On n'est pas des moutons

mon OEil

« Les Actualités » de 1946. « C’était Noël quand même… »

En ces temps-là, l’actualité pas­sait par les écrans de ciné­ma. Avec l’impayable ton pleur­ni­chard du spi­queur et son prêche à deux balles, « Les Actua­li­tés » impo­sait en dix minutes une vision du monde pour le moins étri­quée. Au menu, pour ce 25 décembre 1946 : Saut à ski au trem­plin de See­grube dans le Tyrol autri­chien, catch salle Wagram, mort de Paul Lan­ge­vin, inno­va­tion : le cais­son chi­rur­gi­cal, étude des rayons cos­miques, retour des bagnards de Cayenne à l’île de Ré, fouilles à Car­thage, ves­tiges de la civi­li­sa­tion aztèque au Mexique, images de Noël 1946, Boxe : match Cer­dan contre Char­ron… (pri­vé d’images). On ne crai­gnait pas le mélange des genres dans une hié­rar­chie des sujets plus que rela­tive. C’était il y a soixante-dix ans. Pas de quoi être nos­tal­gique. [© Docu­ment Ina]


Enfin de la pub, de la vraie, sur les radios du service public !

hara_kiri_pubSur l’autel de (feue) la gauche, ce gou­ver­ne­ment ne recule devant aucun sacri­fice. Ce matin au réveil, j’apprends dans le poste qu’un décret paru aujourd’hui même au Jour­nal offi­ciel auto­rise la publi­ci­té sur les ondes de Radio France !

Le tout-pognon aura encore sévi, empor­tant sur son pas­sage les restes d’éthique auquel on croyait encore pou­voir s’accrocher. Tu croyais, naïf, que les radios du ser­vice public te met­taient à l’abri des saillies de « pub qui rend con – qui nous prend pour des cons »… Macache ! Finies les débi­li­tés limi­tées aux seules « oui qui ? Kiwi ! » et autres « Mat­mut » à en dégueu­ler. On est pas­sé au tout-Macron, mon vieux ! Tu savais pas ? Vive le tout-libé­ral, l’indécence com­mune et la vul­ga­ri­té mar­chande ! Les enzymes glou­tons sont de retour, et les bagnoles à tout-va, les chaus­sée-au-moine, les jus­tin-bri­doux, les mars-et-ça-repart – autant dire que le bon­heur nous revient en splen­deur, avec ses trou­vailles enchan­te­resses, la vie facile, enfin !

Manque tout de même à ce gou­ver­ne­ment qui, lui aus­si, nous prend pour des cons, un ministre à la hau­teur. Je ne vois que Ségué­la. Un Ségué­la, sinon rien ! Et au com­plet, avec sa rolex et sa conne­rie.

Nous res­te­ra à fer­mer le poste. On mour­ra moins con (« oui mais, on mour­ra quand même ! »).

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Pendaison publique, place de l’Opéra à Marseille

Pendue

© gp

On croyait ces temps révo­lus, révo­lus comme la Révo­lu­tion et comme la peine de mort… C’était sans comp­ter sur l’exception mar­seillaise. Non pas celle des autres exé­cu­tions publiques, il y a dix jours encore, devant ce même opé­ra muni­ci­pal, à coup de bas­tos. Non, une vraie de vraie, par pen­dai­son. Plus éco­no­mique que la guillo­tine, tel­le­ment moins san­gui­no­lente. Un gibet, une corde, un bour­reau, une condam­née à mort, et hop ! Le tout devant un public recueilli et même une classe de petits éco­liers – c’était mer­cre­di. Il faut bien édi­fier les masses face au Crime éter­nel, que le châ­ti­ment, pour­tant, jamais ne tarit…

Il y avait de la fas­ci­na­tion dans le regard du peuple ain­si assem­blé. Oui, des lueurs de défi, une cer­taine jouis­sance dans les pru­nelles avides. Il faut dire que la cri­mi­nelle irra­diait lit­té­ra­le­ment, sous sa longue robe écar­late et son regard de braise, sous ses ultimes paroles en appe­lant à la vie, à la révolte de la vie. Que lui repro­chait-on à cette Char­lotte Cor­day mar­seillaise ?

À entendre son cri, on com­prend que c’est la Femme, fatale péche­resse, qui devait ici expier son crime d’exister. Dans la suite inin­ter­rom­pue des muti­la­tions his­to­riques infli­gées à toutes les femmes de la pla­nète en per­di­tion : bat­tues, exploi­tées, mépri­sées, répu­diées, trom­pées, humi­liées, exci­sées, lapi­dées, igno­rées ou même adu­lées – exé­cu­tées. La sup­pli­ciée : « Regarde mon corps mon trou ma tombe mes yeux mes seins mon sexe. L’os pelé de l’amour la clef des larmes. Je brûle d’une flamme nue... ». Et il est des pays où de telles scènes ne sont pas fic­tives. Tant de sau­va­ge­rie par­tout ! Jusque « dans l’ombre de la démo­cra­tie », ain­si que le sou­ligne l’auteur du spec­tacle.

La dra­ma­tur­gie a joué à plein, dans le dénue­ment du lieu et de la situa­tion. La comé­dienne, poi­gnante, bou­le­ver­sante au bout de sa corde. Son bour­reau intrai­table. Cela eut lieu entre les coups de sirène de midi et midi dix, sous la plainte trou­blante d’un saxo, face au soleil cru, balayé de mis­tral. Magie du théâtre.

C’était hier, comme en chaque pre­mier mer­cre­di du mois, depuis 2003 que Lieux publics s’approprie le par­vis de l’opéra mar­seillais pour une scène de rue jamais ano­dine. Cela s’appelle Sirènes et midi net. Un beau nom de ren­dez-vous.

Pendue

© gp

Pen­due, de la com­pa­gnie Kumu­lus, une adap­ta­tion du spec­tacle Les Pen­dus, de Bar­thé­le­my Bom­pard, écrit par Nadège Pru­gnard„ inter­pré­té par Céline Dami­ron et Bar­thé­le­my Bom­pard,
accom­pa­gnés par Thé­rèse Bosc au saxo­phone. Tech­nique : Dja­mel Djer­boua, son : Nico­las Gen­dreau.


« Charlie ». Retour sur images, appel aux Lumières

Un 11 jan­vier bien sûr mémo­rable. Quelques images ci-des­sous (cli­quer des­sus pour les agran­dir) comme matière à ques­tions, pour ne pas tom­ber dans l’angélisme lié aux grandes com­mu­nions et à leurs len­de­mains désen­chan­tés – on se sou­vient des « Blacks-Blancs-Beurs » por­tés par l’utopie foot­bal­leuse de la Coupe du monde (1998), retom­bée comme un souf­flé. Seize ans après, l’intégration des immi­grés demeure plus que pro­blé­ma­tique : ghet­tos des BANLIEUES, ins­tal­la­tion du Front natio­nal, isla­misme, anti­sé­mi­tisme, désar­roi des ensei­gnants, impuis­sance des poli­tiques. Le tout sur fond de mon­dia­li­sa­tion libé­rale dévas­ta­trice avec ses ter­ri­fiants corol­laires : chô­mage galo­pant, guerres de reli­gion et guerres tout court, l’économie aux mains des finan­ciers, abîmes entre riches tou­jours plus riches et pauvres tou­jours plus pauvres, pillage éhon­té des res­sources natu­relles, dés­équi­libres éco­lo­giques et affo­le­ment du cli­mat pla­né­taire, menaces gran­dis­santes sur les espèces végé­tales et ani­males – jusqu’à l’espèce humaine. Seul, ou presque, l’obscurantisme se porte bien. Le pes­si­misme aus­si, quand « les bras nous en tombent ». Ce ne fut pas le cas ce dimanche 11 jan­vier, pen­dant ces quelques heures où, pour quelques mil­lions d’humains, « le ciel était tom­bé sur terre ». Sur terre où il s’agit bien de redes­cendre et d’y allu­mer les Lumières.


« Je suis Charlie ». Sophia Aram se demande…


L’hommage de Sophia Aram à Char­lie Heb­do sur France Inter

« Et Dieu dans tout ça ? », s’interroge Sophia Aram, toute dubi­ta­tive après la perte de ses copains de Char­lie. Notons, à pro­pos de la célèbre inter­pel­la­tion,  que si  son auteur, Jacques Chan­cel, a été épar­gné par les fous d’Allah c’est parce qu’il a pré­fé­ré mou­rir avant leurs accès de cha­ri­té isla­miste. Encore que, ne fai­sant pas par­tie de cette bande de mécréants désor­mais déci­mée, il aurait sans doute été épar­gné. Pour­quoi Allah n’aurait-il pas eu des bon­tés envers un croi­sé comme lui, si média­tique et chré­tien, ami des grands de ce monde, de Nico­las Sar­ko­zy et de Car­la ?


« Je suis Charlie ». Non, Dieu n’est pas grand *

Des mil­liers de citoyens ont mani­fes­té hier leur soli­da­ri­té avec les douze vic­times de l’affreux car­nage de ce 7 jan­vier à Char­lie Heb­do, jour noir pour la France, la démo­cra­tie, la liber­té d’expression, l’humanité digne de ce nom. Que ces meurtres affreux aient été per­pé­trés au nom d’Allah mérite pour le moins de s’interroger sur la gran­deur de ce dieu et de ses « ser­vi­teurs ». D’où ces quelques remarques et réflexions pour ten­ter d’éclairer nos lan­ternes vacillantes…

Dernier Charb. Prémonitoire…

Der­nier Charb. Pré­mo­ni­toire…

Inutile de prendre des gants : cet atten­tat est signé. Il l’est d’abord par sa cible : un jour­nal libre et liber­taire, ico­no­claste jusqu’à la pro­vo­ca­tion, irré­li­gieux sinon anti-reli­gieux. Un jour­nal qui s’en pre­nait tout spé­cia­le­ment aux inté­gristes musul­mans et avait trans­gres­sé (du point de vue de l’islam) l’interdit de la repré­sen­ta­tion ima­gée de Maho­met. Signé, cet atten­tat l’est aus­si clai­re­ment par les pro­fé­ra­tions ver­bales de ses auteurs rap­por­tées par des témoins proches, confir­mées par les décla­ra­tions du pro­cu­reur de la Répu­blique.

Le carac­tère reli­gieux de ces actes est donc indé­niable, quelles que soient les déné­ga­tions des repré­sen­tants offi­ciels des trois mono­théismes et de leurs variantes. Ceux-ci s’emploient dans le même empres­se­ment et la même una­ni­mi­té à se déso­li­da­ri­ser des auteurs de l’odieux atten­tat qu’ils n’hésitent pas à qua­li­fier de « bar­bares ». Dont acte. Com­ment pour­rait-il en être autre­ment ?

Mais les cler­gés – je sou­ligne : les appa­reils reli­gieux, pas les croyants – ont une évi­dente urgence à se dédoua­ner de leurs res­pon­sa­bi­li­tés his­to­riques en matière de bar­ba­ries pas­sées, qui ne sont pas que loin­taines dans l’Histoire. Les guerres de reli­gion en France valaient bien, dans leur genre, celles des schismes musul­mans actuels. Les hor­reurs d’Al Quaï­da, d’Aqmi, de l’« État isla­mique » n’ont rien à envier à la « sainte inqui­si­tion ». Autres lieux, autres temps, mêmes mœurs sur l’air de l’intolérance obs­cu­ran­tiste, la sau­va­ge­rie sadique, la tor­ture des plus faibles, femmes et enfants, jusqu’aux pires per­ver­sions sexuelles.

J’entendais dans le poste ce matin Axel Kahn, émi­nent spé­cia­liste de la bio-éthique, affir­mer qu’il ne voyait pas en quoi les dérives meur­trières des isla­mistes, tout comme celles de tel fana­tique juif impli­quaient leurs reli­gions res­pec­tives. Vrai­ment ? Et d’ajouter, en sub­stance : je vou­drais prou­ver qu’on tue autant au nom de Dieu que de pas Dieu. Oui, dit de cette manière. Il en va autre­ment si on étend cette notion de Dieu à celle de croyance qui, dès lors, per­met de ran­ger sous une même ban­nière les « reli­gions » du nazisme et du sta­li­nisme. Obser­vons leurs rites, leurs cre­dos, leurs prêtres, temples – et leur sata­nées obses­sions anti-vie, et leurs « mains noires enfon­cées dans le ventre des hommes » (Panaït Istra­ti, retour d’URSS). Et j’étendrais volon­tiers la liste à la reli­gion du foot­ball !

  charlie

Des­sin de Wolins­ki

Maints obser­va­teurs, anthro­po­logues et autres, affirment que l’être humain serait « par essence » un être croyant. J’ai ten­dance à le pen­ser aus­si. Tout en en dédui­sant la néces­si­té, dans un pro­ces­sus d’évolution, d’œuvrer contre soi-même, au besoin, à s’alléger du poids des­dites croyances, de s’élever autant que pos­sible, comme « un enfant jouant au bord de la mer » pour reprendre cette expres­sion d’un New­ton (qui était déiste). Rien d’original en cela, s’agissant de pro­lon­ger – mais ce n’est pas si simple – ce pro­fond mou­ve­ment enga­gé au XVIIIe siècle et que, pré­ci­sé­ment on a dénom­mé Lumières, par oppo­si­tion à l’obscurantisme domi­nant jusque là toute la pla­nète – à l’exception notable de l’Antiquité grecque et romaine avec leurs admi­rables phi­lo­sophes et pen­seurs.

S’alléger de ses croyances, à mon sens, ne signi­fie pas pré­tendre s’en défaire tota­le­ment – d’autant qu’il en est d’utiles, quand elles aident à vivre ou a sur­vivre face à l’adversité et à la déses­pé­rance, ou quand elles sont néces­saires à la com­mu­nau­té humaine pour lui assu­rer, lui cimen­ter sa cohé­sion, comme en ce moment par exemple où des valeurs sacrées se trouvent pié­ti­nées. Le sacré, au sens laïque, étant ce qui est deve­nu non négo­ciable pour une socié­té ; ain­si pour les Fran­çais, la Fra­ter­ni­té, l’Égalité, la Liber­té. Je les mets exprès dans cet ordre inverse à l’officiel, par urgence et prio­ri­té. J’y ajoute bien sûr la Laï­ci­té, qua­trième pilier de notre « chose publique », la res publi­ca, dont on découvre les si fortes ver­tus en ce moment d’ébranlement des valeurs morales. Car c’est bien cette Laï­ci­té qui nous per­met jusqu’à main­te­nant, depuis 1905 avec la sépa­ra­tion des églises et de l’État, et non sans dif­fi­cul­tés pério­diques, de main­te­nir les Lumières allu­mées, dont pré­ci­sé­ment celles de la presse, libre jusqu’à la satire, la paro­die, la cari­ca­ture, l’irrévérence – bref, ce néces­saire contre-pou­voir, ce vac­cin contre l’obscur.

Voi­là sans doute ce que la tra­gé­die du 7 jan­vier 2015 aura réveillé dans les consciences par­fois ramol­lies de notre vieux pays, consciences ramol­lies peut-être, mais donc pas vrai­ment éteintes. Et là, je songe au vieil Hugo, allez savoir pour­quoi : « Et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens, / Mais dans l’œil du vieillard on voit de la lumière. » [Booz endor­mi] Je dois son­ger au tui­lage néces­saire des géné­ra­tions : Cabu, Hono­ré, Wolins­ki, les sep­tuas bien enta­més, & Charb, Tignous, jeunes qua­dras.

Qu’est-ce qui consti­tue un ciment pour nos socié­té plus ou moins éclai­rées, par­fois assom­bries ? Un liant com­mun qui per­mette un consen­sus, lequel étant sou­vent pas­sa­ger, puis fluc­tuant, avant de se déli­ter.

Hier, aujourd’hui, c’est le « Je suis Char­lie » – comme il y eut avec des for­tunes diverses « Nous sommes tous des juifs alle­mands » ou « Nous sommes tous des Amé­ri­cains »… Une situa­tion, un drame, un mot der­rière les­quels cha­cun se recon­naît, ou croit se recon­naître sous des valeurs com­munes. En fait, sous ces géné­ra­li­sa­tions abu­sives, cha­cun garde ses croyances, à l’occasion ren­for­cées, venant réchauf­fer ses cer­ti­tudes dans la fer­veur de la masse, la com­mu­nion – la messe. Ce fris­son d’église qu’on peut connaître dans les manifs, où notre uto­pie semble à por­tée de ban­de­roles et de slo­gans, de caté­chismes.

charlie hebdo

Des­sin de Wolins­ki

Qu’y a-t-il donc der­rière chaque petite pan­carte « Je suis Char­lie » ? Pour reprendre une for­mule célèbre (le bou­quin de Badiou sur Sar­ko­zy ) « De quoi Char­lie est-il le nom ? » Quelles inten­tions sous ten­dues der­rière l’indignation, sous la sin­cé­ri­té appa­rente. Entre l’anti-Arabe de base, le sio­niste dégui­sé, l’allumé(e) de la Manif pour tous, le gau­chiste de ser­vice, les poli­ti­ciens en quête de bla­son à redo­rer, des lec­teurs de Houel­le­becq et Zem­mour, pau­més comme eux, enfin la Le Pen et sa guillo­tine, on trou­ve­ra cin­quante autres nuances de gri­sâtre et autres matières à ren­for­cer son sys­tème de valeurs.

Une de ces nuances cepen­dant mérite qu’on s’y arrête ; c’est celle de l’islamophobie, sans doute par­mi les plus répan­dues car elle répond :

– D’une part direc­te­ment à l’actualité nour­rie et entre­te­nue, de fait par les évé­ne­ments, de Char­lie à Meh­ra, du Mali au Pakis­tan, de la Libye à l’Indonésie en pas­sant par la Soma­lie, le Yémen, la Syrie, l’Irak, l’Iran, Israël, la Pales­tine, le Liban, jusqu’à l’Afghanistan et j’en passe. Il y a là tout un arc géo-poli­tique (ne pas oublier l’islamisme chi­nois !) qui s’est amal­ga­mé à par­tir du pétrole saou­dien et per­sique, pour s’étendre telle une pol­lu­tion pla­né­taire dou­blée de pétro-dol­lars et appe­lant à un sur­croît de bigo­te­rie cora­nique des­ti­née à rache­ter, en appa­rence, la richesse cou­pable.

– D’autre part, cette isla­mo­pho­bie pré­sente un autre avan­tage non négli­geable : en dési­gnant les affreux isla­mistes, elle délivre un blanc seing aux par­ties pré­sen­tables des mono­théismes. Une opé­ra­tion de blan­chi­ment, en quelque sorte, concer­nant tout le vaste champ des opia­cées léga­li­sées à l’intention des Peuples… Ce qu’une belle astuce gra­phique exprime ain­si, allé­luia ! :
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Coexist-ence pacifique ?

Coexist-ence paci­fique ?

Peut-être com­pren­dra-t-on mieux ain­si la hâte appli­quée à faire appa­raître les ter­ro­ristes isla­mistes comme des « loups soli­taires », des ano­ma­lies dans le flot nor­mal des bonnes reli­gions bien soli­daires. Une reli­gion étant une secte qui a réus­si – un peu comme le garage de Steve Jobs est deve­nu la mul­ti­na­tio­nale d’Apple… si je puis me per­mettre cet ana­chro­nisme –, elle se radi­ca­lise en deve­nant mono­po­lis­tique, avant d’éclater en diverses conces­sions à la douce modes­tie retrou­vée. Etc. Ain­si s’autoproclament le bon chris­tia­nisme, le bon judaïsme, le bon islam…

Opé­ra­tion de passe-passe avec retour vers l’obscur où se com­plaisent les mar­chands d’illusion, les spé­cu­la­teurs de l’au-delà et, au bout du compte, les fous de Dieu et autres hal­lu­ci­nés des arrière-mondes pour qui une insulte contre leur foi est une infrac­tion plus grave que l’assassinat de douze êtres humains.

charlie

Phi­lippe Geluck

Mais pour­quoi cette vio­lence meur­trière ? Autre et vaste sujet que je ne sau­rais épui­ser ici (avant d’épuiser le lec­teur !). On revien­drait néces­sai­re­ment au prin­cipe d’Égalité, bafoué par­tout dans le monde et comme coa­gu­lé en un point focal appe­lé Pales­tine où la sagesse et la rai­son – les lumières pour tout dire – viennent se fra­cas­ser contre le mur noir des mytho­lo­gies nour­ries d’antiques super­sti­tions.

Répu­diés, tor­tu­rés, assas­si­nés pour rien, les Gali­lée, Gior­da­no Bru­no, Che­va­lier de la Barre ? Pour que des siècles et des années plus tard rejaillisse le spectre du tota­li­ta­risme théo­cra­tique ? Le der­nier mot, pro­vi­soire, à Ber­trand Rus­sell, Pour­quoi je ne suis pas chré­tien,1927 : « Un monde humain néces­site le savoir, la bon­té et le cou­rage; il ne néces­site nul­le­ment le culte et le regret des temps abo­lis, ni l’enchaînement de la libre intel­li­gence à des paroles pro­fé­rées il y a des siècles par des igno­rants. »

–––

* Dieu n’est pas grand. Com­ment la reli­gion empoi­sonne tout. Chris­to­pher Hit­chens, éd. Bel­fond, 2009. Tra­duit de l’américain par Ana Nes­sun. Extrait : « Si vous consi­dé­rez pour­quoi vous avez choi­si une (forme de) reli­gion par­mi toutes celles qui existent, en éli­mi­nant toutes les autres, alors vous com­pren­drez peut-être pour­quoi moi, je les ai toutes éli­mi­nées. »


Desproges, Dubout et Morel vous présentent mes vœux…

…et ça devrait suf­fire pour tenir jusqu’à 2016 ! 

L'œil de Dubout…

L’œil de Dubout…

…et le coup de patte de Desproges (merci à Christine Genin)

…et le coup de patte de Des­proges (mer­ci à Chris­tine Genin)

 


Les voeux de cou­rage de Fran­çois Morel – Mer­ci à Media­part


La typo, art du caractère, secret de la police

Les typo­gra­phies ne viennent pas de nulle part: ins­pi­rées par un mou­ve­ment cultu­rel ou artis­tique, aspi­rées par l’Histoire, contraintes par des besoins, et mar­quées par le prag­ma­tisme et la fan­tai­sie de leurs créa­teurs. C’est ce que raconte Sacrés Carac­tères, une remar­quable web­sé­rie ima­gi­née par Tho­mas Sipp, pro­duite par Les Films d’Ici et Radio France, et mise en ligne sur le site de France Culture.

En douze épi­sodes d’à peine trois minutes, la web­sé­rie raconte la nais­sance, l’histoire et la pos­té­ri­té des typos Auriol, Bodo­ni, Hel­ve­ti­ca ou encore Times New Roman, à l’aide d’une ani­ma­tion futée. Et d’une voix-off effi­cace, lue par Chia­ra Mas­troian­ni: «Chaque typo­gra­phie fonc­tionne comme une voix, avec son propre timbre, son registre, et ses inflexions».


Sacrés carac­tères - Mis­tral par fran­ce­cul­ture

Sacrés Carac­tères montre à quel point leur créa­tion est liée aux inno­va­tions: au déve­lop­pe­ment de l’imprimerie (Times New Roman), de l’informatique (Comic Sans), de la presse (Bodo­ni), de l’édition (Auriol) ou de la publi­ci­té et la com­mu­ni­ca­tion de masse (Cooper Black).

Les typo­gra­phies disent beau­coup de leur période de concep­tion. Futu­ra par exemple, née de l’avant-garde alle­mande du début du XXe siècle, vou­lait «créer l’écriture de son temps». Mise au pla­card par les nazis, qui la jugeaient «bol­ché­vique» et lui pré­fé­raient les carac­tères gothiques, elle fit un grand retour après-guerre pour deve­nir la typo favo­rite de la publi­ci­té du monde entier.

Ou la Suisse Hel­ve­ti­ca, autre police pour pubards, influen­cée par le Bau­haus. Elle est donc la «typo objec­tive, hégé­mo­nique», décrit la web­sé­rie, qui raconte l’expérience d’un gra­phiste qui a ten­té de pas­ser une jour­née sans Hel­ve­ti­ca - il a dû se conten­ter de man­ger une pomme et de boire de l’eau du robi­net. Impos­sible de prendre les trans­ports, fumer une clope, ou même de s’habiller: Hel­ve­ti­ca est par­tout.

Omni­pré­sentes sur papier ou sur écran, dans l’art, les enseignes des maga­sins ou sur les pan­neaux de signa­li­sa­tion, démo­dées puis recy­clées, les typo­gra­phies répondent sou­vent à des com­mandes. Ain­si Gotham, issu des let­trages de vieilles bou­tiques et d’abri-bus new-yor­kais, a été remise au goût du jour pour deve­nir la typo de GQ lors d’une nou­velle for­mule, puis la police de carac­tères offi­cielle de la cam­pagne d’Obama.

Hon­nie par de nom­breux inter­nautes, uti­li­sée à tort et à tra­vers pen­dant des années, la fameuse Comic Sans a été créée au milieu des années 90 pour être la typo de Rover, le chien de Micro­soft, qui jusque-là par­lait en Times New Roman (un comble !). Elle est une réin­ter­pré­ta­tion des carac­tères des comics amé­ri­cains.

Quant au Mis­tral, son nom l’indique, il est por­té par un souffle pro­ven­çal et même mar­seillais, depuis la fon­de­rie Olive en emprun­tant la Natio­nale 7.

[Avec Libé, L’Obs et France Culture]


Atlas élémentaire d’anatomie (moderne)

Cette vidéo n’est donc pas visible, désolé, et excuses pour le dérangement.

[Hypothèse : trop dérangeant pour les chirurgiens remodeleurs de la femme ?]


Super­vé­nus par ARTE­plus7
Par Fré­dé­ric Doa­zan


Exclusif. On a retrouvé le fils caché de Tintin !

Tintin a un fils ! La nou­velle est d’autant plus sen­sa­tion­nelle qu’on ne connais­sait d’aventures au célèbre héros belge, ni même d’ailleurs d’activité sexuelle – ni au Congo, ni chez les soviets. Rien non plus avec la Cas­ta­fiore, pas davan­tage avec les Dupontd. Pour­tant ce fils, Pierre D.  l’a retrou­vé. Le voi­ci, dans un bou­le­ver­sant docu­ment de 1982.

  • La minute néces­saire de Mon­sieur Cyclo­pède, France 3. Réa­li­sa­teur : Jean-Louis Four­nier. Inter­prète : Pierre Des­proges. © Ina

Profiter du 14 mars : Journée internationale pour la défense des apostats et des blasphémateurs

Ne pas croire la moindre sor­nette. Ne jamais renon­cer à l’esprit cri­tique. User du scep­ti­cisme comme d’un grand cru revi­go­rant. Voi­là bien des liber­tés aus­si mena­cées que rare­ment pra­ti­quées – cela expli­quant ceci. 

Car la liber­té ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Elle devrait être « facul­ta­ti­ve­ment obli­ga­toire » dès l’école, avec tra­vaux pra­tiques régu­liers, sou­tien ren­for­cé aux vic­times de mau­vais trai­te­ments paren­taux (enfants de pas­teurs, rab­bins, curés et autres tali­bans), séjours gra­tuits en Uto­pie,  colo­nies de vacances en alti­tude morale, intel­lec­tuelle et liber­taire. Et cae­te­ra.

On peut (et on doit) rêver, car le rêve porte la poé­sie « comme la nuée porte l’orage ». Là, je m’égare…

Pour reve­nir au sujet du jour, à savoir la Jour­née inter­na­tio­nale pour la défense des apos­tats et des blas­phé­ma­teurs – ne sachant qui l’a décré­tée et fixée au 14 mars„ qu’importe : l’ivresse se suf­fit à elle-même, et pro­fi­tons-en avec se petit sor­ti­lège gen­ti­ment blas­phé­ma­toire.

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« Civi­li­sa­tion occi­den­tale et chré­tienne » Ren­contres pho­to­gra­phiques d’Arles, 2010. Pho­to © gp

León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin

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León Fer­ra­ri

Cet article de cir­cons­tance est dédié à l’artiste argen­tin mort en 2013, León Fer­ra­ri, fon­da­teur du Club des impies, héré­tiques, apos­tats, blas­phé­ma­teurs, athées, païens, agnos­tiques et infi­dèles. Il avait été, dès 1965, cen­su­ré en Argen­tine pour son œuvre Civi­li­sa­tion occi­den­tale et chré­tienne où il repré­sen­tait un Christ cru­ci­fié sur les ailes d’un bom­bar­dier amé­ri­cain au Viet­nam. Andrés Duprat, com­mis­saire de l’exposition des Ren­contres d’Arles 2010 se réjoui­ra de la voir expo­sée dans un endroit pri­vi­lé­gié, le choeur de l’église Sainte-Anne. « Jamais dans son his­toire cette remar­quable pièce n’a été mon­trée dans un endroit aus­si signi­fi­ca­tif et per­ti­nent que celui-ci. » [Pho­to ci-des­sus].

León Fer­ra­ri avait été qua­li­fié de blas­phé­ma­toire par Jorge Ber­go­glio, futur pape Fran­çois. Celui-ci n’était encore qu’archevêque lorsque, en 2004, il avait qua­li­fié une rétros­pec­tive de ses œuvres de honte pour Bue­nos Aires. À quoi León Fer­ra­ri répli­qua stoï­que­ment : “Es una espe­cie de favor que me hizo Ber­go­glio” [C’est une sorte de faveur que m’a faite Ber­go­glio].

« La reli­gion a une grande influence sur notre culture, une influence néfaste. La reli­gion est d’une into­lé­rance extrême, qui se trans­met à toute notre culture, sans oublier que les exter­mi­na­tions ont une ori­gine reli­gieuse », décla­rait León Fer­ra­ri en 2008.

León Fer­ra­ri a dû s’exiler au Bré­sil sous la dic­ta­ture (1976-1983) au cours de laquelle son fils Ariel fit par­tie des mil­liers de dis­pa­rus. Son œuvre témoigne évi­dem­ment de cette noire période avec des mon­tages de pho­tos et de des­sins ou tableaux. Les rap­pro­che­ments entre mili­taires argen­tins et Hit­ler sont évi­dents. Mais est aus­si clai­re­ment mis en scène le rôle des pré­lats argen­tins. Ain­si du Car­di­nal Anto­nio Quar­ra­ci­no, dont les lunettes reflètent le visage de Vide­la.


Alain Resnais, ciné-graphiste

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Cou­ver­ture du livre de Jean-Luc Douin (Ed. de la Mar­ti­nière)

Tout a été dit sur Alain Resnais, depuis sa mort, same­di. Un grand par­mi les grands du ciné­ma, en effet. Ces images ci-des­sous – affiches de quelques-uns de sa cin­quan­taine de films – pour sou­li­gner le sens gra­phique d’un artiste du ciné­ma­to-graphe. Car l’adepte de l’image en mou­ve­ment en était un aus­si de l’image fixe (pro­je­tée 24 fois par seconde, au nom de l’illusion de la réa­li­té) et sin­gu­liè­re­ment de l’image des­si­née. Alain Resnais fut un artiste de la forme, un for­ma­liste pour qui la forme, pré­ci­sé­ment, est consti­tu­tive du fond ; elle se doit aus­si d’apparaître comme telle, selon cette dis­tan­cia­tion brech­tienne assu­mant l’artifice de l’art, l’art comme inter­pré­ta­tion déli­bé­rée et visible d’une réa­li­té. La bande des­si­née illustre – c’est bien le mot – tout à fait cette démarche; tout comme l’ont éga­le­ment prô­né et pra­ti­qué des écri­vains comme Alain Robbe-Grillet, Mar­gue­rite Duras, Claude Simon, Georges Per­ec et tout le cou­rant du Nou­veau roman. De lui, je retiens notam­ment ce mot : « Les hommes se res­semblent par ce qu’ils montrent et dif­fèrent par ce qu’ils cachent  ».

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Les affiches d’Enki Bilal (entre­tien dans Le Figa­ro) pour Mon oncle d’Amérique et La Vie est un roman.

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Photographie. Le siècle de Cartier-Bresson

Dix ans après sa mort, Hen­ri Car­tier-Bres­son est de retour en célé­bra­tion. Le Spec­tacle mar­chand se nour­rit de ces cycles pro­mo­tion­nels. Il est des « pro­duits » plus ava­riés. Autant pro­fi­ter de celui-là, qui le vaut, ô com­bien ! Le Centre Pom­pi­dou à Paris a ras­sem­blé quelque 400 pho­tos de « HCB » dans une expo­si­tion ouverte jusqu’au 9 juin 2014. 

(© Hen­ri Car­tier-Bres­son / Mag­num Pho­tos, cour­te­sy Fon­da­tion Hen­ri Car­tier-Bres­son)

Le Siècle de Car­tier-Bres­son est un docu­men­taire de Pierre Assou­line dont voi­ci un extrait [ci-des­sous] four­ni par  l’Ina. Ce film est construit sur un mon­tage de pho­tos et d’extraits de films retra­çant le par­cours de Car­tier-Bres­son. Il raconte com­ment il a appris le métier de pho­to­graphe, remer­cie André Lhote, parle de sa ren­contre avec Max Ernst, André Bre­ton, Pablo Picas­so, Hen­ri Matisse. Il parle de sa manière de prendre les pho­tos, son regard, évoque ses pre­miers voyages en Afrique, sa prise de conscience des condi­tions de tra­vail très dif­fi­ciles pour les Afri­cains.

  • pro­duc­teur ou co-pro­duc­teur : Ins­ti­tut natio­nal de l’audiovisuel, Ciné­té­vé – réa­li­sa­teur Pierre Assou­line

 

« La tête, l’œil et le cœur sur la même ligne de mire »

Le pho­to­graphe s’est expli­qué sur son art et même plu­tôt sur sa vision du monde. Ain­si dans l’ouvrage De qui s’agit-il ? Hen­ri Car­tier-Bres­son (Gal­li­mard, 2003) accom­pa­gnant l’exposition du même nom, qui s’est tenue à la BNF du 29 avril au 31 juillet 2003 :

« Il y a ceux qui font des pho­to­gra­phies arran­gées au préa­lable et ceux qui vont à la décou­verte de l’image et la sai­sissent.  L’appareil pho­to­gra­phique est pour moi un car­net de cro­quis, l’instrument de l’intuition et de la spon­ta­néi­té, le maître de l’instant qui, en termes visuels, ques­tionne et décide à la fois.

« Pour signi­fier le monde, il faut se sen­tir impli­qué dans ce que l’on découpe à tra­vers le viseur. Cette atti­tude exige de la concen­tra­tion, de la sen­si­bi­li­té, un sens de la géo­mé­trie. C’est par une éco­no­mie de moyen et sur­tout un oubli de soi-même que l’on arrive à la sim­pli­ci­té d’expression.

« Pho­to­gra­phier : c’est rete­nir son souffle quand toutes nos facul­tés convergent pour cap­ter la réa­li­té fuyante ; c’est alors que la sai­sie d’une image est d’une grande joie phy­sique et intel­lec­tuelle.

« Pho­to­gra­phier : c’est dans un même ins­tant et une frac­tion de seconde recon­naître un fait et l’organisation rigou­reuse des formes per­çues visuel­le­ment qui expriment et signi­fient ce fait.

« Pho­to­gra­phier, c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur.

« En ce qui me concerne, pho­to­gra­phier, est un moyen de com­prendre qui ne peut se sépa­rer des autres moyens d’expression visuelle. C’est une façon de crier, de se libé­rer, non pas de prou­ver ni d’affirmer sa propre ori­gi­na­li­té. C’est une façon de vivre. »

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La tombe du pho­to­graphe, dans le petit cime­tière de Mont­jus­tin, Alpes de Haute-Pro­vence, 2007. Pho­to © Gérard Pon­thieu

Le Musée d’art de Tou­lon abrite un fonds pho­to­gra­phique de près de 400 œuvres, signées Edward Stei­chenMan RayHen­ri Car­tier-Bres­sonWilly Ronis.


Marseille-Provence 2013. Fin de capitale

« Mar­seille - Capi­tale euro­péenne de la Culture », c’est fini.  Elle s’est donc ache­vée ce 31 décembre par une super-pro­duc­tion pyro­tech­nique et audio-visuelle. Un spec­tacle éblouis­sant, c’est le cas de le dire, par­ti­cu­liè­re­ment réus­si.

Ne gâtons pas ce plai­sir. Pour autant, s’agissant de ce genre de célé­bra­tions gran­dioses des­ti­nées à dyna­mi­ser une ville et une région tout au long d’une année, le bilan est évi­dem­ment miti­gé. En par­ti­cu­lier selon les points de vue, à par­tir des pôles extrêmes : l’économique et le cultu­rel, deux domaines qui peinent à se croi­ser en har­mo­nie. Et, là encore, ce sont les grandes struc­tures qui auront tiré leurs mar­rons du feu – enten­dez la grosse part des sommes dépen­sées.

Il est à cet égard symp­to­ma­tique que le satis­fe­cit relayé par La Pro­vence de ce 1er jan­vier,  porte sur­tout sur des don­nées chif­frées : nombres de visi­teurs enre­gis­trés ça et là, de spec­tacles pro­duits, de nui­tées d’hôtel ; pour­cen­tages d’augmentation de ceci-cela… Un bilan-comp­table donc, tel qu’aiment en pré­sen­ter les patrons de la Chambre de com­merce et d’industrie, des grosses entre­prises, des grosses struc­tures de spec­tacles.

Bref, les gros sont contents d’avoir bien man­gé. Pour les autres, habi­tués aux miettes, espé­rons que l’ardoise de 2013 – et ses ral­longes – ne les met­tra pas à la diète selon le vieux prin­cipe : pri­va­ti­sa­tion des pro­fits - socia­li­sa­tion des pertes. En quoi l’année-vérité sera celle de 2014.

En atten­dant, voi­ci un petit flo­ri­lège de la belle soi­rée finale.


Mar­seille-Pro­vence 2013 - Spec­tacle final 31/12... par gerard-pon­thieu-9


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bos­suet

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    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Mar­seille

  • Et ça, c’est tentant aussi…

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse pos­tale !)

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tcher­no­byl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Rus­sel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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  • Salut cousin !

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