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On le redou­tait : le tsu­na­mi aura fini par frap­per l’Afrique – d’une vague d’indifférence. «La famine en Afrique ne fait pas recette.» lancent Alain Le Goff et Madieng Seck dans le der­nier bul­le­tin de l’agence Syfia. Le contraste est en effet sai­sis­sant entre le ras de marée huma­ni­taire de décembre der­nier et ce silence écra­sant, cette chape sur le sud-Saha­ra.

La faim se fait de plus en plus dure­ment sen­tir dans plu­sieurs régions du Sahel où les cri­quets et la séche­resse ont, l’an der­nier, déci­mé récoltes et pâtu­rages. En Mau­ri­ta­nie, au Niger et au Mali, plu­sieurs mil­lions d’habitants attendent une aide ali­men­taire que les dona­teurs, moins empres­sés que pour les vic­times du tsu­na­mi, tardent à apporter.

1sahel_1« Les crises ali­men­taires qui, écrivent les jour­na­listes, citant la FAO, frappent actuel­le­ment 23 pays d’Afrique ne semblent guère impres­sion­ner les dona­teurs. Début mai à Dakar, le direc­teur régio­nal adjoint du Pam (Pro­gramme ali­men­taire mon­dial) pour l’Afrique de l’Ouest, Arnold Ver­cken, s’inquiétait : « Nous n’avons reçu que 30 % des besoins annon­cés, alors que nous sommes en train d’utiliser nos réserves de l’année der­nière. » Pour­tant, selon Joël Bou­troue, direc­teur adjoint d’Ocha (Bureau de coor­di­na­tion des actions huma­ni­taires de l’Onu) à Genève, la situa­tion dans cette région est par­ti­cu­liè­re­ment cri­tique. « 2005 est l’année de tous les dan­gers en Afrique de l’Ouest ! dit-il. Il faut qu’on sonne l’alarme un peu plus fort pour rompre l’hésitation des bailleurs… » 190 mil­lions de dol­lars US sont atten­dus pour aider l’Afrique de l’Ouest en 2005. D’urgence ! »

« Si la Mau­ri­ta­nie, qui, avant même l’arrivée des cri­quets, souf­frait depuis plu­sieurs années de séche­resse, est le pays le plus tou­ché par les pénu­ries ali­men­taires, d’autres zones du Sahel sont affec­tées. Au Mali, ce sont les régions du nord, proches de la Mau­ri­ta­nie, soit plus d’un mil­lion de per­sonnes, qui ont été les plus rava­gées par les cri­quets pèle­rins. Selon Ocha, on observe aus­si de fortes insuf­fi­sances de pâtu­rages pour le bétail. Mais c’est au Niger que la mal­nu­tri­tion frappe le plus sévè­re­ment. Près de 2,5 mil­lions de per­sonnes sont tou­chées dans 3 000 vil­lages et selon l’UNICEF, 750 000 enfants sont en dan­ger. Pour­tant, aver­tit la FAO, les pro­messes d’aide ali­men­taire res­tent très en des­sous des besoins de plus en plus urgents. »

Agence Syfia international

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