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Congo : « Tristesse au bled et triste d’être de ce bled »

Ce qui suit est la reprise d’un commentaire envoyé sur « c’est pour dire » le 13 août, en réaction au texte de Uzodinma Iweala, écrivain nigérian, publié dans Le Monde (et ici) sous le titre « Cessez de vouloir « sauver » l’Afrique ! » Ce commentaire vaut témoignage, en particulier à propos de l’hôpital de Brazzaville et de l'école. Il ne doit pas passer inaperçu.

Par Régis AMARO

Je pose le domaine de définition de ce papier. Je trouve utile de préciser que ma démarche, n’a pour but, que le besoin et le souci de voir le Congo avancer et atteindre un niveau de développement appréciable. Je veux le Congo enfin sur les rails du développement, cela est possible et réalisable. Cependant, il faut l’effort de tous, mais qui plus est de l’abnégation de nos dirigeants.
Il faut du patriotisme de la part de tous, car le Congo est à la traîne, rien ne marche sauf la gestion archaïque et anarchique de l’état.

Et je ne peux m’empêcher de penser que le Congo est un pays maudit.
On y vit comme dans une brousse, c’est le pays du désordre et de l’incurie. Tout au Congo est désordre, chambardement et scandales.
Vous savez tous de quoi, il est question ici, nul n’est sensé l’ignorer.

Il faut s’asseoir et observer le Congo, pour constater le chaos qui est le sien.
Prenons pour exemple, notre système de santé. Ne parlons ni de l’hôpital de Makélékélé à Brazzaville, ni de l’Hôpital Adolph Cissé à Pointe Noire. Cela n’en vaut pas la peine. Parlons plutôt, du Centre Universitaire Hospitalier de Brazzaville, le CHU.
Il s’agit de la fierté de notre système de santé (d’après la Caisse Nationale de Sécurité Sociale). Le CHU est le plus grand hôpital du Congo, j’en suis fier tellement il a permis que l’on y sauve des vies…
Non rassurez-vous, je déconne, le CHU est une honte, raison pour laquelle on le surnomme le « CHTUE », pour dire Centre Hospitalier qui tue.
Comment ne pas dire qu’il est dangereux de mettre les pieds dans cet hôpital ?

Tout a été dit sur le CHU, pour ma part je pense que quand un hôpital aussi prestigieux est incapable de jouer le rôle qui lui est dévolu, il faut le fermer.
Ne pas le faire, contribue à la misère du peuple congolais.

Que peut-on dire d’un hôpital dans lequel, même le plus basique manque ?
Pas d’alcool, pas de coton, etc…
Pour procéder à une transfusion sanguine, le patient doit acheter seul du sang. Eh oui pour ceux qui n’ont pas compris, on peut acheter du sang en détail (PS- ce sang est livré dans des sacs en plastique). Tout manque, médecins, infirmiers, personnels d’accompagnement, médicaments et autres accessoires.

Tout manque, même l’eau manque. Ne parlons pas des toilettes, ni des lits et des chambres d’hôpitaux. C’est dire qu’avant d’aller au CHU, il faut avoir pris sa douche et vider sa vessie. Que faire si on souffre d’incontinence urinaire ou de cystite ? Que faire si on souffre de diarrhée ? C’est effroyable.
‘‘Je me souviens, il y a quelques années m’être fait poser un plâtre pendant 21 jours, alors que j’avais un simple épanchement de la synovie. 21 jours après, le plâtre enlevé, on constata que mon genou avait coagulé’’
Exemple banal en effet, mais le plus choquant reste à venir car quand en arrivant au CHU, une question vous sera systématiquement posée à savoir : BOZA NA BONGO (signifiant AVEZ VOUS DE L’ARGENT, traduit du Lingala, langue nationale du Congo).

C’est dire que si on n’a pas d’argent, il est préférable de rester mourir chez soi, de plus si vous décédez au CHU, le personnel n’est même pas capable de vous envoyer à la morgue. Etc…

M. le Président de la République du Congo, mon souhait est que vous fassiez vôtre le problème du CHU car la mort y est devenue chose trop banale.
M. le Président de la République, le voile de la mort à pris possession du CHU, le peuple souffre, le peuple se meurt, le peuple meurt.

Mais parlons aussi d’éducation, quand j’habitais au Congo, j’allais à l’école de « LA POSTE», nous jouions, nous chantions le midi au sortir des cours. La vie était paisible.
Je me souviens de ce temps là, de ce temps où chaque élève avait un bureau attitré. Aujourd’hui grand est mon chagrin de savoir que les élèves travaillent à même le sol.
Craies et autres matériels manquent. J’ai l’impression que les politiques se comportent de façon à vouloir sacrifier le devenir des élèves congolais.
Les résultats des examens sont communiqués avec des mois de retard parce que les enseignants étaient désireux d’être payés avant de commencer la correction.
Comment notre Ministre des finances, comment notre ministre du Budget et pour finir comment nos trois ministres chargés de l’éducation, ont pu passer à coté de ça ?
Le discours tenu aux enseignants, c’est qu’il manquait de l’argent pour les payer.

En même temps, les Congolais fêtaient le FESPAM [Festival panafricain de musique], qui à coûté au Trésor Public, donc aux citoyens congolais 3 milliards de FCFA.

Mais où allons-nous ?
Sommes-nous des animaux ?
Sommes-nous comme le dit le rappeur DIZIS LA PESTE « nègre perd toujours ».
Nous n’en pouvons plus, Messieurs et Mesdames, les ministres du gouvernement, votre indifférence nous angoisse.

PS : A titre de rappel, voici une définition de votre fonction.
Le mot « ministre » vient du mot latin « minister » qui signifie « serviteur » ou premier serviteur.

Lyon le 13 Août 2007

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