On n'est pas des moutons

NOUVEAU. Le Palmarès de la Pantoufle de Presse (PPP)

C’est pour dire (moi) lance le PPP, Pal­ma­rès de la Pan­toufle de Presse, des­ti­né à hono­rer médias et jour­na­listes remar­qués pour leurs records d’inertie. Iner­tie étant défi­nie par le Robert comme Manque abso­lu d’activité, d’énergie intel­lec­tuelle ou morale, nous (moi) avons choi­si pour la sym­bo­li­ser l’image de la pantoufle.

Trois degrés dis­tin­gue­ront les niveaux sur une sorte d’échelle de Rich­ter en creux : comme aux JO, c’est l’or, l’argent et le bronze qui dis­tin­gue­ront les meilleures per­for­mances. Davan­tage bignole que père fouet­tard, nous dis­tin­gue­rons plu­tôt les médias que les jour­nal­listes, sauf quand ceux-ci se prennent pour des vedettes qui, comme dit Plan­tu, se la pètent volon­tiers. Auquel cas, feu à volonté !
Pantouflebronze_1Illus­trons. Par exemple, ce jeune jour­na­liste de France inter, dimanche matin, qui parle de 30 morts au Sri Lan­ka, au lieu de 30.000… Ça, ça ne vaut qu’une Pan­toufle de bronze. En effet, il s’agit d’un lap­sus, mais quand même un lap­sus non rec­ti­fié, donc un manque d’auto-contrôle de lui-même comme de sa rédac­tion. Ces gens-là ne s’écoutent pas (com­ment peuvent-ils s’entendre, au fait ?).

Autre exemple : La Pro­vence (28/12/04) qui tar­tine sur l’actrice aixoise André Fer­réol, mas­cu­li­ni­sée à quatre reprises dans le même article, y com­pris dans la titraille. Ça c’est Pan­toufle d’argent pour iner­tie aggra­vée face à cor­rec­teur auto­ma­tique. Tou­cher à l’identité d’une per­sonne, ça fait mal. Com­ment allez-vous Andréa ? Et que pen­sez-vous de la presse ?…

Du même jour­nal (c’est mon régio­nal…), deux Pan­toufles d’argent éga­le­ment pour abus carac­té­ri­sé du mode conditionnel :
– Un titre (2/11/04) «Mar­seille : elles auraient lais­sé mou­rir le nou­veau-né» (pro­cé­dé carac­té­ri­tique d’un cer­tain trai­te­ment du fait divers comme excer­cice de sup­pu­ta­tion à bon compte).
– Puis, (14/12/04), un double condi­tion­nel, beau comme un double sal­to arrière : …«La mai­rie se décla­re­rait désor­mais hos­tile à cette réa­li­sa­tion qui n’aurait pas non plus reçu l’aval de la préfecture»… Pantoufleargent

– Enfin, Pan­toufle d’or pour fla­grant délit de géné­ra­li­sa­tion. Titre plein pot (12/11/04) : «Les Aixois veulent la pour­suite des fouilles du théâtre antique». A l’appui de l’affirmation, quatre cour­riers de lec­teurs pré­cé­dés de «Vous avez été très nom­breux à nous écrire.» Com­bien ? Dix, cent, mille ? Et pas un oppo­sant ? [Note du blo­guiste au jour­na­liste : regar­dons en face le conflit entre fausse objec­ti­vi­té et désir d’écrire «Moi, je veux la pour­suite des fouilles…». Sujet de débat des plus intéressants.]Pantoufledor
Pan­toufle d’or enfin, avec les féli­ci­ta­tions du jury, à Georges Per­noud, de Tha­las­sa, de France 3, qui s’est magis­tra­le­ment fait mener en bateau par «notre» Papy bre­ton (cli­quer des­sus, son petit-fils vous racontera).

Voi­là, décla­rons ouverte la chasse aux Pan­tou­flards. Tra­quons la mal-info, exi­geons une bonne gas­tro­no­mie jour­na­lis­tique. Éthique et diététique.

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(B)REVES D’AFRIQUERWANDA. « Comme si c’était hier »

RwandaEt ne jamais oublier le Rwan­da ! Un mil­lion de morts, plus ou moins. Au-delà des chiffres, la démence géno­ci­daire. L’impensable «réplique» de l’Holocauste, ce tsu­na­mi mons­trueux de l’Histoire. Certes, com­pa­rer le com­pa­rable. Un acci­dent de la nature ne sau­rait être oppo­sé à un dérè­gle­ment de l’humanité. Cepen­dant une même menace pèse sur l’histoire des humains : l’oubli. De quellles catas­trophes nous sou­ve­nons-nous ? Tant et tant d’images se suc­cèdent dans des scé­na­rios presque répé­ti­tifs. La bana­li­sa­tion de la misère, le baume cari­ta­tif, la com­pas­sion qui sou­lage. Le Rwan­da, 1994, un peu plus de dix ans. Si près si loin.

Yolande Muka­ga­sa­na est née au Rwan­da en 1954. Elle a sur­vé­cu au géno­cide des Tut­si – et au mas­sacre des Hutu ayant refu­sé l’idéologie qui y pré­si­da. Ses trois enfants, son mari, et de nom­breux parents ont été mas­sa­crés. Là bas, elle était infir­mière. Désor­mais réfu­giée en Bel­gique, on lui doit plu­sieurs récits auto­bio­gra­phiques tels que La Mort ne veut pas de moi et Les Bles­sures du silence. Ses vœux pour 2005, si forts et émou­vants, semblent anéan­tis par le raz de marée asia­tique. Ecou­tons-la, si possible :

« […] C’est comme si c’était hier. Cette nou­velle année ne fait que tour­ner le cou­teau dans notre bles­sure ingué­ris­sable. Nous fûmes des humains jusqu’au jour où l’homme nous a déshu­ma­ni­sés et nous a tor­tu­rés et tués dans le silence du monde. Nous avons fêté le Nou­vel An 1994 avec les nôtres, mais nous n’avons jamais pen­sé que c’était la der­nière fois. Nous nous sommes agi­tés dans les maga­sins, nous avons fait l’arbre de Noël, cha­cun dans sa mai­son. Mais nous n’avons jamais ima­gi­né que cela fût la der­nière fois. Cer­tains des bébés qui sont nés en même temps que nous fêtions la nais­sance du Christ ont été tués trois mois plus tard. Au nou­vel An, nous nous sommes embras­sés à minuit et nous n’avons jamais pen­sé que c’était une année fatale. Une année de souf­frances à l’extrême dans le silence du monde et qui nous apporte la soli­tude à vie.Mukablessures

[…] « Il faut refu­ser notre exter­mi­na­tion. Oui, notre exter­mi­na­tion car nous souf­frons tou­jours de la même idéo­lo­gie qui est encore vive. On nous tue encore comme l’on veut et toute arme est bonne, la faim, le froid, les consé­quences du géno­cide et la machette, tou­jours la machette. L’ONU se pro­tège. Une jus­tice inter­na­tio­nale qui s’obstine à ne payer aucune répa­ra­tion, ne fut-ce que pour faire soi­gner les enfants muti­lés, les femmes vio­lées traî­nant avec des fis­tules et autres. Une répa­ra­tion pour faire étu­dier les orphe­lins, une répa­ra­tion pour construire des logis pour les sans-abris vic­times sur­vi­vantes de ce mal absolu.

«Oui, la jus­tice injuste, car une jus­tice sans répa­ra­tion est une injus­tice de plus qui nous est faite par les Nations Unies et la Com­mu­nau­té inter­na­tio­nale. Nous devons vivre pour nous tendre la main et nous faire vivre les uns les autres. Nous n’aurons jamais per­sonne que nous-mêmes. Nous avons le devoir de tenir. Ne nous trom­pons pas d’ennemis. L’ennemi de l’homme et de nous-mêmes n’est pas seule­ment le bras qui a décou­pé les nôtres, mais celui qui a pen­sé, celui qui a pla­ni­fié, celui qui a finan­cé, mais aus­si celui qui ne veut pas entendre par­ler de notre recons­truc­tion et de notre répa­ra­tion. Vivons mal­gré tout ce monde.»

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mon JOURNAL. 2/01/05 : Le cul de mon chat

Dimanche, déjà le 2, le temps qui passe, ver­ti­gi­neux. Il est des bana­li­tés qui résistent… D’autres aus­si : Hier était encore coton­neux, impré­gné de la plus longue nuit avec les amis. Ça vient : On ne s’est presque rien dit de «là-bas» – pas par indif­fé­rence, que non !, mais sans doute par res­pect. Le silence valait mieux, je crois; ou bien, il fal­lait renon­cer à la fête. L’embarras a atteint tous les plus ou moins riches de la Terre. Sur la «plus belle ave­nue du monde» – ah le cli­che­ton ! –, le crêpe noir n’a pas empê­ché les habi­tuelles et obs­cènes éja­cu­la­tions de mous­seux, ni celles du feu d’artifice muni­ci­pal. Des feux de Ben­gale, ça tom­bait on ne peut mieux… Ben, quoi, on avait payé Rug­gie­ri (le mar­chand d’artifice) et, dit la sagesse popu­laire, «quand le vin est tiré», hein…

A la mai­son, la télé est res­tée fer­mée. Comme en un deuil. Deuil média­tique sur­tout. Ou plu­tôt, diète du len­de­main de biture. Trop c’est trop. Ils font leur bou­lot, certes, et même plu­tôt bien, dans l’ensemble. Ne le feraient-ils pas que ça gueu­le­rait, moi en pre­mier. Le font-ils que ça sature. On touche là à l’un des fon­de­ments de nos socié­tés gavées et leurs fameux mass media. Les «médias de masse», hor­rible expres­sion quand on y pense, tout comme celui de «pro­duits de grande consom­ma­tion». Le quan­ti­ta­tif comme valeur pre­mière. Monde cho­si­fié de la mar­chan­dise répli­quée à grande échelle. Médias de super­mar­ché, came­lotte géné­ra­li­sée, mise en spec­tacle per­ma­nent, cer­veaux dis­po­nibles. Aux armes !

Je me calme, je me calme… On n’est que le 2 et c’est encore dimanche. Comme disait Valé­rie sur ce blog, à pro­pos du stress des infos : «Fais comme moi ecoute le silence....». Y a de la sagesse là dedans. Mais le jour­na­liste qui veille en moi ne sau­rait, comme ça, se trans­for­mer en exé­gète de ses états internes. Inté­rêt vite limi­té, fer­me­ture du blog et autres exu­toires publics. Non, «il» veut res­ter au monde, in the all world, quoi !

A pro­pos de Monde, grand M, son média­teur se gra­touille le men­ton. Dans sa chro­nique du 1er de l’an, Robert Solé s’interroge sur cette espèce en voie de dimi­nu­tion, celle du «fidèle lec­teur». Comme en un pré­lude à une dis­pa­ri­tion pro­gram­mée, il fait par­ler les poi­lus… Quand même plus nom­breux que ceux de 14-18, ils n’en tiennent pas moins des pro­pos d’anciens com­bat­tants : «Je n’aurais jamais pen­sé vous écrire si je n’avais enten­du ce matin sur France-Inter une per­sonne de 85 ans décla­rer lire Le Monde depuis décembre 1944, affirme Jean Thiou­louse, d’Alfortville (Val-de-Marne). Or j’ai 89 ans et, moi aus­si, je suis un lec­teur depuis le pre­mier numé­ro.» Ah nom dé djeu !

deucheMais depuis, conti­nue Solé, l’homo zap­pens a sur­gi dans la jungle média­tique. Son pré­dé­ces­seur s’était mis debout dans la savane, celui-là s’allonge plu­tôt pour jouer de la zap­pette à la télé comme dans la vie. Cet infi­dèle, ce dra­gueur impé­ni­tent, n’a de cesse de goû­ter à tous les rate­liers média­tiques – et autres, si ça se trouve… Ou bien, son autre sous-espèce, fait le dif­fi­cile, tâte la mangue avant d’y goû­ter et sou­vent, file voir à côté si l’herbe est plus verte. Le pire, hélas pour les gazettes, c’est l’homo repus : a trop bouf­fé de toutes les nou­velles, en a trop ava­lé, vertes et pas mûres, avec et sans cou­leuvres, à tous les arbres de l’info, jusqu’à l’écoeurement qui appelle la cure de dés­in­toxi­ca­tion. D’où ce ter­rible aveu : «Je me suis aper­çue qu’un jour par semaine sans Le Monde me fai­sait du bien... Dès la semaine pro­chaine, je m’en pas­se­rai deux jours, puis - pour­quoi pas ? - trois jours.»

Et, en effet – est-ce l’âge, bigre ? –, voi­là que mes Monde à moi s’amoncellent par­fois dans leur embal­lage d’origine. Pas eu le goût de déchi­rer le plas­tique, comme si je n’avais pas encore digé­ré la bouffe de la veille. Alors, ça s’accumule sur ce qu’à la mai­son nous appe­lons «la table de presse», ce fou­toir de papier impri­mé qui finit dans les bennes du tri sélec­tif ou dans la che­mi­née. Avant ça, c’est le havre de la chatte ; elle adore les jour­naux, elle et s’y a(band)onne des heures durant pour une revue de presse alan­guie : le contraire du stress. Tout jour­na­liste devrait avoir cette image (four­nie ci-des­sus), dont la légende semble s’imposer : Ton article, à quelque alti­tude qu’il pré­tende, ne pète jamais plus haut que le cul de mon chat.

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(B)REVES D’AFRIQUECOTE D’IVOIRE

CoteivoireCOTE D’IVOIRE. « Ce qu’a vrai­ment fait la France » : sous ce titre, une remar­quable enquête du Nou­vel Obser­va­teur (n°2093 – 16/12) sur les évé­ne­ments de novembre, côté fran­çais. Où l’on peut mieux com­prendre, der­rière les regards de Jean-Paul Mari et Robert Mar­moz, com­ment les quelque 350 mili­taires de la force Licorne (ren­for­cés ensuite par des légion­naires venus du Gabon) ont eu à faire face aux dérè­gle­ments d’un pays en proie à la guerre civile et aux déchaî­ne­ments de violence.

Sacrée épreuve : encais­ser le bom­bar­de­ment du camp de Boua­ké, avec morts et bles­sés ; secou­rir autant que pos­sible les mil­liers d’expatriés deve­nus la cible des pires exac­tions («A chaque Ivoi­rien, son blanc !») ; main­te­nir le contrôle de la base fran­çaise et de l’aéroport, indis­pen­sables aux ren­forts comme à l’évacuation des civils ; et tout cela dans un cli­mat d’outrances et de pro­vo­ca­tions, en évi­tant autant que pos­sible la «casse» – autre­ment dit le bain de sang – de part et d’autre. Sans oublier le cli­mat géné­ral dans le pays avec ses dimen­sions poli­tiques, les mani­pu­la­tions ivoi­riennes comme les ater­moie­ments fran­çais. On aime­rait, bien sûr, trou­ver l’équivalent infor­ma­tif côté ivoi­rien. Ce qui s’avère aujourd’hui impos­sible pour un jour­na­liste blanc. Le der­nier à le ten­ter, et sans doute le plus légi­time pour ça, fut Jean Hélène, qui le paya de sa vie.

Dans ce même numé­ro, ne se limi­tant pas à l’événementiel, l’Obs’ donne la parole à Jean-Fran­çois Bayart. Ce cher­cheur du CNRS, prend toute la hau­teur néces­saire à la com­pré­hen­sion de ce drame qui cris­tal­lise tant d’ingrédients : le colo­nia­lisme, certes, mais plus encore aujourd’hui son cor­tège com­plexe qui aura fait défi­ler les Hou­phouët-Boi­gny, Ple­ven, Mit­ter­rand, De Gaulle, Foc­cart, Bédié, Bal­la­dur, Chi­rac et Bgag­bo enfin. Où l’on com­prend com­ment a pu naître « la colère des jeunes cita­dins qui n’ont connu du “miracle ivoi­rien” que le chô­mage, et de la “Fran­ça­frique” que le refus des visas convoi­tés ou la clan­des­ti­ni­té des sans-papiers».

Com­prendre n’excuse per­sonne. Sur­tout pas une classe poli­tique irres­pon­sable d’où auront jailli les ultras de l’ «ivoi­ri­té» et les «demi-choix» des diri­geants français.

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Les catastrophes sont parfois d’origine naturelle… Mais c’est l’action des humains qui en aggrave les conséquences. Et ce sont toujours les pauvres qui trinquent

NOTULES VACHARDES D’UN 31 DECEMBRE 2004

• On reparle de la taxe Tobin sur les tran­sac­tions finan­cières, idée à l’origine d’Attac. Dans la fou­lée de Chi­rac, son conseiller « éco­lo », Nico­las Hulot, a relan­cé l’idée ce matin sur France Inter. Ça ne devrait donc plus tarder.

• Dans le même ordre d’idées, un audi­teur sug­gé­rait que la Com­mu­nau­té euro­péenne lève un impôt soli­da­ri­té de 50 euros par foyer fis­cal. Ce qui, selon son esti­ma­tion, rap­por­te­rait 5 mil­liards d’euros – bien plus que ce qui est pro­mis actuellement.

• L’impôt n’est pour­tant pas à la mode libé­rale. La cha­ri­té pri­vée devrait se char­ger des grandes causes (télé­thon et autres ker­messes). Il n’empêche, voi­ci que réap­pa­raît notre pre­mier ministre – qu’on aurait pu croire empor­té par la vague des Mal­dives. Que nen­ni ! Magique il réap­pa­rait, en magi­cien habillé, et qui, d’un coup de baguette magique, paf !, trans­forme sous nos yeux 20 mil­lions d’euros en 40 ! Ça alors. Chô­meurs, cher­cheurs, Rmistes, inter­mit­tents du spec­tacle et de la vie : tous devraient se sou­ve­nir de ce truc et se char­ger de bis­ser l’artiste.

• A pro­pos de pro­messes de magi­cien, un inter­ve­nant à la radio (je ne sais plus qui) a judi­cieu­se­ment rap­pe­lé que lors du ter­rible trem­ble­ment de terre en Iran (jan­vier 2004, 40.000 morts), un mil­liard de dol­lars d’aide avait été clai­ron­né. Et, en réa­li­té, seule­ment 17 mil­lions ont été déboursés…

• Ah là là ! ces vacances au Maroc, on s’en sou­vien­dra ! Entre des otages libé­rés et un raz de marée, dur de se la cou­ler pei­narde à la Mamou­nia de Mar­ra­kech. Pour faire dépla­cer le pré­sident plus vite, il eut fal­lu lui par­ler de « tsu­na­mi ». Ce mot japo­nais, voi­sin loin­tain de « sumo », l’aurait peut-être mis en action.

• Vacances tou­jours., c’est dingue !: le minis­tère ita­lien des affaires étran­gères (AFP | 31.12.04) fait savoir que l’archipel tou­ris­tique des Mal­dives a été reti­ré de la liste des des­ti­na­tions décon­seillées aux vacan­ciers ita­liens depuis le raz-de-marée. L’association ita­lienne des agences de voyages explique : « Nous avons invi­té nos adhé­rents à écou­ter les exi­gences du client et nous sommes dis­po­sés à trou­ver un com­pro­mis, tout en sachant que les des­ti­na­tions alter­na­tives comme les Caraïbes, Zan­zi­bar et le Kenya affichent main­te­nant com­plet.» Pen­dant le désastre, les affaires continuent.

• Sur ce, j’ose sou­hai­ter un bon réveillon et une bonne année à mes «blo­guistes». Ça ne chan­ge­rait rien de som­brer dans le sen­ti­ment de culpa­bi­li­té. La soli­da­ri­té ne sau­rait être un sub­sti­tut à la mau­vaise conscience. Pas une rai­son non plus pour s’empifrer.

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RAZ DE MARÉE. Naissance de LA question, sur France 2

France 2, 20 heures, édi­tion spé­ciale (jeu­di 30). Elle assure, Carole Gaessler. Les autres aus­si, der­rière. Belle mobi­li­sa­tion, comme sou­vent face aux catas­trophes – «l’événement porte»… Ah ! cette jouis­sance jour­na­lis­tique des grands jours… Mais ils sont là : repor­tages mul­tiples (un peu redon­dants par­fois), angles tra­vaillés. Quelques ratés : cette famille bc-bg des Yve­lines, bon – mais sans doute repré­sen­ta­tive, il est vrai, de la plu­part de ces tou­ristes pro­gram­més Para­dis de Noël et dérou­tés vers l’Enfer.

Puis un beau «sujet» – les mots du jar­gon ! – que celui consa­cré à cette jeune femme, plu­tôt bo-bo, elle. Devant son ordi­na­teur por­table, elle revoit les images d’événements qu’elle n’a que croi­sés, tout juste entre­vus. Elle n’a pu com­prendre ce qui se pas­sait tant les choses se sont pré­ci­pi­tées autour d’elle. Comme elle dit, elle a été «jetée dans des avions».

Et là, au chaud de son appar­te­ment douillet, elle déprime. Car elle pense et repense à tous ceux qu’elle a «aban­don­nés». Tous ces autoch­tones, si dému­nis, qui l’ont secou­rue, nour­rie, récon­for­tée, elle la riche touriste.

Alors, elle se sent mal, impuis­sante, pétrie de culpa­bi­li­té. Elle veut repar­tir «là-bas», pour «aider». Comme pour se libé­rer de sa dette, sou­la­ger sa mau­vaise conscience. Le com­men­taire off est intel­li­gent, déli­cat. On dirait qu’on assiste à une nais­sance. Oui, quelque chose comme une prise de conscience. C’est beau…mais. L’écran s’est empli de la grande ques­tion, celle qui vient frap­per ce siècle nais­sant, celle de la Grande Injus­tice Nord-Sud.

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TSUNAMI-ASIA.INFO. Un site de première utilité

Un site inter­net (français/anglais) vient d’être mis en place, des­ti­né à réunir au quo­ti­dien des infor­ma­tions utiles sur la catas­trophe en Asie.

Il s’adresse à tous ceux qui se sentent concer­nés et sur­tout aux per­sonnes qui cherchent des nou­velles de dis­pa­rus ou qui ont des infor­ma­tions à appor­ter concer­nant des vic­times. Il est ouvert à tous ceux qui veulent témoigner.

Une rubrique est dis­po­nible pour les pro­po­si­tions d’initiatives qui visent à venir en aide à des popu­la­tions locales.

Ce site, non com­mer­cial, est indé­pen­dant de toute orga­ni­sa­tion ou État. Il ne reçoit pas de dons, mais on y trouve les adresses des ONG qui les collecte.

http://www.tsunami-asia.info/initiative.php3
contact@tsunami-asia.info

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Le raz de marée et l’entendement sélectif de W

Quelques sus­pi­cieux, bien sûr mal inten­tion­nés, avaient naguère émis des doutes sur la com­pre­noire de Bush W. La majo­ri­té des élec­teurs état­su­niens ont esti­mé qu’il n’y avait pas lieu de s’alarmer. A tort. Ils viennent en effet d’être désa­voués par leur pré­sident lui-même décla­rant, ce 28/12, à pro­pos du raz de marée que ses consé­quences « dépassent l’entendement ».

Ce n’est pas la pre­mière fois, ni la der­nière, que W se sent pris au cer­veau. On se sou­vient com­ment Michael Moore l’avait mon­tré en plein désar­roi de vacui­té céré­brale lorsqu’on lui apprit l’attaque des Twin-Towers. Le 27 mars 2003, rece­vant à la Mai­son blanche son grand ami Blair, ne décla­ra-t-il pas ? : «S’il nous fal­lait des témoi­gnages sup­plé­men­taires de la dépra­va­tion du régime de Sad­dam Hus­sein, cette der­nière atro­ci­té [la dif­fu­sion d’mages de sol­dats bri­tan­niques exé­cu­tés] nous les apporte. […] C’est un acte de cruau­té qui dépasse l’entendement. Cela dépasse en véri­té la capa­ci­té de com­pré­hen­sion de qui­conque pos­sède la moindre par­celle d’humanité. »

Certes, comme tout un cha­cun, W a ses enten­de­ments et indi­gna­tions sélec­tifs. Le pire c’est qu’il les impose au monde. Ain­si voit-on poindre une nou­velle mani­fes­ta­tion de l’imperium (pour reprendre le mot de Theo­dore Ros­zak dans son excellent livre, La Menace amé­ri­caine), cette fois sur le ter­rain de l’humanitaire en Asie… Dési­reux, sans doute, de se redo­rer un bla­son quelque peu ter­ni dans le «rest of the world», W dis­pute à l’Onu son lea­der­ship sur la coor­di­na­tion de l’aide aux pays asia­tiques dévas­tés par les raz de marée.

Il vient en effet (AFP, 22/12) de déci­der d’établir une nou­velle coa­li­tion inter­na­tio­nale afin de secou­rir les vic­times. C’est pour­tant le rôle dévo­lu à l’Onu, via son Bureau de coor­di­na­tion des affaires huma­ni­taires. C’est sur­tout l’occasion pour le W de pour­suivre de sa vin­dicte et l’Onu et son secré­taire géné­ral Kofi Annan, empê­cheurs de guer­royer en rond. C’est enfin un manière pour W d’accomplir son devoir reli­gieux au nom du dieu des néo­con­ser­va­teurs et des affai­ristes. Et cela pour pas cher : Washing­ton, qui avait d’abord offert 15 mil­lions de dol­lars d’assistance aux pays sinis­trés, sous le feu des cri­tiques – dont celles de l’Onu – a por­té son aide à 35 mil­lions de dol­lars. Quel élan de générosité !

Qui sau­rait chif­frer, par contraste, le coût de la guerre d’Irak ? On s’y perd, tant l’addition est énorme, mais insuf­fi­sante encore : W s’apprête à deman­der au Congrès, en février, un bud­get sup­plé­men­taire de 80 mil­liards de dol­lars pour les opé­ra­tions mili­taires en Irak, selon le chef d’une délé­ga­tion de par­le­men­taires amé­ri­cains en visite à Bag­dad, Jim Kolbe, pré­sident (répu­bli­cain) de la sous-com­mis­sion des opé­ra­tions à l’étranger au sein de la Chambre des repré­sen­tants. Une paille à côté des 2.000 miliards de dol­lars inves­tis d’ici à 2008 dans les indus­tries mili­ta­ro-indus­trielles des­ti­nées à pro­lon­ger bien plus avant encore les délires de Rea­gan et de sa « guerre des étoiles ».

Quant au coût humain en Irak, il sur­passe même l’entendement de W : 100.000 morts civils, pour ne comp­ter «que» ceux-là. Un vrai raz de marée.

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Des pêcheurs bretons appellent à la solidarité

Le Col­lec­tif Pêche & Déve­lop­pe­ment basé à Lorient * lance un appel dont voi­ci des extraits :

« Le raz de marée […] a par­ti­cu­liè­re­ment tou­ché les mil­lions de pêcheurs et leurs familles qui vivent habi­tuel­le­ment dans des condi­tions très pré­caires au bord des plages. 85% des pêcheurs dans le monde vivent en Asie et notam­ment dans les pays tou­chés par cette catastrophe.

« Nous avons reçu des appels aux secours d’organisations de pêcheurs de ces pays. Selon les témoi­gnages de pêcheurs sri-lan­kais, le raz de marée a par­fois fait sen­tir ses effets jusqu’à 1,5 km de la côte et la vague a pu atteindre 20 mètres de haut dans le sud du pays. Ce sont toutes les infra­struc­tures et les moyens de vivre des com­mu­nau­tés de pêcheurs qui sont à recons­truire sur des mil­liers de km de côtes surpeuplées.

« Face à une telle catas­trophe, les pêcheurs fran­çais se sentent soli­daires et nous les appe­lons, indi­vi­duel­le­ment et par leurs orga­ni­sa­tions, à témoi­gner de cette soli­da­ri­té en ver­sant leurs dons aux orga­ni­sa­tions diverses recon­nues pour leurs capa­ci­tés d’agir dans ces situa­tions ou en adres­sant leurs dons au Col­lec­tif Pêche & Déve­lop­pe­ment avec la men­tion Soli­da­ri­té Asie. Les dona­teurs seront tenus au cou­rant de la des­ti­na­tion des dons recueillis. »
Logo_peche_devDanièle Le Sauce , Pré­si­dente de la Branche fran­çaise du Forum Mon­dial des pêcheurs , Alain Le Sann, Pré­sident du Col­lec­tif Pêche & Développement
* 1, Ave­nue de la Marne - 56100 Lorient
tél.: +33 (0) 297 84 05 87 - fax: +33 (0) 297 64 24 57
http://www.peche-dev.org

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Raz de marée électromagnétique

Un seul ordi­na­teur vous manque et tout est dépeu­plé *… Comme si l’onde rava­geuse l’avait frap­pée dans son som­meil, cette sale bête a rechi­gné ce matin, refu­sant car­ré­ment de se réveiller. Le coma déli­bé­ré, exprès, la vache ! Et sa rébel­lion en dit long aus­si sur ses capa­ci­tés de domi­na­tion, ses talents à créer de la dépen­dance. Quoi, un bug, un éter­nue­ment viral, une panne de ces sata­nées machines, et nous voi­là tout coi-tout con ? !

Eh les potes, Jo et JFH, vous les  » ado­ra­teurs  » de Jacques Ellul, ce vision­naire, debout ! Par­lez-leur aux tech­nos, dites-leur bien à quel point on se sent par­fois si seul dans le  » peuple  » infor­ma­tique. Aler­tez-les des risques du pro­chain raz de marée élec­tro­ma­gné­tique qui ébranle le monde élec­tro­nique ! Et ain­si pré­ser­vez-nous de l’engloutissement sous la vague fatale qui anéan­ti­ra nos mémoires, les vives comme les mortes.

Une fois de plus, c’est le livre qui nous sau­vra. (Amen !)

* Pro­po­si­tion de jeu : Quelle est la cita­tion que cette phrase évoque ? De quel auteur ? Et on en reparlera.

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FRANCE 2. On allait donner pour la Croix-Rouge… et puis J-F Mattei a surgi

Tout de même, ce raz de marée, qui vient gâcher notre entre-deux fêtes ! J’exagère à peine. Voyons, par exemple, la télé de ce midi. Com­ment envoyer les marrons gla­cés après tant de larmes, de cris, de dou­leurs ?… Eh ben comme ça : France 2, par exemple, avec son repor­tage tota­le­ment in-dé-cent (même par temps «calme») sur les pré­pa­ra­tifs du dîner de cha­ri­té au Ritz, qu’apparemment cette chaîne «spon­so­rise» puisqu’elle semble nous la ser­vir chaque jour au des­sert. Ils en étaient à 280 ins­crits. D’où la ter­rible inter­ro­ga­tion : com­bien de homards à estour­bir pour allé­ger la sup­po­sée mau­vaise conscience des «hap­py few» ? Et com­bien à payer pour un tel sou­la­ge­ment ? Entre 350 et 450 euros, nous a dit le repor­ter, sans pré­ci­ser ce qui jus­ti­fie la « four­chette » – c’est bien le mot.

Autres ques­tions, cette fois direc­te­ment liée au drame de l’Océan indien : Que faire ? Com­ment aider ? Sans doute en envoyant un don…, mais à qui ? À la mai­son, on pen­chait plu­tôt pour la Croix-Rouge, cette ONG de ter­rain, laïque, effi­cace, pas trop de cas­se­roles au cul, etc.

Mattei_89Et puis voi­là que notre chaîne du ser­vice public, vou­lant faire son inté­res­sant, invite le pré­sident (de la Croix-Rouge) : soit Mon­sieur Cani­cule de chez nul, Jean-Fran­çois Mat­tei lui-même, triom­phal comme au bon temps du minis­tère de la san­té, prêt à de nou­velles frasques de «com­mu­ni­ca­tion». On n’avait donc pas su que la chi­ra­quie l’avait ain­si reca­sé pour ses bons et loyaux ser­vices (il faut dire que ça s’est fait ce 19 décembre, comme qui dirait en loucedé…).

Donc, pro­blème encore ! Quelle idée, fran­che­ment, d’inviter ce type pour repré­sen­ter la Croix-Rouge ?! Dans le métier, le vrai, on dit que c’est de l’info ins­ti­tu­tion­nelle. Pour­quoi, par exemple, ne pas avoir don­né la parole à l’un de ses repré­sen­tants de ter­rain, ils sont si nom­breux, si admi­rables ! Oui mais, le Pré­sident…, certes mais tel­le­ment contre-productif !

Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Ima­gi­ner que ce Mat­tei palpe ses… j’ sais pas, met­tons 10.000 euros men­suels pour pré­si­der cette orga­ni­sa­tion… Non, pas pen­sable de contri­buer à « ça » ! Alors qu’ils en ont besoin, sans doute. Ah, putain, que la poli­tique est une belle emmerdeuse !

• Des­sin © faber (andre.faber@wanadoo.fr)

 

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RADIOS des petits matins : chagrin

Lun­di, six heures et demie. Petit déj” bru­meux. Le poste a été déré­glé. Je cherche à tâtons ma sta­tion pré­fé­rée. Je me tape la bande FM… Encore bien­veillant, je me dis que c’est pour bien faire que les pro­gram­meurs de radio choi­sissent leur musaque mas­sa­crante. Ils doivent vou­loir aider le pro­lé­taire à mettre le pied à l’étrier. J’ose croire qu’ils se blousent total. Que ce sont de petits gom­meux incultes qui méprisent leurs contem­po­rains – enfin sur­tout moi, que leurs goûts musi­caux de chiottes m’incitent car­ré­ment à leur cla­quer le cla­pet. Qui n’a jamais « zap­pé » sur les radios du petit matin ignore la pro­fon­deur de la détresse humaine s’infligeant de tels outrages matu­ti­naux (excu­sez le mot, pas pu m’empêcher). Tout y est vul­gaire : les voix, sur­tout, les pro­pos, sur­tout, les « blagues », sur­tout, les rires, sur­tout les rires bêtes à cre­ver. Le pire, sur­tout, c’est que ces radios-là trouvent des auditeurs !

Bon, mais pour­quoi se faire du mal ? Je trouve donc refuge chez France Inter, mon pâté d’alouette du matin (déjà épin­glé ici : cf 16 décembre). 15 000 morts et plus, les vagues de 10 mètres et plus, l’échelle de Rich­ter à 9 et plus. Pao­li en vacances, la relève à la traîne. Celui-là chan­tonne l’ «info». Il la joue moderne, presque « sta­tion FM pour d’jeunes ». Heu­reu­se­ment une femme sauve la mise par son huma­ni­té, et plus de matu­ri­té aus­si – qui fait vrai­ment le métier d’informer. Du coup, sa com­pas­sion sonne plus juste. Mais, comme les « tsu­na­mis », elle finit quand même par se fra­cas­ser sur les vieux cli­che­tons : le retour des pre­miers tou­ristes à Rois­sy, le micro-trot­toir obli­gé et l’inévitable « cel­lule psy­cho­lo­gique mise en place ».

Puis « sans tran­si­tion », comme dit l’autre – d’ailleurs on ne ménage plus de tran­si­tion dans l’info, ça ferait rin­gard; la règle, c’est le coq à l’âne –, on passe à l’Ukraine, une explo­sion de gaz à Mul­house, ah là là, les pauv’ gens !, la spor­tive de l’année, la météo. Et hop !, l’affaire est pliée. Reste à espé­rer que son jour­nal-papier sera, lui, à la bonne hauteur.

Et encore cette lan­ci­nante ques­tion : qu’est-ce qu’informer ? Et aus­si : qu’est-ce qu’être infor­mé, quand estime-t-on l’être ? Je ne le sais trop. Ou le plus sou­vent en creux. Comme un manque après la sur­dose. Tout ce bruit appelle la musique du silence.

PS et mora­li­té : pour­quoi se lever si tôt ?

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Il suffisait d’y penser : une assurance spéciale média

Voi­là une idée qui devrait bien plaire à la maire d’Aix-en-Provence*… : une assu­rance spé­ciale média. C’est le cor­res­pon­dant de Libé­ra­tion à Stock­holm, Oli­vier Truc, qui rap­porte l’info (20/12/04). L’ « abo­mi­nable » trou­vaille émane des sociaux-démo­crates sué­dois, dont la direc­tion du par­ti a sous­crit un tel contrat pour le compte de ses prin­ci­paux ténors du gou­ver­ne­ment et de tous ses députés.

« Cette assu­rance, explique l’article, per­met aux poli­ti­ciens [cou­verts] d’obtenir une aide juri­dique s’ils s’estiment calom­niés dans l’exercice de leur fonc­tion et veulent por­ter plainte contre les journaux. »

«La loi sué­doise sur la liber­té d’expression est très géné­reuse pour les jour­na­listes, constate Håkan Olan­der, atta­ché de presse du Par­ti social-démo­crate. Il est très dur de gagner un pro­cès contre un jour­nal. Per­sonne ne pense que cette assu­rance chan­ge­ra le rap­port de force entre le pou­voir et les médias, mais ce qui est vrai, c’est que les poli­ti­ciens se sentent de plus en plus mena­cés, et le ton des jour­naux s’est dur­ci ces der­nières années.»

Ce sys­tème est en place depuis un an, mais n’a pas encore été éprou­vé. Les jour­na­listes sué­dois ne semblent pas pour autant impres­sion­nés. Au nom de la Fédé­ra­tion des jour­na­listes, Lot­ta Till­ström se contente de trou­ver les poli­ti­ciens «naïfs».

* Voir la note ci-dessous.

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La maire d’Aix-en-Provence contre le Nouvel Obs’ « Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté de la presse ». Alors où est le problème ?

Les pro­cès inten­tés à la presse sont tou­jours à double tran­chant. Même et sur­tout s’agissant d’un pro­cès d’intention. La maire d’ Aix-en-Pro­vence, Mme Maryse Jois­sains-Masi­ni, semble igno­rer cette réa­li­té ; et si elle fut jadis avo­cate, elle paraît aujourd’hui bien cava­lière au regard du droit de la presse. Ain­si veut-elle traî­ner le Nou­vel Obser­va­teur en jus­tice, du moins si elle n’obtient pas répa­ra­tion par un droit de réponse équi­valent à l’outrage – d’ailleurs non encore juri­di­que­ment qualifié.

Et quel est diantre cet outrage ? Le sup­plé­ment régio­nal de l’hebdomadaire consa­cré à sa ges­tion muni­ci­pale et titré (cou­ver­ture ci-contre) : «Maryse Jois­sains-Masi­ni est-elle à la hau­teur ?» Certes, éma­nant d’un heb­do de centre gauche, la ques­tion implique une réponse pré­vi­sible. Mais celle-ci s’avère tout à fait argu­men­tée, fon­dée sur un tra­vail jour­na­lis­tique sérieux, mesu­ré, et même équi­li­bré. Du vrai bon bou­lot comme on aime­rait que bien des jour­na­listes s’en ins­pi­rassent ( ;-), et qui pour­ra ser­vir aus­si bien aux étu­diants aixois du mas­tère de jour­na­lisme juri­dique de la facul­té de droit, y com­pris avec ses pos­sibles pro­lon­ge­ments au prétoire…

Or donc, quand Mme Jois­sains-Masi­ni n’est pas contente, elle ne sait jamais se rete­nir de le toni­truer, dans son style inimi­table, entre gouaille et vul­ga­ri­té. Si bien qu’on ne trou­vait plus un Nou­vel Obs qui vive sur la place d’Aix et envi­rons. Bonne affaire pour le jour­nal. Son ser­vice des ventes n’a pas man­qué les réas­sorts, et le « brû­lot » encore chaud se négo­ciait de plus belle, en deuxième et troi­sième semaines après paru­tion, jusques et y com­pris au kiosque devant la mai­rie. Bra­vo la promo !

Comme le rap­porte La Pro­vence au len­de­main du conseil muni­ci­pal en par­tie consa­cré à l’ «affaire», Mme Jois­sains-Masi­ni s’estime « traî­née dans la boue » par le dos­sier «qui met en cause la cré­di­bi­li­té des élec­teurs […], l’honorabilité et la com­pé­tence du maire» et de son équipe. Bien sûr, a-t-elle ajou­té, «Il ne s’agit pas là de remettre en cause la liber­té de la presse ni sa capa­ci­té d’interpréter les faits. Mais là, l’exercice vise à désta­bi­li­ser l’équipe muni­ci­pale en uti­li­sant des moyens sou­ter­rains et indignes». Moyens ain­si qua­li­fiés dans un docu­ment aux élus : […]«la dés­in­for­ma­tion, la calom­nie, la rumeur, le men­songe et l’injure». Bigre ! Atten­dons voir ce que peut bien recou­vrir cha­cun de ces termes dans l’esprit de la maire d’Aix-en-Provence. On en en sau­ra alors plus sur la légis­la­tion de la presse. A l’avocate, cette fois, de se mon­trer à la hauteur.

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Réponse à la ques­tion  » Qui a dit ? » [24/02/05]

Robert Her­sant, en 1983, au Nou­vel Observateur.

Hersant

1920-1996. Celui qu’on appe­lait « le papi­vore », ou « Citi­zen Her­sant », avait consti­tué le pre­mier empire de presse fran­çais, en dépit de ses acti­vi­tés sous l’Occupation. Son ascen­sion est liée à la réus­site de l’Auto-Journal (1950) à par­tir duquel, rachat après rachat, il consti­tue ce qui deviendre la Soc­presse – aujourd’hui pro­prié­té de Das­sault (87%) et de Aude Ruet­tard, petite-fille de Robert Her­sant (13%).

En vrac et entre autres, l’empire Her­sant a contrô­lé en tota­li­té ou en par­tie: L’Auto-Journal, France-Antilles, Centre Presse, Nord-Matin, Paris-Nor­man­die, Le Figa­ro, Nord-Eclair, France-Soir, L’Aurore, Le Figa­ro Maga­zine, La Voix du Nord, Le Pro­grès de Lyon, Le Dau­phi­né libé­ré, L’Union, etc., ain­si que des dizaines de socié­tés annexes.

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  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
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