imgresN’oubliez sur­tout pas...
pour avant, c’est trop tard
pour après, c’est trop tôt
la vie est là où l’on est..
vive­ment main­te­nant !

Comme son nom l’indique, comme son (magni­fique) logo le sou­ligne, l’affaire ne pou­vait indé­fi­ni­ment défier les lois de la pesan­teur. Et ce fut pesant, mal­gré tout, cette semaine de fête cen­sée mettre fin à une aven­ture superbe com­men­cée il y a une dizaine d’années. Hier soir, dimanche noir, même ser­vies frais, les bulles avaient le cham­pagne tris­toune. Les restes du décor – ce qui n’était pas par­ti à l’encan dans la jour­née –, mal­gré tout, expri­maient encore la magie de ce haut-lieu mar­seillais. Un décor de briques (molles) et de broc (hard), issu des puces et des pou­belles, recy­clées à la belge – expli­ca­tions plus loin – selon les mira­cu­leuses ren­contres à la Magritte,  genre para­pluie et machine à coudre sur table de dis­sec­tion.

Hier soir, donc, jusqu’à nuit noire, résis­tait encore, le der­nier car­ré des fidèles du 108, rue Bre­teuil qui, au fin fond d’une arrière-cour du VIe arron­dis­se­ment de Mar­seille, de l’autre siècle, avaient amar­ré leurs uto­pies à la façon, va savoir, dont les Pho­céens jetèrent l’ancre dans la calanque du Lacy­don– qui devien­dra Mas­si­lia.

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Fran­çois Pec­queur devant le mur des pro­grammes pas­sés – mais pas tous, la place man­quait (plus de 1.000 soi­rées !) (Ph. Fran­çois Pon­thieu)

« A l’origine, racontent les his­to­riens locaux, un col­lec­tif mar­seillais de plas­ti­ciens cherche un ate­lier, tombe sur ces 500 m2 de la rue Bre­teuil, et sent d’emblée que ce lieu pour­rait être le nid de bien des pos­sibles... et l’aventure com­mence !

Six mois de tra­vaux inten­sifs, une inau­gu­ra­tion toni­truante en se refu­sant à ima­gi­ner ce que sera le Point de Bas­cule. Tout de suite, c’est la demande exté­rieure spon­ta­née qui défi­nit ce que sera ce lieu : rési­dence d’artistes émer­gents et en marge, espace pour asso­cia­tions citoyennes.

La demande est claire et appelle un fonc­tion­ne­ment accor­dé : gra­tui­té d’accueil et équipe d’accompagnement du lieu béné­vole.
Neuf ans d’activités et de liber­té, plus de 300 rési­dences d’artistes accueillies (soit plus de 1000 artistes plu­ri­dis­ci­pli­naires), et une foul­ti­tude d’actions citoyennes avec ren­contres, débats, pro­jec­tions, soi­rées de sou­tien.

Plus de 1 000 soi­rées pro­po­sées, 10 000 adhé­rents avec ce plai­sir de vous accueillir dans la sim­pli­ci­té et vous pro­po­ser l’insolite, l’inattendu, par­fois le néces­saire.

Ah si... le Point de Bas­cule a tout de même déci­dé quelque chose : pas de com­mu­ni­ca­tion média pour nos acti­vi­tés. Par les temps qui courent, un peu de radi­ca­li­té ne fait pas de mal ! »

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Un tel lieu va man­quer à Mar­seille . il y en a d’autres, certes, mais ici, c’était vrai­ment autre chose. (Ph. Fran­çois Pon­thieu)

Telle fut la pro­fes­sion de foi de ce temple païen ani­mé – il en fal­lut de l’ani­ma ! – par un grand « prêtre », Fran­çois Pec­queur, grand et pas que par la taille, voix de barde, rire rava­geur, artiste mul­ti-ins­tru­men­tal de la machine à dépas­ser le temps (voir le slo­gan mai­son ci-des­sus) de la tireuse à bière, déni­cheur d’encu­lette * et de talents mul­tiples, uto­piste de com­pé­ti­tion, com­pé­ti­teur de rien, ce qui est déjà tant.

Ça ne pou­vait pas durer plus que la crise ! Alors, le Fran­çois, le plus belge des Mar­seillais et donc le plus mar­seillais des Belges – il naquit à Liège, une fois – ayant jeté l’ancre ; ayant trou­vé com­pagne et indis­pen­sable pilier dans l’aventure en la per­sonne d’Anne-Marie Rey­mond, reine du sou­rire et des meilleures assiettes bio ; ayant labou­ré cette riche terre de ren­contres ; étant reve­nu quelque peu de cer­taines illu­sions ; mais sans amer­tume aucune, ce grand écha­las a donc tiré l’échelle et s’en va, avec sa reine à lui, explo­rer d’autres hori­zons.

Une page se tourne. La Bas­cule a bas­cu­lé. Des bur­lingues vont « inves­tir » cette col­line ins­pi­rée ; encore des bur­lingues, oui mais « pay­sa­gers », jurent-ils – ah bon, on est ras­su­rés ! –, pour des bipèdes assis, bulbes cal­cu­la­teurs, blan­chis sous le pixel, pro­fi­teurs de la misère du monde. Oyez les potes, la terre se réchauffe mais il fait bien froid tout à coup, ne trou­vez-vous pas ?

* Encu­lette, n. fém. du bas latin encu­lo. Inven­tion mar­seillaise d’origine indé­ter­mi­née. Machine de comp­toir ins­pi­rée de la rou­lette de casi­no, des­ti­née à faire cas­quer le pas­tis apé­ro par le couillon du jour.

Ni fleurs ni cou­ronnes, mais cour­riels d’amitié pos­sibles ici : accueil@lepointdebascule.fr

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