Voi­là que Mélen­chon, séna­teur socia­liste de l’Essone et naguère curé trots­kiste, cha­pelle de saint-Lam­bert (OCI), vole au secours de la Chine com­mu­niste néo-impé­ria­liste ! On aura donc tout vu et enten­du sur­tout, comme sa sor­tie du jour dans laquelle il oppose le Tibet et la Chine comme le vice et la ver­tu : « Même si le Dalaï Lama, a-t-il péro­ré, est un curé très sym­pa­thique, il ne faut pas perdre de vue que le sys­tème dont il est la tête est un sys­tème théo­cra­tique dans lequel les gens paient des impôts aux monas­tères, où des enfants ne vont jamais à l’école. » Comme si cette réa­li­té jus­ti­fiait une annexion colo­nia­liste et, pen­dant qu’on y est, une libé­ra­tion salu­taire. Car les actuels oppo­sants aux JO de Pékin seraient des attar­dés dont l’analyse poli­tique se limi­te­rait, a même ajou­té le séna­teur, à la lec­ture de « Tin­tin au Tibet »…

La famille déjà très élar­gie des bouf­feurs, non pas de curés mais cette fois de cha­peaux, a été  brillam­ment rejointe aujourd’hui [9/4/08] par Natha­lie Kos­cius­ko-Mori­zet. La secré­taire d’Etat char­gée de l’écologie s’en était prise en termes très vifs dans Le Monde au pré­sident du groupe UMP à l’Assemblée, Jean-Fran­çois Copé, ain­si qu’à son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo.

« J’en ai marre d’être confron­tée à une armée de lâches », avait-elle toni­trué en réac­tion à la polé­mique sur la façon dont elle était inter­ve­nue dans le débat au Palais-Bour­bon sur les OGM.

Mais elle devait bien vite man­ger son galu­rin de fière à bras. D’abord sur France inter le midi, met­tant en cause l’interprétation du Monde. Deux jour­na­listes avaient été dépê­chés pour une inter­view express, l’un pour Kos­cius­ko, l’autre pour Mori­zet, au cas où… C’est de bonne guerre de char­ger « les médias » en cas de néces­saire repli. Ça fait moins piteux de s’en prendre aux durs de la feuille et du chou qui ont mal com­pris la finesse de la dia­lec­tique écologico-ministérielle.

« Il y a un concours de lâche­té et d’inélégance entre Jean-Fran­çois Copé, qui essaie de détour­ner l’attention pour mas­quer ses propres dif­fi­cul­tés au sein du groupe, et Jean-Louis Bor­loo, qui se contente d’assurer le mini­mum », avait pour­tant décla­ré au Monde la secré­taire à l’écologie.

Le tout avant de se faire « ver­te­ment » rap­pe­ler au bon ordre-UMP par ces mes­sieurs Cop­pé, Fillon et son chef Borloo.

Un pas en avant, deux en arrière : c’est le pas de deux des bouf­feurs de cha­peaux qui se suc­cèdent ain­si au bal sar­ko­zien tenant lieu de cohé­rence poli­tique. Ber­nard Kouch­ner et Kha­da­fi (entre autres…), Jean-Marie Bockel et la Fran­ça­frique (rétro­gra­dé aux anciens com­bat­tants), Fade­la Ama­ra et son « dégueu­lasse » (sans len­de­mains). La reine de la bourde poli­tique demeure Rama Yade avec ses squat­teurs d’Aubervilliers, son Kha­da­fi-paillas­son, l’Arche de Zoé – et on en passe. Le sui­vant est dans les star­ting-blocks : c’est Mar­tin Hirsch avec son « Reve­nu de soli­da­ri­té active » qu’il est en train de se faire tailler en pointe.

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