Katrina. Michael Moore se paie la fiole de W

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Michael Moore a adressé à W une lettre ouverte des plus cinglantes où il lui reproche d’avoir privé les victimes de Katrina des ressources militaires qui se trouvent en Irak.

Clueless_bush« Cher monsieur Bush, écrit-il, auriez-vous une idée de l’endroit où se trouvent tous nos hélicoptères? […] Des milliers de gens restent en rade à La Nouvelle-Orléans et auraient besoin d’être secourus par les airs. Où diable avez-vous pu égarer tous nos hélicoptères militaires ? Avez-vous besoin d’aide pour les retrouver ? Une fois, j’ai perdu ma voiture dans un parking, et je sais que c’est pas marrant».

« Et les soldats de la Garde nationale, vous sauriez où ils se trouvent ? Ils pourraient vraiment nous être utiles dans le cadre du type de catastrophe nationale pour lesquelles ils ont précisément été formés».

A propos des victimes, Moore ajoute avec perfidie : « Bon, c’est vrai qu’ils sont noirs! Je veux dire, c’est pas comme si ça s’était passé à Kennebunkport [lieu de villégiature huppé où Bush père possède une imposante villa, ndlr]. Vous imaginez, laisser des blancs sur leurs toits pendant cinq jours (en attendant des secours) ? Ne me faîtes pas rire, les histoires de couleur de peau n’ont rien, mais alors vraiment rien, à voir dans tout ça ».

Toute la lettre sur le site de Moore (en anglais…)

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Une réflexion sur “Katrina. Michael Moore se paie la fiole de W

  • 10 septembre 2005 à 5 h 58 min
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    J’ai reçu la version en français:

    Cher M. Bush,

    Pas la moindre idée de l’endroit où sont passés tous nos hélicoptères ?
    C’est le cinquième jour depuis le déferlement de Katrina et des milliers de gens, en attendant les secours aériens, demeurent captifs de La Nouvelle-Orléans. À quel endroit de la planète avez-vous donc envoyé nos hélicoptères militaires ? Avez-vous besoin d’aide pour les retrouver ? J’ai un jour égaré ma voiture dans un stationnement de Sears. Oh ! ce ne fut pas facile !

    Savez-vous aussi où sont passés tous nos soldats de la Garde nationale ? Nous en aurions vraiment besoin aujourd’hui pour accomplir le type précis de mission pour lequel ils se sont enrôlés : porter secours lors de catastrophes naturelles nationales. Comment se fait-il qu’ils n’étaient là dès le début des événements ?

    Mercredi de la semaine dernière, je me trouvais dans le sud de la Floride.
    J’étais assis dehors lorsque l’oeil de l’ouragan Katrina est passé au-dessus de ma tête. À ce moment, c’était seulement un ouragan de force 1, mais c’était déjà une assez salle affaire. Onze personnes sont mortes et des foyers sont encore sans électricité aujourd’hui. Ce soir-là, la météo a indiqué que cet ouragan se dirigeait droit sur La Nouvelle-Orléans. C’était il y a dix jours ! Personne ne vous l’a dit ?

    Je sais bien que vous ne vouliez pas interrompre vos vacances. Et je sais aussi à quel point vous n’aimez pas les mauvaises nouvelles. En plus, vous aviez des bailleurs de fonds à rencontrer et des mères éplorées de soldats morts à ignorer, voire à diffamer.

    J’apprécie particulièrement comment, le lendemain de l’ouragan, plutôt que de vous envoler vers la Louisiane, vous vous êtes rendu à San Diego afin de faire la fête avec vos copains du monde des affaires. Ne laissez pas les gens vous critiquer pour ça : après tout, l’ouragan était terminé, et que diable auriez-vous pu faire ? Mettre votre doigt dans une digue percée ?

    N’écoutez pas ceux qui, au cours des prochains jours, révéleront commentvous avez officiellement réduit, cet été même et pour une troisième année consécutive, les budgets des corps de génie de l’armée américaine en Louisiane. Répondrez-leur tout simplement que même si vous n’aviez pas coupé les budgets des ingénieurs de l’armée, aucun ingénieur militaire n’aurait de toute façon été disponible pour réparer les digues puisque vous aviez pour eux des projets de construction beaucoup plus importants : construire la démocratie en Irak !

    Le troisième jour, lorsque vous avez finalement quitté votre lieu de vacances, je dois vous dire que j’ai été ému de voir comment vous avez poussé votre pilote d’Air Force One à descendre sous les nuages, au-dessus de La Nouvelle-Orléans, afin que vous puissiez avoir un aperçu rapide du désastre. Ah ! Je savais bien que vous ne pouviez pas vous arrêter, puisattraper un porte-voix, grimper sur un tas de décombres et agir alors comme un vrai commandant en chef. Vous l’aviez déjà fait, alors inutile de le refaire !

    Il y aura aussi ceux qui essaieront de politiser cette tragédie et ceux qui essaieront même de la retourner contre vous. Donnez instruction à vos services de souligner ces tactiques déloyales. Et ne répondez à rien. Même pas à ces satanés scientifiques qui ont prédit que cela arriverait parce que l’eau du golfe du Mexique se réchauffe sans cesse et qu’une tempête de ce genre devient alors inévitable. Ignorez-les, de même que toutes leurs alertes de poules mouillées à propos du réchauffement climatique. Après tout, il n’y a rien d’extraordinaire dans un ouragan qui s’avère si étendu qu’il correspond en fait à une tornade de force 4 qui s’étirerait entre New York et Cleveland.

    Non, M. Bush, maintenez seulement le cap. Ce n’est pas votre faute si 30 % de la population de La Nouvelle-Orléans vit dans la pauvreté et que des dizaines de milliers de personnes n’avaient aucun moyen de transport pour quitter la ville. Ce sont des Noirs, après tout ! Ce n’est pas comme si une telle chose était arrivée à Kennebunkport. Pouvez-vous imaginez des Blancs laissés sur le toit de leur maison pendant cinq jours ? Ne me faites pas rire ! La couleur de la peau n’a rien, mais absolument rien à voir avec tout ça !

    Vous avez la situation bien en main, M. Bush. Essayez seulement de trouver quelques hélicoptères de l’armée et dépêchez-les là-bas. Il vous suffira de prétendre que les habitants de La Nouvelle-Orléans et que le golfe du Mexique sont situés près de Tikrit.

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