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Woerth-Bettencourt. Elle tourne mal, la Noce chez les grands-bourgeois

Tragi-comédie ou sinistre farce ? L’affaire Woerth-Bettencourt nous balade entre « La Noce chez les petits bourgeois » (Brecht, 1926) et « Le Charme discret de la bourgeoisie » (Buñuel, 1972). Même s’il s’agit d’une affaire d’État et de mœurs politiques et sociétales, gageons que la création artistique à venir (et sans doute déjà en cours) reflétera au mieux ce monde de la turpitude et de la décadence.

Ici,  il s’agit plutôt de la grande bourgeoisie affairiste. Mais la vulgarité bling-bling de politiciens parvenus n’a rien à envier à celle de ses frères « petits » réunis pour une noce qui va sombrer dans le chaos. Quelques années plus tard c’est l’Allemagne nazie qui invitait à une autre fiesta. Buñuel, lui, abordait l’après-68 en dépeignant une décadence toujours à l’œuvre derrière ses honorables paravents. L’art du spectacle peut, bien souvent, dépasser en réalisme et en portée symbolique, les analyses socio-historiques.

Certes, on pourrait faire bégayer l’Histoire en évoquant aussi cette période de la Régence qui, il est vrai, par certains aspects, ressemble fort au règne de Sarkozy. On commençait alors à s’éclairer aux Lumières et la Révolution pointait à l’horizon. Aujourd’hui, la presse y va à coups d’éclairages crus tandis que le peuple, même imbibé de  foot, pourrait bien, comme si souvent, crier « aux chiottes l’arbitre ! » et en appeler à la revanche lepeniste avec remboursement de la facture. Il faut dire que celle-ci commence à être salée : cigares à tout va, jets privés, hôtels de luxe, émoluments éhontés, passe-droits fiscaux, magouilles en tout genre. Tandis que ces petits-grands bourgeois de la « république » se réfugient dans le déni, se drapant dans leur « légalité » – c’est la majorité gouvernementale qui a ficelé les lois, dont celle du bouclier fiscal ­­­– et rejetant la faute sur l’opposition et les médias !

L’enquête avance comme un âne à reculons – de l’intérêt de nommer ses amis aux bonnes places judiciaires – mais la police a confirmé (selon Le Monde) le retrait de 50 000 euros en espèces fin mars 2007, tel que l’avait raconté à Mediapart Claire Thibout, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt. Même s’il n’y avait eu qu’un seul versement, il serait doublement délictueux : d’une part, du fait qu’il s’agit d’espèces , de l’autre que la loi plafonne les dons de particuliers à 7 500 euros par personne et par an.

On comprend que Sarkozy (Monsieur Tiers, selon les sondages) s‘agite de plus belle et tire une tronche de croque-mort. « Quelle époque, quel abaissement !» a-t-il bredouillé hier en oubliant ses droits d’auteur. C’est qu’il risque non seulement de se trouver salement mouillé dans cette affaire de financement occulte, mais en plus de peiner dur à nous faire avaler l’amère pilule de la « rigueur » en marche. En rabotant tous azimuts – enfin sauf dans certaines directions amies ­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­– le risque augmente sérieusement d’une rentrée sociale explosive. Retraites en baisse, chômage en hausse, rognage des aides sociales – dont l'allocation logement aux étudiants…, craignons que l’éjection d’un Woerth et un remaniement seront alors de bien peu d’effet.

Trois ans à peine pour mettre un pays sur les rotules, saluons l’artiste !

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Une réflexion sur “Woerth-Bettencourt. Elle tourne mal, la Noce chez les grands-bourgeois

  • faber

    Le roi est nu. Manque plus que le gou­dron et les plumes. Tandis que le Xavier Bertrand traite Médiapart de fas­ciste, les vrais faf se régalent. Sept points de mieux pour la Marine Lepen tan­dis que l’om­ni dévisse. Mais gaffe, pas de quoi se réjouir. Cette période de crise, perte de valeur, pognon à outrance pour les uns et misère pour les autres, cette période est mure pour un défi­lé de che­mises brunes.

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