Échauf­fou­rées, émeutes la semaine der­nière à Bobo-Diou­las­so, la ville des Bobos et des Diou­las, la deuxième du Bur­ki­na Faso, située non loin du Mali et de la Côte d’Ivoire. Pas une dépêche sur ces affron­te­ments sévères n’est remon­tée jusqu’au Nord. L’ordre mon­dia­li­sé, touche l’info comme toute mar­chan­dise – ces évé­ne­ments ne sont guère « ren­tables » : pas assez spec­ta­cu­laires ni catas­tro­phiques pour déran­ger la « loi de proxi­mi­té ». Des nou­velles et des pho­tos nous par­viennent d’une Fran­çaise séjour­nant là-bas, qui n’en a pas mené large et tient à res­ter ano­nyme. Voi­ci son témoignage :

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4burkinafaso.1204128817.jpg« Les mani­fes­ta­tions ont com­men­cé le 20 au matin avec une fer­me­ture géné­rale de tous les com­merces et se sont pour­sui­vies jusqu’au soir du 21.Depuis le 22 c’est calme en appa­rence. La rumeur court annon­çant une manif à Oua­ga ce jeu­di 28

« Ça a bien chauf­fé juste sous nos yeux, et un peu par­tout dans Bobo et dans les villes du pays, mais le calme est reve­nu avec des bruits de négo­cia­tions avec le gou­ver­ne­ment hier. Tant mieux parce ce qu’on enten­dait cou­rir des bruits de guerre civile, et le consu­lat fran­çais avait tout pré­pa­ré pour un regrou­pe­ment des res­sor­tis­sants. Le Bur­ki­na n’est pas du tout le pays tran­quille qu’on dit à l’extérieur.

« Ça a com­men­cé par une grève des com­mer­çants, Bobo était ville morte pen­dant 2 jours. Même le grand mar­ché n’a pas ouvert ses portes mer­cre­di et Jeu­di, parait-il pour la pre­mière fois.

« Jeu­di plus moyen de trou­ver de l’essence, les sta­tions étaient soit cas­sées, soit fermées.Il y a eu pas mal de casse, dans les mai­ries, sur les infra­struc­tures et la sta­tue du pré­sident en exer­cice [Ndlr : Blaise Com­pao­ré] a même été mise par terre et incendiée...

« D’après des amis bobo­lais, c’est la pre­mière fois aus­si qu’ils voient une telle résis­tance aux forces de l’ordre. D’habitude les mani­fes­tants se dis­persent dès que la police arrive avec les lacri­mo. Les gens avec qui j’étais, de pai­sibles artistes étaient aus­si remon­tés que l’ensemble de le popu­la­tion « pauvre » comme ils le disent eux-mêmes. Il faut dire que le gou­ver­ne­ment venait d’annoncer une hausse des impôts de 500% pour les com­mer­çants, et cela ajou­té à la forte hausse du coût des matières de pre­mière néces­si­té a fait débor­der le vase. Les gens en ont marre de la cor­rup­tion, du fait que le gou­ver­ne­ment ne fait rien pour les couche défavorisées. »

Pho­tos : pen­dant les affron­te­ments des 20 et 21 février à Bobo-Diou­las­so. DR © CINQsurCINQ

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