Katrina. Violences et censures à l’encontre des journalistes

Il s’en passe de pas bien belles dans le sillage de l’ouragan Katrina. L’alarme est donnée par plusieurs journaux étatsuniens, dont évidemment le Times-Picayune de New-Orleans. Le dernier bulletin de l’Échange international de la liberté d’expression (IFEX), basé à Toronto, relève que les autorités américaines ont tenté d’empêcher plusieurs journalistes de couvrir les efforts de sauvetage. Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) confirment ces actes d’intimidation, de violence et de censure.

Le CPJ et RSF dénoncent la violence de la police dirigée contre les journalistes qui couvrent les accrochages entre la police et les pillards. Ils ont recensé au moins quatre incidents où des reporters et des photographes ont été malmenés ou intimidés, dont celui où Lucas Oleniuk, photographe au Toronto Star, s’est fait enlever son appareil numérique et ses cartes de mémoire. Oleniuk avait filmé des policiers qui tabassaient deux suspects.

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Ils ont été menacés d’une arme à plusieurs reprises par des policiers qui, lorsqu’ils ont réalisé que Lucas Oleniuk les avait photographiés en train de frapper des voleurs, l’ont violemment jeté au sol et lui ont confisqué ses deux appareils-photo pour en retirer les cartes mémoires où se trouvaient près de 350 clichés. La carte de presse du journaliste lui a également été arrachée. Lorsque le photographe a réclamé ses images, les agents l’ont insulté et ont menacé de le frapper.

Dans un article du Toronto Star où il relate l’agression, Tim Harper affirme en parlant des policiers que, étant donné la situation à La Nouvelle-Orléans, «il ne fait aucun doute qu’ils voient les journalistes comme une entrave à leurs efforts pour regagner le contrôle de la ville».

Gordon Russell, du quotidien Times-Picayune, a été interpellé par des policiers alors qu’il couvrait un échange de tirs entre ces derniers et des habitants près du Centre des congrès (Convention Center), où les sinistrés attendaient leur évacuation. Les agents de police ont jeté à terre tout l’équipement du journaliste. Pour échapper à ces violences, celui-ci a été contraint de se cacher et aurait quitté la ville le jour même.

Lors d’un autre incident, le 7 septembre, le présentateur des nouvelles de la chaîne NBC, Brian Williams, et son équipe se sont vus intimer l’ordre de cesser de filmer une unité de la Garde Nationale qui assurait la sécurité d’un magasin du centre-ville de la Nouvelle-Orléans.

La semaine dernière, l’Agence fédérale de gestion des urgences (Federal Emergency Management Agency, FEMA), critiquée pour sa lenteur à réagir au désastre, a demandé aux médias la semaine dernière de ne pas prendre de photos des cadavres repêchés en Louisiane et au Mississippi.

Aller à :
RSF
CPJ
Le site des photojournalistes de la National Press Photographers Association
Democracy Now
Washington Post

L’image : Atmosphère de guerre dans les rues de New-Orleans où des milliers d’habitants attentent une évacuation qui n’arrive pas. Photo Paul Moseley-Ft Worth Star-Telegram

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audrey

euh salu , euh chui pa dakor avc vs

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