On n'est pas des moutons

Sage, l’image ?

Petit jeu… de con

Soit cette inno­cente image…

Soit un déli­cat petit clic de souris…

Ren­ver­sant, non ?






D’où nous venons. Où nous allons. Il est temps de faire le point

 

Encore une ! Ça tourne. Mais pas bien rond. La bonne année quand même !

 

 



Cinéma. “Toni Erdmann”, subversif Père Ubu

S’il n’y avait qu’un film à voir ces temps-ci, ce serait bien ce “Toni Erd­mann” (d’autant que je n’en ai pas vu d’autre…) Un film comme aucun autre. Certes, sa fac­ture formelle est plutôt clas­sique : pas besoin de faire des numéros de cla­que­ttes quand le fond l’emporte d’une manière aus­si magis­trale. Au départ, l’histoire ordi­naire d’un père et d’une fille que la vie « mod­erne » a éloignés, jusqu’à les ren­dre étrangers l’un à l’autre. His­toire banale, sauf que les per­son­nages ne le sont pas, banals.

Le père, d’abord et surtout, con­statant l’abîme qui men­ace sa fille, prise dans l’absurde tour­bil­lon du monde mor­tifère du biz­ness, du coach­ing – tout ce blabla secrété par le règne de la marchan­dise mon­di­al­isée. Son instru­ment d’action, à l’efficacité impa­ra­ble – c’est le sujet du film – ce sera la dis­tance cri­tique portée par l’humour et, plus encore, par la déri­sion, planètes dev­enues inat­teignables à cette jeune femme froide, réfrigérée, frigide. Com­ment peut-elle encore être sa fille, celle-là qui sur­git entre deux avions, pressée, absente, l’oreille col­lée au portable, habil­lée en croque-mort, en noir et blanc, à la vie grise, vide de sens et de sourires ?

De ce naufrage annon­cé va sur­gir, en sauveteur loufoque, ce Toni Erd­mann à l’humour déjan­té, lour­dingue, qui fout la honte à cette jeune femme for­matée, tail­lée (dans son tailleur strict) pour la com­péti­tion entre tueurs affairistes – bref, le spec­ta­cle de l’« actu ». Il débar­que donc dans son univers de morgue, armé d’une per­ruque, de fauss­es dents et jusqu’à un coussin-péteur – une panoplie de Père Ubu pour un com­bat con­tre l’absurdité. « Je voulais savoir si tu avais le temps de vivre un peu » lui dit-il, tan­dis qu’elle n’entend pas, dev­enue sourde à la vie vivante, abstraite comme de l’art « con­tem­po­rain », marchan­dise elle-même, au ser­vice du monde marc­hand, de la finance qui tue le tra­vail et les hommes.

Mais rien n’est dit explicite­ment de tout ça : pas de dis­cours ni démon­stra­tions ; tout sur­git ici dans la lumière de l’écran, des per­son­nages, des sit­u­a­tions – Éros con­tre Thanatos, dans l’ordinaire men­acé des vies déréglées, men­acée comme l’humanité tout entière, par ce réchauf­fe­ment qui refroid­it : en fait un refroidisse­ment général­isé, une glacia­tion des rela­tions entre les êtres en représen­ta­tion : le monde rem­placé par son spec­ta­cle.

Un grand film sub­ver­sif, oui, qui fait tomber les masques, dénonce les jeux de sur­face minables, rap­pelle à l’impérieuse et pro­fonde urgence de vivre.

Mais atten­tion ! dan­ger : si jamais votre des­tin vous a con­duit à œuvr­er dans ce monde du coach­ing, du man­age­ment, de la lutte des requins con­tre les sar­dines…

…n’allez surtout pas à la ren­con­tre de ce Toni Erd­mann ! Vous pour­riez ne pas vous en remet­tre.


♦ Film alle­mand de Maren Ade avec Peter Simonis­chek, San­dra Hüller (2 h 42). Sur le Web : www.hautetcourt.com/film/fiche/302/toni-erdmann

L’Autrichien Peter Simonis­chek (ex-pro­thé­siste den­taire, trop beau pour être vrai) et l’Allemande San­dra Hüller y sont géni­aux.


Télévision. Collaro chez les ploucs, ou le mépris anthropologique

Col­laro chez les ploucs”. Reportage sur un cou­ple d’agriculteurs de Condé-sur-Seulles, dans le Cal­va­dos. Lui a échoué au per­mis de con­duire. Elle est à la remorque… Et Stéphane Col­laro – qui serre la main du mon­sieur mais pas celle de la dame… – d’y aller de sa dém­a­gogie d’amuseur pub­lic et de son mépris des gens sim­ples de la cam­pagne. Alors, pourquoi pub­li­er à nou­veau ? Parce que  ce mépris vaut anthro­polo­gie, tant pour les observés que pour l’observateur. Sans nier que c’est quand même poilant, tout en témoignant d’une époque et d’une forme de télévi­sion (Antenne 2, émis­sion La Lorgnette, 2 avril 1978. © Archives Ina).

Dans un autre reg­istre, mais proche, revoyons cet autre morceau d’anthologie : Dumayet et Des­grau­pes, Pierre-s angu­laires du scoop rim­bal­dien 

Comme quoi la “télé-réal­ité”, dès ses orig­ines, c’est d’abord la réal­ité de la télé.


Ciao Siné ! Il n’a pas voulu finir aux Invalides, ni au Panthéon…

siné1Siné, exit. Déjà, faut être con pour mourir, lui qui aurait préféré crev­er. Faut être encore plus con, dans son cas, pour caner le matin de l’Ascension. À moins qu’il ait opté in fine pour la ligne directe. Enfin, c’est son affaire. On ne sait quand auront lieu ses obsèques nationales. Plutôt que les Invalides ou le Pan­théon, il s’était réservé un coin à Mont­martre – à quel cimetière (celui du haut ou l’autre sous le pont Caulain­court) ? Il y aura une fan­fare au moins, comme à la Nou­velle-Orléans ? Une fan­fare de jazz, espérons, lui qui en était. Oui, l’anar aimait Nina Simone, Ray Charles, Dizzy Gille­spie, Count Basie, Bil­lie Hol­i­day… le free aus­si, Coltrane, Pharoah Sanders, Archie Shepp… Il était aus­si du bas­tringue gauchiste ; s’était fait embobin­er par Cas­tro, mais avait vite com­pris et en était revenu ; avait fréquen­té Mal­com X dont il dis­ait qu’il n’était ni croy­ant ni musul­man 1 ; son grand pote Cavan­na, il le trou­vait trop non-vio­lent ; sauf pour ce qui était de bouf­fer du curé, tous cultes con­fon­dus – c’était son sport favori, à égal­ité avec l’anti-militarisme ; de quoi ori­en­ter toute une vie de dessineu-grande-gueule au coup de cray­on assas­sin ; de quoi en lancer des anathèmes défini­tifs, et des “font chi­er”, et des doigts d’honneur grand comme des cac­tus géants, de celui en bronze qui va désor­mais mon­ter la garde sur ses cen­dres. Ciao Siné !

Notes:

  1. Dans un intéres­sant entre­tien avec Julien Le Gros dans “The Dis­si­dent” (http://the-dissident.eu/8126/sine-jattends-toujours-la-revolution/), il pré­ci­sait que Mal­com X a été tué alors qu’il s’apprêtait à faire son com­ing out sur ce point…


Halte à la dissidence ! Halte aux attentats anti “smartphones” !

Pris sur Twit­ter en pleine crise d’anormalité, ce dis­si­dent attrapé au col­let par la vidéo-sur­veil­lance, sera bien­tôt traduit devant le tri­bunal de Big Broth­er. Nul doute que cet atten­tat à la smar­ti­tude télé­phonique sera puni avec la sévérité qui s’impose. Et que cette scène déplorable serve de leçon aux éventuels délin­quants, heureuse­ment de plus en plus rares !

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Aujourd’hui , en France, sur un quai de gare… [Ph. d.r.]


Merci Patron !” La belle arnaque

Mer­ci Patron !, un film plus que sym­pa et qui con­naît un beau suc­cès depuis sa sor­tie fin févri­er. C’est l’éternelle his­toire des David et Goliath, des pots de terre et de fer. Traité ici sur le mode « sérieux décon­nant », entre Michael Moore et Jean-Yves Lafesse, par François Ruf­fin, rédac’ chef du jour­nal amiénois Fakir. 

merci-patron!

l’affiche

Joce­lyne et Serge Klur fab­ri­quaient des cos­tumes Ken­zo à Poix-du-Nord, près de Valen­ci­ennes. Depuis la délo­cal­i­sa­tion de leur usine vers la Pologne, le cou­ple est au chô­mage et criblé de dettes. François Ruf­fin va suiv­re ce cou­ple et par­tir « dans une course pour­suite humoris­tique avec Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France » dont le groupe est pro­prié­taire de l’usine. Scènes sur­réal­istes et quipro­qu­os en cas­cades, Mer­ci Patron ! se trans­forme en « film d’espionnage ».

« On ne pen­sait même pas faire un film mais avec l’histoire qui se déroulait sous nos yeux c’est devenu impos­si­ble de ne pas le faire ! » racon­te Johan­na, de l’équipe de Fakir. Porté par l’association Fakir, le film a séduit cri­tiques et médias. Il a même eut droit à une dou­ble page dans Le Monde qu’il qual­i­fie de « chef-d’œuvre du genre ».

Pour­tant, tout n’était pas gag­né. Le film qui comp­tait sur l’aide finan­cière du Cen­tre nation­al du ciné­ma voit sa demande rejetée. L’équipe décide de pass­er out­re les aides tra­di­tion­nelles et se tourne vers le finance­ment par­tic­i­patif. Grâce aux 21 000 € des con­tribu­teurs Ulule et une lev­ée de fonds auprès des abon­nés de Fakir, le film ver­ra le jour. Une lev­ée de fonds pour une lev­ée de fronde : la bonne idée pour une belle arnaque !


Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

3/5/16 La souscrip­tion est close. Grand mer­ci aux valeureux con­tribu­teurs qui ont per­mis la pub­li­ca­tion de ce mod­este ouvrage. Des exem­plaires restent disponibles, en vente ci-con­tre (colonne de droite).

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Mer­ci encore !

François et Gérard Pon­thieu


Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl

Nous avons – mon fils François et moi-même – saisi au vol cette sug­ges­tion d’un ami : mar­quer le 30e anniver­saire de la cat­a­stro­phe de Tch­er­nobyl (26 avril 1986) par la pub­li­ca­tion d’un album pho­tos et texte. D’autant que cette idée rejoint l’appel à l’organisation de 1 000 événe­ments cul­turels sur le thème du nucléaire, entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushi­ma) et le 26 avril (30 ans après Tch­er­nobyl).

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Nous nous sommes donc lancés dans l’ouvrage, qui est prêt – du moins «sur les écrans ». Nous avons juste un peu mod­éré l’élan avant de pass­er au papi­er d’édition…D’où cet appel à soutenir l’initiative. D’où cette souscrip­tion afin recueil­lir les fonds néces­saires à la pub­li­ca­tion puis la dif­fu­sion dans le cadre de cette cam­pagne anti-nucléaire.

Vous pou­vez par­ticiper en cli­quant sur le lien d’une cagnotte élec­tron­ique sécurisée :

https://www.leetchi.com/c/30-ans-apres-tchernobyl

Vous pou­vez aus­si adress­er un chèque ou un bil­let à mon adresse : Gérard Pon­thieu, 102, rue Jules-Moulet 13006 Mar­seille.

En con­tribuant pour 20 euros, vous recevrez l’album chez vous en avant pre­mière (nous vous deman­derons alors votre adresse postale par cour­riel).

Si vous don­nez plus, vous recevrez autant d’exemplaires que de tranch­es de 20 euros. Vous fig­ur­erez aus­si dans la liste des souscrip­teurs et serez tenus au courant des étapes de fab­ri­ca­tion, puis de dif­fu­sion de cet album.

À par­tir du lien ci-dessus, vous trou­verez plus d’information sur cette créa­tion de qual­ité, à tirage lim­ité. Les pho­tos, pris­es en Provence et notam­ment à Mar­seille, expri­ment une vision artis­tique sur le thème d’« après le nuage ».

Mer­ci d’avance pour votre sou­tien !

François et Gérard Pon­thieu


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

  • Twitter — Gazouiller

  • Énigme

    Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

    Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

  • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

    La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
    (Claude Lévi-Strauss)

  • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

    Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
  • Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl”

    Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

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    Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
  • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

    L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

  • montaigne

    Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

    La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

  • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
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  • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

    « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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