On n'est pas des moutons

Dessin de Faber



Équinoxe. Le 22 septembre, aujourd’hui…

Ça n’a l’air de rien, c’est une jour­née comme ça, comme les autres… Croit-on. Ben non, c’est un 22 sep­tembre ! Pas n’importe quel jour, ain­si que me le rap­pelle une amie chère avec un bou­quet fleu­ri d’une chan­son de Bras­sens. Et quelle chan­son, quel poème ! Les voici :

Un vingt-deux de sep­tembre au diable vous partites,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mou­choir en sou­ve­nir de vous...
Or, nous y revoi­là, mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières:
Le vingt-deux de sep­tembre, aujourd’hui, je m’en fous.

On ne rever­ra plus au temps des feuilles mortes,
Cette âme en peine qui me res­semble et qui porte
Le deuil de chaque feuille en sou­ve­nir de vous...
Que le brave Pré­vert et ses escar­gots veuillent
Bien se pas­ser de moi pour enter­rer les feuilles:
Le vingt-deux de sep­tembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d’ailes,
Je mon­tais jusqu’au ciel pour suivre l’hirondelle
Et me rom­pais les os en sou­ve­nir de vous...
Le com­plexe d’Icare à pré­sent m’abandonne,
L’hirondelle en par­tant ne fera plus l’automne:
Le vingt-deux de sep­tembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Pieu­se­ment noué d’un bout de vos dentelles,
J’avais, sur ma fenêtre, un bou­quet d’immortelles
Que j’arrosais de pleurs en sou­ve­nir de vous...
Je m’en vais les offrir au pre­mier mort qui passe,
Les regrets éter­nels à pré­sent me dépassent:
Le vingt-deux de sep­tembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Désor­mais, le petit bout de cœur qui me reste
Ne tra­ver­se­ra plus l’équinoxe funeste
En bat­tant la bre­loque en sou­ve­nir de vous...
Il a cra­ché sa flamme et ses cendres s’éteignent,
A peine y pour­rait-on rôtir quatre châtaignes:
Le vingt-deux de sep­tembre, aujourd’hui, je m’en fous.

Et c’est triste de n’être plus triste sans vous

Autre rap­pel, venu des étoiles et de la méca­nique céleste : Non, l’automne ne com­mence pas tou­jours le 21 sep­tembre. La preuve, cette année, il s’est déci­dé pour ce jeu­di 22 sep­tembre (et prin­temps dans l’hémisphère sud). Ç’aurait aus­si pu tom­ber le 23, ce qui arrive.

Ain­si, ce chan­ge­ment de sai­son a lieu à l’instant de l’équinoxe où la ligne qui marque la limite entre le jour et la nuit à la sur­face de la pla­nète passe par les deux pôles. Le jour et la nuit ont alors exac­te­ment la même durée, tan­dis que le soleil se lève exac­te­ment à l’est et se couche exac­te­ment à l’ouest.

equinoxe

Pour­quoi donc ces varia­tions dans la pen­dule astronomique ?

La Terre n’évolue pas sur une orbite cir­cu­laire autour du Soleil mais selon une ellipse qui peut s’allonger plus ou moins selon les années et ain­si légè­re­ment déca­ler les saisons.

Autre com­pli­ca­tion, les années bis­sex­tiles qui, tous les quatre ans, ajoutent une jour­née (la 366e) à notre calen­drier, pour remettre la grande pen­dule à l’heure.

Cette année, donc, l’automne débute le 22 sep­tembre. Et il en sera ain­si jusqu’en 2093 où l’équinoxe d’automne tom­be­ra un 21 sep­tembre. Ça peut valoir le coup de tenir jusqu’à là. Cha­cun fai­sant ce qu’il veut et comme il peut.

Ah oui : ne pas oublier de fêter son 94e anni­ver­saire à Yvette Hor­ner !

L’automne, ça compte ! par Faber

967-automne-ok

© faber

[Cli­quer pour agran­dir]








Alléluia Obama ! par Faber

Obama-Moïse, Faber

© Faber, 2015

L’heure appro­chant du pot de départ de la Mai­son blanche, son loca­taire élu songe à y lais­ser sa marque. Car l’empreinte semble bien pâli­chonne, tout juste enta­chée de décep­tion. Le pre­mier pré­sident noir des Etats-Unis n’aura donc pas cas­sé la baraque – oui, je sais : usé le cli­che­ton. Pas su, pas pu ? Le voi­ci qui tente un redres­se­ment ultime vers le centre du monde en érup­tion, concen­tré des inté­grismes clé­ri­caux et des vora­ci­tés pétro­lières. Kaboul, Damas, Bag­dad, Sanaa, Le Caire – Avec Téhé­ran et Jeru­sa­lem dans le cra­tère. Qui croit encore au messie ?






Personne n’est obligé de lire « Charlie Hebdo » !

charlie hebdo libé

[ Libé du jour 14/1/15

Char­lie Heb­do repa­raît. On reparle donc du blas­phème, plus que de liber­té, qui est cen­trale, essen­tielle, non négo­ciable. Libre au blas­phé­mé de le faire savoir dans son « Cha­ria Heb­do », par exemple. Libre aus­si à tout reli­gieux de ne pas s’adonner à ce qui le chif­fonne. En liber­té, per­sonne n’est obli­gé à quoi que ce soit, pas même de lire Char­lie Heb­do si ça risque de le déran­ger ! Autre­ment dit on a le choix, libre­ment. Tan­dis que les fana­tiques d’Allah, les semeurs de mort à la kalach­ni­kov n’ont lais­sé aucun choix, aucune liber­té à leurs dix-sept victimes.

Ce ne serait pas si com­pli­qué si une moi­tié de la pla­nète ne pen­sait pas pré­ci­sé­ment le contraire. Et même bien plus que la moi­tié si aux fon­da­men­ta­lismes reli­gieux on ajoute les inté­grismes poli­tiques. Il serait d’ailleurs plus simple, pour l’inventaire, de comp­ta­bi­li­ser les excep­tions. Les­quelles n’étant pas non plus exemptes de tout péché dans ce domaine si sen­sible aux fluc­tua­tions, aux ten­ta­tions, aux fai­blesses auto­ri­taires, faci­le­ment liberticides.

charlie hebdo faber

© faber

Char­lie repa­raît, les regards se tournent vers lui, les consciences se sou­lagent… et voi­là qu’on embas­tille un Dieu­don­né ! Du moins l’a-t-on « inter­pel­lé ». La ques­tion jaillit [Le Monde] : « Pour­quoi Dieu­don­né est-il atta­qué alors que “Char­lie Heb­do” peut faire des “unes” sur la reli­gion ? » Parce que sa pro­vo­ca­tion c’est de l’apologie du ter­ro­risme. Certes… Parce que la Liber­té ne serait qu’un concept, une lampe allu­mée au loin, un phare dans la tem­pête humaine. Parce que la Fra­ter­ni­té est une uto­pie et l’Égalité un leurre ? Peut-être et rai­son de plus pour œuvrer à la Jus­tice, autant que faire se peut, dans la com­plexi­té du vaste monde et des esprits plus ou moins errants. Et sur­tout pas dans la Véri­té, cette redou­table tueuse. Le der­nier mot (ici) à mon vieux pote Mon­taigne : « Mieux vaut pen­ser contre soi-même que conso­li­der la matière de ses propres convictions ».


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

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