« Paris Normandie ». Les excuses emberlificotées

Faute avouée, à moitié pardonnée. Admettons. Mais « faute au dixième avouée », ça n’entraînera pas un grand grand pardon. Dans son édition de ce vendredi 7, Paris Normandie tente de faire amende honorable.

Trois jours après avoir publié des photos bidons du raz de marée (voir ci-dessous «PARIS NORMANDIE» VICTIME ET COMPLICE D’UN BIDONNAGE VIA INTERNET). En haut de la page 5, sous le titre «Faux tsunami, vrai mascaret», le journal tente la courante et grossière pirouette des journaux pris la main dans le sac de la gaffe professionnelle, gaffe qu’ils rechignent si souvent à assumer.
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On lit notamment, à propos des fameuses photos : « Nous n’avions pu alors les authentifier formellement. Ce que nous avions souligné, en prenant toutefois le risque de les diffuser. Il semble aujourd’hui que notre bonne foi, comme celle des radioamateurs, ait été abusée. » On s’accroche à la dernière branche du subjonctif… Ah que c’est dur l’humilité ! Quant au «souligné», il fallait le chercher à la loupe.

La dernière partie de ce « rectificatif » au forceps explique que selon des lecteurs «avisés», eux, «ces documents bien réels n’auraient rien à voir avec les tsumanis», etc. Et que je te remélange du bien réel» avec du conditionnel !

Donc, il s’agirait (conditionnel, bien sûr) d’ «un mascaret [ndlr : vague déferlante] qui se produit régulièrement sur le fleuve Qian Tang Jiang dans le Zhejiang en Chine». En clair, c’est du chinois.

Et de finir par le couplet téléphoné : « Une malencontreuse erreur d’interprétation dont nous prions nos lecteurs de bien vouloir nous excuser. Preuve que la plus grande vigilance est de rigueur vis à vis de la multitude d’informations et de documents qui transitent par internet sans qu’il soit toujours possible d’identifier les origines et les auteurs.» Traduction plus claire : il n’a pas été possible d’exercer «la plus grande vigilance», là est l’aveu. Mais nous décidons de publier quand même, là est la faute.

Poussez-vous, cher confrère, que je vous l’écrive ce communiqué : «Moi, rédacteur en chef, journaliste professionnel, ai failli à ma tâche. Agissant avec précipitation, sans esprit critique ni discernement, dans le désir de forcer le trait d’une réalité pourtant déjà hautement désastreuse en elle-même, sacrifiant à l’information spectacle, j’ai publié, en les manipulant, des images photographiques non sourcées ni légendées. En foi de quoi, la tête sur le billot, j’implore le Lecteur suprême de nous pardonner nos offenses».

Et hop, pas plus difficile! Et qu’est-ce que ça soulage une autocritique publique – souvenez-vous, la Chine, Mao, ses repentis, ses pendus.

Ah oui, il faudra aussi publier ça à la une, cette fois, avec le rappel visuel de l’objet du délit. La vraie repentance, celle-là seule qui pourra conduire à la rédemption…et au grand Pardon du Lecteur.
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• En foi de quoi, le jury souverain du PPP – Palmarès de la Pantoufle de Presse – maintient le niveau de distinction atteint hier par Paris Normandie, soit 3 Pantoufles d’or.
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