Affaire Kouchner. La Morale a un coût

Mêlons-nous donc de ce qui nous regarde, en politique comme en conduite personnelle : la morale. Au delà de ses éventuels attendus judiciaires, l’affaire Kouchner se situe bien d’abord sur ce plan, celui de l’éthique et des valeurs – si on ose dire avec ce mot ambi…valent. Qu’en est-il de ce ministre de la République et de ses rapports à l’Argent ? Plus généralement, comment l’argent peut-il pervertir le comportement humain ?

Est-ce la nécessité qui pousse certains vers l’appât du lucre, ou bien ce même appétit insatiable qui, comme un manque, une addiction, les condamne à l’accumulation compulsive ? Dans le cas présent, la nécessité ne paraît guère flagrante. Il s’agirait donc d’une variante de boulimie portant sur l’Argent, une sorte de maladie plus ou moins honteuse, selon l’état de santé même du Grand Régisseur de la chose, le Capitalisme – très mal en point par les temps qui courent…. En conséquence d’un tel diagnostic, on ne saurait reprocher son mal à un malade, et moins encore lui demander des… comptes. La Justice reconnaît ces cas, qu’elle sait exclure de la responsabilité pénale.

Pénale, certes. Mais restons-en à la morale. Là encore, on ne saurait reprocher à une victime d’en manquer – à condition, là aussi, de réduire son degré de responsabilité. En quoi il ne faudrait pas non plus exagérer à la baisse, ni faire preuve de ce laxisme si souvent reproché aux juges envers les délinquants. D’ailleurs il n’y a pas ici de délit prouvé. Non, on s’en tient à la morale. Ce qui complique la donne, c’est une autre maladie frappant si souvent aussi l’homo avidus : la soif du Pouvoir. Ce qui aggrave tout car avoir faim (de lucre) et, en plus, soif (de pouvoir), ça brouille le sens des valeurs. À en renier ses idéaux proclamés.

Tout cela au moment où un certain et tout neuf président états-unien, sur ce même registre de l’éthique et de la politique, éjecte avec énergie deux futurs proches collaborateurs en délicatesse avec le fisc. Au moment où le même ose réfréner le fameux appétit de lucre des grands dirigeants d’affaires (oh , à 500.000 dollars par an, pas de quoi lancer une quête). Il devrait se méfier, cet Obama, car la Parizot des patrons se fâche et le dit bien fort dans le Figaro. De plus, il s’expose aussi à contrarier notre Omni  qui, avec son homélie sur la « moralisation » du capitalisme passe ainsi pour un enfant de choeur.

Et Kouchner dans tout ça ? Il mord. Il se victimise aussi : ce Péan n’a-t-il pas l’outrance de l’accuser de «cosmopolitisme anglo-saxon», ce qui pourrait dénoter des relents antisémites et donc d’un complot « nauséabond » – terme employé par Bernard-Henri Lévy dans sa virulente défense de son ami. Lequel BHL, rappelons-le, tire quelques substantiels revenus familiaux de la forêt gabonaise (deviendrais-je à mon tour malodorant ?)

Encore une observation à propos de cette affaire : cette remarquable discrétion du Monde. Soit une demi-colonne à la page 12 et rien à la une de l’édition de jeudi. Et cet édito du lendemain titré « Le cosmopolite» et ainsi résumé par l’éditeur : “A en croire l’écrivain Pierre Péan, l’actuel ministre des affaires étrangères serait condamnable parce que coupable de “cosmopolitisme anglo-saxon”, de “droitsdel’hommisme” et de “néolibéralisme”. Ces mots ne prêtent pas à rire. Ils sont détestables et jettent une ombre idéologique sur le livre de M. Péan.”

« Le livre de Péan »… Bon sang mais c’est bien sûr… N’est-ce pas cet auteur d’un autre détestable ouvrage où il fut question de la face cachée d’un grand quotidien du soir ?

Comme aurait dit Lavoisier : Rien de secret, tout se tient (et se paie).

PS : Des documents (fac-simile de fax, archives de sites) sur cette affaire sont publiés sur les sites de Bakchich et de Challenges. Pourquoi n’en est-il pas fait état sur la place publique ? Voir :

http://www.bakchich.info/article6426.html

http://www.challenges.fr/monde/20090202.CHA0641/affaire_kouchner__challenges_a_retrouve_le_site_fantome.html

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Bravo le Ponthieu ! Le préféré des français en porteur de sacs de riz opportuniste, le tonton flingueur atlantiste des irakiens , le faux frère socialiste, le beau gosse s’en prend une ! L’Omni défend son docteur. Mais le docteur est bien malade comme le système qu’il incarne. II a mauvaise mine, le regard en coin et le menton trop pointu. Les poches pleines aussi. Décidément, il faut moraliser le capitalisme comme dirait le petit homme.

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