Valls, ou la laïcité au bout du canon

[L]’en-pire de gauche… Ce que la droite se permettait comme entorses envers la laïcité, la gauche au pouvoir le réalise en « mieux », le perfectionne en quelque sorte. Ainsi Manuel Valls va-t-il assister à la canonisation conjointe de deux anciens papes, Jean XXIII et Jean-Paul II ce dimanche 27 avril à Rome. Tandis qu’en 2011, sous l’ancien régime…, les partis de gauche avaient dénoncé à raison la présence de François Fillon lors de la béatification de Jean-Paul II. On n’est plus à un reniement près.

Le Premier ministre va ainsi représenter « la France » à cette cérémonie décidée par le pape François. Déjà qu’un autre François, le Hollande, nonobstant président de la République, s’était lui-même rendu au Vatican le 24 janvier pour s’y entretenir avec pontife sur des «sujets d’actualité» – famille et bioéthique notamment. Voilà qui commence à entailler sérieusement le républicain et laïc principe de séparation des églises et de l’État. Déjà qu’il se trouve bafoué depuis Napoléon en Alsace et en Moselle, départements régis par le Concordat. C’est-à-dire que l’État y rétribue curés et évêques depuis 1919, nommés qu’ils sont par le président de la République…

En 1918, invité à assister au Te Deum de l’armistice par l’archevêque de Paris, Clemenceau refusa et somma le président de la République, Poincaré, et le président de la Chambre, Deschanel de ne pas y assister. Au premier il fit valoir : “Vous êtes le président de tous les Français et non des seuls catholiques.”.

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Traditions, goupillons mêmes combats [dr]
Presque cent ans plus tard, le nouveau premier ministre, qui se dit admirateur du Tigre et défenseur farouche de la République, a décidé de se rendre au Vatican pour la canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II… Bien sûr, comment ne pas se rendre au Vatican après avoir été fêter l’Aïd el Kebir avec son prédécesseur et avoir participé à différents dîners du CRIF ?

Ainsi la vulgate politique en vient-elle à normaliser un cléricalisme tous azimuts, à placer les religions comme un fait politique et non pas seulement – et par nécessité républicaine – comme une donnée sociologique ou anthropologique. Ce qui finit par conduire au non-respect du devoir de réserve républicain quant aux croyances personnelles.

Danièle Sallenave a pointé dette dérive dans son livre remarquable, dieu.com (Gallimard, 2004, déjà évoqué ici : Dieudonné vs Patrick Cohen. Quand fascisme et journalisme voguent sur le même bateau). Ce matin (25/4/14), dans sa chronique hebdomadaire sur France Culture, l’écrivaine et académicienne, est revenue avec pertinence sur cette essentielle question de société. On peut la réécouter ici :

• Laïcité — Wikipédia

• Laïcité en France — Wikipédia

• Laïcité : Valls a besoin de repères, pas de Saints-Pères ! – Marianne

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Quel imbécile…

Gian

J’ai ouï dire (ce mat, sur Fr.-Cul) que le chétif Valls avait perdu la foi à St-Jack-of-Compostell, suite à une confession. Ne va-t-il pas voir le pépé François (complice passif de Videla et anti-théologie de la libération)pour régler ses comptes, lui qui s’est fait tripoter dans un confessionnal par un corbeau franquiste ? PS : à chaque valls-bashing, n’oubliez pas de signaler son sinistre goût pour le sadisme taurin ; et si être aficionado était une compensation de sa chétivité barcelonaise, où il a dû être violenté par des nervis (voilà pourquoi il est devenu 1er flic de France, pour… Lire la suite

Je viens de voir Valls aux info se courber devant le pape…
C’est insupportable…
C’est inadmissible pour la laïcité…

BION

C’est quoi ces fonctionnaires, appointés par une ”église”, qui s’octroient une pub, en bombardant le grand public avec de grands hommes à eux … proclamés (…) en la circonstance pour obtenir une bonne réclame ?

Eusèbe

Si le premier ministre visait juste quand il disait : ” La laïcité, ce n’est pas le refus des religions, du sacré. C’est l’acceptation de croire et de ne pas croire “, il se trompe considérablement en se rendant au Vatican. Il parle aux seuls catholiques, comme il parlait aux seuls juifs ou aux seuls musulmans lors des visites précédemment évoquées. Il ne cherche pas répondre à tous les Français mais, s’adressant à des catégories, des communautés, donne l’impression, comme Bertrand Delanoë quand il était maire de Paris, de flatter des clientèles. La laïcité n’est-elle pas républicaine ?

R.Luc

Il aurait fallu qu’un vrai premier ministre républicain nous explique que, justement, il ne se rendrait pas au Vatican au nom de la laïcité et des principes républicains. Dommage, pourtant j’aurais voulu y croire à Valls le républicain… Celui dont il se revendique, Clemenceau, fervent laïque mais en rien anti-religieux, fustigeait les accommodements de Jaurès avec l’Église catholique, en 1905, le traitant de socialo-papalin. Mais Jaurès avait tout de même largement contribué à l’adoption de la loi de 1905, contribué donc à laïciser la République… On n’ose donc imaginer ce que dirait le Tigre de notre nouvelle grenouille de bénitier…

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