On n'est pas des moutons

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Islamisme. Une insulte contre la foi et tout bascule dans le fanatisme (re-publication)

En juillet 2012, un extrait de 14 minu­tes d’une vidéo anti-islam titrée L’Innocence des musul­mans était pos­tée sur You­Tu­be, met­tant le feu aux pou­dres isla­mis­tes. Dès le 11 sep­tem­bre, des atta­ques furent menées, notam­ment, contre des mis­sions diplo­ma­ti­ques états-unien­nes. Furent ain­si pri­ses d’assaut l’ambassade des États-Unis en Égyp­te et le consu­lat à Ben­gha­zi (Libye) où l’on déplo­ra qua­tre morts, dont l’ambassadeur.

Inno­cen­ce of Mus­lims, pro­dui­te en 2012, fut alors attri­buée à un cer­tain Nakou­la Bas­se­ley Nakou­la, un cop­te égyp­tien rési­dant en Cali­for­nie, sous le pseu­do­ny­me de « Sam Baci­le ». Selon lui, il s’agissait de dénon­cer les hypo­cri­sies de l’islam en met­tant en scè­ne des pas­sa­ges de la vie de Maho­met…

À cet­te occa­sion, une de plus, j’avais publié un arti­cle sur lequel je viens de retom­ber et qui me sem­ble tou­jours assez actuel, hélas, pour le publier à nou­veau.

Hier une vidéo, aujourd’hui un habille­ment. Et tou­jours les déchaî­ne­ments fana­ti­ques, des affron­te­ments, des vio­len­ces, des morts.

Il a donc suf­fi d’une vidéo de dix minu­tes pour rani­mer la flam­me du fana­tis­me isla­mis­te. Cet­te actua­li­té atter­ran­te et cel­le des vingt ans pas­sés le mon­trent : des trois reli­gions révé­lées, l’islam est aujourd’hui la plus contro­ver­sée, voi­re reje­tée 1. Tan­dis que la judaï­que et la chré­tien­ne, tapies dans l’ombre tapa­geu­se de leur concur­ren­te, font en quel­que sor­te le dos rond – ce n’est pas leur tour. En ce sens, elles peu­vent se don­ner à voir com­me les « meilleu­res », alors qu’elles n’ont pas man­qué d’être les pires dans leurs épo­ques his­to­ri­ques flam­boyan­tes, et qu’elles ne sont tou­jours pas en res­te pour ce qui est de leurs dog­mes, les plus rétro­gra­des et répres­sifs. 2

Préa­la­ble : par­ler « reli­gions » ici c’est consi­dé­rer les appa­reils, et non pas leurs adep­tes, ni leurs vic­ti­mes plus ou moins consen­tan­tes. C’est donc par­ler des cler­gés, des dog­mes et des cohor­tes acti­vis­tes et pro­sé­ly­tes. On en dirait autant des idéo­lo­gies, dont les pires – fas­cis­tes et nazies –, construi­tes com­me des reli­gions, ont enta­ché l’Histoire selon des sché­mas simi­lai­res. Donc, dis­tin­guer les « hum­bles pécheurs » consen­tants, ou mys­ti­fiés par leurs « libé­ra­teurs », tout com­me on ne confon­dra pas ces mili­tants aux grands cœurs abu­sés par les Sta­li­ne, Hit­ler et autres tyrans de tous les temps.

Par­lons donc de l’islam poli­ti­que, mis en exhi­bi­tion dra­ma­ti­que sur la scè­ne pla­né­tai­re, vou­lant en quel­que sor­te se prou­ver aux yeux du mon­de. Aus­si recourt-il à la vio­len­ce spec­ta­cu­lai­re, cel­le-là même qui le rend cha­que jour plus haïs­sa­ble et le ren­for­ce du même coup dans sa pro­pre et vin­di­ca­ti­ve déses­pé­ran­ce. Et ain­si appa­raît-il à la fois com­me cau­se et consé­quen­ce de son pro­pre enfer­me­ment dans ce cer­cle vicieux.

Que recou­vre l’islamisme, sinon peut-être la souf­fran­ce de cet­te frac­tion de l’humanité qui se trou­ve mar­gi­na­li­sée, par la fau­te de cet « Occi­dent » cor­rom­pu et « infi­dè­le » ? C’est en tout cas le mes­sa­ge que ten­te de fai­re pas­ser auprès du mil­liard et plus de musul­mans répar­tis sur la pla­nè­te, les plus acti­vis­tes et dji­ha­dis­tes de leurs meneurs, trop heu­reux de déchar­ger ain­si sur ce bouc émis­sai­re leur pro­pre part de res­pon­sa­bi­li­té quant à leur mise en mar­ge de la « moder­ni­té ». Moder­ni­té à laquel­le ils aspi­rent cepen­dant en par­tie – ou tout au moins une part impor­tan­te de la jeu­nes­se musul­ma­ne. D’où cet­te puis­san­te ten­sion inter­ne entre inté­gris­me mor­ti­fè­re et désir d’affranchissement des contrain­tes obs­cu­ran­tis­tes, entre géron­to­cra­tes inté­gris­tes et jeu­nes­ses reven­di­ca­ti­ves. D’où cet­te pres­sion de « cocot­te minu­te » et ces mani­fes­ta­tions col­lec­ti­ves sans les­quel­les les socié­tés musul­ma­nes ris­que­raient l’implosion. D’où, plus avant, les « prin­temps ara­bes » et leurs nor­ma­li­sa­tions poli­ti­ques suc­ces­si­ves – à l’exception nota­ble de la Tuni­sie.

Un nou­vel épi­so­de de pous­sées clé­ri­ca­les d’intégrisme se pro­duit donc aujourd’hui avec la pro­mo­tion d’une vidéo déni­grant l’islam dif­fu­sée sur la toi­le mon­dia­le et attri­buée à un auteur israé­lo-amé­ri­cain – ou à des sour­ces indé­fi­nies 3. Pré­tex­te à rani­mer – si tant est qu’elle se soit assou­pie – la flam­me des fana­ti­ques tou­jours à l’affût.

On pour­rait épi­lo­guer sur ces condi­tion­ne­ments rep­ti­liens (je par­le des cer­veaux, pas des per­son­nes…) qui se déchaî­nent avec la plus extrê­me vio­len­ce à la moin­dre pro­vo­ca­tion du gen­re. De tout récents ouvra­ges et arti­cles ont ravi­vé le débat, notam­ment depuis la nou­vel­le fiè­vre érup­ti­ve qui a sai­si les sys­tè­mes mono­théis­tes à par­tir de son foyer le plus sen­si­ble, à savoir le Moyen Orient. De là et, par­tant, de la sous-région, depuis des siè­cles et des siè­cles, au nom de leur Dieu, juifs, chré­tiens, musul­mans – et leurs sous-divi­sions pro­phé­ti­ques et sec­tai­res – ont essai­mé sur l’ensemble de la pla­nè­te, ins­tal­lé des comp­toirs et des états-majors, lan­cé escoua­des et armées entiè­res, tor­tu­ré et mas­sa­cré des êtres humains par mil­lions, au mépris de la vie hic et nunc, main­te­nant et ici-bas sur cet­te Ter­re, elle aus­si mar­ty­ri­sée. Et le tout au nom d’un Au-delà hypo­thé­ti­que, pros­cri­vant à cha­cun sa libre conscien­ce et l’art d’arranger au mieux la vie brè­ve et, de sur­croît, pour le bien de l’entière huma­ni­té.

Va pour les croyan­ces, qu’on ne dis­cu­te­ra pas ici… Mais qu’en est-il de ces sys­tè­mes sécu­liers pro­li­fé­rant sur les plus noirs obs­cu­ran­tis­mes ? On par­le aujourd’hui de l’islam par­ce que les guer­res reli­gieu­ses l’ont repla­cé en leur cen­tre ; ce qui per­met aux deux autres de se revir­gi­ni­ser sur l’air de la modé­ra­tion. Par­ce que l’islamisme « modé­ré » – voir en Tuni­sie, Libye, Égyp­te ; en Iran, Iraq, Afgha­nis­tan, Pakis­tan, etc. – n’est jamais qu’un oxy­mo­re auquel judaïs­me et chris­tia­nis­me adhè­rent obsé­quieu­se­ment, par « cha­ri­té bien com­pri­se » en direc­tion de leur pro­pre « modé­ra­tion », une sor­te d’investissement sur l’avenir autant que sur le pas­sé lourd d’atrocités. Pas­sé sur lequel il s’agit de jeter un voi­le noir, afin de nier l’Histoire au pro­fit des mytho­lo­gies mono­théis­tes, les affa­bu­la­tions entre­te­nues autour des mes­sies et pro­phè­tes, dont les « bio­gra­phies » incer­tai­nes, polies par le temps autant que mani­pu­lées, per­met­tent, en effet, de jeter pour le moins des dou­tes non seule­ment sur leur réa­li­té exis­ten­tiel­le, mais sur­tout sur les inter­pré­ta­tions dont ces figu­res ont pu être l’objet. Quid, en effet, d’un Maho­met tel que dépeint ici ou là – c’est selon évi­dem­ment – com­me igna­re, voleur, mani­pu­la­teur, cupi­de et ama­teur de fillet­tes ? Pas plus réel que sa divi­ni­sa­tion, ni cel­le de Moï­se et de Jésus construits hors de leur pro­pre réa­li­té, selon des contes infan­ti­les psal­mo­diés et fai­sant appel à la plus tota­le cré­du­li­té.

Mais, admet­tons que les hom­mes aient créé leurs dieux par néces­si­té, cel­le de com­bler leurs angois­ses exis­ten­tiel­les, de pan­ser leurs misè­res, leurs ver­ti­ges face à l’univers et devant l’inconnu des len­de­mains et d’après la mort. Admet­tons cela et regar­dons l’humanité dans la pers­pec­ti­ve de son deve­nir et de son évo­lu­tion – dans le fait de se lever sur ses deux jam­bes et même de se mon­ter sur la poin­te des pieds pour ten­ter de voir « par des­sus » ce qui abais­se, s’élever dans la condi­tion d’humains dési­rant, par­lant, connais­sant, com­pre­nant, aimant.

Alors, ces reli­gions d’ « amour », ont-elles appor­té la paix, la vie libre et joyeu­se, la jus­ti­ce, la connais­san­ce ? Et la tolé­ran­ce ? Ou ont-elles alié­né hom­mes et fem­mes – sur­tout les fem­mes… –, mal­trai­té les enfants, mépri­sé les ani­maux ; incul­qué la culpa­bi­li­té et la sou­mis­sion ; atta­qué la phi­lo­so­phie et la scien­ce ; colo­ni­sé la cultu­re et impré­gné jusqu’au lan­ga­ge ; jeté des inter­dits sur la sexua­li­té et les mœurs (contra­cep­tion, avor­te­ment, maria­ge et même l’alimentation) ; com­man­dé à la poli­ti­que et aux puis­sants…

Torah, Bible, Évan­gi­les, Coran – com­ment admet­tre que ces écrits, et a for­tio­ri un seul, puis­se conte­nir et expri­mer LA véri­té ? Par quels renon­ce­ments l’humain a-t-il che­mi­né pour fina­le­ment dis­sou­dre sa ratio­na­li­té et son juge­ment ? Mys­tè­re de la croyan­ce… Soit ! enco­re une fois pas­sons sur ce cha­pi­tre de l’insondable ! Mais, tout de même, la reli­gion com­me sys­tè­me sécu­lier, com­me ordre ecclé­sial, avec ses cohor­tes, ses palais, ses for­te­res­ses spi­ri­tuel­les et tem­po­rel­les… Son his­toi­re mar­quée en pro­fon­deur par la vio­len­ce : croi­sa­des, Inqui­si­tion (je voyais l’autre soir sur Arte, Les Fan­tô­mes de Goya, de Milos For­man… ; une his­toi­re de tout jus­te deux siè­cles !), guer­res reli­gieu­ses, Saint-Bar­thé­le­my, les bûchers, et aus­si les colo­ni­sa­tions, eth­no­ci­des, sou­tiens aux fas­cis­mes… Ça c’est pour le judéo-chris­tia­nis­me.

Côté isla­mis­me, qui dit se dis­pen­ser de cler­gé, son empri­se ne s’en trou­ve que plus entiè­re­ment diluée dans les socié­tés, d’où l’impossible laï­cis­me des isla­mis­tes, se vou­draient-ils « modé­rés ». Et que pen­ser de cet­te vio­len­ce endé­mi­que deve­nue syno­ny­me d’islam, jus­que dans nos contrées d’immigration où d’autres extré­mis­mes en nour­ris­sent leurs fonds de com­mer­ce natio­na­lis­tes ? Sans dou­te un héri­ta­ge du Coran lui-même et de Maho­met pré­sen­té dans son his­toi­re com­me le « Maî­tre de la ven­gean­ce » et celui qui anéan­tit les mécréants… Voir sur ce cha­pi­tre les nom­breu­ses sou­ra­tes invo­quant l’anéantissement des juifs, chré­tiens et infi­dè­les – tan­dis que, plus loin, d’autres ver­sets pro­mul­guent une « sen­ten­ce d’amitié » – contra­dic­tion ou signe oppor­tu­nis­te de « tolé­ran­ce » ? Voir en répon­se les fat­was de condam­na­tion à mort – dont cel­les de Sal­man Rush­die par Kho­mei­ny (avec mise à prix rehaus­sée des jours-ci ! 4) et de Tas­li­ma Nas­reen qui a dû s’exiler de son pays, le Ben­gla­de­sh. Voir l’assassinat de Théo van Gogh à Amster­dam, poi­gnar­dé puis ache­vé de huit bal­les et égor­gé en plei­ne rue ; dans un docu­men­tai­re, il venait de dénon­cer le trai­te­ment réser­vé aux fem­mes dans l’islam.[Le voir ci-des­sous.] 5

Même dou­ble lan­ga­ge chez le dieu juif Yah­vé pour jus­ti­fier…l’extermination de cer­tains peu­ples de Pales­ti­ne (dont les Cana­néens…) Cela en ver­tu du fait que les juifs seraient « le peu­ple élu de Dieu », dont le pre­mier com­man­de­ment est « Tu ne tue­ras pas » ! Ce fan­tas­me juif ali­men­te en les légi­ti­mant le colo­nia­lis­me et ce qui s’ensuit en Pales­ti­ne et l’affrontement des théo­cra­ties. Affron­te­ment éga­le­ment par affi­dés inter­po­sés et leurs États ou orga­ni­sa­tions ter­ro­ris­tes : Bush contre Al Quaï­da, Tsa­hal contre le Hez­bol­lah, « kami­ka­zes » contre popu­la­tion civi­le. Vio­len­ces innom­ma­bles, guer­res sans fin.

Quant au film « blas­phé­ma­toi­re » qui agi­te de plus bel­le les fana­ti­ques isla­mis­tes, il est curieux que nos médias de mas­se, radios et télés, sem­blent en contes­ter la légi­ti­mi­té du fait qu’il serait bri­co­lé, mal fice­lé, « pas pro »… Com­me s’il s’agissait d’une ques­tion d’esthétique ! Quoi qu’il soit et quels que soient ses com­man­di­tai­res, il fait bien appa­raî­tre par les répli­ques qu’il pro­vo­que le niveau de fana­tis­me impré­gnant les pays musul­mans. Ce qui s’était déjà pro­duit avec les cari­ca­tu­res danoi­ses de Maho­met, dont cer­tains avaient, de même, contes­té la qua­li­té artis­ti­que ! Et Goya, au fait, lorsqu’il repré­sen­tait les visa­ges de l’Inquisition, était-ce bien esthé­ti­que ? 6

La ques­tion ne por­te aucu­ne­ment sur la natu­re du « sacri­lè­ge » mais sur la dis­pro­por­tion de la répli­que engen­drée, allant jusqu’à mort d’hommes – l’ambassadeur états-unien et de ses col­la­bo­ra­teurs en Libye, vic­ti­mes sacri­fi­ciel­les et à ce titre tota­le­ment ins­cri­tes dans un pro­ces­sus d’expiation reli­gieu­se !

Et plus près de nous, que dire des pro­vo­ca­tions menées à Paris devant l’ambassade amé­ri­cai­ne ? Et aus­si à La Cour­neu­ve, lors de la fête de l’Huma où Caro­li­ne Fou­rest a été cha­hu­tée, mena­cée, insul­tée et empê­chée de débat­tre – entre autres sur ces ques­tions d’intégrisme qui font les choux gras du Front natio­nal !

Com­me quoi, pour résu­mer, une insul­te contre la foi – ou ce qui en tient lieu –consti­tue un cri­me plus gra­ve que de s’en pren­dre à un être vivant.

17 sep­tem­bre 2012

Notes:

  1. En dehors du mon­de musul­man, évi­dem­ment… Bien que des oppo­si­tions plus ou moins décla­rées appa­rais­sent ça et là dans l’islam.
  2. Même si on met un peu à part le judaïs­me : cet­te reli­gion sans visée pla­né­tai­re direc­te retrou­ve tou­te­fois le chris­tia­nis­me – ne dit-on pas le judéo-chris­tia­nis­me ? – et l’islamisme dans cet­te même volon­té de péné­trer jus­que dans les têtes et les ven­tres de cha­cun. En ce sens, cel­les qui se pré­sen­tent com­me les « meilleu­res » par­vien­nent bien à être les pires dans leurs manœu­vres per­ma­nen­tes d’aliénation. De même que leur « modé­ra­tion » demeu­re rela­ti­ve à leur stra­té­gie hégé­mo­ni­que.
  3. Sour­ces qui demeu­rent enco­re floues qua­tre ans après.
  4. 2012
  5. Dans ma ver­sion de sep­tem­bre 2012, j’avais man­qué, à tort, d’évoquer le cas de Ayaan Hir­si Ali, fem­me poli­ti­que et écri­vai­ne néer­lan­do-soma­lien­ne connue pour son mili­tan­tis­me contre l’excision et ses pri­ses de posi­tion sur la reli­gion musul­ma­ne. Elle fut mena­cée de mort par Moham­med Bouye­ri, assas­sin du cinéas­te Theo van Gogh, notam­ment à la sui­te de sa par­ti­ci­pa­tion au court-métra­ge du réa­li­sa­teur qui dénon­çait les vio­len­ces fai­tes aux fem­mes dans les pays musul­mans.
  6. Le Guer­ni­ca de Picas­so n’est pas non plus une œuvre esthé­ti­que !

Tunisie. « Charlie » et la suite

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L’actua­li­sa­tion du slo­gan « Char­lie » résu­me tout, hélas. Tout, c’est-à-dire, en réfé­ren­ce aux atten­tats de jan­vier à Paris, une même ana­lo­gie dans l’horreur fana­ti­que et mor­ti­fè­re ; un même but des­truc­teur qui s’en prend à l’Histoire – cel­le de la Tuni­sie, à tra­vers le musée du Bar­do –; à l’Occident, dési­gné com­me Satan à tra­vers ses tou­ris­tes « dépra­vés »; et à la Démo­cra­tie, assi­mi­lée à la déchéan­ce laï­que – donc anti-cora­ni­que. En pri­me, si on ose dire, cet odieux atten­tat – 22 morts, une cin­quan­tai­ne de bles­sés – rui­ne pour long­temps la chan­ce­lan­te éco­no­mie tuni­sien­ne en gran­de par­tie basée sur le tou­ris­me.

L’« État isla­mi­que » vient ain­si de fai­re son entrée fra­cas­san­te dans cet­te Tuni­sie qui, depuis qua­tre ans, par­ve­nait tant bien que mal à sau­ve­gar­der sa révo­lu­tion et ses fra­gi­les acquis. Ain­si contraint à décré­ter l’« état de guer­re », le gou­ver­ne­ment tuni­sien tom­be dans l’engrenage répres­sif qui s’attaque aux effets et non aux cau­ses. Des cau­ses d’ailleurs si pro­fon­des qu’elles outre­pas­sent les capa­ci­tés réac­ti­ves d’un petit État et même – c’est tout dire – cel­les de la « com­mu­nau­té inter­na­tio­na­le ». Ladi­te « com­mu­nau­té » qui, par ses mem­bres voyous, ses machi­nes de guer­re, son éco­no­mie de la Finan­ce et du tout-Mar­chan­di­se, a lar­ge­ment contri­bué à allu­mer la mèche ram­pan­te du fas­cis­me isla­mis­te.

Les repor­ta­ges d’Envoyé spé­cial (Fran­ce 2), notam­ment les pas­sa­ges tour­nés à Sidi Bou­zid d’où était par­tie la révo­lu­tion avec le sui­ci­de de Moha­med Boua­zi­zi, mon­trent un tel cli­va­ge hai­neux entre sala­fis­tes et démo­cra­tes qu’on peut crain­dre le pire à court ter­me. Et com­ment ne pas voir la mena­ce de ce cli­va­ge géné­ral dans notre mon­de en désar­roi ? N’en ver­ra-t-on pas les effets « col­la­té­raux » dès diman­che pro­chain dans les urnes bien de chez nous ?

 

• D’autres articles en tapant « Tunisie » dans la case de Recherche


Lettre de Tunis sur l’« islamisme rampant »

J’ai reçu hier de Tunis ces nou­vel­les atter­ran­tes et tout à fait dignes de foi (si on ose dire…) :

[…] Mais je vou­lais atti­rer ton atten­tion et cel­les des nôtres sur une situa­tion inquié­tan­te que j’ai appri­se hier :

Une bache­liè­re ayant réus­si au Bac avec men­tion a été orien­tée vers l’Ecole Supé­rieu­re pré­pa­rant aux étu­des d’ingénieur de Mont­fleu­ry. Etant de l’intérieur du pays , ses parents ont cher­ché déses­pé­ré­ment un foyer pour loger leur fille. Ils ont fini par en trou­ver un, pas trop loin du lieu de ses étu­des, s’appelant d’ailleurs« FLEUR(Y) » ou « Fleur ». Bref, après les avoir fait atten­dre des semai­nes pour ins­cri­re leur fille, le direc­teur de ce foyer pri­vé a fini par l’accepter en fai­sant payer à ces parents un semes­tre (ou un an ???) d’avance.Tout en étant trois par cham­bre.

La ren­trée ayant eu lieu, la pau­vre jeu­ne fille s’est trou­vée pri­se dans un piè­ge isla­mi­que exi­geant des étu­dian­tes :

- le port du niqab et ou khi­mar qu’on leur offre,

- la priè­re à heu­re fixe (en par­ti­cu­lier cel­le de l’aube = réveil à 3 h du matin),

- des cours d’enseignement cora­ni­que sur pla­ce dès le retour de ces étu­dian­tes de leur Ins­ti­tut…

Com­me vous vous en dou­tez , on est bien loin hélas des condi­tions néces­sai­res à tou­te pré­pa… Inuti­le de vous dire que la pau­vre n’a pu s’adapter à ce gen­re de pro­gram­me, elle a quit­té ce fameux foyer aban­don­nant  tous les frais d’inscription et les mois d’avance consen­tis ! Les parents cher­chent enco­re une autre for­mu­le de loge­ment.

Cet isla­mis­me ram­pant à outran­ce don­ne froid dans le dos ! Mais où donc allons-nous ?!

A.B.

[J’ai bien sûr pré­ser­vé l’anonymat de ce témoi­gna­ge.]

 


[Révoltes arabes]. A Cuba, place de la Révolution, on prépare le défilé au pas de l’oie

Cuba Libye Révolution yes© faber

Le pas de l’oie à Cuba, selon Yoani Sanchez sur « Generacion Y  »

 

« Mon quar­tier connaît une peti­te secous­se, un chan­ge­ment qui se pré­sen­te sous la for­me d’une cou­che d’asphalte neu­ve, d’ouvriers qui refont les rues et posent un revê­te­ment noi­râ­tre qui dans quel­ques jours aura dur­ci sous les pneus des voi­tu­res. Nous som­mes tous sur­pris. La joie serait le sen­ti­ment le plus cou­rant si ce n’étaient les rai­sons qui ont conduit à ces répa­ra­tions et la rai­son de ces tra­vaux. Tou­te la Pla­ce de la Révo­lu­tion et la « zone blo­quée » où j’habite se pré­pa­rent au grand défi­lé du 15 avril pro­chain*. Un grand défer­le­ment de puis­san­ce mili­tai­re qui pré­tend dis­sua­der tous ceux qui sou­hai­tent un chan­ge­ment à Cuba.

« Depuis des semai­nes le par­king du sta­de Lati­no-amé­ri­cain est le siè­ge de répé­ti­tions pour le pas de l’oie des sol­dats. Des jam­bes ten­dues à qua­ran­te cinq degrés, qui rap­pel­lent des marion­net­tes tirées par un fil, par une cor­de qui se perd là-haut dans l’immensité du pou­voir.

« Je ne sais pas ce qu’il peut y avoir de beau dans une para­de mili­tai­re, ce qu’il peut y avoir d’émouvant dans le défi­lé de ces êtres syn­chro­nes et auto­ma­ti­ques qui pas­sent le visa­ge tour­né vers le lea­der dans la tri­bu­ne. Mais le résul­tat je le connais bien : on dira ensui­te que le gou­ver­ne­ment est armé jusqu’aux dents et que ceux qui des­cen­dent dans la rue pour pro­tes­ter seront écra­sés contre le sol qu’aujourd’hui même on est en train de répa­rer.

« Le pas des pelo­tons ten­te­ra de nous de nous aver­tir que le Par­ti n’a pas seule­ment des mili­tai­res pour le défen­dre mais aus­si des trou­pes anti-émeu­te et des corps d’élite. J’appellerais ça la cho­ré­gra­phie de l’autoritarisme, mais d’autres pré­fè­rent croi­re que ce sera une démons­tra­tion d’indépendance, d’une auto­no­mie natio­na­le qui res­sem­ble en réa­li­té à cel­le de Robin­son aban­don­né sur son île.

« Mais au-delà de mes réti­cen­ces envers les uni­for­mes, de mon aller­gie au défi­lé d’escadrons qui mar­chent à l’unisson, je suis aujourd’hui pré­oc­cu­pée par le gou­dron, par cet asphal­te posé récem­ment que les chaî­nes des tanks vont endom­ma­ger. »

Traduit par Jean-Claude MAROUBY

* Note de GP: il s’agit de mar­quer le cin­quan­te­nai­re du débar­que­ment de la baie des Cochons : le 15 avril 1961, ten­ta­ti­ve d’invasion mili­tai­re de Cuba par des exi­lés cubains sou­te­nus par les États-Unis.


Libye Tunisie. Question de regards

 

Revue de pres­se. La légen­de est cel­le de l’Histoire en mar­che…

 


SUR LES ROUTES DE TUNISIE - Que Redeyef est belle en ce jour !

Par Ber­nard Dréa­no

Res­pon­sa­ble du Cen­tre d’études et d’initiatives de soli­da­ri­té inter­na­tio­na­le (CEDETIM), Ber­nard Dréa­no a par­cou­ru la Tuni­sie, un mois après la chu­te du pré­si­dent Ben Ali. Il a accom­pa­gné le mili­tant Mou­hied­di­ne Cher­bib au tri­bu­nal, ren­con­tré des avo­cats, des famil­les de mar­tyrs et des syn­di­ca­lis­tes de l’UGTT.  Voi­ci son récit, com­me un beau et fort témoi­gna­ge.

14 février 2011. Zine el-Abi­di­ne Ben Ali a fui la Tuni­sie depuis un mois.

Un ami de la Ligue tuni­sien­ne des droits de l’homme (LTDH) est venu me cher­cher à l’aéroport de Tunis-Car­tha­ge. Nous allons direc­te­ment au local de la Ligue rejoin­dre le grou­pe qui doit par­tir pour Gaf­sa.

La vil­la qui abri­te le siè­ge de la Ligue est un lieu emblé­ma­ti­que de la résis­tan­ce à la dic­ta­tu­re. La LTDH, fon­dée en 1976, n’a jamais cédé devant les pres­sions des pou­voirs de Bour­gui­ba puis de Ben Ali, les inti­mi­da­tions et cen­su­res, les empri­son­ne­ments ou l’exil de cer­tains de ses res­pon­sa­bles com­me Khe­maïs Chem­ma­ri, Khe­maïs Ksi­la, Mon­cef Mar­zou­ki. La Ligue n’a ces­sé de dénon­cer les attein­tes au droit, la cor­rup­tion, la répres­sion et la tor­tu­re de mili­tants poli­ti­ques ou syn­di­caux, isla­mis­tes, com­mu­nis­tes, sociaux-démo­cra­tes ou libé­raux. Entrer dans la vil­la de la Ligue, constam­ment sur­veillée par la poli­ce, c’était l’assurance d’être sui­vi, fiché, par­fois inter­pel­lé… J’en ai fait l’expérience.

Mais aujourd’hui, aucun flic à l’horizon. Aucun flic ? Pas tout à fait. Il y a, en civil, à l’intérieur du bâti­ment quel­ques poli­ciers. Ils sont venus sol­li­ci­ter des conseils pour créer un syn­di­cat indé­pen­dant dans la poli­ce !

À l’intérieur, je retrou­ve avec émo­tion Mokh­tar Tri­fi, pré­si­dent de la Ligue depuis 2000 (aucun congrès de la LTDH n’ayant pu se tenir depuis cet­te date du fait des pres­sions du pou­voir), et d’autres mem­bres de l’organisation. Et les exi­lés reve­nus au pays, Khé­maïs Ksi­la, Kamel Jen­dou­bi, le pré­si­dent du réseau euro-médi­ter­ra­néen des droits de l’homme, et bien sûr Mou­hied­di­ne Cher­bib.

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Suite élégiaque et diplomatique. Super-Boillon « fils » de Khadafi !


Boillon défend Kadha­fi (C+)
envoyé par LePost­fr. - L’info inter­na­tio­na­le vidéo.

Ça tour­ne au court-Boillon pour le toni­truant ambas­sa­deur de Fran­ce à Tunis. Car, ce lun­di, le site Le Post a déter­ré un extrait de novem­bre 2010 du Grand jour­nal, émis­sion télé de Canal+. On y voit [ci-des­sus] Boris Boillon défen­dre Kadha­fi. Dans un pre­mier temps, il faut tou­te l’insistance de Jean-Michel Apha­tie pour que le diplo­ma­te recon­nais­se le pas­sé ter­ro­ris­te du dic­ta­teur libyen, avant d’appeler à ne pas « lais­ser libre cours aux idées reçues ». Et de conclu­re, à pro­pos du diri­geant libyen:  « Dans la vie, on fait tous des erreurs. »

Rap­pe­lons aus­si que le même super-Boillon avait été le grand ordon­na­teur des fras­ques de Kha­da­fi lors de sa visi­te offi­ciel­le en Fran­ce, en décem­bre 2007 – y com­pris donc les défi­lés du cor­tè­ge dans Paris et la fameu­se ten­te de « bédouin » mon­tée dans les jar­dins de l’hôtel Mati­gnon.
Le « colo­nel » y fut reçu avec tous les hon­neurs sar­ko­zyens, ain­si qu’on le voit éga­le­ment sur cet­te vidéo :


Super-Boillon à Tunis, ambassadeur et « philosophe »…

"Je suis là pour vous exposer une philosophie…" "Je suis pour le contrat de confiance…" Ainsi cause le nouvel ambassadeur de la France, permettez, entre Monsieur Homais et Monsieur Darty. Quel mépris que ce mec ! « Dégage, petit Sarko ! » lui a aussitôt rétorqué la rue tunisienne, sans craindre le pléonasme qui fait mouche. Le tout fringant ambassadeur de France en Tunisie, le "Sarko-boy » Boris Boillon a été obligé de bouffer son chapeau après son exploit du jour et présenter son mea-culpa le soir même. Sur son site Twitter d'abord -"Vraiment désolé si j'ai pu offenser. Ce n'était pas mon intention"-, et puis à la télévision nationale tunisienne samedi soir. "Je présente toutes mes excuses à tout le peuple tunisien, a déclaré l'ambassadeur décrié. « J'ai une énergie et une volonté bien déterminée de promouvoir des relations bilatérales. J'ai été spontané plus que je n'aurais du l'être. Dorénavant je dois parler de manière plus polie". Prétention goujate et diplomatie, ça fait deux ; ce n’est pas à l’école de son mentor qu’un tel gommeux aurait pu apprendre ce b-a-ba, certes.

Ce qu’en dit sur son blog je journaliste tunisien Allal Sahbi :

"J’ai écouté l’intervention en arabe, l’échange avec les journalistes. La façon dont il fait cesser le dialogue : “khalass !“ (un peu l’équivalent de “basta” en espagnol), est extrêmement méprisante, autoritaire et cassante. 

"Déjà, il ne fallait pas envoyer comme diplomate en Tunisie un type qui a aussi chaudement apprécié l’intervention US en Irak. Regardez plus bas d’ailleurs, pas un mot sur les victimes humaines. Pas un mot  de compassion, pas de place pour l’humain. Il ne sait parler qu’en millions et milliards de dollars, en parts de marché, c’est vraiment honteux, indécent !!!  Pascal Boniface l’a très heureusement épinglé au sujet de ses prises de positions en Irak

Devant l'ambassade de France à Tunis, 20/2/11

"Ensuite, il est superflu d’être arabophone quand on fait montre d’autant de mépris. Il vaut mieux quelqu’un qui ne parle pas un mot d’arabe, mais qui ne méprise pas à ce point ses interlocuteurs, et tout le peuple.

Il est dans la droite ligne du trop fameux “discours de Dakar” : tout dans l’arrogance, la condescendance et le mépris.
.  Il se qualifie de pur  produit “Sarko”, ce en quoi il a parfaitement raison.[…] Ce sarkoboy 2.0, souvent présenté comme un James Bond de la diplomatie aura fort à faire pour redorer l'image de la France, déminer le terrain politique et retisser des liens avec la société civile. Sans compter la réorganisation d'un outil diplomatique qui a montré beaucoup de faiblesses au moment de la révolte tunisienne.
Il incarne le prototype de l’homo diplomaticus moderne sous l’ère Sarkozy."



Un « néocon » à la française ?

 Ancien ambassadeur de France auprès des Emirats Arabes Unis, également en poste en Somalie, et en Tunisie, auteur du livre "Les Voies de la diplomatie", Charles Crettien a ainsi exprimé ses réticences dans une tribune au Monde  : « On ne nomme pas un ambassadeur comme on nomme un préfet. La diplomatie est un dialogue avec un pays étranger, son gouvernement et son chef d'Etat. La nomination de Boris Boillon comme ambassadeur de France est la négation de ce principe élémentaire, elle est donc choquante voire dangereuse pour les relations à venir entre Paris et Tunis ».



Le Caire – La Havane. Les parallèles peuvent-elles se rejoindre ?

Les évé­ne­ments révo­lu­tion­nai­res qui secouent le mon­de ara­be nous ques­tion­nent à bien des égards. On ne man­que pas de les com­men­ter, de les inter­pré­ter, de glo­ser. Les Ara­bes en pre­mier lieu, eux qui se voient, en gran­de par­tie sem­ble-t-il, réins­crits dans le cou­rant de l’Histoire. Des tri­bu­nes, « libres opi­nions », et autres fleu­ris­sent ça et là dans les médias, com­me en tou­te pério­de d’effervescence. Le plai­sir n’est pas min­ce pour qui­con­que se pré­oc­cu­pe du bien-être des humains et de la mar­che – si sou­vent clau­di­can­te – du vas­te mon­de, notre si peti­te pla­nè­te.

Sans nul­le­ment vou­lant jouer les rabat-joie, inuti­le de rap­pe­ler aux dures réa­li­tés des len­de­mains de fêtes – elles s’en char­gent tou­tes seules. Les Tuni­siens espè­rent de beaux jours, tout com­me les Égyp­tiens – sinon, à quoi bon avoir lut­té contre la tyran­nie avec une tel­le éner­gie ? Mais voi­là que, déjà, l’âpreté du mon­de glo­ba­li­sé les coin­ce au tour­nant.

Mes réflexions aujourd’hui tour­ne autour d’un rap­pro­che­ment, déjà évo­qué ici en pas­sant, entre deux ima­ges, deux lieux, deux révo­lu­tions et deux pays. Je veux par­ler des pla­ce de la Libé­ra­tion (Tah­rir) au Cai­re et de la Révo­lu­tion, à La Hava­ne, donc de l’Égypte et de Cuba. En fait, on pour­rait tout aus­si bien rap­pro­cher Cuba et la Tuni­sie qui, d’ailleurs, pré­sen­tent des don­nées socio­po­li­ti­ques plus com­pa­ra­bles. Mais res­tons-en à la pre­miè­re hypo­thè­se qui m’est souf­flée par le blog Gene­ra­cion Y de cet­te résis­tan­te cubai­ne, Yoa­ni San­chez qui, depuis plu­sieurs années, tient tête aux dic­ta­teurs cas­tris­tes. [Voir dans mes pré­cé­dents arti­cles, via la case de recher­che ci-contre].

Dans son arti­cle du 12 février, sous le titre « Égyp­te 2.0 » et sous cet­te pho­to de la fameu­se pla­ce Tah­rir enva­hie par une marée humai­ne :

…voi­ci ce qu’elle écrit :

« Pénom­bre et lumiè­re sur la Pla­ce Tah­rir, une phos­pho­res­cen­ce rou­geoyan­te entre­cou­pée par les flashs des appa­reils pho­to et la lueur des écrans de télé­pho­nes por­ta­bles. Je n’y étais pas et pour­tant je sais ce qu’ont res­sen­ti cha­cun des Égyp­tiens réunis la nuit der­niè­re au cen­tre du Cai­re. Moi qui n’ai jamais pu crier et pleu­rer de joie en public […], je confir­me que je ferais la même cho­se, je res­te­rais sans voix, j’embrasserais les autres, je me sen­ti­rais légè­re com­me si mes épau­les étaient sou­dain libé­rées d’un énor­me far­deau. Je n’ai pas vécu de révo­lu­tion, enco­re moins de révo­lu­tion citoyen­ne, mais cet­te semai­ne, mal­gré la pru­den­ce des jour­naux offi­ciels j’ai sen­ti que le canal de Suez et la mer des Caraï­bes n’était pas si éloi­gnés, que les deux endroits n’étaient pas si dif­fé­rents.

« Pen­dant que les jeu­nes Égyp­tiens s’organisaient sur Face­book, nous assis­tions conster­nés à l’exposé pira­té d’un poli­cier cyber­né­ti­que, pour lequel les réseaux sociaux sont « l’ennemi ». Il a bien rai­son ce cen­seur de kilo­bits, et tous ses chefs, de crain­dre ces sites vir­tuels où les indi­vi­dus pour­raient se don­ner ren­dez-vous pour secouer les contrô­les éta­ti­ques, par­ti­sans et idéo­lo­gi­ques. En lisant les paro­les du jeu­ne Wael Gho­nim « Vous vou­lez un pays libre, don­nez leur inter­net !» Je com­prends mieux la dis­cré­tion dont font preu­ve  nos auto­ri­tés à l’heure de nous per­met­tre ou non de nous connec­ter à la toi­le. Ils se sont habi­tués à avoir le mono­po­le de l’information, à régu­ler ce qui nous arri­ve et à réin­ter­pré­ter pour nous ce qui se pas­se à l’intérieur et à l’extérieur de nos fron­tiè­res. Main­te­nant ils savent, par­ce que l’Égypte le leur a appris, que cha­que pas qu’ils nous lais­sent fai­re dans le cybers­pa­ce nous rap­pro­che de Tah­rir, nous por­te à gran­de vites­se vers une pla­ce qui vibre et un dic­ta­teur qui démis­sion­ne. »

[Tra­duit par Jean-Clau­de Marou­by – mer­ci !]

Bien qu’écrit entre ses lignes très sur­veillées, le mes­sa­ge de Yao­ni San­chez est des plus clairs. Il se résu­me en oppo­si­tion avec cet­te autre pho­to, cel­le d’un de ces ras­sem­ble­ments mons­tres orga­ni­sés par le cas­tris­me radieux. Sur cet­te pla­ce de la Révo­lu­tion s’est fina­le­ment échoué l’une des plus men­son­gè­res illu­sions de l’Histoire.

Cin­quan­te ans après sa révo­lu­tion, le peu­ple cubain ne s’est tou­jours pas libé­ré. Le sujet res­te ouvert, appe­lant à des ana­ly­ses pous­sées. On s’en tien­dra là pour aujourd’hui.


Tunisie. La révolution doit rester en marche face à la dictature

Com­me un clou chas­se l’autre, il ne fau­drait pas que, sur la scè­ne et dans l’opinion inter­na­tio­na­les, la révo­lu­tion égyp­tien­ne chas­se la tuni­sien­ne pour laquel­le il res­te tant à accom­plir. Les Tuni­siens en sont pour la plu­part bien conscients, en par­ti­cu­lier quand ils affir­ment haut et fort : « Le dic­ta­teur est par­ti mais la dic­ta­tu­re est tou­jours là. » C’est ce que sou­li­gne le Col­lec­tif pour les liber­tés et la démo­cra­tie en Tuni­sie* dans l’appel ci-des­sous :

Sal­le com­ble et effer­ves­cen­te mer­cre­di à Aix-en-Pro­ven­ce pour la réunion de sou­tien à la révo­lu­tion tuni­sien­ne. Ph. gp

« L’année 2011 res­te­ra dans l’histoire com­me cel­le de la for­mi­da­ble révo­lu­tion popu­lai­re tuni­sien­ne. Pour la pre­miè­re fois un dic­ta­teur est contraint par son peu­ple de s’enfuir. Cet­te vic­toi­re des mas­ses popu­lai­res de Tuni­sie est por­teu­se d’un espoir immen­se pour tous les peu­ples oppri­més. Elle mon­tre la voie et annon­ce de nou­vel­les révol­tes popu­lai­res dans le mon­de ara­be et afri­cain et dans tou­te l’Afrique. Par­tout les tyrans trem­blent et ont peur que leurs peu­ples tirent les leçons de l’exemple tuni­sien.

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Normalement, le sommet de Davos ne devrait plus exister…

La grand-mes­se annuel­le  du capi­ta­lis­me mon­dia­li­sé bat son plein une fois de plus depuis mer­cre­di. La nou­veau­té, cet­te année, c’est  la crain­te mani­fes­te des explo­sions socia­les dans le mon­de. La révo­lu­tion tuni­sien­ne est pas­sée par là et la rue gron­de ou mena­ce ça et là. Le tex­te qui suit n’y va pas par qua­tre che­mins. Il éma­ne de l’association alter­mon­dia­lis­te Attac, ins­pi­ré en par­tie par… le quo­ti­dien éco­no­mi­que Les Échos. Les temps chan­ge­raient ? Ce n’est qu’apparence. D’où ce « nor­ma­le­ment » qui en dit long.

© édi­to-des­sin de faber

« Nor­ma­le­ment, Davos ne devrait plus exis­ter. Enfin, pas la tris­tou­net­te sta­tion hel­vé­ti­que de ski, mais le Forum éco­no­mi­que mon­dial, qui y atti­re fin jan­vier des cen­tai­nes de patrons, de minis­tres, d’universitaires et de jour­na­lis­tes. Cet­te gigan­tes­que « busi­ness par­ty » aurait dû s’étioler. Car elle a por­té tou­tes les valeurs, tou­tes les idées balayées par la cri­se finan­ciè­re, qui a connu son apo­gée en 2008. Nul­le part ailleurs la « sha­re­hol­der value », la valeur action­na­ria­le, n’aura été prê­chée avec autant de foi. À Davos, on a aus­si prô­né avec une rare constan­ce la mon­dia­li­sa­tion débri­dée, la finan­ce sou­ve­rai­ne et la déré­gle­men­ta­tion per­ma­nen­te. On s’y est aus­si beau­coup trom­pé. Une ses­sion a été orga­ni­sée cha­que année pour ten­ter de trou­ver « d’où vien­dra le pro­chain choc » sans jamais débus­quer autre cho­se que les pays émer­gents, l’immobilier chi­nois ou le pétro­le.

« En 2007 et 2008, l’économiste Nou­riel Rou­bi­ni avait sérieu­se­ment aga­cé les par­ti­ci­pants en annon­çant des catas­tro­phes. Tou­tes les étoi­les déchues de l’entreprise ont brillé à Davos, de Jean-Marie Mes­sier (Viven­di) à Car­ly Fio­ri­na (HP) en pas­sant par Ken­ne­th Lay (Enron), Chu­ck Prin­ce (Citi­group) ou Dick Fuld (Leh­man Bro­thers), qui affi­chait enco­re une incroya­ble mor­gue début 2008, huit mois avant sa chu­te [Note de GP : sur ce der­nier per­son­na­ge et sa mor­gue, pas­sa­ge recom­man­dé ici-même : La cri­se com­me un (mau­vais) roman. « Leur arra­cher le cœur et le bouf­fer avant qu’ils crè­vent ! »]. Et en ces temps d’économies tous azi­muts pour pré­ser­ver la tré­so­re­rie des entre­pri­ses voi­re des États, il peut paraî­tre sur­pre­nant de cla­quer des dizai­nes ou quel­ques cen­tai­nes de mil­liers d’euros ou de dol­lars pour aller se fai­re voir dans un vil­la­ge per­du des Gri­sons suis­ses »[1].

Mais Davos exis­te enco­re. Car les éli­tes glo­ba­les n’ont aucu­ne­ment renon­cé à impo­ser à leurs socié­tés « la mon­dia­li­sa­tion débri­dée, la finan­ce sou­ve­rai­ne et la déré­gle­men­ta­tion per­ma­nen­te ». Les plans d’austérité, le chô­ma­ge et la pré­ca­ri­té défer­lent sur l’Europe, les bul­les finan­ciè­res gon­flent à nou­veau, la spé­cu­la­tion se déchaî­ne sur les pro­duits agri­co­les. Mais les puis­sants vont conti­nuer à dis­ser­ter sur les « ris­ques émer­gents », les « oppor­tu­ni­tés de crois­san­ce » et  les « nor­mes par­ta­gées pour une nou­vel­le réa­li­té »… Nico­las Sar­ko­zy ose­ra-t-il tenir demain un dis­cours enco­re plus « anti-finan­ce » que l’an der­nier ? Les paris sont ouverts…

À l’initiative de mou­ve­ments sociaux – dont Attac Suis­se – se tenait du 21 au 23 jan­vier à Bâle « L’Autre Davos  2011 », une ini­tia­ti­ve « des­ti­née à valo­ri­ser tou­tes les expé­rien­ces révé­lant le carac­tè­re intel­li­gem­ment sub­ver­sif des lut­tes popu­lai­res » contre ce néo­li­bé­ra­lis­me dis­cré­di­té mais tou­jours aus­si arro­gant.

Dans quel­ques jours, s’ouvre à Dakar le Forum social mon­dial, où se ren­con­tre­ront non les maî­tres du mon­de com­me à Davos mais les arti­sans d’un autre mon­de.

Attac y sera pré­sent  à tra­vers une délé­ga­tion de près de 60 per­son­nes de Fran­ce, et plus d’une cen­tai­ne de repré­sen­tants des Attac du mon­de.

Sur le G20, la cri­se cli­ma­ti­que, l’accès à l’eau, la sou­ve­rai­ne­té ali­men­tai­re, à Dakar nous construi­rons les mobi­li­sa­tions et les conver­gen­ces entre tou­tes les lut­tes qui cher­chent à fai­re chu­ter le pou­voir de la finan­ce et aspi­rent à construi­re des alter­na­ti­ves éco­lo­gi­ques et soli­dai­res. »

Attac Fran­ce

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[1] Nous remer­cions Jean-Marc Vit­to­ri, l’éditorialiste du quo­ti­dien éco­no­mi­que Les Échos, d’avoir rédi­gé notre com­mu­ni­qué de pres­se pour l’ouverture du som­met de Davos. http://www.lesechos.fr/opinions/analyses/0201092173513-l-invraisemblable-survie-du-forum-de-davos.htm


Tunisie. De la vraie nature du sarkozysme

Si on pouvait en douter, voilà au moins un point de clarté que nous aura apporté la révolution tunisienne : la « bourde » de la ministre des affaires étrangères n’en était pas une. Cette pro-position était bien celle, décidée et assumée à l’Élysée comme à Matignon : celle de venir en aide directe à un régime et à un président amis.

Les plus sceptiques, s’il en restait, auront pu être convaincus ce matin sur France inter à la seule l’écoute des bafouillis aussi pénibles et tordus qu’embarrassés du « conseiller Afrique » de Sazkozy, Henri Guaino. Comme il dit si bien : « C’est trop facile, c’est trop facile… » tout en pensant, comme dans les bulles savonneuses de BD « Quelle merdasse, comment m’en sortir ? »…

Ainsi apparaît une fois de plus – notamment après le trop fameux discours de Dakar – la vraie nature du sarkozysme. A la fois comme politique à duplicité permanente (refrain « droits de l’homme » et couplet donneur de leçon ; ingérence et non-ingérence ; bref : grandeur du baratin et décadence de l’action) et comme vraie nature : une politique autoritaire sur fond répressif difficilement dissimulé. Car ce « savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité [pour] régler des situations sécuritaires de ce type » [sic Mme Alliot-Marie, 12 janvier 2011], ne doutons pas, hélas, de sa fonction première : son utilisation « sécuritaire » hors exportation, c'est-à-dire à l’intérieur même de notre oligarchie constitutionnelle.


Henri Guaino
envoyé par franceinter. - L'info internationale vidéo.


Ce que nous dit aussi la révolution tunisienne

Com­me pour l’avenir, on ne sait pré­di­re les révo­lu­tions. Au mieux peut-on les pres­sen­tir par quel­ques signes avant-cou­reurs, quel­ques aler­tes. La tuni­sien­ne nous aura bien pris de court. Tel­le­ment qu’elle n’en finit pas de nous inter­ro­ger sur notre aveu­gle­ment géné­ral, ain­si que sur celui des ana­lys­tes plus ou moins paten­tés. Sa sur­ve­nue nous inter­pel­le, com­me on dit, en ce sens tout par­ti­cu­lier qu’elle indi­que la fra­gi­li­té de ce qu’on prend faci­le­ment pour des « équi­li­bres » socio-poli­ti­ques.

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Des­sin-édi­to de faber ©

Un demi-siè­cle de post-colo­nia­lis­me – avec ce qui pré­cè­de donc –, n’aura guè­re résis­té à cet embra­se­ment à domi­nan­te paci­fi­que et à si hau­te déter­mi­na­tion qu’une dic­ta­tu­re se sera effon­drée en moins d’un mois. Et c’est bien ce carac­tè­re appa­rem­ment spon­ta­né, aux cau­ses qua­si mys­té­rieu­ses – vu de cet aveu­gle­ment sourd des « éli­tes » – qui ne ces­se d’inquiéter tou­te la sphè­re poli­ti­que, au plan mon­dial d’ailleurs, par­tout où pré­do­mi­nent le néo-impé­ria­lis­me de la macro-éco­no­mie et de la finan­ce en folie. Quand « un » direc­teur du FMI, grand ora­cle à pré­ten­tion pon­ti­fian­te, décer­ne à la Tuni­sie son bre­vet de « bon­ne san­té », c’est bien à cau­se d’une vision autis­te­ment « macro » (c’est ten­tant : com­ment ne pas pen­ser « maque­reau de la finan­ce » ?).

Quand Domi­ni­que Strauss-Kahn voit en la Tuni­sie « un modè­le pour les pays émer­gents », il ne dis­tin­gue pas plus loin que son écran d’ordinateur, c’est-à-dire le bout de son nez [à TV7-Tuni­sie, 18 novem­bre 2008]. Pas plus que la car­te n’est le ter­ri­toi­re, les sta­tis­ti­ques ne reflè­tent la réa­li­té vécue du quo­ti­dien des pau­vres gens. D’ailleurs les chif­fres les igno­rent super­be­ment, ne consi­dé­rant sous leurs cour­bes et tableaux que flux, ten­dan­ces et com­pa­gnie. De ce seul point de vue, la mort par le déses­poir et le feu du jeu­ne Moha­med Boua­zi­zi n’aurait jamais dû croi­ser la cour­be expo­nen­tiel­le de crois­san­ce des clans Ben Ali-Tra­bel­si. C’est ce qu’on appel­le un « acci­dent » de l’Histoire – qui en est plei­ne, de ces acci­dents…

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Tunisie. De l’inconvénient d’avoir raté le train de la révolution

La révo­lu­tion com­me un coup de fou­dre. Ne pas s’y brû­ler les ailes. S’être pré­mu­ni de ses illu­sions pour en jouir au bon moment. Et puis pas­ser à la durée, au dur désir de durer. Je par­le bien sûr de la Tuni­sie qui aura sur­pris tout un cha­cun. Qui en aura dépi­té quel­ques autres, cer­tes. Com­me notre grand ora­cle du FMI pré­di­sant le plus bel ave­nir au royau­me de Ben Ali tout en rêvant de gou­ver­ner le pays Fran­ce. Mau­vai­se pio­che. En quoi il ne suf­fit pas d’avoir des airs ins­pi­rés pour être super ana­lys­te. Car ces gens, que savent-ils de la souf­fran­ce des peu­ples ? Rien.

Je pen­se aus­si, bien sûr, à notre petit empe­reur d’opérette, même pas comi­que, lamen­ta­ble, rece­vant les clés de la vil­le de Tunis et ne taris­sant de facé­ties élo­gieu­ses à l’adresse de son émir ami.

Je pen­se à la ci-devant Michè­le Alliot-Marie dite « MAM », des affai­res si étran­gè­res, tout emper­ru­quée et si empres­sée de secou­rir – selon le « savoir-fai­re » des agents de notre Répu­bli­que – son monar­que étran­ger dans la débi­ne. Je pen­se donc aux Jup­pé et Fillon condam­nés à sou­te­nir leur bre­bis éga­rée au quai d’Orsay.

Je pen­se aus­si au Mit­ter­rand, l’autre, esti­mant – le 9 jan­vier 2011 – en tou­ris­te de la cultu­re, que “Dire [de la] Tuni­sie [qu’elle] est une dic­ta­tu­re uni­vo­que me paraît tout à fait exa­gé­ré“.

Je ne sau­rais oublier le bon Jac­ques Chi­rac, pré­si­dent de notre même Répu­bli­que, man­quant en 2003 d’étouffer son ami Ben, qui il étreint d’une vigou­reu­se acco­la­de, avant de décla­rer : “Le pre­mier des droits de l’homme est de man­ger, d’être soi­gné et de rece­voir une édu­ca­tion. De ce point de vue, il faut bien recon­naî­tre que la Tuni­sie est très en avan­ce”.

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Tunisie. DSK en prophète de Ben Ali

Por­trait offi­ciel du direc­teur géné­ral et grand ora­cle du Fonds moné­tai­re inter­na­tio­nal.

Pom­pon de « La-bas si j’y suis » cet après-midi, tan­dis que la rue gron­de au plus fort à Tunis : la pro­phé­tie de « DSK » pré­di­sant le plus bel ave­nir à la Tuni­sie de Ben Ali. Et pour 2012 en Fran­ce, que nous annon­ce le car­to­man­cien du FMI ? Ça craint !

En atten­dant, voyons-voir ce grand moment de fine ana­ly­se éco­no­mi­co-poli­ti­que… Domi­ni­que Strauss-Kahn à TV7-Tuni­sie, 18 novem­bre 2008 (2 mn 12 s) :


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

    tcherno2-2-300x211

    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les ter­mes de la licen­ce Crea­ti­ve Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­cia­le - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 Fran­ce). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés com­me tels.
    Licence Creative Commons

  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le mon­de chan­ge »

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  • Salut cousin !

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