On n'est pas des moutons

Musique


Fin de partition pour le pianiste John Taylor

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© Gérard Tissier — 2015

Il s’en est allé en musique, en jazz, effondré sur son clavier. Fin du morceau, fin finale, et sans rappel. C’était ce vendredi 17 juillet, au Saveurs Jazz Festival à Segré près d’Angers. John Taylor n’a pas survécu à une crise cardiaque, il est mort le lendemain. C’était un fameux compositeur et pianiste anglais, né en 42 à Manchester – il aurait eu 73 ans en septembre prochain. Il tournait avec le quartet de Stéphane Kerecki (composition, contrebasse), aux côtés d’Émile Parisien (soprano) et Fabrice Moreau (batterie).

Autodidacte, John Taylor avait forgé son style propre en dehors des écoles, et auprès des meilleurs jazzmen, comme notamment son compatriote le saxophoniste John Surman. Il jouera aussi avec Lee Konitz, Gil Evans, Kenny Wheeler et la chanteuse Norma Winstone, qui deviendra sa première épouse. Sa discographie est des plus fournies, notamment chez ECM pour lequel, à l’occasion de son soixantième anniversaire, il enregistre le magnifique Rosslyn en trio avec le contrebassiste Marc Johnson et le batteur Joey Baron.

Pianiste subtil, au jeu plutôt intérieur, loin du démonstratif, on pourrait – sans réduire sa réelle originalité – le rattacher à la lignée des Bill Evans et Paul Bley, où l’on retrouve aussi l’Américaine Marylin Crispell. Il aura parcouru les vagues successives du jazz « moderne », du hard bop au free, sans se départir d’une vraie continuité musicale hors chapelles.

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Invité par le Moulin à Jazz de Vitrolles, le 23 mai 2015, John Taylor aux côtés de Jean-Charles Richard, Stéphane Kerecki, Fabrice Moreau. © Gérard Tissier.

Il avait trouvé toute sa place dans le magnifique quartet de Stephane Kerecki et son programme Nouvelle Vague inspiré du cinéma, bien sûr, et de musiques de films. C’est avec ce programme (Jean-Charles Richard remplaçait alors Émile Parisien) qu’il était venu en mai dernier au Théâtre de Fontblanche à Vitrolles, invité par le Moulin à Jazz.

En plus de ses talents musicaux, John Taylor mêlait joie de vivre et humour, british of course – en quoi il savait aussi apprécier un blanc de Provence (entre autres, car il vivait en France) et partager une bonne blague d’un rire explosif.


Mort d’Eddy Louiss. Un grand de l’orgue Hammond, mais pas seulement

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Avec la Multicolor Feeling Fanfare, au Paris Jazz Festival 2011 (Parc floral de Paris). Ph. Myrabella / Wikimedia Commons

Organiste, pianiste, chanteur ; et aussi trompettiste, percussionniste , chef d’orchestre et compositeur : Eddy Louiss vient de mourir à l’âge de 74 ans et avec lui disparaît une grande figure du jazz, du jazz français en particulier. Il était malade depuis quelques années et, ces derniers temps, ne répondait même plus aux appels téléphoniques de ses amis, comme Bernard Lubat notamment, avec qui il avait joué et chanté surtout dans le groupe des Double Six, aux côtés de sa fondatrice Mimi Perrin, de Roger Guérin, Ward Swingle et Christiane Legrand. [Voir ici à propos de Mimi Perrin, morte en 2010Mimi Perrin, comme un pinson du jazz ]

Edouard Louise, de son vrai nom, naît à Paris le 22 mai 1941. Son père, Pierre, d’origine martiniquaise, est trompettiste et l’entraîne très jeune dans des tournées estivales où il s’imprègne de la musique dite « typique » : rumba, paso-doble, cha-cha-cha. Il découvre bientôt le jazz et tâte d’instruments comme la trompette, le vibraphone – et l’orgue Hammond, qui deviendra son instrument d’élection. À seize ans, il fait le bœuf avec Jean-François Jenny-Clark et Aldo Romano. Plus tard, il enregistre avec Daniel Humair – il formera avec lui et Jean-Luc Ponty le trio HLP), accompagne Nicole Croisille au bugle (Festival d’Antibes, 1963), puis Claude Nougaro à l’orgue pendant treize ans. Il ne rechigne pas à la variété (avec Henri Salvador, Charles Aznavour, Barbara, Serge Gainsbourg, Jacques Higelin), se lance dans un octette (avec le violoniste Dominique Pifarély), s’adjoint une fanfare de cinquante musiciens professionnels et amateurs… En 1994, il enregistre en duo avec Michel Petrucciani deux disque fameux, Conférence de Presse (Dreyfus Jazz) [extrait ci-dessous]. Il joue également avec Richard Galliano, en duo et en orchestre (souvenir de Marciac, je ne sais plus quand au juste…) En 2000, la maladie le contraint à s’éclipser jusqu’en 2010 où il enregistre à nouveau en studio, se produit à l’Olympia et enfin en 2011, au Paris Jazz Festival, sa dernière apparition publique.

Musicien de tous les registres, ainsi qu’il a été souvent qualifié, à l’image de son ouverture « multicolore » – rappelons sa série de concerts intitulée Multicolor Feeling. Il s’était donné aussi bien dans les improvisations avec les John Surman, Michel Portal et Bernard Lubat, que dans les rythmes afro-caraïbéens ou les enregistrements en re-recording au clavier (Sang mêlé). Il était aussi un des continuateurs de Jimmy Smith, maître du Hammond, instrument de finesse et de fougue (pour ne pas dire de fugue…) qui va si bien au jazz, où il est devenu plutôt rare. La disparition d’Eddy Louiss ne va rien arranger.

Un document de l’Ina du 26 mars 1970 Eddy Louiss à l’orgue et Daniel Humair à la batterie interprètent «Tristeza». Diffusé par l’ORTF dans l’émission Jazz en France, présentée par André Francis. Tout le monde avait 45 ans de moins… Le son laisse à désirer. Cet extrait  de Caraïbes (Dreyfus Jazz), avec Michel Petrucciani, est meilleur : 

[audio:https://c-pour-dire.com/wp-content/1audio/Caraiibes.mp3|titles=Eddy Louiss — Caraibes|autostart=no]

«Toujours les meilleurs qui partent», comme il se dit bêtement… Dans cette catégorie, j’ai «raté» le départ, le 11 juin dernier, d’Ornette Coleman, un historique du jazz s’il en est. Rattrapage avec cet article sur CitizenJazz


Le KamaTsipras, nouvel hymne gréco-européen

Le KamaTsipras ? C’est le titre de l’actualité chantée de Cécile de Kervasdoué et Benjamin Laurent, mercredi sur France Musique dans l’émission La Matinale culturelle, de Vincent Josse. L’actualité, c’est évidemment l’élection grecque et la victoire de Samothrace – euh, seulement de Tsipras, mais déjà sculpté dans le marbre médiatique. Pourvu qu’il résiste à l’érosion des pouvoirs.

Alexis_Tsipras

Kama qui veut dire désir et Tsipras du nom du nouveau chef du gouvernement grec. Premier homme politique d’extrême gauche à diriger un pays de l’Union Européenne, Alexis Tsipras, 40 ans, s’est fait élire triomphalement dimanche soir sur un programme anti-austérité anti-dette et anti-Union Européenne. Ça n’empêche pas de nombreux européens de succomber à son charme.

Texte et interprétation de cette parodie musicale et politique valent leur pesant son-or-e : ci-dessous :

KamaTsipras”

Chant 1

Il a le regard fier
Un sourire enjôleur
Il ouvre une nouvelle ère
Pour des millions de chômeurs
Finie l’austérité
Nous pourrons nous chauffer
Nous soigner, nous éduquer
Et peut être travailler
Victoire Victoire
C’est la victoire de Tsipras c’est la victoire de Tsipras c’est la victoire de Tsipras
Finis tous ces voyous
Qui nous piquent tous nos sous
Tous ces Papandreous
Qui vivent grâce à nous
Gloire Gloire
Gloire Au nouvel apollon, gloire au nouvel apollon, gloire au nouvel apollon.
Finis les libéraux
Les impôts et l’euro
Grâce à notre héros
On remet la dette à zéro

Chant 2

Kamatsipras Kamatsipras

Chant 3

Je n’céderai pas à ce Priape
Je ne veux pas de ces agapes
Il voudrait me tourner la tête
Mais pas question d’effacer sa dette

Chant 4

J’vais vous apprendre à danser
J’vais vous apprendre à lutter
Pour la solidarité
J’vais vous apprendre à m’aimer! 

Cécile de Kervasdoué

Capable de lire dans cinq langues, titulaire de multiples mastères, elle se forme parallèlement au chant lyrique dans la classe du contre ténor Robert Expert, puis avec l’alto Janine Fourrier de l’Opéra de Paris. Elle se distingue dans les rôles de travestis (Chérubin dans les Noces de Figaro de Mozart, Fragoletto dans les Brigands d’Offenbach, Oreste dans la Belle Helène d’Offenbach), puis dans la cantate française et se passionne pour la musique anglaise (Dowland, Blow, Purcell). Mue par le désir d’inventer de nouvelles formes pour transmettre l’actualité internationale, Cécile de Kervasdoué a rejoint en 2013, la rédaction du Mouv’.

Benjamin Laurent

Diplômé du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, Benjamin Laurent, pianiste, se consacre à la composition et à la direction de chant. Il est chef de chant dans l’opéra Eugène Oneguine de Tchaikovski à l’abbaye de Royaumont en août 2013, puis en février 2014 dans L’Elisir d’amore de Donizetti à l’opéra de Monte Carlo. Professeur d’accompagnement, il vient d’intégrer l’atelier lyrique de l’opéra de Paris comme pianiste chef de chant. Il est l’auteur de plusieurs musiques de film.


Jazz à Vitrolles (13). Charlie met la dernière touche


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Ça s’affaire à Vitrolles, Bouches-du-Rhône, où un certain Charlie (Free) met la dernière touche à son légendaire festival de jazz. Cette 17e édition (4, 5 et 6 juillet) aura lieu comme toujours dans le magnifique domaine de Fontblanche aux platanes tri-centenaires. Le programme et les informations pratiques se trouvent à portée de clic, ici. On en reparle ces prochains jours.


Musique. Ne regardez pas cette vidéo, elle est écœurante !

Avertissement solennel ! Amis musiciens, amateurs de jazz et/ou de classique, et surtout si vous tâtez du piano : ne regardez pas cette vidéo, elle est écœurante !

Puisque vous l’avez voulu :

Joey  Alexander est né… en 2003 à Denpasar-Bali, en Indonésie. Il n’a donc que dix ans ! Il a commencé à jouer du piano à six. À sept, il attaque le jazz. À huit, avec ses parents, il déménage dans la capitale, Djakarta, afin de mieux étudier et se consacrer au jazz. Il est alors invité par l’Unesco à jouer du piano solo en présence de Herbie Hancock. Comme un premier communiant invité au Vatican pour dire la messe avec le pape… Je sais, la comparaison est osée, et même débile.

C’est qu’il est plus qu’agaçant ce merdeux surdoué, ce petit prodige même pas (pas encore) prétentieux, tout juste admirable. Si vous fouinez sur la toile à son propos, vous verrez aussi que ce Joey ne craint pas de deviser gravement à propos de Bill Evans, John Coltrane, Chick Corea, Brad Mehldau et Robert Glasper… Et, comme vous l’avez constaté de video-visu, il tutoie Thelonious Monk, conversant  avec lui autour de minuit. Écœurant, je vous dis !


Paco de Lucia (19472014)

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Paco de Lucía, Festival de Timişoara, 2007 [Ph. Cornel]

Le guitariste espagnol Paco de Lucía est mort ce 26 février à Cancún au Mexique. Arrêt du cœur pour l’un des plus grands musiciens de son temps. On peut dire qu’il a sorti l’art du flamenco de sa gangue traditionaliste et même de sa torpeur franquiste. C’est un raccourci mais qui, cependant, exprime bien une réalité que j’ai partagée en son temps avec des amis anti-franquistes.

Franco et sa dictature s’étaient en effet appropriés le flamenco, ainsi devenu une sorte d’art officiel figé dans ses stéréotypes. En Espagne, jusqu’à la fin des années 70, les radios, sous contrôle, saturaient leurs auditeurs de musiques « nationales » et folkloristes, en tête desquelles trônait le flamenco. Les opposants à la dictature, et les plus jeunes d’entre eux en particulier finissaient par vomir cette musique aux relents propagandistes. D’autant plus que cette Espagne de Franco, tout comme le Portugal de Salazar, s’étaient coupés du reste de l’Europe et, de ce fait, demeuraient à l’écart du jazz et du rock débarqués avec les libérateurs américains. L’irruption de Paco de Lucia dans le champ musical fut ainsi perçue comme une promesse de renouveau, y compris dans le flamenco dont il était pleinement issu et qu’il ne reniait nullement. Au contraire, il s’y affirmait comme instrumentiste de premier plan et non plus d’accompagnement, doué d’une virtuosité époustouflante au service d’un jeu des plus inventifs. Bientôt, et peu à peu, Paco de Lucia va découvrir le jazz et l’improvisation, puis se rapprocher de musiciens de jazz comme le guitariste texan Larry Coryell – un des pionniers du jazz-rock, né en 1943 – et le pianiste Chick Corea (1941), issu de l’émigration latine européenne.

En 1981, il se retrouve avec l’Anglais John McLaughlin (1942) et l’Italo-Américain Al Di Meola (1954) en un trio qui deviendra légendaire ; leur disque Friday Night in San Francisco [cliquer pour écouter] enregistré à l’issue d’une tournée mondiale s’est classé rapidement parmi les meilleures ventes de disques de guitare instrumentale. Il aura ainsi été à la fois un « revivaliste » du flamenco – notamment aux côtés de la grande figure du chant flamenco Camarón de la Isla  – et un des révélateurs du jazz-fusion.

De son vrai nom Francisco Sánchez Gomez, il était né le 21 décembre 1947 à Algesiras, province de Cadix. Paco de Lucia aura illuminé la scène musicale dans le monde entier. On le voit aussi dans le Carmen de Carlos Saura. Comme ce dernier pour le cinéma, et également Pedro Almodovar ; comme Antonio Gades pour la danse ; comme Paco Ibañez pour la chanson – pour se limiter à eux –, Paco de Lucia aura donné largement sa part au génie artistique espagnol.


Aux amateurs de jazz !

Avis aux amateurs de jazz !  Vous pourrez retrouver – à partir de l’onglet «Jazz» en tête de « C’est pour dire »  – des liens ouvrant mes articles  parus (ordre chronologique) sur le fameux site Citizen Jazz. De même, vous pourrez vous brancher sur les sites de Charlie Free et du Moulin à jazz  de Vitrolles pour y suivre programmes et activités diverses. Et que ça swingue !


Guy Longnon est mort à Marseille. Le premier, il avait apporté le jazz dans un conservatoire

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Guy Longnon, avec Yves Laplane, en 2011. (Ph. © Yves Scotto)

Le jazz français, et en particulier provençal, ne serait pas ce qu’il est sans Guy Longnon, mort ce 4 février 2014. Trompettiste et créateur en 1964 de la première classe de jazz dans un conservatoire français, en l’occurrence celui de Marseille, il a porté sur les frontons du jazz toute une génération de musiciens parmi lesquels Bruno Angelini, André Jaume, Raphaël Imbert, Perrine Mansuy, Pierre Christophe, Alain Soler, Jean-Paul Florens, Henri Florens.

Ainsi, le saxophoniste André Jaume se souvient de la conférence sur le jazz que Guy Longnon prononça à Marseille vers 1960 et dans laquelle il précisa clairement sa préférence pour le be-bop, marquant ainsi sa dissidence d’avec le pape du Hot Club de France, Hugues Panassié. C’est aussi à cette époque qu’il renonça à jouer avec Sidney Bechet car, rappelle André Jaume, il en avait assez d’être considéré comme « un accompagnateur de chanteur ». Bechet était alors en effet une véritable star, à l’égal d’une vedette de variétés.

Sans doute est-ce à l’époque de cette conférence que Pierre Barbizet, directeur du conservatoire de Marseille – et immense musicien –, l’invite à créer la classe de jazz, première du genre. Guy Longnon y consacrera toute sa carrière. Un pédagogue « fabuleux », s’exclame André Jaume, se souvenant de l’« homme très ouvert à toutes les musiques, du classique au jazz », se référant souvent à Ellington, Parker, Clifford Brown… « Un homme très modeste », souligne encore André Jaume, rappelant que dans ses cours « il jouait du piano, de la contrebasse… mais pas de la trompette ! »

Guy Longnon avait aussi joué avec Claude Luter, Jean-Claude Fohrenbach et Moustache.  Élève au Conservatoire de Paris dans la classe de violoncelle, il fréquenta Boris Vian et le monde de Saint-Germain-des-Prés.

Claude Gravier rappelle qu’il avait chaleureusement encouragé la création en 1989 de l’association de Vitrolles Charlie Free et le Moulin à Jazz, qu’il avait soutenus dans la période « noire » de 1997 et l’avait honoré de sa présence lors de quelques concerts de ses élèves : André Jaume, Raphaël lmbert, Paul Pioli, Bernard Abeille, Joseph Crimi, Philippe Renault, Henri Florens, Christian Bon, Yves Laplane…

Dans leur passionnant livre À fond de cale (éd. Wildproject) sur le jazz à Marseille, Michel Samson et Gilles Suzanne consacrent un savoureux chapitre au chamboulement provoqué par l’arrivée de Guy  Longnon dans la cité phocéenne. On y découvre une étonnante facette de Pierre Barbizet et cet échange :

« Ah ! alors tu es v’nu ? » lance le pianiste classique. « Ah ben oui »,  répond le jazzeux. « Alors on va faire une classe de jazz », propose Barbizet. L’affaire est lancée, mais en 2010, l’ancien prof de jazz précise : « J’étais complètement ahuri parce que, pour moi, il n’y avait pas d’enseignement possible du jazz. »

L’affaire ne fut pas simple, ni sans péripéties, ainsi que le racontent les auteurs. Mais la descendance est assurée puisque la classe de jazz continue de vivre sous la direction du tromboniste Philippe Renault, tandis le « D6 », octette/nonette qui porte le nom de la salle jazz du conservatoire, a récemment enregistré un hommage au maître.

–––           

La discographie de Guy Longnon dans Wikipedia ne mentionne que peu d’enregistrements :

1952 : Sidney Bechet avec Claude Luter et son orchestre, Blue Note Records

1984 : Torride !, 52e Rue Est

1994 : Cyclades (JMS)

2000 : Classic Jazz at Saint-Germain-des-Prés, Universal

André Jaume signale un disque en quartet avec Don Byas, sous le titre Saratoga Hound Jazz.

Il a aussi composé pour le cinéma, dans deux films de Paul Paviot :

1951 : Terreur en Oklahoma

1952 : Chicago-digest

–––

Ne pas confondre Guy et son neveu Jean-Loup, lui aussi trompettiste, pianiste, chanteur, compositeur de renom (né en 1953).

–––

La cérémonie des obsèques aura lieu le mardi 11 février à 14h30 au crématorium du cimetière Saint-Pierre de Marseille.


L’envolée chromatique. Vous prendrez bien cinq minutes de magie ?

Huit décembre 2010, place Bellecour à Lyon. On éteint les lumières, place aux illuminations. Surgi d’on ne sait où, un drôle de type, allure de diable roux, poumons entre les mains. C’est Arnaud Méthivier. Décrochez donc, au moins pour ces cinq minutes magiques !

On peut lire aussi : Arnotto ou la greffe cœurs-poumons


De ce bois japonais dont on fait du Bach

Une forêt, du bois, du bois taillé, une boule en bois. Une idée folle, du génie, de la volonté et beaucoup de travail en plus d’un grand sens artistique. Tant pis si de la pub vient parasiter la fin de cet étonnant parcours musical.

Des Japonais ont ainsi construit (et filmé) en pleine forêt un xylophone en pente, qu’une boule en bois va parcourir par gravitation en jouant « Jésus que ma joie demeure » de Jean-Sébastien Bach.

Une performance extraordinaire lorsque l’on sait que la longueur de chaque lamelle, taillée en V pour maintenir la balle, doit être calculée pour jouer la bonne note et la bonne durée.


Ibrahim Maalouf entre parking et platanes du Charlie Jazz Festival

Un banal sous-sol de parking, cinq palettes en bois, une gratte et son ampli ; enfin une trompette et son souffleur. Et quand même une bonne dose de talent. Il n’en fallait pas plus à Ibrahim Maalouf et François Delporte pour faire jaillir la musique, de celle qui vient des profondeurs, bien en deçà du parking de Télérama.

Le trompettiste franco-libanais vient de sortir un nouveau disque, Wind, qui s’inspire d’un film de René Clair, La Proie du vent, un film muet de 1926. Il y est question d’un pilote pris dans une tempête et forcé d’atterrir dans un parc du château. Il tombe amoureux de la maîtresse des lieux… Comment en vient-on à composer du jazz là-dessus ? Comment Miles composa, à la volée, la bande originale d’Ascenseur pour l’échafaud ?

Si vous voulez comprendre ce genre de mystère, prenez date : Ibrahim Maalouf jouera avec son quintette le samedi 6 juillet au Charlie Jazz Festival de Vitrolles.

L’occasion de faire aussi le lien, le vendredi 5, avec Marseille-Provence 2013 et le concert donné par le Mediterranean Charlie Orchestra, alliage prometteur entre l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée et la compagnie Nine Spirit – soit une trentaine de musiciens enlevés par le saxophoniste et compositeur Raphaël Imbert.

Le festival prendra fin le dimanche 7 avec le quartet d’Avishaï Cohen, contrebassiste pétillant. Il remplace ainsi le trompettiste Roy Hargrove, obligé d’annuler sa tournée pour raison de santé.

Programme complet du Charlie Jazz Festival et réservation : http://charliejazzfestival.com/


Ibrahim Maalouf en Télérama garage Session par telerama

Lire aussi l’entretien avec Ibrahim Maalouf sur CitizenJazz.com


1, 2 et 3 juillet à Vitrolles (13). Le jazz rêvé de Charlie


Fontblanche à Vitrolles, comme une découverte a priori inattendue – gaffe aux a priori ! Peut-on en effet rêver plus idyllique lieu que ce parc et ses platanes monumentaux pour écouter du jazz ? C’est bien dans ce joyau de verdure bordé de sa rivière , près d’Aix et Marseille, que  se tiendra le quatorzième Charlie Jazz Festival. Trois soirées pour changer de monde – et peut-être un peu changer le monde aussi. Même si ça ne dépend pas que de la musique, vue la cacophonie terrestre… Raison de plus pour en profiter. Voici le programme, que vous pouvez aussi télécharger ici.

Vous pouvez également le découvrir et écouter des extraits musicaux à partir des liens ci-dessous :

Vendredi 1er Juillet
19h00 — Haïdouti Orkestar
21h00 — MEANDRES invite Bart MARIS [Création]
< 22h15 — Charles LLOYD New Quartet (Retransmis sur France Musique)

Samedi 2 Juillet
18h00 — Rétroviseur
19h30 — Haïdouti Orkestar
< 21h00 — Joachim KÜHN, Majid BEKKAS, Ramon LOPEZ (Retransmis sur France Musique)
22h15 — Majid BEKKAS Sextet « Makenba »

Dimanche 3 Juillet
18h00 — Sidony Box
19h30 — Banda du Dock
21h00 — Musica Nuda
< 22h15 — Orchestre National de Jazz « Shut Up and Dance »

 

«Eco Festival» avec restauration sur place et expos photos. Le parcours d’accès est fléché.

Deux scènes à la découverte du jazz d’aujourd’hui – et même de demain.

Site du festival : http://charliejazzfestival.com/

[Photos Gérard Tissier]


Archie Shepp en « Maradona du jazz » chez des rappeurs d’Aix-en-Provence

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© Ph. Gérard Tissier

C’est une belle aventure débutée à l’automne. Son point d’orgue, si on ose dire : cette printanière soirée du 6 mai 2011, un samedi, dans un quartier d’Aix-en-Provence. Et quand on dit « quartier » on croit avoir assez sous-entendu, ce qui est pire que tout.

Donc ce soir-là, au Jas de Bouffan, nom du quartier péri-urbain, Archie Shepp avait rendez-vous avec une bande de jeunes – à moins que ce ne soit l’inverse -, mais aussi un public, rassemblé dans la salle bondée du Bois de l’Aune : un tiers de spectateurs venus en voisins, supporteurs des leurs, le reste de plus loin, connaisseurs, curieux et bourgeois ordinaires. Tel était l’aboutissement de ce « Jazz-lab 1 », commencé à l’automne avec l’intention de mêler, mixer, mélanger, métisser quelques ingrédients de la culture d’aujourd’hui.

[…] Suite sur Citizen Jazz, làhttp://www.citizenjazz.com/Jazzlab-1-a-Aix-Archie-Shepp-en.html

 


J.-S. Bach, Moebius et sa bande

Moulin à jazz, Vitrolles, 21 mai 2011. Jean-Charles Richard s’échauffe au saxo baryton avec la Suite n°1 pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach. Ph. gp

La musique, peut-être plus et autrement que les autres formes d’expression, représente cet exploit de réunir le beau et l’insondable. En d’autres termes, l’harmonie et le cosmos, l’émotion et la raison, l’art et l’intelligence, la poésie et les mathématiques. Le petit film (dans la durée : 4 mn) visible ci-dessous illustre à merveille le génie de Jean-Sébastien Bach, musicien tutoyant le «divin» (les guillemets pour délimiter le champ de la croyance – son chant aussi…). Un film à la fois pédagogique & magique, dans les limites de cette « magie » parcourue par des fourmis sur la bande de Moebius (film suivant).

 

C’est à partir de ce ruban de Moebius que le chercheur darwinien Patrick Tort (L’effet Darwin, Seuil)  construit son concept d’« effet réversif » de l’évolution par lequel il explique « non théologiquement » l’émergence chez l’Homme de la liberté et de la solidarité sociale. Vaste sujet…


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

    • Twitter — Gazouiller

    • Énigme

      Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

      Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

    • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

      La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
      (Claude Lévi-Strauss)

    • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

      Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
    • «Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl»

      Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

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      Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
    • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

      L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

    • montaigne

      Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

      La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

    • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
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