Lena Horne dans La Pluie qui chante (1946)

Hele­na Horne, dite Lena, vient de mourir aux États-Unis à 92 ans. Je prends les devants car je vois débouler à son sujet la clicheton­ner­ie médi­a­tique qui jamais ne  som­meille. Ce midi, sur France Inter, on a eu droit à une queue de jour­nal avec un bout de Stormy Weath­er salu­ant la “grande dame du jazz”… Peu après, c’est lemonde.fr qui nous resser­vait la même soupe à base de la même “grande dame du jazz”. Mar­mande doit être aux champignons ou quoi, alors, on col­mate comme on peut.

Grande, Lena Horne le fut surtout par sa beauté. Une beauté assez hol­ly­woo­d­i­enne, pour être jugée présentable aux yeux de l’Amérique blanche et raciste. Peau claire, traits fins, sil­hou­ette féline – elle fut surnom­mée « la tigresse » –, Lena Horne con­nut surtout le suc­cès au ciné­ma:  Cab­in in the sky (1942), Broad­way Rythm, Swing Fever (1944), Ziegfeld Fol­lies (1946). Mais c’est surtout Stormy Weath­er (1943) qui la con­sacre par son charme et un éro­tisme dis­cret, voire mys­térieux.

En plus de n’être pas très blanche, Lena en vint aus­si à épouser un juif améri­cain, Hay­ton, l’un des pre­miers chefs d’orchestre et arrangeurs de la MGM. Des stu­dios dés­ap­prou­vent cette union « inter-raciale » et le cou­ple est mis au ban. Dans les années cinquante, le cou­ple est accusé d’« activ­ités anti-améri­caines » ce qui vau­dra à Lena Horne une tra­ver­sée du désert émail­lée de quelques dis­ques qu’elle parvient tout de même à enreg­istr­er pour RCA. Ses derniers enreg­istrements paraîtront chez Blue Note, sans révéler un éclat par­ti­c­uli­er. En fait, Lena Horne man­quait plutôt de swing. Elle fut plus une chanteuse de charme que de jazz. Mais certes, quel charme !

»> Voir aus­si un de mes papiers de 2005 ain­si que sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lena_Horne

»> Et puis la voir et l’entendre, rien de tel après tout…Lena Horne — Stormy Weath­er (1943)

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