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Ni pape, ni omni-Sarko : vive l’esprit critique !

monde-221207.1198407942.jpgC’est lui qui le dit, qu’on – la République = Lui – aurait besoin de croyants (Le Monde 22/12/2007). Bien sûr, pour croire au Père Noël (Lui). Pour croire aux bienfaits de sa politique, pour idolâtrer le Dieu Marché et le Veau d’or, pour se prosterner devant les idoles du Libéralisme, pour devenir les adeptes de Sa nouvelle religion du Plus-toujours Plus : plus de croyants indolents, prêts à gober ses tours de passe-passe, sa magie de pacotille, ses minables numéros d’illusionniste fatiguant.
Ce qui manque le plus – « en vérité je vous le dis »… – dans ce bas monde, c’est bien l’esprit critique, celui de la distanciation et du doute méthodique. Celui par lequel les vessies ne sont plus prises pour des lanternes. L’esprit, oui, mais celui des Lumières. Celui qui éclaire, contre les obscurantismes qui minent l’humanité pauvre au Profit des Vatican de tous ordres – c’est le mot – et de tous les intégrismes : économiques, politiques, religieux. C’est l’esprit critique qui, il y a plus de deux siècles, a désacralisé le pouvoir divin et la monarchie, et mis au monde la République démocratique – sans cesse recommencée depuis.

En lieu de quoi, le « discours de Latran » (plutôt écrit par Max Gallo que par Jean-Marie Bigard, tous deux du pèlerinage), nous serine les vieilles lunes d’imprécateur : « L'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes qui espèrent ». Ben voyons. Et croyons au ciel plutôt qu’au paradis sur terre, c’est plus sûr – surtout pour « L'intérêt de la République ». Quel intérêt ? Quelle République ? On se paie les grands mots pour pas cher, et on espère que ça rapporte gros. Chacun ses croyances et les vaches seront bien gardées.

Sur ce registre, ce matin dans le poste, j’entendais des marchands de « jouets technologiques», ces fameuses consoles à se projeter dans le virtuel – toujours ça de pris sur la sinistre réalité. L’un d’eux en bavait à la pieuse image des profits dégagés par le secteur : un doublement tous les dix ans ! Noël, cette croyance païenne totalement marchandifiée, ce moteur à croissance (qui tousse), quelle espérance pourtant ! Et pas que pour les enfants ! Donc, ce VRP, à l’image du président, se frottait les mains en se réjouissant que ce marché-là se soit tant « démocratisé ». C’est l’exact mot qu’il a osé. Sans barguigner, le type a tout bonnement naturalisé le rapprochement incongru et indécent entre « jouets technologiques » et « démocratie ».

C’est là que je voulais en venir : pour un ado attardé, pour un Mickey de Neuilly enivré de pouvoir, pour un accro du show et du biz, la République peut bien n’être qu’un « jouet technologique ».

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