Topo de néolibéralisme à l’usage des tout-petits

D’abord affaiblir l’État. Comment : diminuer les impôts (des plus riches surtout). Conséquence : affaiblir les services publics et à terme les supprimer en montrant leur « inefficacité ». But du but : privatiser les services et les profits attenants. C’est grosso modo la théorie néo-libérale à l’œuvre depuis ses zélateurs Pinochet, Reagan, Tchatcher, Bush, Sarkozy et la clique européiste et mondialiste.

Voyons un peu comment insinuer la chose en loucedé ou, si on préfère, introduire un ver néo-libéral dans la pomme de l’intérêt général. Exemple concret avec les « jardins d’éveil », tout fraîchement sorti de l’Atelier de privatisation rampante.

C’est tout nouveau sur le site de la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF). Sur mon-enfant.fr, on trouve tous les modes de garde existants (crèches, assistantes maternelles, garde à domicile, accueil de loisirs, etc.) pour la semaine, les mercredis, les vacances scolaires ou après la classe. Et il y a aussi un « simulateur de tarification »… car, à la différence de la crèche, il faudra casquer. Mais le message se décline ainsi : puisque nos crèches sont insuffisantes, créons de nouveaux lieux d’accueil. Pourquoi ne pas préserver et développer ce qui existe ? Pas efficace !

Maire de Ville-en-Tardenois, une commune de 600 habitants située dans la Marne, Thierry Barba compte accueillir douze enfants à la rentrée 2009 dans l’une de ces nouvelles structures – dans les anciens locaux de la poste… Moyen de garde « innovant » a aussitôt clamé lors de sa prompte visite la secrétaire d’État à la famille, Nadine Morano. [Le Monde, 15/5/09].

Ces « jardins d’éveil » – notons le glissement sémantique fleurant sa pub’ – seront principalement financés par les caisses d’allocations familiales (CAF) et le « porteur de projet », qu’il s’agisse d’une commune, d’une administration, d’une association ou… d’une entreprise. Tarifs : les familles gagnant un smic paieront 42,50 euros par mois, celles qui gagnent trois smic 127 euros et celles qui gagnent quatre smic 178 euros, a indiqué Mme Morano. Sous-entendu, voyez comme c’est « social ». On ne fait jamais, en quelque sorte, que privatiser les impôts ; passer de la mutualisation et de la notion de bien commun à celle des consommateurs individuels, des « clients » comme on tend désormais à faire dire partout par opposition à la ringarderie des ces « usagers »…

Le signe avant-coureur de cette « évolution » avait déjà été donné par Darcos et ses éducateurs « couche-culottes ». Sarkozy avait entonné le même refrain en visitant une crèche. A quoi bon tant de diplômes pour torcher des moutards ?

La Mairie de Paris annonce vouloir poursuivre sa politique « volontariste » d’ouverture de crèches plutôt que de créer de tels jardins d’éveil. Une pétition baptisée « Pas de bébés à la consigne ! », a déjà recueilli 13 000 signatures.

Affaire politique au sens fort de l’organisation de la cité et des citoyens.

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