Manif de Marseille : l’offense à Sarkozy

J’aime les manifs. En général, car il y en a aussi qui me révulsent ou me font peur. Celles, par exemple, qui exhortent à la haine, à la violence. Mais, comme hier à Marseille, ça fleurait bon le « peuple de France », avec ses relents d’atavisme – au bon sens, hein ! – remontant jusqu’à Quatre-vingt-neuf, les sans-culottes et toutes ces générations de râleurs, mécontents, protestataires, résistants, révolutionnaires qui ont forgé notre Histoire. J’aime ces manifs quand elles portent les valeurs de liberté, d’amour de l’autre, de justice, de fraternité. Il y avait de ça, hier depuis le Vieux-Port de Marseille jusqu’à la place Castellane et au-delà, tout au long de ce défilé de trois heures. Procession plutôt bon enfant avec ses bannières, ses slogans et effigies, ses fumigènes puants, tout ce folklore plus ou moins franchouillard, à l’image du pays profond, pas celui de Neuilly et autres lieux de la France d’en-haut, celle du pognon rapace.

Une manif, un peu comme bien d’autres, mais tout de même très fortement suivie – 80.000 personnes peut-être. Et aussi une différence notoire dans la manière d’interpeller Sarkozy : sans aucune déférence envers lui en tant que président de la République. J’ai ainsi relevé un chant le qualifiant carrément d’« enculé ». En substance : « Sarkozy, enculé, on t’emmerde ! Il est temps que tu la fermes ! » Plus que les effigies brandies, plus que les caricatures, un tel niveau d’offense m’a semblé très significatif de la vraie rupture, pour le coup, entre le peuple de la rue et son gouvernant « suprême ». Jamais sous les régimes précédents un tel niveau de rejet politique et plus encore physique n’avaient pu atteindre les de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac. (Du moins si je me souviens bien – peut-être va-t-on m’en sortir de plus vertes et bien pourries ?… ) C’est que, me disais-je, jamais les prédécesseurs de celui-là, n’étaient descendus à un tel niveau de vulgarité. Les « racaille », « descends un peu l’dire ici ! » et autre « casse-toi pauv’ con ! », il fallait s’y attendre, lui retombent dessus comme autant de boomerangs.

En prime ci-dessous et en images, une petite balade marseillaise.

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© g. ponthieu

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