On n'est pas des moutons

Notules & Griffures

Bonne année : « Joie, allégresse, alléluia ! »

Il est de ces rites aux­quels on n’échappe pas. En par­ti­cu­lier le rite païen du renou­veau vital, forme de renais­sance. Rites sociaux cen­sés lier cette bizarre col­lec­ti­vi­té humaine. Ici les feux d’artifice, les péta­rades ; là les sonos assour­dis­santes, les bou­chons et les bulles ; et les bagnoles incen­diées. Dans tous les cas, du bruit, beau­coup de bruit – pour rien ou presque rien, celui du défer­le­ment des vœux, des réso­lu­tions diverses, des mêmes lieux com­muns. Comme les années pré­cé­dentes, et les sui­vantes. Cette fois encore, lais­sons à feu (sans arti­fice) Pierre Des­proges le soin d’assaisonner le rituel de ses grains de sel télé­vi­suels. Une bonne dose d’humour salutaire.

Hep – au fait – bonne année !

  • Pen­dant ce temps, un savant fou trans­mute du bruit en com­po­si­tion musi­cale. Un concer­to pour esca­lier… Si ça vous dit…  C’est là.

Le Père Noël est (vraiment) une ordure. Achevons-le !

Rino Ste­fa­no Taglia­fier­ro, vidéaste ita­lien, s’avère aus­si talen­tueux qu’iconoclaste. Oppor­tu­niste aus­si, il s’en prend, comme ci-des­sous, au bour­reau d’enfants autant qu’à la figure tuté­laire de l’illusionnisme mer­can­ti­lo-reli­gieux qu’il va jusqu’à faire explo­ser. Ce ter­ro­risme-là ne fait de mal à per­sonne, si ce n’est à la per­sonne mythique dudit Père Noël. Il l’a bien cher­ché, depuis sa relance com­mer­çante par Coca-Cola dans les années 30 ; et depuis qu’il a été sacra­li­sé comme ordure par les comé­diens du Splen­did (1979) et du film « culte » qui en a été tiré (1982). Lequel met à mal de fameux inter­dits moraux… Extraits :

- Vous met­tez jamais de trempe à votre femme vous ?
- Si, mais pas à coup de fer à souder...
- Mais... c’est parce que vous êtes pas bricoleur.

Alors, s’il faut, selon le pos­tu­lat freu­diste, « tuer le père », autant com­men­cer par le plus ordu­rier de tous !…

Mer­ry Christ­mas by Rino Ste­fa­no Taglia­fier­ro from Rino Ste­fa­no Taglia­fier­ro on Vimeo.

PSBonnes fêtes et ripailles, quand même !


Séguéla : « Même si on est clochard, on peut arriver à mettre de côté 1 500 euros »

Jacques Ségué­la, le plus con des pubeux bron­zés vient de remettre une couche  à sa conne­rie déjà gra­ti­née. Après sa sor­tie de 2009 - «Si à cin­quante ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie !», le célèbre mora­liste s’est sur­pas­sé sur BFM TV. En ten­tant mina­ble­ment de jus­ti­fier sa « pub » pré­cé­dente – une «conne­rie», admet-il en se don­nant une baffe, même s’il ne la «regrette pas» [sic], il a cru bon d’ajouter : « Il n’y a pas de rai­son de dire aux gens “Vous êtes condam­nés à ne jamais vous faire le plai­sir de votre vie”. On a quand même le droit, même si on est clo­chard, on peut arri­ver à mettre de côté 1 500 euros ! On a le droit de rêver nom de Dieu ! »

À coté de  ce gars-là, Pierre Bour­dieu fait pense-petit, je trouve.


Civilisation : « C’est fini l’argent ! »

fini argentUne pépite sonore, retrou­vée dans mes archives. Cueillie par Caro­line Car­tier, du temps où son micro pico­rait dans le cru de l’humanité ordi­naire. C’était sur France Inter, un 16 novembre 2009 : la ren­contre avec un Dio­gène pour qui « c’est fini l’argent » et qui avait déci­dé, comme ça, « de chan­ger de civi­li­sa­tion tout seul ». À l’opposé total des 100.000 frau­deurs rêvant de « para­dis fis­cal » en Suisse et ailleurs.


Le KamaTsipras, nouvel hymne gréco-européen

Le KamaT­si­pras ? C’est le titre de l’actualité chan­tée de Cécile de Ker­vas­doué et Ben­ja­min Laurent, mer­cre­di sur France Musique dans l’émission La Mati­nale cultu­relle, de Vincent Josse. L’actualité, c’est évi­dem­ment l’élection grecque et la vic­toire de Samo­thrace – euh, seule­ment de Tsi­pras, mais déjà sculp­té dans le marbre média­tique. Pour­vu qu’il résiste à l’érosion des pouvoirs.

Alexis_Tsipras

Kama qui veut dire désir et Tsi­pras du nom du nou­veau chef du gou­ver­ne­ment grec. Pre­mier homme poli­tique d’extrême gauche à diri­ger un pays de l’Union Euro­péenne, Alexis Tsi­pras, 40 ans, s’est fait élire triom­pha­le­ment dimanche soir sur un pro­gramme anti-aus­té­ri­té anti-dette et anti-Union Euro­péenne. Ça n’empêche pas de nom­breux euro­péens de suc­com­ber à son charme.

Texte et inter­pré­ta­tion de cette paro­die musi­cale et poli­tique valent leur pesant son-or-e : ci-dessous :

KamaT­si­pras”

Chant 1

Il a le regard fier
Un sou­rire enjôleur
Il ouvre une nou­velle ère
Pour des mil­lions de chômeurs
Finie l’austérité
Nous pour­rons nous chauffer
Nous soi­gner, nous éduquer
Et peut être travailler
Vic­toire Victoire
C’est la vic­toire de Tsi­pras c’est la vic­toire de Tsi­pras c’est la vic­toire de Tsipras
Finis tous ces voyous
Qui nous piquent tous nos sous
Tous ces Papandreous
Qui vivent grâce à nous
Gloire Gloire
Gloire Au nou­vel apol­lon, gloire au nou­vel apol­lon, gloire au nou­vel apollon.
Finis les libéraux
Les impôts et l’euro
Grâce à notre héros
On remet la dette à zéro

Chant 2

Kamat­si­pras Kamatsipras

Chant 3

Je n’céderai pas à ce Priape
Je ne veux pas de ces agapes
Il vou­drait me tour­ner la tête
Mais pas ques­tion d’effacer sa dette

Chant 4

J’vais vous apprendre à danser
J’vais vous apprendre à lutter
Pour la solidarité
J’vais vous apprendre à m’aimer! 

Cécile de Kervasdoué

Capable de lire dans cinq langues, titu­laire de mul­tiples mas­tères, elle se forme paral­lè­le­ment au chant lyrique dans la classe du contre ténor Robert Expert, puis avec l’alto Janine Four­rier de l’Opéra de Paris. Elle se dis­tingue dans les rôles de tra­ves­tis (Ché­ru­bin dans les Noces de Figa­ro de Mozart, Fra­go­let­to dans les Bri­gands d’Offenbach, Oreste dans la Belle Helène d’Offenbach), puis dans la can­tate fran­çaise et se pas­sionne pour la musique anglaise (Dow­land, Blow, Pur­cell). Mue par le désir d’inventer de nou­velles formes pour trans­mettre l’actualité inter­na­tio­nale, Cécile de Ker­vas­doué a rejoint en 2013, la rédac­tion du Mouv’.

Benjamin Laurent

Diplô­mé du Conser­va­toire natio­nal supé­rieur de musique et de danse de Paris, Ben­ja­min Laurent, pia­niste, se consacre à la com­po­si­tion et à la direc­tion de chant. Il est chef de chant dans l’opéra Eugène One­guine de Tchai­kovs­ki à l’abbaye de Royau­mont en août 2013, puis en février 2014 dans L’Elisir d’amore de Doni­zet­ti à l’opéra de Monte Car­lo. Pro­fes­seur d’accompagnement, il vient d’intégrer l’atelier lyrique de l’opéra de Paris comme pia­niste chef de chant. Il est l’auteur de plu­sieurs musiques de film.



Desproges, Dubout et Morel vous présentent mes vœux…

…et ça devrait suf­fire pour tenir jusqu’à 2016 ! 

L'œil de Dubout…

L’œil de Dubout…

…et le coup de patte de Desproges (merci à Christine Genin)

…et le coup de patte de Des­proges (mer­ci à Chris­tine Genin)

 


Les voeux de cou­rage de Fran­çois Morel – Mer­ci à Media­part


Ah oui, parlons-en de la « Journée de la Laïcité » !

Ils disent, dans le poste, qu’aujourd’hui c’est la jour­née de la Laï­ci­té. Ah bon, ce n’est donc pas « chaque jour que Dieu fait » ? Comme la jour­née de la Bon­té, de la Femme, de l’Air pur et du Bon­heur en pilules.

laicite laïcité

Un mot qui se passe d’adjectifs.

Toujours est-il qu’on en entend de toutes sortes et de toutes sor­nettes sur­tout. Qui viennent non pas tant des laïcs de convic­tion que des clé­ri­caux effa­rou­chés par les der­nières « affaires », les plus atroces il est vrai comme celle de Cré­teil. Et les voi­là sou­dain trop empres­sés de sai­sir cette perche du Des­tin, même sata­nique, à laquelle ils s’évertuent à rac­cro­cher l’innocence « pur Dieu » de leurs offi­cines mena­cées. Le dan­ger, même fan­tas­ma­tique, res­soude les com­bat­tants de jadis, enne­mis incon­ci­liables devant l’Histoire connue, jamais à court d’étripages, de bûchers et de langues arra­chées, de Gior­da­no Bru­no au che­va­lier de la Barre, sous la hargne des Tor­que­ma­da innom­brables, ornés de sabres, gou­pillons, fau­cilles, mar­teaux et autres cols Mao. Ou bien, désor­mais, au nom de la moder­ni­té tolé­rante, de la Mar­chan­dise et du Tiroir-caisse, qui n’ont de reli­gion que celle du Pro­fit. Avez-vous vu, sur nos écrans consen­suels, ces rangs res­ser­rés des impos­teurs mono­théistes prê­cher cette tolé­rance qu’au long des siècles ils n’ont eu de cesse de com­battre ? Je parle des clé­ri­caux, non des croyants. Je parle de leurs soi-disant porte-parole, de leurs « ber­gers » pré­ten­tieux, avant-gardes des mili­taires et des colo­ni­sa­teurs de tous poils, rava­geurs des forêts, exploi­teurs de la Terre entière, des bêtes et des hommes, bâtis­seurs d’empires et de for­tunes et, au bout du Compte, agents de la grande Misère à l’œuvre sur toute la planète.

Avez-vous vu, sur nos écrans consen­suels, ces rangs res­ser­rés des impos­teurs mono­théistes prê­cher cette tolé­rance qu’au long des siècles ils n’ont eu de cesse de combattre ?

Le pro­blème, aujourd’hui même, avec la chan­son­nette de la Laï­ci­té – je mets exprès par­tout des majus­cules de Sacra­li­té comme des grosses têtes de car­na­val – c’est qu’elle habille de Tolé­rance ce qui lui est tota­le­ment contraire, si on veut bien consi­dé­rer le dou­lou­reux che­mi­ne­ment de l’Humanité. Che­mins de toutes les errances dont l’histoire humaine se trouve per­cluse, en une accu­mu­la­tion de guerres. L’Histoire ne se résume-t-elle pas, pour l’essentiel et hors excep­tions, à celle des guerres ? Et celles-ci de se suc­cé­der en ses diverses variantes : conflits de domi­na­tion entre ego patho­lo­giques agis­sant au nom des mul­tiples dieux du pou­voir, du com­merce, de la com­pé­ti­tion et des croyances « supé­rieures » promptes à rache­ter la bas­sesse des « pauvres pécheurs ».

Même per­fi­die, sinon pire, que celle de ces « laïcs » arguant de la Tra­di­tion pour jus­ti­fier l’installation de la Crèche de Noël – un oxy­more entre chris­tia­nisme et paga­nisme, soit dit en pas­sant * – dans une mai­rie (en l’occurrence celle de Béziers et de son maire, Robert Ménard et ses nou­velles fron­tières fron­tistes **. Puisqu’avant 1905 et la loi sur la laï­ci­té, la « tra­di­tion », en effet, jus­ti­fiait la pré­sence de cru­ci­fix dans les écoles et les tri­bu­naux, pas seule­ment dans les églises. Puisqu’avant le 21 jan­vier 1793, le Roi repré­sen­tait Dieu sur Terre, tan­dis que sa déca­pi­ta­tion a aus­si tran­ché le fil divin, sans que le Chaos s’abatte sur l’humanité (en plus du désordre his­to­rique !) Puisque, jusqu’à pré­sent, l’indigne spec­tacle de la cor­ri­da se trouve main­te­nu au nom de la « tra­di­tion tau­ro­ma­chique », sans rien enle­ver à son horreur.

Où l’on voit que la laï­ci­té, tout comme les trois piliers fon­da­teurs de la Répu­blique, reste un acquis fra­gile, à pré­ser­ver et à ren­for­cer tant les forces anti-vie, voire mor­ti­fères, res­tent à la manœuvre.

J’en pro­fite pour extraire un pas­sage sur le sujet du fameux Jour­nal de Jules Renard :

« -- Moi, dit Bor­neau, je n’ai pas de reli­gion, mais je res­pecte celle des autres. La reli­gion, c’est sacré.

« Pour­quoi ce pri­vi­lège, cette immu­ni­té ? Un croyant, c’est un homme ou une femme qui croit à ce que dit un prêtre et ne veut pas croire à ce que dit Renan ou Vic­tor Hugo. Qu’y a-t-il là de sacré ? Quelle dif­fé­rence entre ce croyant et tel imbé­cile qui pré­fé­re­rait la lit­té­ra­ture du feuille­ton à celle de nos grands poètes ?

« Un croyant crée Dieu à son image ; s’il est laid, son Dieu est laid, mora­le­ment. Pour­quoi la lai­deur morale serait-elle res­pec­table ? La reli­gion d’un sot ne le met pas à l’abri de notre dédain ou de notre raillerie.

« Soyons into­lé­rants pour nous-mêmes !

« Que le trou­peau de nos idées file droit devant cette grave ber­gère, la Rai­son ! Effa­çons les mau­vais vers de l’humanité. » [26 sep­tembre 1903]

–––

* Bien avant l’apparition du chris­tia­nisme, l’époque du sol­stice d’hiver était déjà une période char­nière de l’année, qui regrou­pait de nom­breuses croyances païennes rela­tives à la fer­ti­li­té, la mater­ni­té, la pro­créa­tion et l’astronomie.

** Se méfier tout autant de ces « hyper-laïcs  » nos­tal­giques des croi­sades… dont le fond de com­merce abrite les moins relui­sants des anti-musul­mans – et donc anti-arabes – autant que des antisémites.


Lettre d’un Français au Québec


Église. Le lapsus du p’tit Nicolas

Quand le corps et l’inconscient parlent plus fort que le p’tit Nico­las, frin­gant sémi­na­riste… On en apprend de belles, sur le site des Inrocks, à pro­pos de  la vie sexuelle des prêtres, telle qu’exposée dans l’émission de télé domi­ni­cale le Jour du sei­gneurconsa­crée à l’Assemblée plé­nière des évêques de France. Ou com­ment un lap­sus a rui­né la pres­ta­tion – mais pas la car­rière, au contraire ! – du jeune séminariste. 

Mer­ci au caf­teur, l’ami Ber­nard Langlois !


Foot et religion, comme sabre et goupillon

Je m’intéresse au foot à peu près comme à la reli­gion : avec éton­ne­ment et déso­la­tion. Je nuance : j’aime quand même bien le foot, jusqu’à un cer­tain point. Tan­dis que je ne sau­rais prendre du plai­sir au spec­tacle de l’aliénation reli­gieuse. Mais les deux m’intéressent sur le plan, disons, anthro­po­lo­gique : qu’est-ce que cet ani­mal humain aus­si admi­rable que sou­vent détes­table, capable du sublime et de l’horrible, allant jusqu’à nuire à sa propre espèce et à tout l’écosystème ?

Or, avec la Coupe du monde… la coupe déborde de tous côtés,  et spé­cia­le­ment pour ce qui est du foot et du reli­gieux. Ce n’est pas le lieu ici de s’y ris­quer, mais il y aurait matière à épi­lo­guer sur cette litur­gie qui accom­pagne les céré­mo­nies dans les actuels temples païens du Bré­sil, avant, pen­dant, après… Rien qu’un détour par les joueurs : onze comme les… Douze apôtres que l’on sait, adu­lés comme tels par des foules en extase, au bord du sacri­fice ; divi­ni­tés inter­mé­diaires ren­dant grâce au Ciel quand le Des­tin leur fait mar­quer un but – et empo­cher une sub­stan­tielle prime –, se signant lors de l’entrée sur la pelouse sacrée – ou bien s’y pros­ter­nant, cha­cun selon son Dieu. C’est en ce moment au Bré­sil et ça enflamme la pla­nète, qui ne s’en réchauffe que de plus belle ! Soit, que le bal­lon ait rem­pla­cé (pour un temps) le sabre dans son alliance avec le gou­pillon, voyons l’affaire comme un moindre mal.

S’agissant des maho­mé­tans, louons le génie d’Allah qui place sur une même orbite céleste bal­lon rond et rama­dan, tout en four­nis­sant, contre paie­ment, une dis­pense et le moyen d’éviter ain­si tout inutile conflit d’intérêt. On ne pour­rait que rêver d’une même bonne volon­té pour régler les conflits des Proche et Moyen Orient. Au fait, on ne signale pas sur les stades de signes osten­ta­toires de judaïsme… Sans doute parce que cette reli­gion pas très catho­lique, ni même très ortho­doxe, sait s’arranger avec ses propres règles… Ou alors, un juif ne sait pas jouer au foot, il a les pieds cro­chus, comme aurait dit Desproges…

Ce dimanche matin – un peu de vécu per­so –, péda­lant à l’heure de la messe sur un de mes iti­né­raires favo­ris, je passe devant le petit ora­toire célé­brant la Vierge Marie. À chaque fois je m’y arrête. Non par dévo­tion, on s’en doute, mais par atten­tion aux varia­tions por­tées par des mains ano­nymes à l’ordonnancement de la petite cha­pelle. Un jour c’est une image pieuse, un autre une carte à jouer ou un cha­pe­let qui viennent s’ajouter aux mul­tiples acces­soires pieux ; ou encore quelques fleurs ou une bou­gie allu­mée au fond d’un verre. Et à chaque fois je prends une pho­to – on ne sait jamais, si un jour se pro­dui­sait un miracle, comme à Lourdes… J’ai ain­si une sacrée col­lec­tion de ce lieu évo­luant au fil des ans et des croyances. Et, hier donc, voi­ci ce qui m’est apparu :

religion-football-coupe du monde_

Marie, gar­dienne de but… © g_p

 

D’où ce petit cha­pe­let de mes modestes réflexions… qui me rap­pellent un cadre accro­ché dans un bis­trot de mon pate­lin pro­ven­çal, cla­mant sur fond bleu­té du sigle de l’« OM » : « Le foot­ball est notre reli­gion – Le stade Vélo­drome notre Temple – L’OM notre Dieu ». Pro­fond, non ?

Un autre fait méri­te­rait bien des déve­lop­pe­ments. Il fait jaser en Cata­logne et dans toute l’Espagne, jusqu’en Anda­lou­sie et bien au delà : l’émir du Qatar a pro­po­sé 2 mil­liards d’euros pour rache­ter les célèbres arènes monu­men­tales de Bar­ce­lone qui seraient trans­for­mées en mos­quée ! Laquelle pour­rait accueillir 40 000 afi­cio­na­dos de l’islam, devien­drait ain­si la troi­sième plus grande mos­quée au monde après celles de la Mecque et de Médine. Un mina­ret de 300 mètres de haut sur­plom­be­rait cet ensemble du plus bel effet.

Voyons, cet émir qata­ri, n’est-ce pas le même qui s’est payé le PSG ? Les 300 mètres de la Tour Eif­fel, il en pro­pose combien ?


Journalistes-otages, héros modernes et sacralisés

« Nos » quatre jour­na­listes-otages sont donc ren­trés de Syrie. C’est bien. Mais plein de choses me gênent et, main­te­nant qu’ils ont été si célé­brés, je me lâche. Car tant de célé­bra­tions, jusqu’à l’indécence, m’ont en effet incom­mo­dé. Sur­tout, cet éta­lage cor­po­ra­tiste des « pro­fes­sion­nels de la pro­fes­sion », comme on dit avec iro­nie. Je reprends l’expression à mon compte, en y ajou­tant… quoi ? Du dépit, de la honte (pour la « confrè­rie »), de la gêne plu­tôt, au nom de tous ceux qui, face à cette sacra­li­sa­tion impu­dique, ne peuvent que se taire.

C’en est deve­nu un rituel, en effet, avec ses enjeux poli­ti­co-média­tiques : le jour­na­liste comme héros moderne, hélas par­fois haus­sé au rang du mar­tyr, tom­bé au champ d’honneur de l’Information et de la Liber­té, rapa­trié en héli­co, tar­mac mili­taire, pré­sident de la Répu­blique, et tout et tout. Et pour bien faire entrer ces quatre héros au pan­théon moderne du tout-info, il aura fal­lu bien les pres­su­rer devant tant de micros et de caméras :

Dites, au moins, vous avez beau­coup souf­fert !…, « ils » ont été méchants, hein !…, et ces simu­lacres d’exécution !…

– Ben… pas tant que ça… enfin un peu quand même…

J’ai été de cette cor­po­ra­tion…, en ayant tou­jours res­sen­ti le besoin d’une dis­tance. Avec des ques­tion­ne­ments per­son­nels et en géné­ral : Qu’est-ce qui pousse tel ou tel à deve­nir jour­na­liste ? Quid du nar­cis­sisme « pro­fes­sion­nel », du voyeu­risme, du roman­tisme, de l’ « héroïsme » et de la vanité ?

Un pro­fes­sion­nel, c’est quelqu’un… qui fait son bou­lot, de son mieux ; plus ou moins contraint ; en échange d’un salaire, plus ou moins gros. Un jour­na­liste aus­si. Si son chan­tier se trouve en Syrie, et qu’il a, plus ou moins, accep­té de le rejoindre, il doit œuvrer à la même tâche : com­prendre et faire com­prendre, témoi­gner aus­si. Bou­lot ris­qué, dans un pays en guerre. Y être pris en otage fait par­tie des dan­gers dudit métier. Acci­dent du tra­vail. C’est heu­reux, bien sûr, qu’il soit libé­ré. Que l’accidenté en réchappe et gué­risse. Nor­mal, là encore, c’est le boulot.

otages mali

Otages au Mali depuis 2011 et 2012

Mais l’un et l’autre de ces tra­vailleurs ne connaî­tront pas le même « trai­te­ment ». Tout comme pour Serge Laza­re­vic et Gil­ber­to Rodri­guez Leal, enle­vés au Mali, res­pec­ti­ve­ment depuis novembre 2011 et novembre 2012. Ils ne sont pas jour­na­listes, les pauvres. Double peine ! De même pour Phi­lippe Ver­don, 53 ans, retrou­vé en juillet 2013, au Mali, assas­si­né d’une balle dans la tête.

Je ne veux pas cra­cher dans cette soupe qui m’a nour­ri, et dont je me suis d’ailleurs réga­lé. Mais l’outrance de ces célé­bra­tions me font dire qu’elle cache trop de non-dits et d’enjeux qui n’ont rien à voir avec le spec­tacle exhi­bé. Ou bien si : ils ont à voir, par contraste, avec la réa­li­té vrai­ment et autre­ment dra­ma­tique de l’état du monde. Avec les vrais héros de ce monde en souf­france extrême. Ces héros de la vie ordi­naire, quo­ti­dienne ; ceux qui souffrent au jour le jour ; qui se lèvent dans la dou­leur, sans désir car cette socié­té ne les regarde pas, ne les voit même pas ; car ils ne sont que don­nées abs­traites dans la macro-éco­no­mie mon­dia­li­sée. Tous ces héros non ren­dus assez visibles par tant de jour­na­listes assis, ayant déser­té les ter­ri­toires de la grande misère ordinaire.

Si aucun jour­na­liste n’a encore été pris en otage et gar­dé dans une cave obs­cure d’un quar­tier de France, c’est peut-être qu’aucun jour­na­liste (ou presque) ne s’y rend, pré­fé­rant, sans doute, de « vrais » ter­ri­toires de guerre.

• Sur Wiki­pe­dia, la notice Otage

• Sur lemonde.fr : La fille de l’otage fran­çais rete­nu au Mali dénonce une inéga­li­té de traitement

• sur Otages-du-monde : LES 3 FRANÇAIS OTAGES DANS LE MONDE (dont RODOLFO CAZARES, FRANCO-MEXICAIN AU MEXIQUE depuis le 9 juillet 2011 - LE PLUS ANCIEN OTAGE FRANCAIS)

• Pas si à côté du sujet - lemonde.fr : Faut-il libé­rer les orques en captivité ?


Pâques. Ça tourne pas rond

oeufs pâques planètes

© Solar Walk

« Pâque »vient du latin popu­laire *pas­cua »  (« nour­ri­ture », du verbe pas­cere « paître »), emprun­té au grec πάσχα / pás­kha, lui-même emprun­té à l’hébreu פסח Pessa’h « il pas­sa [par-des­sus] », d’où « pas­sage », est le nom de la fête juive qui com­mé­more la sor­tie d’Égypte. D’après les Évan­giles, c’est pen­dant cette fête juive (qui dure 8 jours) qu’eut lieu la résur­rec­tion de Jésus ; c’est pour­quoi le nom en a été repris pour dési­gner la fête chré­tienne. [Wiki­pe­dia]

Tant qu’on en est à célé­brer des sor­nettes, engram­mées dans notre patri­moine cultu­rel, revoyons notre sys­tème pla­né­taire à la mode ovoïde. Et révi­sons les fon­da­men­taux reli­gieux avec un mini­mum de savoir ration­nel remon­tant aux rites païens. Où l’on retrouve l’éternelle ques­tion de l’œuf ou du… lapin. La réponse appar­tient à cha­cun, à ses rêves, croyances, ima­gi­naires, dési­rs… ou refoulements.

Cet « Hap­py Eas­ter ! » vient du monde anglo-saxon et de son folk­lore lié la déesse ger­ma­nique Oste­ra (Eas­ter pour les Anglo-saxons et Eastre pour les Scan­di­naves) dont le lapin, ou le lièvre,  était l’attribut sym­bo­li­sant la fécon­di­té. Mais de nom­breuses cou­tumes datant de la plus haute Anti­qui­té des­ti­nées à accueillir le retour du prin­temps se rat­ta­chèrent à la fête de Pâques. L’œuf est le sym­bole de la ger­mi­na­tion qui se pro­duit au début du printemps.

Pas très catholique…

Pas très catholique…

La tra­di­tion d’offrir des œufs remonte à l’Antiquité. Les Égyp­tiens et les Romains offraient des œufs peints à la déesse mère (Vénus, Isis, Semi­ra­mis...). À l’époque pha­rao­nique, on écri­vait en cou­leurs des vœux sur les œufs, on les dépo­sait le soir dans un panier qui, au matin était inon­dé par les bien­faits de Ra, le Soleil. Les pre­miers chré­tiens coptes ont sup­pri­mé l’écriture des vœux et peint les œufs en rouge pour sym­bo­li­ser le sang du Christ. Cette tra­di­tion païenne s’est répan­due dans toute la chré­tien­té jusqu’à nos jours (le com­merce ayant quelque peu adap­té les pro­duits… > image impie ci-contre).

Comme pour Noël, la date de Pâques cor­res­pond à des évé­ne­ments astro­no­miques mar­quant les rites païens. La défi­ni­tion actuelle de la date de Pâques a été arrê­tée en 325 lors du concile de Nicée. « Pâques est le dimanche qui suit le qua­tor­zième jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immé­dia­te­ment après  ». Le qua­tor­zième jour de la Lune étant le jour de la pleine Lune et le 21 mars cor­res­pon­dant à la date de l’équi­noxe de prin­temps, cette défi­ni­tion est sou­vent tra­duite de la manière sui­vante : Pâques est le pre­mier dimanche qui suit la pre­mière pleine Lune de Prin­temps. Cette seconde défi­ni­tion est trom­peuse car elle laisse entendre que la date de Pâques est le résul­tat d’un cal­cul astro­no­mique basé sur la déter­mi­na­tion de l’équinoxe de prin­temps et de la pre­mière pleine Lune sui­vant cet équi­noxe. En réa­li­té il n’en est rien, le cal­cul de la date de Pâques se fait à l’aide d’un calen­drier per­pé­tuel lunaire uti­li­sant une Lune moyenne fic­tive (Lune ecclé­sias­tique). Cette méthode de cal­cul porte le nom de com­put ecclé­sias­tique.  [ http://www.imcce.fr/promenade/pages4/440.html ]

Ain­si va le monde. « Et pour­tant il tourne » – pas bien rond.


Elections et langue de bois. « Le message des Français a été entendu »

elections-baratin-politiqueAyant, ce dimanche, un peu suc­com­bé au charme télé­vi­suel des soi­rées élec­to­rales, me voi­ci sur France 2 en son concen­tré de niai­se­ries ver­beuses. Une sorte de consom­mé, comme on dit dans les res­tos qui se la jouent en vous ser­vant une vul­gaire soupe, à l’occasion fraî­che­ment sor­tie de sa boîte à conserve.

Ce n’est pas nou­veau, certes, mais à chaque fois il semble que le pro­grès soit dans ce domaine en marche constante. À l’image du « Point God­win », je me suis amu­sé à guet­ter le « Point Bara­tin Poli­tique », ou Point BP – non pas une pompe à essence, plu­tôt une pompe à air, pro­pice à géné­rer du vide et à épui­ser la démocratie.

Rap­pe­lons en pas­sant la défi­ni­tion de la « Loi God­win » : « Plus une dis­cus­sion dure long­temps, plus la pro­ba­bi­li­té d’y trou­ver une com­pa­rai­son impli­quant les nazis ou Adolf Hit­ler s’approche de 1. » Ain­si, dans un débat, un inter­lo­cu­teur se dis­cré­dite quand il atteint le point God­win, véri­fiant ain­si la loi du même nom.

Donc ce Point BP a été très vite atteint, d’ailleurs à l’ouverture des micros, pour ce « debrie­fing » post élec­to­ral qui avait tout de la réunion de type mana­gé­rial qui égaie tant le quo­ti­dien des patrons et autres cadres d’entreprises; par exemple, quand ils viennent d’emporter un appel d’offres ou, au contraire, de le perdre, et qu’il faut tirer des ensei­gne­ments, régler des comptes, redé­fi­nir des postes, mettre untel au pla­card, pous­ser tel autre au sui­cide, et toutes ces joyeu­se­tés modernes de la socia­bi­li­té entre­pre­neu­riale – beurk !

À l’origine, la « langue de bois » était la « langue de chêne », expres­sion uti­li­sée par les Russes, avant la révo­lu­tion bol­che­vique, pour qua­li­fier le style admi­nis­tra­tif dans la bureau­cra­tie tsa­riste.

Et là, puisque la parole fut illi­co don­née à Ségo­lène Royale, c’est elle qui, sans bar­gui­gner, décro­cha le pom­pon avec un glo­rieux : « Il faut mobi­li­ser les éner­gies et libé­rer les forces créa­trices ». Joli. Bien vite, la voi­ci secou­rue par un Pierre Mos­co­vi­ci en grande forme (il vient de perdre sa mai­rie) : « Il est dif­fi­cile de réfor­mer un pays comme la France ». Forte pen­sée qu’il ten­ta de nuan­cer : Il fal­lait «prendre acte» de ce qui s’était pas­sé et recon­naître «un défi­cit d’explication». « Faire sens » a  cru devoir ren­ché­rir Ségo­lène Royal. « En tant que res­pon­sable poli­tique, nous ne pou­vons pas ne pas tenir compte du résul­tat » a ensuite lâché Michel Sapin, impé­rial (après Royal, c’était bien le moins).

Puis vint Jean-Pierre Raf­fa­rin et ses fameuses raf­fa­ri­nades, ici en trois points dont il ne res­ta que deux mots-clés : « chô­mage » et « chan­ge­ment ». Le niveau mon­tait. Pas tant qu’avec l’ineffable Hen­ri Guai­no, la « plume » de qui-l’on-sait, qui a ten­té des envo­lées à base d’État, de Nation, de fron­tières, d’idées… Plouf. Heu­reu­se­ment, Marine Le Pen clai­ron­nait la fin du vieux monde UMPS, pro­phé­ti­sant la révo­lu­tion fron­tiste. Tan­dis que Cécile Duflot, elle, reve­nait aux « fon­da­men­taux » : « Moi, si j’étais un Fran­çais ou une Fran­çaise, je ne sais pas si…» Rama Yade voyait quant à elle, l’occasion rêvée de relan­cer la marque UDI, moyen­nant un  « cor­rec­tif en com­mu­ni­ca­tion ». Bru­no Lemaire, enfin, avait la colère direc­to­riale et Laurent Wau­quiez, l’éloquence commerciale.

Puja­das et Dela­housse se déme­naient en gen­tils ani­ma­teurs de réunion à l’usage des PDG de la poli­ti­que­rie, ce vaste domaine mon­dia­li­sé de la parole ver­beuse auto-déva­luée et qui menace le monde de la pen­sée comme le CO2 le cli­mat de la planète.

Mais que « les Fran­çais se ras­surent », « leur mes­sage a été enten­du ».

Lire aus­si :

Tournée générale : Copé offre sa rasade de langue de bois


Profiter du 14 mars : Journée internationale pour la défense des apostats et des blasphémateurs

Ne pas croire la moindre sor­nette. Ne jamais renon­cer à l’esprit cri­tique. User du scep­ti­cisme comme d’un grand cru revi­go­rant. Voi­là bien des liber­tés aus­si mena­cées que rare­ment pra­ti­quées – cela expli­quant ceci. 

Car la liber­té ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Elle devrait être « facul­ta­ti­ve­ment obli­ga­toire » dès l’école, avec tra­vaux pra­tiques régu­liers, sou­tien ren­for­cé aux vic­times de mau­vais trai­te­ments paren­taux (enfants de pas­teurs, rab­bins, curés et autres tali­bans), séjours gra­tuits en Uto­pie,  colo­nies de vacances en alti­tude morale, intel­lec­tuelle et liber­taire. Et cae­te­ra.

On peut (et on doit) rêver, car le rêve porte la poé­sie « comme la nuée porte l’orage ». Là, je m’égare…

Pour reve­nir au sujet du jour, à savoir la Jour­née inter­na­tio­nale pour la défense des apos­tats et des blas­phé­ma­teurs – ne sachant qui l’a décré­tée et fixée au 14 mars„ qu’importe : l’ivresse se suf­fit à elle-même, et pro­fi­tons-en avec se petit sor­ti­lège gen­ti­ment blasphématoire.

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« Civi­li­sa­tion occi­den­tale et chré­tienne » Ren­contres pho­to­gra­phiques d’Arles, 2010. Pho­to © gp

León Ferrari, blasphémateur et artiste argentin

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León Fer­ra­ri

Cet article de cir­cons­tance est dédié à l’artiste argen­tin mort en 2013, León Fer­ra­ri, fon­da­teur du Club des impies, héré­tiques, apos­tats, blas­phé­ma­teurs, athées, païens, agnos­tiques et infi­dèles. Il avait été, dès 1965, cen­su­ré en Argen­tine pour son œuvre Civi­li­sa­tion occi­den­tale et chré­tienne où il repré­sen­tait un Christ cru­ci­fié sur les ailes d’un bom­bar­dier amé­ri­cain au Viet­nam. Andrés Duprat, com­mis­saire de l’exposition des Ren­contres d’Arles 2010 se réjoui­ra de la voir expo­sée dans un endroit pri­vi­lé­gié, le choeur de l’église Sainte-Anne. « Jamais dans son his­toire cette remar­quable pièce n’a été mon­trée dans un endroit aus­si signi­fi­ca­tif et per­ti­nent que celui-ci. » [Pho­to ci-dessus].

León Fer­ra­ri avait été qua­li­fié de blas­phé­ma­toire par Jorge Ber­go­glio, futur pape Fran­çois. Celui-ci n’était encore qu’archevêque lorsque, en 2004, il avait qua­li­fié une rétros­pec­tive de ses œuvres de honte pour Bue­nos Aires. À quoi León Fer­ra­ri répli­qua stoï­que­ment : “Es una espe­cie de favor que me hizo Ber­go­glio” [C’est une sorte de faveur que m’a faite Ber­go­glio].

« La reli­gion a une grande influence sur notre culture, une influence néfaste. La reli­gion est d’une into­lé­rance extrême, qui se trans­met à toute notre culture, sans oublier que les exter­mi­na­tions ont une ori­gine reli­gieuse », décla­rait León Fer­ra­ri en 2008.

León Fer­ra­ri a dû s’exiler au Bré­sil sous la dic­ta­ture (1976-1983) au cours de laquelle son fils Ariel fit par­tie des mil­liers de dis­pa­rus. Son œuvre témoigne évi­dem­ment de cette noire période avec des mon­tages de pho­tos et de des­sins ou tableaux. Les rap­pro­che­ments entre mili­taires argen­tins et Hit­ler sont évi­dents. Mais est aus­si clai­re­ment mis en scène le rôle des pré­lats argen­tins. Ain­si du Car­di­nal Anto­nio Quar­ra­ci­no, dont les lunettes reflètent le visage de Videla.


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il fau­drait com­prendre que les choses sont sans espoir et être pour­tant déci­dé à les chan­ger. » F. Scott Fitz­ge­rald, Gats­by le magni­fique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérè­gle­ment de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter - Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Phi­lippe Casal, 2004 - Centre natio­nal des arts plas­tiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus mani­feste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexua­li­té / poli­tique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numé­ro, ci-des­sus. En savoir plus ici sur Sexpol.
  • « Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl »

    Comme un nuage, album pho­tos et texte mar­quant le 30e anni­ver­saire de la catas­trophe de Tcher­no­byl (26 avril 1986). La sous­crip­tion étant close (vifs remer­cie­ments à tous les contri­bu­teurs !) l’ouvrage est désor­mais en vente au prix de 15 euros, fran­co de port. Vous pou­vez le com­man­der à par­tir du bou­ton « Ache­ter » ci-des­sous (bien pré­ci­ser votre adresse postale !) 

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    Il s’agit d’un album-pho­to de qua­li­té, à tirage soi­gné et limi­té, 40 p. for­mat A4 « à l’italienne ». Les pho­tos, prises en Pro­vence et notam­ment à Mar­seille, expriment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ». Cette créa­tion rejoi­gnait l’appel à l’organisation de « 1.000 évé­ne­ments cultu­rels sur le thème du nucléaire », entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fuku­shi­ma) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl). 
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liber­té d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos dis­cours est le cours de nos vies. Mon­taigne - Essais, I, 26

    La véri­té est un miroir tom­bé de la main de Dieu et qui s’est bri­sé. Cha­cun en ramasse un frag­ment et dit que toute la véri­té s’y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Pon­thieu, est mis à dis­po­si­tion selon les termes de la licence Crea­tive Com­mons : Attri­bu­tion - Pas d’Utilisation Com­mer­ciale - Pas de Modi­fi­ca­tion (3.0 France). Pho­tos, des­sins et docu­ments men­tion­nés sous copy­right © sont pro­té­gés comme tels.
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