Jazz. Plongée mortelle pour Esbjörn Svensson – et le trio E.S.T.

Dans l’art du trio de jazz, il avait rejoint les plus grands. Le pianiste suédois Esbjörn Svensson est mort samedi 14 juin, à 44 ans, suite à un accident de plongée sous-marine dans l’archipel de Stockholm. C’en est donc fini de cette belle formation portant le nom de son leader, mais plus connue sous l’abréviation d’E.S.T.

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Dan Berglund, contrebasse et Magnus Öström, batterie, se retrouvent évidemment comme orphelins musicaux, même s’ils sont tous trois de la même génération ; même si le succès du groupe revenait à chacun d’eux qui, d’ailleurs, co-signait les compositions. Comme pianiste, Esbjörn Svensson se référait à Keith Jarrett et à Chick Corea, influences dont il avait su se démarquer. Il a aussi composé, exprès pour sa belle, la chanteuse Viktoria Tolstoy (arrière petite fille de l’écrivain russe), la musique d’un album, « Shining on you ».On doit à E.S.T. un jazz limpide, riche et sobre à la fois, servi par un son très identifiable dû autant à l’originalité musicale qu’à un recours subtil à l’électronique – d’où des sonorités parfois audacieuses (« Carcrash », morceau de 18 minutes dans « Strange Place For Snow », 2002.)E.S.T.a produit une douzaine de disques (chez l’éditeur allemand ACT) dont « From Gagarin’s point of view » qui, en 1999, l’a fait connaître en France. Là comme ailleurs, l’audience du trio a souvent dépassé les seules sphères du jazz. La jeunesse des musiciens et leur répertoire à l’occasion mâtiné de pop et de rock ont contribué à cette notoriété. Le trio a aussi été programmé au festival de piano de La Roque d’Anthéron (Bouches-du-Rhône) en 2002 – ce qui m’avait valu le plaisir de l’écouter dans les carrières de Rognes, autant dire dans des conditions optimales.
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