Jazz plus à Vitrolles. L’autre monde de Marjolaine Reymond en quartet

Berio, Ohana, Cage ont nourri son chant et ses compositions. © Gérard Tissier

« Ovni vocal ou musical », on n’aura pas fini de la décrire ainsi, jusqu’à finalement bien l’identifier : une musicienne d’exception et à la voix de même. En fait, tant de compliments l’entourent déjà ! A se demander à quoi bon en rajouter. Rencontrer Marjolaine Reymond, pour ce qui est de sa vie ses œuvres, le mieux est de frapper à la porte de son site, là. On y trouvera même des bribes sonores de son talent de soprane et de compositrice sur trois octaves. Mais des bribes ne font pas le printemps de cette artiste au sens fort. Pour dire qu’il fallait « en être », hier soir [8/5/10], au Moulin à jazz de Vitrolles, haut-lieu provençal du jazz. « Comme dab » dirons les plus fidèles, sauf que le jazz ne saurait vivre d’habitudes, surtout pas. Aussi l’aventure surgit-elle deux samedis par mois dans cette douce machine à moudre les musiques d’aujourd’hui.

Et c’est à se stade que je passe le clavier au président de l’endroit, Claude Gravier, présentant on ne peut mieux le concert du Quartet Marjolaine Reymond :

« Il est assez rare, en ces temps de calibrage, de se retrouver piégé, un peu penaud d’avoir jusque là ignoré le monde imaginaire, poétique et profondément original d’une chanteuse qui marie le chant lyrique et le jazz. Sa voix de soprano, magique et aérienne, formée au contemporain, acclimatée au jazz, est épaulée par des musiciens hors pair. Elle crée un monde tout à fait original et envoûtant, sans doute l’un des plus étonnants qu’il nous ait été donné d’entendre depuis longtemps. 
A l’heure où beaucoup de chanteuses prennent soin de rester dans les limites du correct, Marjolaine Reymond préfère l’imprévisible : n’est-ce pas cela le jazz ? Alors ovni ? comète ? fée ? Laissez vous emporter, envoûter et peut-être déranger par cet univers de haute voltige acoustique. »

À quoi bon, dira-t-on, de tels louanges après coup sinon à produire du regret inconsolable ? Pour votre culture, pardi ! Afin que vous ne les ratiez pas, elle et ses complices, à leur prochain passage. Vous direz que ce n’est pas demain la veille… Certes, vu que leur « tournée mondiale », comme s’en est amusée l’artiste, s’est déroulée sur quatre mois et en… deux concerts (Nantes et Vitrolles). Mieux vaut en rire, de ce rire jaune masquant le scandale couvrant le sort des musiciens, trop méprisés par notre société, sinon malmenés ou carrément ignorés. A l’image, il est vrai, de bien d’autres, avec ou sans travail. Ce qui relève d’une autre musique.

Revenons à celle-là, consolatrice ou révoltante.

Marjolaine Reymond vient du lyrique et s’en échappe dans le jazz. Du moins le fait-elle croire et, pour cela, s’entoure de trois musiciens de cette obédience. Lesquels ne jouent pas à moitié. Monte alors l’odeur de marjolaine, celle de la musique que l’on dit contemporaine, surtout quand on ne la connaît pas. Ah, ces étiquettes autocollantes ! Bref, on est dans la musique, le chant, la voix, les vibrations, l’harmonie. Et aussi l’audace, l’aventure et ce qu’il faut de folie pour décoller d’ici-bas.

>>> Marjolaine Reymond, voix – David Patrois, vibraphone (mention spéciale) – Xuan Lindenmeyer, contrebasse – Yann Joussein, batterie

David Patrois. Vient de sortir l’album “Trio + 2” – remarquable. © Gérard Tissier

>>> Voir aussi :

http://culturejazz2.free.fr/spip.php?article940

http://www.citizenjazz.com/Marjolaine-Reymond.html

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