur­tout ces conver­gences vers bien des points, dont celui d’une pre­mière ren­contre, en 72 par là.

C’était impasse de l’Ouest à Mont­par­nasse, siège d’Actuel, un vieil immeuble limite pou­rave, quasi squatt (cher­chez plus, le quar­tier a été rasé de près et boboïsé). Le patron régnait dans une grande pièce, der­rière un vieux bureau de récup. Je pigeais alors pour une ency­clo­pé­die suisse (EDMA, Ency­clo­pé­die du monde actuel…, édi­tions Ren­contres, bureau au quar­tier Latin où l’on croi­sait à l’occasion un cer­tain Raoul Vane­geim) à qui j’avais pro­posé un article sur Actuel, le canard, et sur Bizot. On a donc dis­cuté un bon moment « entre pros » (jeunes pros) à cause de la com­mande, et ça s’est pro­longé bien au delà pour culmi­ner sur le free jazz.

Bizot et la musique, ça cau­sait ! Pas éton­nant qu’il ait aussi lancé une radio, Nova, puis relancé TSF comme sta­tion de jazz. Ça cau­sait musique-donc-politique. Se sou­ve­nir de ces années : la guerre du Viet­nam tirait à sa fin, mais on ne le savait pas, en ayant cham­boulé l’ « Amé­rique » dont la beat gene­ra­tion avait inventé la contre-culture, l’underground nourri des Kerouac, Gins­berg et aussi Dylan et encore Andy Warhol, entre autres – la route, la déviance anti­con­for­miste, la révolte comme art de vie. Ça c’est le côté Amé­rique blanche et sa jeu­nesse cra­chant dans la soupe pois­seuse et mer­dique touillée par les Nixon et Kis­sin­ger. Côté Noirs, le « dream » de Luther King a viré au cau­che­mar des grandes émeutes urbaines ; le mou­ve­ment des droits civiques patauge. On appelle ça une crise, et quand il s’agit de l’Amérique, c’est un choc mondial.

La contre culture émane de ce mer­dier – la fleur qui éclot sur le fumier. Qui, aussi, va secouer la France de Mai 68, par ailleurs année de lan­ce­ment d’Actuel, canard de jazz… Titre que reprend donc Bizot en 70 pour le tordre à sa manière en un fan­zine com­plè­te­ment allumé (à coups de pétards…), fond et forme tri­tu­rés par­fois jusqu’à l’illisible, l’imbitable majes­tueux, la cou­leur LSD fluo-ripolinée au cul de la roto (affo­lée). J’ai aimé cet Actuel dégueu­lant dans les ornières, en appe­lant aussi à l’Autre chose dans cette Phrance de la phy­nance pom­pi­do­lienne, bous­cu­lant le confor­misme des canards et leurs plan-plan « sujets de société », pro­pul­sant des des­si­neux déjan­tés comme Robert Crumb*, Gil­bert Shel­ton. Ouah !

Donc Bizot, c’était ça, ver­sion fren­chie très made in USA, sur­tout côté Cali­for­nie où copu­laient d’ardeur en un étrange plu­mard adeptes d’un col­lec­ti­visme (les com­mu­nau­tés hip­pies et autres) et un indi­vi­dua­lisme farouche, anar­chiste, esthète et bour­geois à la fois : tout Actuel (le col­lec­tif du jour­nal) et tout Bizot et la bande d’électrons en quête de « libé­ra­tion ». Bizot bour­geois, certes, au sens de l’origine de classe, ça compte : un papa qui signe un chèque de 800 patates – on n’aurait pas fini dans le même hos­pice… De ces «bour­geois à talent» dont aimait à par­ler Made­leine Rebé­rioux à pro­pos des accou­cheurs de la Révo­lu­tion fran­çaise, ceux qui allument les lumières quand il fait trop noir.

Mai 68 a grandi dans ces années-là.
Celles des grandes dérives en mer d’Utopie, certes bor­du­rant à l’occasion les chi­mères, bra­vant le ridi­cule poli­tique des gau­chismes infan­tiles et jusqu’au maoïsme – en fallait-il de la déses­pé­rance ! Bizot en fut – ten­ta­tion bour­geoise des extrêmes ? S’en remit. Lui ne sem­bla pas som­brer dans l’alcool du libé­ra­lisme, l’alcoo-libéralisme, celui qui consacre la défaite du col­lec­tif (on ne peut même plus écrire col­lec­ti­visme alors que la ques­tion de la col­lec­ti­vité a viré à la com­mu­nauté – d’intérêts !) sur l’individualisme. Bizot avait chopé le can­cer qui, peut-être, lui ren­dit ce ser­vice de consa­crer en lui le sens du vital, du pré­cieux de la vie, de la vanité du pou­voir et du paraître, aujourd’hui valeurs suprêmes et ava­riées. Il ne sera donc pas ren­tré à la niche néo­li­bé­rale, comme le Kouch­ner, qui eut aussi son pas­sage « Actuel » puis chopa, lui, le can­cer du poli­ti­cien claironnant.

J’en reviens à mes « seven­ties », impasse de l’Ouest (impasse de l’Occident ?), tan­dis que nous cau­sons bien­tôt jazz. Champ libre vient d’éditer «Free Jazz / Black Power» de Carles et Comoli, cou­ver­ture de Rei­ser ; et aussi «Le Meurtre du Christ» de Reich, et de res­sor­tir «La société du Spec­tacle» de Debord. C’était pas du Houel­le­beque, du Angot et autres bran­lettes. Encore moins du Ferry, l’anti-68, ou du Bes­son (le pan­ta­lon)… C’est dire l’époque, quand même…

D’ailleurs, ima­gi­nez ça, Bizot m’offre un 30 cm de Col­trane, « Ole » ; je l’entends encore me dire « Tu ver­ras, c’est le mor­ceau char­nière entre le bop et le free, j’aime beau­coup ». J’ai « vu » et ça reste un de mes mor­ceaux de jazz pré­fé­rés. Il avait du flair le zigue. Sinon aurait-il sou­tenu Sex­pol ? Oui, la revue Sex­pol, celle selon le Reich ci-dessus, celle qui zébra le front sexo-politique de 75 à 81. [En savoir plus : clic ! ] On cher­chait des sous pour édi­ter le numéro un (et les autres d’ailleurs). Bizot n’a pas écorné le chèque de papa pour ça, il lui fal­lait nour­rir ses « actuels », non mais il pro­posa l’hospitalité, si bien que le Sex­pol 1, ça ne se sait pas, hein, a été assem­blé, à la main, chez Actuel, impasse de l’Ouest : his­to­rique ! Comme quoi l’histoire n’est jamais si loin qu’on croit, sur­tout dans le registre Actuel.

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* Crumb joue du banjo et de la man­do­line dans le groupe de jazz Les Pri­mi­tifs du futur.


JAZZ. La Seyne, Napoléon, Marmande…

Y a bien des fois j’aime pas les jour­na­leux. Mais les jour­na­listes, la belle affaire. Tenez, ceux qui forgent leurs papiers à chaud sur une tri­bune de stade, et hop, dans le canard du matin ! C’est beau. Pareil pour un concert. De jazz pen­dant qu’on y est. La Seyne, Napo­léon, Fran­cis Mar­mande… J’explique.

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John Tchi­cai jouait et chan­tait le 26 juillet au XXIIe fes­ti­val de La Seyne-sur-Mer. Ph. gp


Sarkozy sur France Inter. Comme un pet sur une toile cirée

Ce matin, invité de France inter, le can­di­dat UMP. Très défensif-offensif selon son natu­rel galo­pant. En auto-surveillance, se redou­tant lui-même, depuis le temps qu’ « on » lui dit – « on », ses mana­gers de boxe qui, entre chaque round, viennent lui pas­ser l’éponge dans le dos : « Gaffe à ta gauche, Nico­las ! Pense à ton cro­chet droit ! ». Et le poids-coq, un peu wel­ter, repart au coup de gong, fait écran à l’arbitre pour ten­ter un coup bas, sous la ceinture.

sarko_de_m.1178145049.jpgIl était donc sur ses gardes, dans ce repaire post(e)-68tard, cette radio écou­tée sur­tout par des Sarko-sceptiques, pour le moins [son­dage Télé­rama] – mais les trois ou quatre audi­teurs– ques­tion­neurs seraient cette fois triés en consé­quence. Il avait donc tort de s’inquiéter pour si peu. Guy Car­lier aura pré­féré tour­ner les talons. Suf­fi­sait alors de la jouer badine – on badine bien avec les médias, et Demo­rand don­nait aima­ble­ment dans le taquin : « Vrai­ment, liqui­der 68 ? » Beuh, le pica­dor n’aura guère fati­gué le tau­reau, et Hélène Jouan n’agitera pas la muleta, tout juste un p’tit coup de chif­fon timide. Et lui de bar­bouiller à tout-va : « Fran­çois Hol­lande a dit qu’il n’aimait pas les riches ». Rien ne se passe autour des micros. Pas le moindre contre­point. Pour­quoi se géner ? D’un upper­cut, il des­cend 68 : ce temps où « Vol­taire, ça valait Harry Pot­ter ». Et pas un mot pour rele­ver ce déni intel­lec­tuel – ou au moins pour rap­pe­ler, même en badi­nant, que le Pot­ter en ques­tion, euh, en 68…

C’est vrai qu’il ter­ro­rise. Demo­rand, tout assuré qu’il paraisse – de l’assurance sans risque des jasettes de salon radio­pho­nique –, ne résiste en rien aux assauts de la bête, feu­trés de ses « je vous le dis très gen­ti­ment » (à deux reprises), mais n’y reve­nez pas trop ! La menace a du mal à se voi­ler : « Vous êtes for­mi­dable ! Avec vous, j’ai l’impression de faire un débat avec un homme poli­tique… Merci, comme ça je m’entraîne pour ce soir ! »… Ou encore : « On peut avoir ses convic­tions et être pré­cis ! » Ces piques sont ter­ri­ble­ment acé­rées. Elle déli­mitent la fonc­tion jour­na­lis­tique : des ques­tions, certes, mais pas d’objection, pas de résis­tance, juste pas­ser les plats. 40.000 per­sonnes hier à Char­léty : « – Vous y étiez ?! Bon, disons que vous y étiez pas !… » Sous-entendu : alors on la ferme ! Et lui alors, il y était?

Un audi­teur prend le relais pour dénon­cer la « colo­ni­sa­tion » de France inter par les idées de 68… Oh, comme vous y allez !, pro­teste en sub­stance Demo­rand, voyez Syl­vestre et Mar­ris, on équi­libre… Comme si la fonc­tion jour­na­lis­tique ne devait, par essence, rele­ver de la néces­saire et démo­cra­tique fonc­tion de contre-pouvoir. Un minis­tère de l’information ? – « Une plai­san­te­rie ! » En effet, pour quoi faire ? Comme si le sys­tème des réseaux d’amitié et de conni­vence n’était pas autre­ment effi­caces. Mais l’objection est d’avance désa­mor­cée : « On me dit que les médias sont à ma solde… Mon dieu ! » Voyez Libé­ra­tion, le Nou­vel Obs, Marianne… qui appar­tiennent à des riches et cepen­dant par­ti­sans de « Madame Royal »… « Dois-je en conclure que Madame Royal est liée aux puis­sances de l’argent ? » Silence radio. Sar­kozy embraie de plus belle : Lagar­dère n’était pas à Bercy, Bouygues non plus. Alors, si c’est pas la preuve !

Et là, les micros sont scot­chés, médusés.

Bon, OK, on ne peut pas tout res­sor­tir, ni for­cé­ment être assez réac­tif face à tant d’aplomb… Mais enfin, il y avait quand même matière à rétor­quer ! Sinon, bor­del de chiotte, à quoi je sers à ce micro qui, rappelons-le, est tout de même et avant tout un outil au ser­vice du droit du public à l’information ! Alors, je résume, en vrac :

Sar­kozy a un fils dont Mar­tin Bouygues – action­naire prin­ci­pal de TF1 –  est le par­rain ; lequel a assisté au congrès de l’UMP qui a sacré le même Sar­kozy ; Ber­nard Arnault – PDG de LVMH qui pos­sède La Tri­bune – est ami de Sar­kozy, qui a assisté au mariage de la fille d’Arnault, comme il avait assisté au mariage de Claire Cha­zal (TF1) ; Vincent Bol­loré – entre autres PDG d’Havas – ami de Sar­kozy, pré­sent à la remise de sa légion d’honneur ; Arnaud Lagar­dère –  Hachette (entre autres: Europe 1, le Jour­nal du Dimanche, Paris-Match, des titres régio­naux), EADS… – grand ami de Sar­kozy, pré­sent, cette fois, à son mee­ting pour le « oui » à la consti­tu­tion Euro­péenne en mai der­nier. N’oublions pas non plus dans la même bro­chette ami­cale : Édouard de Roth­schild  l’actionnaire de réfé­rence de Libé­ra­tion (« jour­nal de merde»), Alain Minc pré­sident du conseil de sur­veillance du Monde.

Donc, à France Inter ce matin-là, on a glissé là-dessus comme pet sur toile cirée.

Pour­tant l’invité n’était pas plei­ne­ment content (peut-il jamais l’être avant d’atteindre « la plus haute marche ? ») Pas content, car il n’aime pas les jour­na­listes et les redoute. D’où ces assauts d’attention mêlés de menace. La main dans le dos et la dague pas loin : « Mon­sieur Demo­rand », qu’il lui lance à la der­nière minute, « vous filez un mau­vais coton… » Pour­quoi dit-il ça, à celui qui n’a tout de même pas démé­rité et pro­teste de sa bonne foi : « Ça veut dire quoi ça, exac­te­ment, Nico­las Sar­kozy ? » Réponse : « Ça veut dire qu’à 9 heures on a le droit… » Demo­rand : « …de plai­santer ». Sar­kozy : « …oui, de plai­san­ter ». Ouf, on a eu peur ! On souffle en van­nant gaie­ment avec des slo­gans de 68. Le débat, c’est pas la guerre, hein ! Il était moins une.

© des­sin andré faber



BONNE NOUVELLE. Les journaux sont foutus, vive les journalistes !


par John Mac­Gre­gor, cher­cheur au dépar­te­ment Socio­lo­gie des médias du MIT

[Article publié à l’origine sur le site de CINQsurCINQ.net, désor­mais fermé]

John Mac­Gre­gor, cher­cheur état­su­nien, n’y va que par quatre che­mins : 1) la presse quo­ti­dienne est condam­née dans sa forme actuelle ; 2) dans les dix ans à venir, les pré­payés (« gra­tuits ») vont s’imposer et assu­rer une pre­mière relève tran­si­toire… ; 3) …sui­vie par une défer­lante tech­nique et jour­na­lis­tique : dis­pa­ri­tion quasi totale des indus­tries de presse (fabri­ca­tion et dif­fu­sion) au pro­fit de l’internet : impres­sion à domi­cile de jour­naux à la carte ; 4) les « centres de presse » fonc­tion­ne­ront tous comme les agences actuelles, sans sup­port maté­riel, et emploie­ront 80 % de jour­na­listes et le reste en com­mer­ciaux et ges­tion­naires. L’avenir de la presse appar­tient donc – enfin – aux journalistes !

John Mac­Gre­gor, 55 ans, est chercheur-enseignant à Cam­bridge au fameux MIT (Mas­sa­chu­setts ins­ti­tute of tech­no­logy). C’est là que j’ai fait sa connais­sance, fin des années 70, tan­dis qu’il diri­geait déjà le dépar­te­ment Com­pa­ra­tive media stu­dies. Il n’a cessé depuis d’œuvrer en obser­va­teur cri­tique et engagé (ancien jour­na­liste et auteur d’une dizaine d’ouvrages) de la presse des Etats-Unis et, plus géné­ra­le­ment du monde occi­den­tal. Francophone/phile, il connaît très bien la France pour y séjour­ner régu­liè­re­ment. Il tutoie aussi ses médias, comme on va le voir. L’entretien qui suit devait paraître sous forme d’interview. Mais, avec l’accord de l’intéressé et revue par lui, une syn­thèse de ses pro­pos a paru plus appro­priée. Sa lon­gueur nous conduit, pour com­mo­dité de lec­ture, à le publier en deux par­ties. Gérard Pon­thieu.

 

1)Tels qu’ils sont,

les quo­ti­diens sont condamnés

John Mac­Gre­gor : On me trou­ve­rait peut-être mieux ins­piré de par­ler de la presse amé­ri­caine… Qui va mal aussi ! Elle subit une vague ter­rible de concen­tra­tions met­tant en cause, plus gra­ve­ment que jamais, le plu­ra­lisme des médias et des idées. Mais notre sujet, ici, c’est la presse fran­çaise. De plus, je viens de pas­ser plu­sieurs mois en Europe et quelques semaines en France pour, pré­ci­sé­ment, actua­li­ser mes réflexions au plus près des réalités.

 

D’abord, un rap­pel : la plu­part des médias d’information des pays occi­den­taux tra­versent une crise sans pré­cé­dent. Certes à des niveaux dif­fé­rents, mais de manière assez paral­lèle : d’une part sur le plan éco­no­mique, d’autre part sur celui de la confiance. Perte de confiance – on devrait plu­tôt par­ler d’appé­tence des clients – les acheteurs-lecteurs – et, plus nou­veau et inquié­tant, perte de confiance des jour­na­listes en leur métier. Aux Etats-Unis, une enquête a relevé que 70 % d’entre eux ne sont pas satis­faits des condi­tions d’exercice du métier. J’ignore si cela a été mesuré en France, mais de mul­tiples contacts avec des jour­na­listes fran­çais me font craindre aussi une insa­tis­fac­tion assez géné­rale. Les récentes opé­ra­tions de rachat, en par­ti­cu­lier celles menées par l’industriel de l’armement Das­sault, ont trou­blé de nom­breuses rédactions.

 

Par où la crise a-t-elle démarré ? Sans doute par tous les bouts du pro­blème qui, en fait, est très com­plexe. Il fau­drait notam­ment consi­dé­rer la ques­tion éco­no­mique géné­rale qui com­prend la mar­chan­di­sa­tion mon­dia­li­sée de presque toute l’activité humaine ; et dans ce mael­ström inouï, prendre en compte l’économie même des médias, très par­ti­cu­lière. Voilà en effet un pro­duit, assu­mons le terme, qui ose se vendre deux fois : aux annon­ceurs, puis aux lec­teurs. Les excep­tions existent, mais sont tel­le­ment raris­simes qu’on les consi­dère comme des ano­ma­lies – je pense au Canard enchaîné, on y reviendra.

 

Il fau­drait aussi s’attarder sur l’évolution des socié­tés dans leurs rap­ports à la tech­nique. Celle-ci a per­mis une mul­ti­pli­ca­tion effré­née de canaux se pré­sen­tant comme infor­ma­tifs alors qu’ils sont avant tout des sup­ports com­mer­ciaux. Pour la presse, il en va comme de la mar­chan­dise géné­ra­li­sée dont l’hyperproduction conduit aux crises inces­santes de l’économie actuelle. On dit : « Too much infor­ma­tion is over­kill ». Trop d’info tue l’info. De nos jours, en fait, on devrait par­ler du trop peu d’information ! Trop de signes, certes, habillés en infor­ma­tion, dégui­sés ; nous sommes dans le dégui­se­ment, dans le tra­ves­tis­se­ment des réa­li­tés ; l’ « info » deve­nant de plus en plus une mar­chan­dise comme une autre, on croit que sa répli­ca­tion en série jus­ti­fie l’existence de ces réseaux mons­trueux de com­mu­ni­ca­tion – et il fau­drait habiller tous ces mots de guille­mets bar­be­lés pour les conte­nir dans leurs sens les plus vul­gaires et détour­nés en shows plus ou moins hollywoodiens.

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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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