Par Serge Bourguignon, simple citoyen
onreflechit@yahoo.fr

Je suis effa­ré par tous ces gens, y com­pris des gens que j’aime et j’estime, qui croient dur com­me fer que Macron et Le Pen, c’est pareil. Et je suis enco­re plus effa­ré par ceux pour qui Macron, c’est pire que Le Pen ! Aurait-on atteint le degré zéro de la conscien­ce poli­ti­que ?

La sou­pe néo­li­bé­ra­le, je ne la goû­te guè­re. Elle détra­que tou­jours plus notre bon­ne vieille Ter­re et ses habi­tants, en par­ti­cu­lier nous autres les z’humains. Il n’est pas inuti­le de le rap­pe­ler. Mais j’aime enco­re moins la sou­pe FHai­ne, qui me fait vomir et qui hélas ! ren­con­tre tel­le­ment d’écho aujourd’hui dans notre Fran­ce : la can­di­da­te néo­fas­cis­te (j’ai bien dit néo) a obte­nu bien plus de voix que son père en 2002. Si la faça­de a été réno­vée pour être plus « pré­sen­ta­ble », la réa­li­té empi­ri­que­ment obser­va­ble n’est pas bel­le à voir. Ce par­ti res­te un ramas­sis de pétai­nis­tes et le soi-disant gaul­lis­te Phi­lip­pot y est mino­ri­tai­re. La ges­tion des muni­ci­pa­li­tés FN est inquié­tan­te, il y a beau­coup de témoi­gna­ges à ce sujet pour qui veut savoir. Et n’oublions pas que l’amère Le Pen a par­ti­ci­pé au bal de l’extrême droi­te euro­péen­ne le 27 jan­vier 2012, jour du 67e anni­ver­sai­re de la libé­ra­tion du camp de concen­tra­tion d’Auschwitz !...

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© Ph. Reu­ters. Cli­quer pour agran­dir

Le Monde –28.01.2012
C’était son premier bal à Vienne, mais aussi l’occasion de resserrer ses contacts avec d’autres dirigeants de l’extrême droite européenne. La candidate du Front national à l’élection présidentielle française, Marine Le Pen, était l’hôte de marque, vendredi 27 janvier dans l’ancien palais impérial de la Hofburg, du fringant Heinz-Christian Strache, chef du Parti de la liberté (FPÖ), qui affiche son ambition de devenir chancelier d’Autriche. Avant de valser avec les étudiants  « combattants », adeptes de duels virils au sabre, la présidente du FN, en longue robe noire, a dû attendre que les forces de police aient éloigné des milliers de manifestants décidés à perturber la soirée. […]
Le bal des corporations estudiantines à Vienne est toujours un événement controversé. Principal réservoir de cadres du FPÖ, les Burschenschaften (de Bursch, jeune homme) comptent environ 4 000 membres, engagés leur vie durant dans des fraternités dont les noms – Aldania, Vandalia, Gothia, Silesia – cultivent une germanité mythique. L’une d’entre elles, Olympia, est considérée comme proche du néonazisme. […]
Cette année, les polémiques étaient d’autant plus vives que l’organisation du bal coïncidait avec le 67e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz.

Le FN aujourd’hui se pré­sen­te com­me le défen­seur du peu­ple fran­çais contre la tech­no­cra­ti­que Union euro­péen­ne. Ce qui plaît dans ce dis­cours anti-UE, c’est qu’il offre un bouc-émis­sai­re faci­le aux élec­teurs, leur évi­tant par là-même la fati­gue de pen­ser à des pro­blè­mes com­plexes qui ne peu­vent se résou­dre d’un coup de baguet­te magi­que.  Il y a plein d’inconvénients à être dans l’UE, mais il y a aus­si quel­ques avan­ta­ges. Et si l’on en sor­tait, il y aurait cer­tes quel­ques avan­ta­ges, mais quand même pas mal d’inconvénients. Mais pour sédui­re le bon peu­ple, on sim­pli­fie les cho­ses, on lui fait miroi­ter des solu­tions mira­cles.

Ce que ne font jamais  les idéo­lo­gues (qu’ils soient anti- ou pro-UE, d’ailleurs), et ceux qui boi­vent leurs paro­les, c’est la part des cho­ses. Or la réa­li­té est tou­jours mul­ti­ple et contra­dic­toi­re : la contra­dic­tion est l’essence même du vivant. Mais nous vivons à l’époque de l’ordinateur roi et de la pen­sée binai­re, et dans le cir­que élec­to­ral la réa­li­té est très sou­vent gom­mée d’un effet de man­che, sans jamais être appré­hen­dée dans sa com­plexi­té.

Com­ment ne pas voir qu’il sera plus faci­le de s’opposer à Macron pré­si­dent qu’à Le Pen ? C’est la soi-disant pro­che du peu­ple Le Pen qui deman­dait l’interdiction des manifs pen­dant le mou­ve­ment d’opposition à la loi tra­vail, et non pas le ban­quier Macron. Il serait donc sage de choi­sir le moins nocif.

Citoyen­nes, citoyens, enco­re un effort pour être réel­le­ment répu­bli­cains !

Rap­pel : Res publi­ca signi­fie la cho­se publi­que, qui appar­tient à tous.

S.B. (29 avril 2017)
onreflechit@yahoo.fr

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