Mimosa_1D’abord le mimo­sa. Si, si, pre­nez donc !, il y a des prio­ri­tés. Et c’en est une de le humer et de l’entendre dire que tout va bien, puisque la vie conti­nue, que nous sommes là encore – ce jaune, ce par­fum, il faut y croire.

Donc j’allais au mar­ché ce matin. J’aime bien. J’y croise le Fran­cis, qui pro­mène sa canne en mâchon­nant son brin de sauge. Ah ?, Angèle est encore pas là, avec son miel de Céreste (et de lavande). Pou­vait pas, c’est la pleine époque des che­vreaux, me dit la fro­ma­gère. Vous allez trou­ver que je donne dans le folk­lo-péd­zouille aux herbes de Pro­vence. Hé, c’est vous qui croyez !

Et celle-là, c’est de la fari­gou­lette ? : La place de la mai­rie était plus agi­tée que les autres same­dis. Même que des ban­de­roles fré­mis­saient sous la brise fraîche. Ouais, des ban­de­roles pas contentes : «La culture coûte cher, essayez l’ignorance !». Bien envoyé, juste sous le nez du maire. J’en ai déjà par­lé ici (L’école comme une entre­prise, la com­mune comme une entre­prise, l’État comme une entre­prise ! Et Syl­vestre sur nos ondes…). Le maire de ma com­mune, Venelles, 7.000 âmes, nous la joue Raf­fa­rin-Made­lin. L’Office muni­ci­pal de la culture et de la jeu­nesse et ses mal­heu­reux quatre sala­riés, pan !, plus de sub­ven­tion. Finis concerts et pièces sym­pas à des prix pas chers, là en plein vil­lage, sans devoir rou­ler des kilo­mètres vers Aix ou Mar­seille. Fini aus­si le fes­ti­val annuel des Acous­mies, des mini Fran­co­fo­lies sous les pins. Sauf à le faire sous-trai­ter par une boîte pri­vée… Bien sûr, la «culture» aus­si comme une mar­chan­dise, on connaît.

VenellesUne même pan­dé­mie gagne villes et cam­pagnes du vaste monde. Du haut de l’État jusqu’en ses suc­cur­sales zélées, conta­mi­nant les esprits à la «chose mar­chande», pro­pul­sant les maires en chefs d’entreprise, le cre­do ultra-libé­ral étend ses ravages. «Ils ne mou­raient pas tous, mais tous étaient atteints»… Au secours La Fon­taine, les ani­maux sont tou­jours malades – mais d’une nou­velle peste !

A pro­pos de peste, l’antique qui effrayait tant au Moyen âge – et pour cause –, rap­pe­lons que c’est cette période qui, pré­ci­sé­ment, a vu naître ce que les his­to­riens ont appe­lé la révo­lu­tion com­mu­nale. La com­mune comme ter­ri­toire de soli­da­ri­té, lieu de nais­sance de l’entraide sociale. Un «petit pas pour l’homme» et un grand vers l’humain – même si beau­coup de che­min res­te­rait à par­cou­rir. D’ailleurs, y est-on jamais arri­vé ? Et, au fait, n’irait-on pas à recu­lons ? A Venelles, on le dirait bien, par moments. Mais pas ce matin qui avait un goût de jac­que­rie – pour un peu la mai­rie était occu­pée ! – et aus­si un air de flon­flon mêlé de mimo­sa… et de vin chaud. Alors, rien n’est per­du.

---> Pho­to de la manif : pas ter­rible, sor­tie du por­table…, mieux que rien, quoi.

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