Saha­ra occi­den­tal. Une ter­re sans nom, un peu­ple sans pays. Une sor­te de Pales­ti­ne afri­cai­ne. Mais enfouie sous la cha­pe du silen­ce des sables, qui se sou­lè­ve, com­me ces jours-ci, à l’occasion d’un dra­me aux – modes­tes – réper­cus­sions média­ti­ques : l’assaut des for­ces poli­ciè­res et mili­tai­res maro­cai­nes le 8 novem­bre contre le camp d’Agdim Izik, où plu­sieurs mil­liers de Sah­raouis s’étaient ins­tal­lés depuis le 10 octo­bre pour pro­tes­ter contre leurs condi­tions de vie. Le déman­tè­le­ment du cam­pe­ment par les for­ces maro­cai­nes a déclen­ché les affron­te­ments. Selon les auto­ri­tés maro­cai­nes, dou­ze per­son­nes ont péri dans les affron­te­ments – dix mem­bres des for­ces de sécu­ri­té et deux civils ; pour le Poli­sa­rio, tren­te-six Sah­raouis auraient été tués et des cen­tai­nes d’autres bles­sés. Le gou­ver­ne­ment fran­çais, de son côté, a empê­ché le Conseil de sécu­ri­té de l’ONU, réuni le 17 novem­bre, d’envoyer une mis­sion d’enquête inter­na­tio­na­le sur pla­ce.

Le Maroc occu­pe 80% du ter­ri­toi­re, cou­pé par un « mur ». Les affron­te­ments ont eu lieu près d’El Aioun, au nord, près de la fron­tiè­re maro­cai­ne.

Le Saha­ra occi­den­tal (en ara­be : ‫الصحراء الغربية‬) est un ter­ri­toi­re pres­que entiè­re­ment déser­ti­que grand com­me la moi­tié de la Fran­ce (266 000 km²), bor­dé par le Maroc au nord, l’Algérie au nord-est, la Mau­ri­ta­nie à l’est et au sud, tan­dis que sa côte Ouest don­ne sur l’Atlantique. Sa popu­la­tion est esti­mée à 400 000 habi­tants dont plus de 100 000 vivent dans les cam­pe­ments de réfu­giés, à Tin­douf au sud de l’Algérie.

Ter­ri­toi­re non auto­no­me selon l’ONU, cet­te ancien­ne colo­nie espa­gno­le n’a tou­jours pas trou­vé de sta­tut défi­ni­tif sur le plan juri­di­que, plus de tren­te ans après le départ des Espa­gnols en 1976. Le Saha­ra occi­den­tal est en proie à un conflit oppo­sant les indé­pen­dan­tis­tes sah­raouis au Maroc qui reven­di­que sa sou­ve­rai­ne­té sur l’ensemble du ter­ri­toi­re. Deve­nu un enjeu glo­bal illus­trant la riva­li­té entre le Maroc et l’Algérie, le dos­sier saha­rien blo­que la construc­tion de l’Union du Magh­reb ara­be (UMA).

Le ter­ri­toi­re est donc reven­di­qué à la fois par le Maroc — qui l’appelle « Saha­ra maro­cain » — et par la Répu­bli­que ara­be sah­raouie démo­cra­ti­que (RASD), fon­dée par le Front Poli­sa­rio en 1976. Depuis le ces­sez-le-feu de 1991, le Maroc contrô­le et admi­nis­tre envi­ron 80 % du ter­ri­toi­re, tan­dis que le Front Poli­sa­rio en contrô­le 20% lais­sés par le Maroc der­riè­re une lon­gue cein­tu­re de sécu­ri­té, le « mur maro­cain ». [Sour­ce : Wiki­pe­dia].

En Fran­ce, un col­lec­tif s’est consti­tué pour dénon­cer les der­niers évé­ne­ments et la répres­sion des for­ces maro­cai­nes et appe­ler à la soli­da­ri­té. Extraits de son com­mu­ni­qué :

« Les mai­sons sah­raouies sont per­qui­si­tion­nées et détrui­tes, des cen­tai­nes de Sah­raouis sont arrê­tés, tabas­sés et tor­tu­rés. Le bilan s’alourdit de jour en jour: des bles­sés meu­rent fau­te de soins, de nou­veaux cada­vres sont retrou­vés et on comp­te des cen­tai­nes dis­pa­rus. Plus de 400 mili­tants sah­raouis sont déte­nus […].

« […] Le Maroc fil­tre l’accès des jour­na­lis­tes et obser­va­teurs inter­na­tio­naux au Saha­ra occi­den­tal. Il don­ne des infor­ma­tions men­son­gè­res et pour­suit une inten­se cam­pa­gne de pro­pa­gan­de dans les médias pour déna­tu­rer la lut­te du peu­ple sah­raoui. Il a reçu le sou­tien du gou­ver­ne­ment fran­çais qui a empê­ché le Conseil de sécu­ri­té de l’ONU, réuni le 17 novem­bre, d’envoyer une mis­sion d’enquête inter­na­tio­na­le sur pla­ce.

« […] Nous appe­lons à inter­ve­nir auprès des élus, à signer la péti­tion sur http://www.cyberacteurs.org/actions/index.php et à par­ti­ci­per à un ras­sem­ble­ment de sou­tien ce same­di 20 novem­bre de 15h à 18h, espla­na­de des Droits de l’homme, pla­ce du Tro­ca­dé­ro à Paris. »

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