On n'est pas des moutons

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Islamisme. Une insulte contre la foi et tout bascule dans le fanatisme (re-publication)

En juillet 2012, un extrait de 14 minu­tes d’une vidéo anti-islam titrée L’Innocence des musul­mans était pos­tée sur You­Tu­be, met­tant le feu aux pou­dres isla­mis­tes. Dès le 11 sep­tem­bre, des atta­ques furent menées, notam­ment, contre des mis­sions diplo­ma­ti­ques états-unien­nes. Furent ain­si pri­ses d’assaut l’ambassade des États-Unis en Égyp­te et le consu­lat à Ben­gha­zi (Libye) où l’on déplo­ra qua­tre morts, dont l’ambassadeur.

Inno­cen­ce of Mus­lims, pro­dui­te en 2012, fut alors attri­buée à un cer­tain Nakou­la Bas­se­ley Nakou­la, un cop­te égyp­tien rési­dant en Cali­for­nie, sous le pseu­do­ny­me de « Sam Baci­le ». Selon lui, il s’agissait de dénon­cer les hypo­cri­sies de l’islam en met­tant en scè­ne des pas­sa­ges de la vie de Maho­met…

À cet­te occa­sion, une de plus, j’avais publié un arti­cle sur lequel je viens de retom­ber et qui me sem­ble tou­jours assez actuel, hélas, pour le publier à nou­veau.

Hier une vidéo, aujourd’hui un habille­ment. Et tou­jours les déchaî­ne­ments fana­ti­ques, des affron­te­ments, des vio­len­ces, des morts.

Il a donc suf­fi d’une vidéo de dix minu­tes pour rani­mer la flam­me du fana­tis­me isla­mis­te. Cet­te actua­li­té atter­ran­te et cel­le des vingt ans pas­sés le mon­trent : des trois reli­gions révé­lées, l’islam est aujourd’hui la plus contro­ver­sée, voi­re reje­tée 1. Tan­dis que la judaï­que et la chré­tien­ne, tapies dans l’ombre tapa­geu­se de leur concur­ren­te, font en quel­que sor­te le dos rond – ce n’est pas leur tour. En ce sens, elles peu­vent se don­ner à voir com­me les « meilleu­res », alors qu’elles n’ont pas man­qué d’être les pires dans leurs épo­ques his­to­ri­ques flam­boyan­tes, et qu’elles ne sont tou­jours pas en res­te pour ce qui est de leurs dog­mes, les plus rétro­gra­des et répres­sifs. 2

Préa­la­ble : par­ler « reli­gions » ici c’est consi­dé­rer les appa­reils, et non pas leurs adep­tes, ni leurs vic­ti­mes plus ou moins consen­tan­tes. C’est donc par­ler des cler­gés, des dog­mes et des cohor­tes acti­vis­tes et pro­sé­ly­tes. On en dirait autant des idéo­lo­gies, dont les pires – fas­cis­tes et nazies –, construi­tes com­me des reli­gions, ont enta­ché l’Histoire selon des sché­mas simi­lai­res. Donc, dis­tin­guer les « hum­bles pécheurs » consen­tants, ou mys­ti­fiés par leurs « libé­ra­teurs », tout com­me on ne confon­dra pas ces mili­tants aux grands cœurs abu­sés par les Sta­li­ne, Hit­ler et autres tyrans de tous les temps.

Par­lons donc de l’islam poli­ti­que, mis en exhi­bi­tion dra­ma­ti­que sur la scè­ne pla­né­tai­re, vou­lant en quel­que sor­te se prou­ver aux yeux du mon­de. Aus­si recourt-il à la vio­len­ce spec­ta­cu­lai­re, cel­le-là même qui le rend cha­que jour plus haïs­sa­ble et le ren­for­ce du même coup dans sa pro­pre et vin­di­ca­ti­ve déses­pé­ran­ce. Et ain­si appa­raît-il à la fois com­me cau­se et consé­quen­ce de son pro­pre enfer­me­ment dans ce cer­cle vicieux.

Que recou­vre l’islamisme, sinon peut-être la souf­fran­ce de cet­te frac­tion de l’humanité qui se trou­ve mar­gi­na­li­sée, par la fau­te de cet « Occi­dent » cor­rom­pu et « infi­dè­le » ? C’est en tout cas le mes­sa­ge que ten­te de fai­re pas­ser auprès du mil­liard et plus de musul­mans répar­tis sur la pla­nè­te, les plus acti­vis­tes et dji­ha­dis­tes de leurs meneurs, trop heu­reux de déchar­ger ain­si sur ce bouc émis­sai­re leur pro­pre part de res­pon­sa­bi­li­té quant à leur mise en mar­ge de la « moder­ni­té ». Moder­ni­té à laquel­le ils aspi­rent cepen­dant en par­tie – ou tout au moins une part impor­tan­te de la jeu­nes­se musul­ma­ne. D’où cet­te puis­san­te ten­sion inter­ne entre inté­gris­me mor­ti­fè­re et désir d’affranchissement des contrain­tes obs­cu­ran­tis­tes, entre géron­to­cra­tes inté­gris­tes et jeu­nes­ses reven­di­ca­ti­ves. D’où cet­te pres­sion de « cocot­te minu­te » et ces mani­fes­ta­tions col­lec­ti­ves sans les­quel­les les socié­tés musul­ma­nes ris­que­raient l’implosion. D’où, plus avant, les « prin­temps ara­bes » et leurs nor­ma­li­sa­tions poli­ti­ques suc­ces­si­ves – à l’exception nota­ble de la Tuni­sie.

Un nou­vel épi­so­de de pous­sées clé­ri­ca­les d’intégrisme se pro­duit donc aujourd’hui avec la pro­mo­tion d’une vidéo déni­grant l’islam dif­fu­sée sur la toi­le mon­dia­le et attri­buée à un auteur israé­lo-amé­ri­cain – ou à des sour­ces indé­fi­nies 3. Pré­tex­te à rani­mer – si tant est qu’elle se soit assou­pie – la flam­me des fana­ti­ques tou­jours à l’affût.

On pour­rait épi­lo­guer sur ces condi­tion­ne­ments rep­ti­liens (je par­le des cer­veaux, pas des per­son­nes…) qui se déchaî­nent avec la plus extrê­me vio­len­ce à la moin­dre pro­vo­ca­tion du gen­re. De tout récents ouvra­ges et arti­cles ont ravi­vé le débat, notam­ment depuis la nou­vel­le fiè­vre érup­ti­ve qui a sai­si les sys­tè­mes mono­théis­tes à par­tir de son foyer le plus sen­si­ble, à savoir le Moyen Orient. De là et, par­tant, de la sous-région, depuis des siè­cles et des siè­cles, au nom de leur Dieu, juifs, chré­tiens, musul­mans – et leurs sous-divi­sions pro­phé­ti­ques et sec­tai­res – ont essai­mé sur l’ensemble de la pla­nè­te, ins­tal­lé des comp­toirs et des états-majors, lan­cé escoua­des et armées entiè­res, tor­tu­ré et mas­sa­cré des êtres humains par mil­lions, au mépris de la vie hic et nunc, main­te­nant et ici-bas sur cet­te Ter­re, elle aus­si mar­ty­ri­sée. Et le tout au nom d’un Au-delà hypo­thé­ti­que, pros­cri­vant à cha­cun sa libre conscien­ce et l’art d’arranger au mieux la vie brè­ve et, de sur­croît, pour le bien de l’entière huma­ni­té.

Va pour les croyan­ces, qu’on ne dis­cu­te­ra pas ici… Mais qu’en est-il de ces sys­tè­mes sécu­liers pro­li­fé­rant sur les plus noirs obs­cu­ran­tis­mes ? On par­le aujourd’hui de l’islam par­ce que les guer­res reli­gieu­ses l’ont repla­cé en leur cen­tre ; ce qui per­met aux deux autres de se revir­gi­ni­ser sur l’air de la modé­ra­tion. Par­ce que l’islamisme « modé­ré » – voir en Tuni­sie, Libye, Égyp­te ; en Iran, Iraq, Afgha­nis­tan, Pakis­tan, etc. – n’est jamais qu’un oxy­mo­re auquel judaïs­me et chris­tia­nis­me adhè­rent obsé­quieu­se­ment, par « cha­ri­té bien com­pri­se » en direc­tion de leur pro­pre « modé­ra­tion », une sor­te d’investissement sur l’avenir autant que sur le pas­sé lourd d’atrocités. Pas­sé sur lequel il s’agit de jeter un voi­le noir, afin de nier l’Histoire au pro­fit des mytho­lo­gies mono­théis­tes, les affa­bu­la­tions entre­te­nues autour des mes­sies et pro­phè­tes, dont les « bio­gra­phies » incer­tai­nes, polies par le temps autant que mani­pu­lées, per­met­tent, en effet, de jeter pour le moins des dou­tes non seule­ment sur leur réa­li­té exis­ten­tiel­le, mais sur­tout sur les inter­pré­ta­tions dont ces figu­res ont pu être l’objet. Quid, en effet, d’un Maho­met tel que dépeint ici ou là – c’est selon évi­dem­ment – com­me igna­re, voleur, mani­pu­la­teur, cupi­de et ama­teur de fillet­tes ? Pas plus réel que sa divi­ni­sa­tion, ni cel­le de Moï­se et de Jésus construits hors de leur pro­pre réa­li­té, selon des contes infan­ti­les psal­mo­diés et fai­sant appel à la plus tota­le cré­du­li­té.

Mais, admet­tons que les hom­mes aient créé leurs dieux par néces­si­té, cel­le de com­bler leurs angois­ses exis­ten­tiel­les, de pan­ser leurs misè­res, leurs ver­ti­ges face à l’univers et devant l’inconnu des len­de­mains et d’après la mort. Admet­tons cela et regar­dons l’humanité dans la pers­pec­ti­ve de son deve­nir et de son évo­lu­tion – dans le fait de se lever sur ses deux jam­bes et même de se mon­ter sur la poin­te des pieds pour ten­ter de voir « par des­sus » ce qui abais­se, s’élever dans la condi­tion d’humains dési­rant, par­lant, connais­sant, com­pre­nant, aimant.

Alors, ces reli­gions d’ « amour », ont-elles appor­té la paix, la vie libre et joyeu­se, la jus­ti­ce, la connais­san­ce ? Et la tolé­ran­ce ? Ou ont-elles alié­né hom­mes et fem­mes – sur­tout les fem­mes… –, mal­trai­té les enfants, mépri­sé les ani­maux ; incul­qué la culpa­bi­li­té et la sou­mis­sion ; atta­qué la phi­lo­so­phie et la scien­ce ; colo­ni­sé la cultu­re et impré­gné jusqu’au lan­ga­ge ; jeté des inter­dits sur la sexua­li­té et les mœurs (contra­cep­tion, avor­te­ment, maria­ge et même l’alimentation) ; com­man­dé à la poli­ti­que et aux puis­sants…

Torah, Bible, Évan­gi­les, Coran – com­ment admet­tre que ces écrits, et a for­tio­ri un seul, puis­se conte­nir et expri­mer LA véri­té ? Par quels renon­ce­ments l’humain a-t-il che­mi­né pour fina­le­ment dis­sou­dre sa ratio­na­li­té et son juge­ment ? Mys­tè­re de la croyan­ce… Soit ! enco­re une fois pas­sons sur ce cha­pi­tre de l’insondable ! Mais, tout de même, la reli­gion com­me sys­tè­me sécu­lier, com­me ordre ecclé­sial, avec ses cohor­tes, ses palais, ses for­te­res­ses spi­ri­tuel­les et tem­po­rel­les… Son his­toi­re mar­quée en pro­fon­deur par la vio­len­ce : croi­sa­des, Inqui­si­tion (je voyais l’autre soir sur Arte, Les Fan­tô­mes de Goya, de Milos For­man… ; une his­toi­re de tout jus­te deux siè­cles !), guer­res reli­gieu­ses, Saint-Bar­thé­le­my, les bûchers, et aus­si les colo­ni­sa­tions, eth­no­ci­des, sou­tiens aux fas­cis­mes… Ça c’est pour le judéo-chris­tia­nis­me.

Côté isla­mis­me, qui dit se dis­pen­ser de cler­gé, son empri­se ne s’en trou­ve que plus entiè­re­ment diluée dans les socié­tés, d’où l’impossible laï­cis­me des isla­mis­tes, se vou­draient-ils « modé­rés ». Et que pen­ser de cet­te vio­len­ce endé­mi­que deve­nue syno­ny­me d’islam, jus­que dans nos contrées d’immigration où d’autres extré­mis­mes en nour­ris­sent leurs fonds de com­mer­ce natio­na­lis­tes ? Sans dou­te un héri­ta­ge du Coran lui-même et de Maho­met pré­sen­té dans son his­toi­re com­me le « Maî­tre de la ven­gean­ce » et celui qui anéan­tit les mécréants… Voir sur ce cha­pi­tre les nom­breu­ses sou­ra­tes invo­quant l’anéantissement des juifs, chré­tiens et infi­dè­les – tan­dis que, plus loin, d’autres ver­sets pro­mul­guent une « sen­ten­ce d’amitié » – contra­dic­tion ou signe oppor­tu­nis­te de « tolé­ran­ce » ? Voir en répon­se les fat­was de condam­na­tion à mort – dont cel­les de Sal­man Rush­die par Kho­mei­ny (avec mise à prix rehaus­sée des jours-ci ! 4) et de Tas­li­ma Nas­reen qui a dû s’exiler de son pays, le Ben­gla­de­sh. Voir l’assassinat de Théo van Gogh à Amster­dam, poi­gnar­dé puis ache­vé de huit bal­les et égor­gé en plei­ne rue ; dans un docu­men­tai­re, il venait de dénon­cer le trai­te­ment réser­vé aux fem­mes dans l’islam.[Le voir ci-des­sous.] 5

Même dou­ble lan­ga­ge chez le dieu juif Yah­vé pour jus­ti­fier…l’extermination de cer­tains peu­ples de Pales­ti­ne (dont les Cana­néens…) Cela en ver­tu du fait que les juifs seraient « le peu­ple élu de Dieu », dont le pre­mier com­man­de­ment est « Tu ne tue­ras pas » ! Ce fan­tas­me juif ali­men­te en les légi­ti­mant le colo­nia­lis­me et ce qui s’ensuit en Pales­ti­ne et l’affrontement des théo­cra­ties. Affron­te­ment éga­le­ment par affi­dés inter­po­sés et leurs États ou orga­ni­sa­tions ter­ro­ris­tes : Bush contre Al Quaï­da, Tsa­hal contre le Hez­bol­lah, « kami­ka­zes » contre popu­la­tion civi­le. Vio­len­ces innom­ma­bles, guer­res sans fin.

Quant au film « blas­phé­ma­toi­re » qui agi­te de plus bel­le les fana­ti­ques isla­mis­tes, il est curieux que nos médias de mas­se, radios et télés, sem­blent en contes­ter la légi­ti­mi­té du fait qu’il serait bri­co­lé, mal fice­lé, « pas pro »… Com­me s’il s’agissait d’une ques­tion d’esthétique ! Quoi qu’il soit et quels que soient ses com­man­di­tai­res, il fait bien appa­raî­tre par les répli­ques qu’il pro­vo­que le niveau de fana­tis­me impré­gnant les pays musul­mans. Ce qui s’était déjà pro­duit avec les cari­ca­tu­res danoi­ses de Maho­met, dont cer­tains avaient, de même, contes­té la qua­li­té artis­ti­que ! Et Goya, au fait, lorsqu’il repré­sen­tait les visa­ges de l’Inquisition, était-ce bien esthé­ti­que ? 6

La ques­tion ne por­te aucu­ne­ment sur la natu­re du « sacri­lè­ge » mais sur la dis­pro­por­tion de la répli­que engen­drée, allant jusqu’à mort d’hommes – l’ambassadeur états-unien et de ses col­la­bo­ra­teurs en Libye, vic­ti­mes sacri­fi­ciel­les et à ce titre tota­le­ment ins­cri­tes dans un pro­ces­sus d’expiation reli­gieu­se !

Et plus près de nous, que dire des pro­vo­ca­tions menées à Paris devant l’ambassade amé­ri­cai­ne ? Et aus­si à La Cour­neu­ve, lors de la fête de l’Huma où Caro­li­ne Fou­rest a été cha­hu­tée, mena­cée, insul­tée et empê­chée de débat­tre – entre autres sur ces ques­tions d’intégrisme qui font les choux gras du Front natio­nal !

Com­me quoi, pour résu­mer, une insul­te contre la foi – ou ce qui en tient lieu –consti­tue un cri­me plus gra­ve que de s’en pren­dre à un être vivant.

17 sep­tem­bre 2012

Notes:

  1. En dehors du mon­de musul­man, évi­dem­ment… Bien que des oppo­si­tions plus ou moins décla­rées appa­rais­sent ça et là dans l’islam.
  2. Même si on met un peu à part le judaïs­me : cet­te reli­gion sans visée pla­né­tai­re direc­te retrou­ve tou­te­fois le chris­tia­nis­me – ne dit-on pas le judéo-chris­tia­nis­me ? – et l’islamisme dans cet­te même volon­té de péné­trer jus­que dans les têtes et les ven­tres de cha­cun. En ce sens, cel­les qui se pré­sen­tent com­me les « meilleu­res » par­vien­nent bien à être les pires dans leurs manœu­vres per­ma­nen­tes d’aliénation. De même que leur « modé­ra­tion » demeu­re rela­ti­ve à leur stra­té­gie hégé­mo­ni­que.
  3. Sour­ces qui demeu­rent enco­re floues qua­tre ans après.
  4. 2012
  5. Dans ma ver­sion de sep­tem­bre 2012, j’avais man­qué, à tort, d’évoquer le cas de Ayaan Hir­si Ali, fem­me poli­ti­que et écri­vai­ne néer­lan­do-soma­lien­ne connue pour son mili­tan­tis­me contre l’excision et ses pri­ses de posi­tion sur la reli­gion musul­ma­ne. Elle fut mena­cée de mort par Moham­med Bouye­ri, assas­sin du cinéas­te Theo van Gogh, notam­ment à la sui­te de sa par­ti­ci­pa­tion au court-métra­ge du réa­li­sa­teur qui dénon­çait les vio­len­ces fai­tes aux fem­mes dans les pays musul­mans.
  6. Le Guer­ni­ca de Picas­so n’est pas non plus une œuvre esthé­ti­que !

Tunisie. « Charlie » et la suite

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L’actua­li­sa­tion du slo­gan « Char­lie » résu­me tout, hélas. Tout, c’est-à-dire, en réfé­ren­ce aux atten­tats de jan­vier à Paris, une même ana­lo­gie dans l’horreur fana­ti­que et mor­ti­fè­re ; un même but des­truc­teur qui s’en prend à l’Histoire – cel­le de la Tuni­sie, à tra­vers le musée du Bar­do –; à l’Occident, dési­gné com­me Satan à tra­vers ses tou­ris­tes « dépra­vés »; et à la Démo­cra­tie, assi­mi­lée à la déchéan­ce laï­que – donc anti-cora­ni­que. En pri­me, si on ose dire, cet odieux atten­tat – 22 morts, une cin­quan­tai­ne de bles­sés – rui­ne pour long­temps la chan­ce­lan­te éco­no­mie tuni­sien­ne en gran­de par­tie basée sur le tou­ris­me.

L’« État isla­mi­que » vient ain­si de fai­re son entrée fra­cas­san­te dans cet­te Tuni­sie qui, depuis qua­tre ans, par­ve­nait tant bien que mal à sau­ve­gar­der sa révo­lu­tion et ses fra­gi­les acquis. Ain­si contraint à décré­ter l’« état de guer­re », le gou­ver­ne­ment tuni­sien tom­be dans l’engrenage répres­sif qui s’attaque aux effets et non aux cau­ses. Des cau­ses d’ailleurs si pro­fon­des qu’elles outre­pas­sent les capa­ci­tés réac­ti­ves d’un petit État et même – c’est tout dire – cel­les de la « com­mu­nau­té inter­na­tio­na­le ». Ladi­te « com­mu­nau­té » qui, par ses mem­bres voyous, ses machi­nes de guer­re, son éco­no­mie de la Finan­ce et du tout-Mar­chan­di­se, a lar­ge­ment contri­bué à allu­mer la mèche ram­pan­te du fas­cis­me isla­mis­te.

Les repor­ta­ges d’Envoyé spé­cial (Fran­ce 2), notam­ment les pas­sa­ges tour­nés à Sidi Bou­zid d’où était par­tie la révo­lu­tion avec le sui­ci­de de Moha­med Boua­zi­zi, mon­trent un tel cli­va­ge hai­neux entre sala­fis­tes et démo­cra­tes qu’on peut crain­dre le pire à court ter­me. Et com­ment ne pas voir la mena­ce de ce cli­va­ge géné­ral dans notre mon­de en désar­roi ? N’en ver­ra-t-on pas les effets « col­la­té­raux » dès diman­che pro­chain dans les urnes bien de chez nous ?

 

• D’autres articles en tapant « Tunisie » dans la case de Recherche


Lettre de Tunis sur l’« islamisme rampant »

J’ai reçu hier de Tunis ces nou­vel­les atter­ran­tes et tout à fait dignes de foi (si on ose dire…) :

[…] Mais je vou­lais atti­rer ton atten­tion et cel­les des nôtres sur une situa­tion inquié­tan­te que j’ai appri­se hier :

Une bache­liè­re ayant réus­si au Bac avec men­tion a été orien­tée vers l’Ecole Supé­rieu­re pré­pa­rant aux étu­des d’ingénieur de Mont­fleu­ry. Etant de l’intérieur du pays , ses parents ont cher­ché déses­pé­ré­ment un foyer pour loger leur fille. Ils ont fini par en trou­ver un, pas trop loin du lieu de ses étu­des, s’appelant d’ailleurs« FLEUR(Y) » ou « Fleur ». Bref, après les avoir fait atten­dre des semai­nes pour ins­cri­re leur fille, le direc­teur de ce foyer pri­vé a fini par l’accepter en fai­sant payer à ces parents un semes­tre (ou un an ???) d’avance.Tout en étant trois par cham­bre.

La ren­trée ayant eu lieu, la pau­vre jeu­ne fille s’est trou­vée pri­se dans un piè­ge isla­mi­que exi­geant des étu­dian­tes :

- le port du niqab et ou khi­mar qu’on leur offre,

- la priè­re à heu­re fixe (en par­ti­cu­lier cel­le de l’aube = réveil à 3 h du matin),

- des cours d’enseignement cora­ni­que sur pla­ce dès le retour de ces étu­dian­tes de leur Ins­ti­tut…

Com­me vous vous en dou­tez , on est bien loin hélas des condi­tions néces­sai­res à tou­te pré­pa… Inuti­le de vous dire que la pau­vre n’a pu s’adapter à ce gen­re de pro­gram­me, elle a quit­té ce fameux foyer aban­don­nant  tous les frais d’inscription et les mois d’avance consen­tis ! Les parents cher­chent enco­re une autre for­mu­le de loge­ment.

Cet isla­mis­me ram­pant à outran­ce don­ne froid dans le dos ! Mais où donc allons-nous ?!

A.B.

[J’ai bien sûr pré­ser­vé l’anonymat de ce témoi­gna­ge.]

 


[Révoltes arabes]. A Cuba, place de la Révolution, on prépare le défilé au pas de l’oie

Cuba Libye Révolution yes© faber

Le pas de l’oie à Cuba, selon Yoani Sanchez sur « Generacion Y  »

 

« Mon quar­tier connaît une peti­te secous­se, un chan­ge­ment qui se pré­sen­te sous la for­me d’une cou­che d’asphalte neu­ve, d’ouvriers qui refont les rues et posent un revê­te­ment noi­râ­tre qui dans quel­ques jours aura dur­ci sous les pneus des voi­tu­res. Nous som­mes tous sur­pris. La joie serait le sen­ti­ment le plus cou­rant si ce n’étaient les rai­sons qui ont conduit à ces répa­ra­tions et la rai­son de ces tra­vaux. Tou­te la Pla­ce de la Révo­lu­tion et la « zone blo­quée » où j’habite se pré­pa­rent au grand défi­lé du 15 avril pro­chain*. Un grand défer­le­ment de puis­san­ce mili­tai­re qui pré­tend dis­sua­der tous ceux qui sou­hai­tent un chan­ge­ment à Cuba.

« Depuis des semai­nes le par­king du sta­de Lati­no-amé­ri­cain est le siè­ge de répé­ti­tions pour le pas de l’oie des sol­dats. Des jam­bes ten­dues à qua­ran­te cinq degrés, qui rap­pel­lent des marion­net­tes tirées par un fil, par une cor­de qui se perd là-haut dans l’immensité du pou­voir.

« Je ne sais pas ce qu’il peut y avoir de beau dans une para­de mili­tai­re, ce qu’il peut y avoir d’émouvant dans le défi­lé de ces êtres syn­chro­nes et auto­ma­ti­ques qui pas­sent le visa­ge tour­né vers le lea­der dans la tri­bu­ne. Mais le résul­tat je le connais bien : on dira ensui­te que le gou­ver­ne­ment est armé jusqu’aux dents et que ceux qui des­cen­dent dans la rue pour pro­tes­ter seront écra­sés contre le sol qu’aujourd’hui même on est en train de répa­rer.

« Le pas des pelo­tons ten­te­ra de nous de nous aver­tir que le Par­ti n’a pas seule­ment des mili­tai­res pour le défen­dre mais aus­si des trou­pes anti-émeu­te et des corps d’élite. J’appellerais ça la cho­ré­gra­phie de l’autoritarisme, mais d’autres pré­fè­rent croi­re que ce sera une démons­tra­tion d’indépendance, d’une auto­no­mie natio­na­le qui res­sem­ble en réa­li­té à cel­le de Robin­son aban­don­né sur son île.

« Mais au-delà de mes réti­cen­ces envers les uni­for­mes, de mon aller­gie au défi­lé d’escadrons qui mar­chent à l’unisson, je suis aujourd’hui pré­oc­cu­pée par le gou­dron, par cet asphal­te posé récem­ment que les chaî­nes des tanks vont endom­ma­ger. »

Traduit par Jean-Claude MAROUBY

* Note de GP: il s’agit de mar­quer le cin­quan­te­nai­re du débar­que­ment de la baie des Cochons : le 15 avril 1961, ten­ta­ti­ve d’invasion mili­tai­re de Cuba par des exi­lés cubains sou­te­nus par les États-Unis.


Libye Tunisie. Question de regards

 

Revue de pres­se. La légen­de est cel­le de l’Histoire en mar­che…

 


SUR LES ROUTES DE TUNISIE - Que Redeyef est belle en ce jour !

Par Ber­nard Dréa­no

Res­pon­sa­ble du Cen­tre d’études et d’initiatives de soli­da­ri­té inter­na­tio­na­le (CEDETIM), Ber­nard Dréa­no a par­cou­ru la Tuni­sie, un mois après la chu­te du pré­si­dent Ben Ali. Il a accom­pa­gné le mili­tant Mou­hied­di­ne Cher­bib au tri­bu­nal, ren­con­tré des avo­cats, des famil­les de mar­tyrs et des syn­di­ca­lis­tes de l’UGTT.  Voi­ci son récit, com­me un beau et fort témoi­gna­ge.

14 février 2011. Zine el-Abi­di­ne Ben Ali a fui la Tuni­sie depuis un mois.

Un ami de la Ligue tuni­sien­ne des droits de l’homme (LTDH) est venu me cher­cher à l’aéroport de Tunis-Car­tha­ge. Nous allons direc­te­ment au local de la Ligue rejoin­dre le grou­pe qui doit par­tir pour Gaf­sa.

La vil­la qui abri­te le siè­ge de la Ligue est un lieu emblé­ma­ti­que de la résis­tan­ce à la dic­ta­tu­re. La LTDH, fon­dée en 1976, n’a jamais cédé devant les pres­sions des pou­voirs de Bour­gui­ba puis de Ben Ali, les inti­mi­da­tions et cen­su­res, les empri­son­ne­ments ou l’exil de cer­tains de ses res­pon­sa­bles com­me Khe­maïs Chem­ma­ri, Khe­maïs Ksi­la, Mon­cef Mar­zou­ki. La Ligue n’a ces­sé de dénon­cer les attein­tes au droit, la cor­rup­tion, la répres­sion et la tor­tu­re de mili­tants poli­ti­ques ou syn­di­caux, isla­mis­tes, com­mu­nis­tes, sociaux-démo­cra­tes ou libé­raux. Entrer dans la vil­la de la Ligue, constam­ment sur­veillée par la poli­ce, c’était l’assurance d’être sui­vi, fiché, par­fois inter­pel­lé… J’en ai fait l’expérience.

Mais aujourd’hui, aucun flic à l’horizon. Aucun flic ? Pas tout à fait. Il y a, en civil, à l’intérieur du bâti­ment quel­ques poli­ciers. Ils sont venus sol­li­ci­ter des conseils pour créer un syn­di­cat indé­pen­dant dans la poli­ce !

À l’intérieur, je retrou­ve avec émo­tion Mokh­tar Tri­fi, pré­si­dent de la Ligue depuis 2000 (aucun congrès de la LTDH n’ayant pu se tenir depuis cet­te date du fait des pres­sions du pou­voir), et d’autres mem­bres de l’organisation. Et les exi­lés reve­nus au pays, Khé­maïs Ksi­la, Kamel Jen­dou­bi, le pré­si­dent du réseau euro-médi­ter­ra­néen des droits de l’homme, et bien sûr Mou­hied­di­ne Cher­bib.

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Suite élégiaque et diplomatique. Super-Boillon « fils » de Khadafi !


Boillon défend Kadha­fi (C+)
envoyé par LePost­fr. - L’info inter­na­tio­na­le vidéo.

Ça tour­ne au court-Boillon pour le toni­truant ambas­sa­deur de Fran­ce à Tunis. Car, ce lun­di, le site Le Post a déter­ré un extrait de novem­bre 2010 du Grand jour­nal, émis­sion télé de Canal+. On y voit [ci-des­sus] Boris Boillon défen­dre Kadha­fi. Dans un pre­mier temps, il faut tou­te l’insistance de Jean-Michel Apha­tie pour que le diplo­ma­te recon­nais­se le pas­sé ter­ro­ris­te du dic­ta­teur libyen, avant d’appeler à ne pas « lais­ser libre cours aux idées reçues ». Et de conclu­re, à pro­pos du diri­geant libyen:  « Dans la vie, on fait tous des erreurs. »

Rap­pe­lons aus­si que le même super-Boillon avait été le grand ordon­na­teur des fras­ques de Kha­da­fi lors de sa visi­te offi­ciel­le en Fran­ce, en décem­bre 2007 – y com­pris donc les défi­lés du cor­tè­ge dans Paris et la fameu­se ten­te de « bédouin » mon­tée dans les jar­dins de l’hôtel Mati­gnon.
Le « colo­nel » y fut reçu avec tous les hon­neurs sar­ko­zyens, ain­si qu’on le voit éga­le­ment sur cet­te vidéo :


Super-Boillon à Tunis, ambassadeur et « philosophe »…

« Je suis là pour vous expo­ser une phi­lo­so­phie… » « Je suis pour le contrat de confian­ce… » Ain­si cau­se le nou­vel ambas­sa­deur de la Fran­ce, per­met­tez, entre Mon­sieur Homais et Mon­sieur Dar­ty. Quel mépris que ce mec ! « Déga­ge, petit Sar­ko ! » lui a aus­si­tôt rétor­qué la rue tuni­sien­ne, sans crain­dre le pléo­nas­me qui fait mou­che. Le tout frin­gant ambas­sa­deur de Fran­ce en Tuni­sie, le « Sar­ko-boy » Boris Boillon a été obli­gé de bouf­fer son cha­peau après son exploit du jour et pré­sen­ter son mea-culpa le soir même. Sur son site Twit­ter d’abord -« Vrai­ment déso­lé si j’ai pu offen­ser. Ce n’était pas mon inten­tion »-, et puis à la télé­vi­sion natio­na­le tuni­sien­ne same­di soir. « Je pré­sen­te tou­tes mes excu­ses à tout le peu­ple tuni­sien, a décla­ré l’ambassadeur décrié. « J’ai une éner­gie et une volon­té bien déter­mi­née de pro­mou­voir des rela­tions bila­té­ra­les. J’ai été spon­ta­né plus que je n’aurais du l’être. Doré­na­vant je dois par­ler de maniè­re plus polie ». Pré­ten­tion gou­ja­te et diplo­ma­tie, ça fait deux ; ce n’est pas à l’école de son men­tor qu’un tel gom­meux aurait pu appren­dre ce b-a-ba, cer­tes.

Ce qu’en dit sur son blog je jour­na­lis­te tuni­sien Allal Sah­bi :

« J’ai écou­té l’intervention en ara­be, l’échange avec les jour­na­lis­tes. La façon dont il fait ces­ser le dia­lo­gue : “kha­lass !“ (un peu l’équivalent de “bas­ta” en espa­gnol), est extrê­me­ment mépri­san­te, auto­ri­tai­re et cas­san­te. 

« Déjà, il ne fal­lait pas envoyer com­me diplo­ma­te en Tuni­sie un type qui a aus­si chau­de­ment appré­cié l’intervention US en Irak. Regar­dez plus bas d’ailleurs, pas un mot sur les vic­ti­mes humai­nes. Pas un mot  de com­pas­sion, pas de pla­ce pour l’humain. Il ne sait par­ler qu’en mil­lions et mil­liards de dol­lars, en parts de mar­ché, c’est vrai­ment hon­teux, indé­cent !!!  Pas­cal Boni­fa­ce l’a très heu­reu­se­ment épin­glé au sujet de ses pri­ses de posi­tions en Irak

Devant l’ambassade de Fran­ce à Tunis, 20/2/11

« Ensui­te, il est super­flu d’être ara­bo­pho­ne quand on fait mon­tre d’autant de mépris. Il vaut mieux quelqu’un qui ne par­le pas un mot d’arabe, mais qui ne mépri­se pas à ce point ses inter­lo­cu­teurs, et tout le peu­ple.

Il est dans la droi­te ligne du trop fameux “dis­cours de Dakar” : tout dans l’arrogance, la condes­cen­dan­ce et le mépris.
.  Il se qua­li­fie de pur  pro­duit “Sar­ko”, ce en quoi il a par­fai­te­ment rai­son.[…] Ce sar­ko­boy 2.0, sou­vent pré­sen­té com­me un James Bond de la diplo­ma­tie aura fort à fai­re pour redo­rer l’image de la Fran­ce, démi­ner le ter­rain poli­ti­que et retis­ser des liens avec la socié­té civi­le. Sans comp­ter la réor­ga­ni­sa­tion d’un outil diplo­ma­ti­que qui a mon­tré beau­coup de fai­bles­ses au moment de la révol­te tuni­sien­ne.
Il incar­ne le pro­to­ty­pe de l’homo diplo­ma­ti­cus moder­ne sous l’ère Sar­ko­zy. »



Un « néo­con » à la fran­çai­se ?

 Ancien ambas­sa­deur de Fran­ce auprès des Emi­rats Ara­bes Unis, éga­le­ment en pos­te en Soma­lie, et en Tuni­sie, auteur du livre « Les Voies de la diplo­ma­tie », Char­les Cret­tien a ain­si expri­mé ses réti­cen­ces dans une tri­bu­ne au Mon­de  : « On ne nom­me pas un ambas­sa­deur com­me on nom­me un pré­fet. La diplo­ma­tie est un dia­lo­gue avec un pays étran­ger, son gou­ver­ne­ment et son chef d’Etat. La nomi­na­tion de Boris Boillon com­me ambas­sa­deur de Fran­ce est la néga­tion de ce prin­ci­pe élé­men­tai­re, elle est donc cho­quan­te voi­re dan­ge­reu­se pour les rela­tions à venir entre Paris et Tunis ». 


Le Caire – La Havane. Les parallèles peuvent-elles se rejoindre ?

Les évé­ne­ments révo­lu­tion­nai­res qui secouent le mon­de ara­be nous ques­tion­nent à bien des égards. On ne man­que pas de les com­men­ter, de les inter­pré­ter, de glo­ser. Les Ara­bes en pre­mier lieu, eux qui se voient, en gran­de par­tie sem­ble-t-il, réins­crits dans le cou­rant de l’Histoire. Des tri­bu­nes, « libres opi­nions », et autres fleu­ris­sent ça et là dans les médias, com­me en tou­te pério­de d’effervescence. Le plai­sir n’est pas min­ce pour qui­con­que se pré­oc­cu­pe du bien-être des humains et de la mar­che – si sou­vent clau­di­can­te – du vas­te mon­de, notre si peti­te pla­nè­te.

Sans nul­le­ment vou­lant jouer les rabat-joie, inuti­le de rap­pe­ler aux dures réa­li­tés des len­de­mains de fêtes – elles s’en char­gent tou­tes seules. Les Tuni­siens espè­rent de beaux jours, tout com­me les Égyp­tiens – sinon, à quoi bon avoir lut­té contre la tyran­nie avec une tel­le éner­gie ? Mais voi­là que, déjà, l’âpreté du mon­de glo­ba­li­sé les coin­ce au tour­nant.

Mes réflexions aujourd’hui tour­ne autour d’un rap­pro­che­ment, déjà évo­qué ici en pas­sant, entre deux ima­ges, deux lieux, deux révo­lu­tions et deux pays. Je veux par­ler des pla­ce de la Libé­ra­tion (Tah­rir) au Cai­re et de la Révo­lu­tion, à La Hava­ne, donc de l’Égypte et de Cuba. En fait, on pour­rait tout aus­si bien rap­pro­cher Cuba et la Tuni­sie qui, d’ailleurs, pré­sen­tent des don­nées socio­po­li­ti­ques plus com­pa­ra­bles. Mais res­tons-en à la pre­miè­re hypo­thè­se qui m’est souf­flée par le blog Gene­ra­cion Y de cet­te résis­tan­te cubai­ne, Yoa­ni San­chez qui, depuis plu­sieurs années, tient tête aux dic­ta­teurs cas­tris­tes. [Voir dans mes pré­cé­dents arti­cles, via la case de recher­che ci-contre].

Dans son arti­cle du 12 février, sous le titre « Égyp­te 2.0 » et sous cet­te pho­to de la fameu­se pla­ce Tah­rir enva­hie par une marée humai­ne :

…voi­ci ce qu’elle écrit :

« Pénom­bre et lumiè­re sur la Pla­ce Tah­rir, une phos­pho­res­cen­ce rou­geoyan­te entre­cou­pée par les flashs des appa­reils pho­to et la lueur des écrans de télé­pho­nes por­ta­bles. Je n’y étais pas et pour­tant je sais ce qu’ont res­sen­ti cha­cun des Égyp­tiens réunis la nuit der­niè­re au cen­tre du Cai­re. Moi qui n’ai jamais pu crier et pleu­rer de joie en public […], je confir­me que je ferais la même cho­se, je res­te­rais sans voix, j’embrasserais les autres, je me sen­ti­rais légè­re com­me si mes épau­les étaient sou­dain libé­rées d’un énor­me far­deau. Je n’ai pas vécu de révo­lu­tion, enco­re moins de révo­lu­tion citoyen­ne, mais cet­te semai­ne, mal­gré la pru­den­ce des jour­naux offi­ciels j’ai sen­ti que le canal de Suez et la mer des Caraï­bes n’était pas si éloi­gnés, que les deux endroits n’étaient pas si dif­fé­rents.

« Pen­dant que les jeu­nes Égyp­tiens s’organisaient sur Face­book, nous assis­tions conster­nés à l’exposé pira­té d’un poli­cier cyber­né­ti­que, pour lequel les réseaux sociaux sont « l’ennemi ». Il a bien rai­son ce cen­seur de kilo­bits, et tous ses chefs, de crain­dre ces sites vir­tuels où les indi­vi­dus pour­raient se don­ner ren­dez-vous pour secouer les contrô­les éta­ti­ques, par­ti­sans et idéo­lo­gi­ques. En lisant les paro­les du jeu­ne Wael Gho­nim « Vous vou­lez un pays libre, don­nez leur inter­net !» Je com­prends mieux la dis­cré­tion dont font preu­ve  nos auto­ri­tés à l’heure de nous per­met­tre ou non de nous connec­ter à la toi­le. Ils se sont habi­tués à avoir le mono­po­le de l’information, à régu­ler ce qui nous arri­ve et à réin­ter­pré­ter pour nous ce qui se pas­se à l’intérieur et à l’extérieur de nos fron­tiè­res. Main­te­nant ils savent, par­ce que l’Égypte le leur a appris, que cha­que pas qu’ils nous lais­sent fai­re dans le cybers­pa­ce nous rap­pro­che de Tah­rir, nous por­te à gran­de vites­se vers une pla­ce qui vibre et un dic­ta­teur qui démis­sion­ne. »

[Tra­duit par Jean-Clau­de Marou­by – mer­ci !]

Bien qu’écrit entre ses lignes très sur­veillées, le mes­sa­ge de Yao­ni San­chez est des plus clairs. Il se résu­me en oppo­si­tion avec cet­te autre pho­to, cel­le d’un de ces ras­sem­ble­ments mons­tres orga­ni­sés par le cas­tris­me radieux. Sur cet­te pla­ce de la Révo­lu­tion s’est fina­le­ment échoué l’une des plus men­son­gè­res illu­sions de l’Histoire.

Cin­quan­te ans après sa révo­lu­tion, le peu­ple cubain ne s’est tou­jours pas libé­ré. Le sujet res­te ouvert, appe­lant à des ana­ly­ses pous­sées. On s’en tien­dra là pour aujourd’hui.


Tunisie. La révolution doit rester en marche face à la dictature

Com­me un clou chas­se l’autre, il ne fau­drait pas que, sur la scè­ne et dans l’opinion inter­na­tio­na­les, la révo­lu­tion égyp­tien­ne chas­se la tuni­sien­ne pour laquel­le il res­te tant à accom­plir. Les Tuni­siens en sont pour la plu­part bien conscients, en par­ti­cu­lier quand ils affir­ment haut et fort : « Le dic­ta­teur est par­ti mais la dic­ta­tu­re est tou­jours là. » C’est ce que sou­li­gne le Col­lec­tif pour les liber­tés et la démo­cra­tie en Tuni­sie* dans l’appel ci-des­sous :

Sal­le com­ble et effer­ves­cen­te mer­cre­di à Aix-en-Pro­ven­ce pour la réunion de sou­tien à la révo­lu­tion tuni­sien­ne. Ph. gp

« L’année 2011 res­te­ra dans l’histoire com­me cel­le de la for­mi­da­ble révo­lu­tion popu­lai­re tuni­sien­ne. Pour la pre­miè­re fois un dic­ta­teur est contraint par son peu­ple de s’enfuir. Cet­te vic­toi­re des mas­ses popu­lai­res de Tuni­sie est por­teu­se d’un espoir immen­se pour tous les peu­ples oppri­més. Elle mon­tre la voie et annon­ce de nou­vel­les révol­tes popu­lai­res dans le mon­de ara­be et afri­cain et dans tou­te l’Afrique. Par­tout les tyrans trem­blent et ont peur que leurs peu­ples tirent les leçons de l’exemple tuni­sien.

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Normalement, le sommet de Davos ne devrait plus exister…

La grand-mes­se annuel­le  du capi­ta­lis­me mon­dia­li­sé bat son plein une fois de plus depuis mer­cre­di. La nou­veau­té, cet­te année, c’est  la crain­te mani­fes­te des explo­sions socia­les dans le mon­de. La révo­lu­tion tuni­sien­ne est pas­sée par là et la rue gron­de ou mena­ce ça et là. Le tex­te qui suit n’y va pas par qua­tre che­mins. Il éma­ne de l’association alter­mon­dia­lis­te Attac, ins­pi­ré en par­tie par… le quo­ti­dien éco­no­mi­que Les Échos. Les temps chan­ge­raient ? Ce n’est qu’apparence. D’où ce « nor­ma­le­ment » qui en dit long.

© édi­to-des­sin de faber

« Nor­ma­le­ment, Davos ne devrait plus exis­ter. Enfin, pas la tris­tou­net­te sta­tion hel­vé­ti­que de ski, mais le Forum éco­no­mi­que mon­dial, qui y atti­re fin jan­vier des cen­tai­nes de patrons, de minis­tres, d’universitaires et de jour­na­lis­tes. Cet­te gigan­tes­que « busi­ness par­ty » aurait dû s’étioler. Car elle a por­té tou­tes les valeurs, tou­tes les idées balayées par la cri­se finan­ciè­re, qui a connu son apo­gée en 2008. Nul­le part ailleurs la « sha­re­hol­der value », la valeur action­na­ria­le, n’aura été prê­chée avec autant de foi. À Davos, on a aus­si prô­né avec une rare constan­ce la mon­dia­li­sa­tion débri­dée, la finan­ce sou­ve­rai­ne et la déré­gle­men­ta­tion per­ma­nen­te. On s’y est aus­si beau­coup trom­pé. Une ses­sion a été orga­ni­sée cha­que année pour ten­ter de trou­ver « d’où vien­dra le pro­chain choc » sans jamais débus­quer autre cho­se que les pays émer­gents, l’immobilier chi­nois ou le pétro­le.

« En 2007 et 2008, l’économiste Nou­riel Rou­bi­ni avait sérieu­se­ment aga­cé les par­ti­ci­pants en annon­çant des catas­tro­phes. Tou­tes les étoi­les déchues de l’entreprise ont brillé à Davos, de Jean-Marie Mes­sier (Viven­di) à Car­ly Fio­ri­na (HP) en pas­sant par Ken­ne­th Lay (Enron), Chu­ck Prin­ce (Citi­group) ou Dick Fuld (Leh­man Bro­thers), qui affi­chait enco­re une incroya­ble mor­gue début 2008, huit mois avant sa chu­te [Note de GP : sur ce der­nier per­son­na­ge et sa mor­gue, pas­sa­ge recom­man­dé ici-même : La cri­se com­me un (mau­vais) roman. « Leur arra­cher le cœur et le bouf­fer avant qu’ils crè­vent ! »]. Et en ces temps d’économies tous azi­muts pour pré­ser­ver la tré­so­re­rie des entre­pri­ses voi­re des États, il peut paraî­tre sur­pre­nant de cla­quer des dizai­nes ou quel­ques cen­tai­nes de mil­liers d’euros ou de dol­lars pour aller se fai­re voir dans un vil­la­ge per­du des Gri­sons suis­ses »[1].

Mais Davos exis­te enco­re. Car les éli­tes glo­ba­les n’ont aucu­ne­ment renon­cé à impo­ser à leurs socié­tés « la mon­dia­li­sa­tion débri­dée, la finan­ce sou­ve­rai­ne et la déré­gle­men­ta­tion per­ma­nen­te ». Les plans d’austérité, le chô­ma­ge et la pré­ca­ri­té défer­lent sur l’Europe, les bul­les finan­ciè­res gon­flent à nou­veau, la spé­cu­la­tion se déchaî­ne sur les pro­duits agri­co­les. Mais les puis­sants vont conti­nuer à dis­ser­ter sur les « ris­ques émer­gents », les « oppor­tu­ni­tés de crois­san­ce » et  les « nor­mes par­ta­gées pour une nou­vel­le réa­li­té »… Nico­las Sar­ko­zy ose­ra-t-il tenir demain un dis­cours enco­re plus « anti-finan­ce » que l’an der­nier ? Les paris sont ouverts…

À l’initiative de mou­ve­ments sociaux – dont Attac Suis­se – se tenait du 21 au 23 jan­vier à Bâle « L’Autre Davos  2011 », une ini­tia­ti­ve « des­ti­née à valo­ri­ser tou­tes les expé­rien­ces révé­lant le carac­tè­re intel­li­gem­ment sub­ver­sif des lut­tes popu­lai­res » contre ce néo­li­bé­ra­lis­me dis­cré­di­té mais tou­jours aus­si arro­gant.

Dans quel­ques jours, s’ouvre à Dakar le Forum social mon­dial, où se ren­con­tre­ront non les maî­tres du mon­de com­me à Davos mais les arti­sans d’un autre mon­de.

Attac y sera pré­sent  à tra­vers une délé­ga­tion de près de 60 per­son­nes de Fran­ce, et plus d’une cen­tai­ne de repré­sen­tants des Attac du mon­de.

Sur le G20, la cri­se cli­ma­ti­que, l’accès à l’eau, la sou­ve­rai­ne­té ali­men­tai­re, à Dakar nous construi­rons les mobi­li­sa­tions et les conver­gen­ces entre tou­tes les lut­tes qui cher­chent à fai­re chu­ter le pou­voir de la finan­ce et aspi­rent à construi­re des alter­na­ti­ves éco­lo­gi­ques et soli­dai­res. »

Attac Fran­ce

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[1] Nous remer­cions Jean-Marc Vit­to­ri, l’éditorialiste du quo­ti­dien éco­no­mi­que Les Échos, d’avoir rédi­gé notre com­mu­ni­qué de pres­se pour l’ouverture du som­met de Davos. http://www.lesechos.fr/opinions/analyses/0201092173513-l-invraisemblable-survie-du-forum-de-davos.htm


Tunisie. De la vraie nature du sarkozysme

Si on pou­vait en dou­ter, voi­là au moins un point de clar­té que nous aura appor­té la révo­lu­tion tuni­sien­ne : la « bour­de » de la minis­tre des affai­res étran­gè­res n’en était pas une. Cet­te pro-posi­tion était bien cel­le, déci­dée et assu­mée à l’Élysée com­me à Mati­gnon : cel­le de venir en aide direc­te à un régi­me et à un pré­si­dent amis. 

Les plus scep­ti­ques, s’il en res­tait, auront pu être convain­cus ce matin sur Fran­ce inter à la seule l’écoute des bafouillis aus­si péni­bles et tor­dus qu’embarrassés du « conseiller Afri­que » de Saz­ko­zy, Hen­ri Guai­no. Com­me il dit si bien : « C’est trop faci­le, c’est trop faci­le… » tout en pen­sant, com­me dans les bul­les savon­neu­ses de BD « Quel­le mer­das­se, com­ment m’en sor­tir ? »…

Ain­si appa­raît une fois de plus – notam­ment après le trop fameux dis­cours de Dakar – la vraie natu­re du sar­ko­zys­me. A la fois com­me poli­ti­que à dupli­ci­té per­ma­nen­te (refrain « droits de l’homme » et cou­plet don­neur de leçon ; ingé­ren­ce et non-ingé­ren­ce ; bref : gran­deur du bara­tin et déca­den­ce de l’action) et com­me vraie natu­re : une poli­ti­que auto­ri­tai­re sur fond répres­sif dif­fi­ci­le­ment dis­si­mu­lé. Car ce « savoir-fai­re, recon­nu dans le mon­de entier, de nos for­ces de sécu­ri­té [pour] régler des situa­tions sécu­ri­tai­res de ce type » [sic Mme Alliot-Marie, 12 jan­vier 2011], ne dou­tons pas, hélas, de sa fonc­tion pre­miè­re : son uti­li­sa­tion « sécu­ri­tai­re » hors expor­ta­tion, c’est-à-dire à l’intérieur même de notre oli­gar­chie consti­tu­tion­nel­le.


Hen­ri Guai­no
envoyé par fran­cein­ter. - L’info inter­na­tio­na­le vidéo.


Ce que nous dit aussi la révolution tunisienne

Com­me pour l’avenir, on ne sait pré­di­re les révo­lu­tions. Au mieux peut-on les pres­sen­tir par quel­ques signes avant-cou­reurs, quel­ques aler­tes. La tuni­sien­ne nous aura bien pris de court. Tel­le­ment qu’elle n’en finit pas de nous inter­ro­ger sur notre aveu­gle­ment géné­ral, ain­si que sur celui des ana­lys­tes plus ou moins paten­tés. Sa sur­ve­nue nous inter­pel­le, com­me on dit, en ce sens tout par­ti­cu­lier qu’elle indi­que la fra­gi­li­té de ce qu’on prend faci­le­ment pour des « équi­li­bres » socio-poli­ti­ques.

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Des­sin-édi­to de faber ©

Un demi-siè­cle de post-colo­nia­lis­me – avec ce qui pré­cè­de donc –, n’aura guè­re résis­té à cet embra­se­ment à domi­nan­te paci­fi­que et à si hau­te déter­mi­na­tion qu’une dic­ta­tu­re se sera effon­drée en moins d’un mois. Et c’est bien ce carac­tè­re appa­rem­ment spon­ta­né, aux cau­ses qua­si mys­té­rieu­ses – vu de cet aveu­gle­ment sourd des « éli­tes » – qui ne ces­se d’inquiéter tou­te la sphè­re poli­ti­que, au plan mon­dial d’ailleurs, par­tout où pré­do­mi­nent le néo-impé­ria­lis­me de la macro-éco­no­mie et de la finan­ce en folie. Quand « un » direc­teur du FMI, grand ora­cle à pré­ten­tion pon­ti­fian­te, décer­ne à la Tuni­sie son bre­vet de « bon­ne san­té », c’est bien à cau­se d’une vision autis­te­ment « macro » (c’est ten­tant : com­ment ne pas pen­ser « maque­reau de la finan­ce » ?).

Quand Domi­ni­que Strauss-Kahn voit en la Tuni­sie « un modè­le pour les pays émer­gents », il ne dis­tin­gue pas plus loin que son écran d’ordinateur, c’est-à-dire le bout de son nez [à TV7-Tuni­sie, 18 novem­bre 2008]. Pas plus que la car­te n’est le ter­ri­toi­re, les sta­tis­ti­ques ne reflè­tent la réa­li­té vécue du quo­ti­dien des pau­vres gens. D’ailleurs les chif­fres les igno­rent super­be­ment, ne consi­dé­rant sous leurs cour­bes et tableaux que flux, ten­dan­ces et com­pa­gnie. De ce seul point de vue, la mort par le déses­poir et le feu du jeu­ne Moha­med Boua­zi­zi n’aurait jamais dû croi­ser la cour­be expo­nen­tiel­le de crois­san­ce des clans Ben Ali-Tra­bel­si. C’est ce qu’on appel­le un « acci­dent » de l’Histoire – qui en est plei­ne, de ces acci­dents…

(Lire la sui­te…)


Tunisie. De l’inconvénient d’avoir raté le train de la révolution

La révo­lu­tion com­me un coup de fou­dre. Ne pas s’y brû­ler les ailes. S’être pré­mu­ni de ses illu­sions pour en jouir au bon moment. Et puis pas­ser à la durée, au dur désir de durer. Je par­le bien sûr de la Tuni­sie qui aura sur­pris tout un cha­cun. Qui en aura dépi­té quel­ques autres, cer­tes. Com­me notre grand ora­cle du FMI pré­di­sant le plus bel ave­nir au royau­me de Ben Ali tout en rêvant de gou­ver­ner le pays Fran­ce. Mau­vai­se pio­che. En quoi il ne suf­fit pas d’avoir des airs ins­pi­rés pour être super ana­lys­te. Car ces gens, que savent-ils de la souf­fran­ce des peu­ples ? Rien.

Je pen­se aus­si, bien sûr, à notre petit empe­reur d’opérette, même pas comi­que, lamen­ta­ble, rece­vant les clés de la vil­le de Tunis et ne taris­sant de facé­ties élo­gieu­ses à l’adresse de son émir ami.

Je pen­se à la ci-devant Michè­le Alliot-Marie dite « MAM », des affai­res si étran­gè­res, tout emper­ru­quée et si empres­sée de secou­rir – selon le « savoir-fai­re » des agents de notre Répu­bli­que – son monar­que étran­ger dans la débi­ne. Je pen­se donc aux Jup­pé et Fillon condam­nés à sou­te­nir leur bre­bis éga­rée au quai d’Orsay.

Je pen­se aus­si au Mit­ter­rand, l’autre, esti­mant – le 9 jan­vier 2011 – en tou­ris­te de la cultu­re, que “Dire [de la] Tuni­sie [qu’elle] est une dic­ta­tu­re uni­vo­que me paraît tout à fait exa­gé­ré“.

Je ne sau­rais oublier le bon Jac­ques Chi­rac, pré­si­dent de notre même Répu­bli­que, man­quant en 2003 d’étouffer son ami Ben, qui il étreint d’une vigou­reu­se acco­la­de, avant de décla­rer : “Le pre­mier des droits de l’homme est de man­ger, d’être soi­gné et de rece­voir une édu­ca­tion. De ce point de vue, il faut bien recon­naî­tre que la Tuni­sie est très en avan­ce”.

(Lire la sui­te…)


Tunisie. DSK en prophète de Ben Ali

Por­trait offi­ciel du direc­teur géné­ral et grand ora­cle du Fonds moné­tai­re inter­na­tio­nal.

Pom­pon de « La-bas si j’y suis » cet après-midi, tan­dis que la rue gron­de au plus fort à Tunis : la pro­phé­tie de « DSK » pré­di­sant le plus bel ave­nir à la Tuni­sie de Ben Ali. Et pour 2012 en Fran­ce, que nous annon­ce le car­to­man­cien du FMI ? Ça craint !

En atten­dant, voyons-voir ce grand moment de fine ana­ly­se éco­no­mi­co-poli­ti­que… Domi­ni­que Strauss-Kahn à TV7-Tuni­sie, 18 novem­bre 2008 (2 mn 12 s) :


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­pren­dre que les cho­ses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fi­que, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croi­re les cho­ses par­ce qu’on veut qu’elles soient, et non par­ce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lip­pe Casal, 2004 - Cen­tre natio­nal des arts plas­ti­ques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­fes­te.
    (Clau­de Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­ti­que), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la gra­ce de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquet­te cou­leur et boî­tier rigi­de ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Com­me un nua­ge, album pho­tos et tex­te mar­quant le 30e anni­ver­sai­re de la catas­tro­phe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant clo­se (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en ven­te au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adres­se pos­ta­le !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tira­ge soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, pri­ses en Pro­ven­ce et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­ti­que sur le thè­me d’« après le nua­ge ». Cet­te créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thè­me du nucléai­re », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de tou­tes nos croyan­ces. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­tai­gne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramas­se un frag­ment et dit que tou­te la véri­té s’y trou­ve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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