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Tout se dérègle, semble-t-il. Pas un jour sans alerte. « Fai­sons vite, ça chauffe ! » clame la pub, comme si l’écologie était apo­li­tique. Comme si la poli­tique elle-même n’était pas d’abord une éco­lo­gie, cette har­mo­nie entre le monde et les cœurs qui l’habitent – et dont per­sonne n’a « le mono­pole », on sait, mer­ci. Tout fout le camp et tout semble nor­mal. Je viens encore de véri­fier, main­te­nant que le prin­temps s’avance. Comme annon­cé, les iris jaillissent à coups de traits vio­lets, les yeuses débourrent et passent sans pré­ve­nir du mar­ron-ocre au vert Véro­nèse ; je parle des chênes verts chers à Gio­no : en accé­lé­ré on ver­rait leurs bour­geons s’ébrouer comme des chiens mouillés. Je parle de la « cam­pagne » – la ville n’est jamais bien loin à bruire. Les indi­ca­teurs média­tiques l’attestent aus­si : sous le ron­ron des flux son­da­giers, à J moins… et quelques, la Répu­blique a l’air calme. 

D’innombrables doc­teurs Knock, Dia­foi­rus de l’opinion, tentent de prendre la tem­pé­ra­ture de l’indécision qui seule encore pro­cure quelque exci­ta­tion à la « science » poli­tique – mon cul ! Ces der­niers jours, des poli­ti­cards has been, si assoif­fés de recon­nais­sance – mais de quoi ?, faites donc ! –, ont ten­té de remettre la balle au centre, là où stagne le marais, grande flaque des « sans opi­nion », enfin qu’ils disent pour mas­quer leur absence de convic­tion. Ils ne dif­fé­ren­cient plus leur main gauche de la droite. De l’une ou de l’autre, ils tâtent le fruit qui traîne, comme eux d’ailleurs, d’une moue dégoû­tée, gavée de tout, ou bien pri­vée de l’essentiel – cet appé­tit à mordre dans le fruit de l’engagement. Excu­sez le gros mot, aban­don­né à la rue, comme dans une cité « sen­sible », ramas­sé par celui qui cite Camus et Jau­rès en pro­por­tion inverse de sa légi­ti­mi­té à le faire.

Est-ce bien le moment de jouer les cho­chottes une fois de plus ? De faire son esthète devant l’embarras du choix, entre les douze des­serts de la Démo­cra­tie bonne fille ! – Ah, je tâte­rais bien un peu de ça, ou bien non, de ci…

Quand qua­rante pour cent (40 % si vous pré­fé­rez) d’un élec­to­rat serait ten­té par la droite extrême, est-ce bien l’heure de tour­ner autour du pot, l’air grave et con, oui !, ou alors inno­cent, angé­lique, ingé­nu – pour ain­si dire chaste, comme le der­nier des puceaux qui igno­re­rait tout de l’Histoire ! Est-ce bien le moment d’ergoter ? De confondre pré­si­den­tielle et législatives !

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