imgp4512.1231841328.jpg

©Pho­to Gérard Tissier

On les dirait sor­tis d’une BD de Crumb. Ou d’une ver­sion jazz des Marx Bro­thers. Soit quatre las­cars, des New-Yor­kais free comme l’air et pas nés de la der­nière pré­si­den­tielle. Same­di à Vitrolles (13), ils ont cham­bou­lé le Mou­lin à Jazz qui en a pour­tant vu et enten­du en vingt ans d’existence.

On ne raconte pas la musique. Tout juste peut-on bro­der quelques images sur des sons, à peine émis et déjà éva­po­rés dans le cos­mos. Les disques, certes. Comme des conserves. Bon quand même pour rap­pe­ler quelques saveurs, nour­rir les sou­ve­nirs. Pré­fé­rer les fraises sau­vages, vers Font­blanche par exemple, pour ceux qui connaissent.

Voyez leurs trognes. Par ordre d’apparition. Lui, Joe Fon­da, le fon­du de la contre­basse. Son hénorme qui tient les quatre piliers du gang. Joie de vivre et humour. Conta­gieux. Les voi­là enfié­vrés, secoués à l’autre bout de la ryth­mique par la bat­te­rie de Lou Gras­si. Phé­no­mè­nal, entre caresse de peau et déluge de Brest. Richesse inouïe des bat­te­ments, temps et contre­temps. Puis le souffle. Roy Camp­bell aux embou­chures – trom­pette, trom­pi­nette, bugle et flûte. La forge peine un peu à chauf­fer puis jaillit en étin­celles, des traces d’étoile. Mark Whi­te­cage – alto et cla­ri­nette – emballe le tout dans des cho­rus pro­di­gieux. S’il fal­lait situer l’aventure, his­toire que les absents se mordent les doigts, le Nu Band nous a bala­dés entre l’Art Ensemble de Chi­ca­go, Roland Kirk et Ornette Cole­man. Même les plus free­leux se seraient lais­sé embal­ler. Si si, je le parie­rais ! En tout cas le Mou­lin, qui ne connaît pas la crise, a bat­tu son plein.

Share Button