Festival Charlie Free. Vitrolles, territoire libre du jazz

Je vous écris d’une petite république, une enclave libre en pays free. Free comme le jazz. Free comme Charlie. On y est : Charlie Free Jazz, en ex-territoire soumis, tombé par un mauvais jour dans les griffes du loup brun. Ici Vitrolles, territoire libéré – dans la limite de la Liberté. Tandis qu’en ce jour même la peste brune a migré vers le Nord en désarroi, à Hénin-Beaumont séduit au moins pour moitié par les sirènes démoniaques. En ce même dimanche donc, la petite et libre république de Charlie Free vit dans la sérénité le troisième et dernier jour de son festival de jazz. Un miracle annuel – le douzième cette fois – qui ressurgit comme les cigales, annonçant la re-naissance, trop passagère, des harmonies possibles.

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Je vous écris, veinard que je me sais être, tandis que s’entremêlent les voix sublimes de Youn Sun Nah, chanteuse coréenne, et de la harpe d’Isabelle Olivier [photo © Gérard Tissier]. Je vous écris, chanceux enivré, sous les platanes tricentenaires de Fontblanche ; je vous le dis et répète, une enclave d’Eden qui interdit toute pensée mauvaise. Vade retro bandes de pestiférés bruns avec vos N « nationales ».

Car le jazz —– la musique, pour parler plus large – ne saurait souffrir et moins encore faire souffrir. Ce serait plutôt la force bienfaitrice universelle, « the healing force of the univers », pour citer Albert Ayler. Excluons donc les tonitruances kaki, les vociférations vengeresses autant que brunâtres, les putasseries de pub.

Charlie Free est une association, ce beau mot qui marie plaisir et générosité – égoïsme partagé en bande, y a pas délit ! Vingt ans qu’elle existe contre vents et marées, sans revenir sur les marées noires. Elle distribue du bonheur alentour à l’aide d’émissaires talentueux, aussi appelés musiciens. Lesquels s’arrimant ici pour quelques heures, sans profils de Messie, juste porteurs de Beau, du beau son qui résonne et s’en va, de concert, traverse corps et âmes et ainsi agrandit la vie.

Bon, je dois m’arrêter pour rejoindre les potes et prendre ma part à l’édifice. Voyez de plus près en cliquant , pour choper ne serait-ce qu’un petit chouïa votre part du gâteau musical.

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Merci pour la découverte. Je connaissais la chanteuse, mais avec de la harpe… Je vois que j’ai beaucoup à apprendre sur le jazz contemporain !

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