On n'est pas des moutons

Mot-clé: poésie

À pro­pos de « révolutions »…

« J’avais le plus bel aman­dier du quartier… »

Donc, à pro­pos de « révo­lu­tions », que dire de celle – astro­no­mique – qui nous revient chaque année, sans qu’on n’ait rien demandé ? Réponses pos­sibles dans la poé­sie. D’où ces deux propositions :

– celle du Per­san Omar Khayaam (né en 1048 à Nicha­pur en Perse) et son texte énig­ma­tique et lim­pide comme l’eau de roche :

« Au prin­temps, je vais quel­que­fois m’asseoir à la lisière d’un champ fleuri.

Lorsqu’une belle jeune fille m’apporte une coupe de vin, je ne pense guère à mon salut.

Si j’avais cette pré­oc­cu­pa­tion, je vau­drais moins qu’un chien. »

– celle du Sétois Georges Bras­sens (mort le 29 octobre 1981, il va y avoir trente ans) et sa chan­son comme une ellipse :

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La crise ou « Mes couilles sur la place boursière »

par André Faber

Les places bour­sières vacillent, le CAC 40 tremble, crise mon­diale, 1929, le spectre de la crise est agité, aux abris !
Et alors ?
On a vite fait d’enterrer le com­mu­nisme quand le mur est tombé en 1989 !
Qu’en est-il du capi­ta­lisme et quand l’enterrera-t-on ?
Car il s’agit bien d’une faillite, de la faillite d’un sys­tème.
Les action­naires  serrent les fesses tan­dis que les éco­no­mistes étu­dient leurs courbes.
Ils peuvent cour­ber l’échine.
À la niche !
Que de dis­cours stu­pides, crois­sance, marges de manoeuvre, flux ten­dus, charges, libé­ra­lisme, éco­no­mie de mar­ché et bla­bla, ça enri­chit le mar­chand de salive mais c’est nous qu’on paye comme on dit chez ma coif­feuse ou chez le direc­teur de l’école, le chauf­feur de bus, ceux qui font leurs courses à moby­lette avec le cageot de légumes — en conserve — sur la selle arrière.
Qui va enfin dénon­cer le mas­sacre ?
Où sont les jour­na­listes ?
Les ana­lystes ?
Tan­dis que la peur s’installe, les com­mis­sions com­mis­sionnent.
Occu­pés à choi­sir la cou­leur des rideaux de leur rési­dence secon­daire, d’autres font des pro­jets d’avenir, les études des gosses coûtent de l’argent, en Fin­lande c’est pas donné, nous n’irons pas à la Gua­de­loupe cet hiver.
Grande gueule me dira t-on, si t’as une solu­tion, c’est le moment.
L’avenir c’est pas demain, retraite et bas de laine, l’avenir c’est tout de suite.
J’ose les mots de par­tage, géné­ro­sité, colère aussi, contre ceux qui doublent à droite en 4X4 tan­dis que d’autres roulent à vélo pour leurs usines.
La dignité est rare et on ne prêche que des convain­cus.
Chers convain­cus, debout, je vous attends, soyez nom­breux, avec de la chance on pourra faire un baby-foot !



Siné Hebdo va « chier dans la colle »

20080827sinehebdo.1219866710.jpgViré de Char­lie Hebdo sous pré­texte d” « anti­sé­mi­tisme », Siné lance Siné Hebdo, à paraître chaque mer­credi dès le 10 septembre.

Ligne édi­to­riale on ne sau­rait moins langue de bois  : « […] un canard qui ne res­pec­tera rien, n’aura aucun tabou, qui chiera tran­quille­ment dans la colle des bégo­nias sans se sou­cier des foudres et des ini­mi­tiés de tous les emmerdeurs !

« Comp­tez sur moi, vous n’avez pas misé sur un bour­rin… Vous n’allez pas être déçus ! Siné Hebdo va débou­ler et ça va décoif­fer ! Atten­tion les yeux ! »


L’esprit de cour des médias : une vraie vérole, selon de Viilepin…

villepin-et-la-presse.1212962899.jpg« L’esprit de cour [des jour­na­listes], c’est une véri­table vérole ». Cette charge poético-médiatique, émane de l’ancien pre­mier ministre, Domi­nique de Vil­le­pin ; elle a été tenue le 6 mai der­nier lors d’un débat avec des étu­diants de l’université Paris-Dauphine. On peut voir-entendre les six minutes de leçon jour­na­lis­tique du poli­ti­cien en pré-retraite for­cée sur le jour­nal en ligne politique.net. et direc­te­ment ici.

Selon de Vil­le­pin, la presse aurait ainsi (non !) favo­risé Sar­kozy en l’imposant comme le can­di­dat incon­tour­nable. Quand la presse choi­sit un can­di­dat, quand les grands groupes de médias sont déte­nus par des indus­triels qui sont « par­tie pre­nante du jeu poli­tique » (sous-entendu, qui sou­tiennent Nico­las Sar­kozy), la démo­cra­tie est en quelque sorte « prise en otage ». Il a même par­fois l’impression en par­cou­rantl les jour­naux, de lire des bul­le­tins offi­ciels : « Dans cer­tains cas, l’époque impé­riale parais­sait plus libre que par­fois la lec­ture des quo­ti­diens natio­naux (…). La presse de l’entre-deux guerres est infi­ni­ment plus veni­meuse, plus cou­ra­geuse que la presse d’aujourd’hui ».

À pro­pos de la « trans­pa­rence » à la mode Sar­kozy, de Vil­le­pin sou­haite que la presse enquête davan­tage car « en poli­tique, la trans­pa­rence est tou­jours le maquillage de quelque chose. La trans­pa­rence, c’est mon­trer ce que l’on veut bien mon­trer (…) mais à charge pour le jour­na­liste d’être suf­fi­sam­ment curieux pour regar­der ce qu’il y a der­rière le rideau et ce qui inté­resse les citoyens, c’est de com­prendre les méca­nismes com­plexes de la déci­sion politique ».

« En géné­ral, je lis la presse dans ma voi­ture, heu­reu­se­ment que mes tra­jets se sont rac­cour­cis parce qu’au bout de cinq minutes, il n’y a plus rien à lire, on manque de nour­ri­ture… C’est de la pâtée pour chat ».

C’est fou ce que le pas­sage dans l’opposition vous change une vision du monde.


Dessin de presse. Faber 1er couronné à Metz

faber.1212419868.jpgLong, éprou­vant repor­tage : retour de Lor­raine, cette enclave dans la laï­cité répu­bli­caine. D’ailleurs, est-ce bien une Répu­blique que ce ter­ri­toire qui sala­rie une tri­po­tée (d’où l’expression des­pro­gienne « Dieu m’ tri­pote ») d’ecclésiastes sur le dos d’un peuple voi­sin ? Pas­sons sur ce triste fait, dédai­gné ces jours-ci par l’Histoire, elle-même acca­pa­rée par le cou­ron­ne­ment d’un artiste du cru qui, sans contre­pé­te­rie aucune, à lar­ge­ment fran­chi par la noto­riété les limites concor­da­taires. J’ai nommé André Faber, dit Faber, que sa terre natale, recon­nais­sante de son vivant, a cano­nisé par le biais d’une Expo­si­tion en la média­thèque dite de Pon­tif­froy, inau­gu­rée samedi en grandes pompes.

3fab.1212420003.JPGPas­se­port en règle, j’ai pu gagner Metz et en fran­chir les octrois sans autre épreuve que deux par­cours tégé­vesques. Un tel Roi se mérite. Sur­tout s’il s’agit d’un prince, voire d’un tout nor­mal Mon­sieur l’Homme, un comme vous et moi, patau­geant dans le quo­ti­dien et l’absurde, jetant sur le monde et ses habi­tants son regard de dis­tance et de compassion.

Voici donc notre Faber en passe de recon­nais­sance ; il n’aura attendu qu’une tren­taine d’années de taffe, à tirer la sou­ris par la queue du crayon, à sou­ti­rer trois euros six pence par cro­bard, à mar­ty­ri­ser sa smala pour cause de fièvre carac­té­rielle, à se bouf­fer les géni­toires pour nour­rir sa créa­ti­vité – j’en passe. D’ailleurs les blogo-pénitents de « c’est pour dire » savent tout ça depuis long­temps. Une vieille com­pli­cité d’avant blo­go­sphère, trem­pée dans l’encre de presse et sur­tout tis­sée par l’amitié.

Ainsi a-t-il fallu repous­ser les murs de l’expo pour accro­cher des dizaines de planches extraites d’un mil­lier d’autres, cro­bards de presse, d’illustration, de BD. Et même des bou­quins « rha­billés pour l’hiver » avec des cou­ver­tures fabé­riennes en diable. L’expo s’appelle « La Bande à Faber » – laquelle bande n’étant pas une chi­mère : je l’ai ren­con­trée avec la nuit, au Palais même du Roi, en ses jar­dins ver­saillais, avec plein de belles femmes [photo] et des hommes itou, et son Louis XIV de Claude Billon : le blond fac­teur bou­clé par qui tout arriva, « beau décro­cheur d’étoiles, che­vau­cheur de rayons » (Tris­tan Cor­bières), poète de la tour­née géné­rale, fac­teur sans ligue ni che­val, homme de l’Être et, bien sûr, de la Fête. Ciel d’Élysée (le vrai) sur les têtes, folie blues-merguez, Dédé à l’harmonica, atten­tion l’éternité !

»> Expo jusqu’au 15 octobre : Média­thèque de Pon­tif­froy, Metz. (tél : 03 87 55 53 33)

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Hom­mage au « mécréant envers le convenu », par Claude Billon

Ce qu’il rêve, il le fait. Ce qu’il a aimé faire, il le donne.

Faber un homme qui des­sine avec de la musique qui se voit ! Quoi, ça t’étonne ? Son déto­na­teur, c’est la réa­lité quand elle trouve ses marques dans rien qui puisse man­quer d’audace et nom de dieu ce dessin-là, il tombe pile poil pour éloi­gner le bafouillage, toute la brouillas­site aiguë qu’on attrape à écou­ter ceux qui joutent, qui jactent, qui en rajoutent avec leur bien le plus pré­cieux : emmer­der l’autre ! Pour quand on en aura fini avec la com­pé­ti­tion, oui méri­tants de la ten­dresse humaine, quand nous aurons enfin cessé d’honorer la bêtise, André Faber des­si­nera pour nous un ou deux manuels d’après-guerre. Pour l’heure, mécréant envers le convenu, homme de main de l’étonnement, qu’il des­sine, grave, qu’il rêve ou ne fasse rien, à chaque coup ça donne des choses dont la beauté profite !


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  • 2sexpolLa Revue Sex­pol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­lité / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
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    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)
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    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances
    (Ber­trand Russel)
  • Un récent et com­pli­qué chan­ge­ment de ser­veur a causé la perte de quelques « car­tons », en l’occurrence cer­taines images. Les reverra-t-on un jour ? Hmmm…

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