BHL à l’ambassade de France à Tel Aviv. Pho­to: Mot­ti Kimche

Où notre inef­fable com­pa­triote Ber­nard-Hen­ri Lévy n’aura encore pas man­qué de se dis­tin­guer. La veille de l’action mili­taire que l’on sait contre la flot­tille pro-pales­ti­nienne, BHL pro­non­çait à Tel-Aviv de ces fortes paroles mar­quées de per­ti­nence et de pres­cience :  « Je n’ai jamais vu une armée aus­si démo­cra­tique, qui se pose tel­le­ment de ques­tions morales. » (Haaretz.com, 31 mai). Comme le rap­pelle Alain Gresh dans dans son «Blog du Diplo», «il est vrai que, lors de la guerre de Gaza, notre phi­lo­sophe s’était pava­né sur un char israé­lien pour entrer dans le ter­ri­toire. Réagis­sant à l’attaque […], Lévy l’a qua­li­fiée, selon l’AFP, de « stu­pide » car ris­quant de ter­nir l’image d’Israël. Pas un mot de condam­na­tion, pas un mot de regret pour les tués…»

De la Géor­gie au Dar­four, de la Tchét­ché­nie à Israël, BHL exerce son sub­ju­guant don de voyance.

«La seule ques­tion qui se pose main­te­nant, pour­suit Alain Gresh, est de savoir quel prix le gou­ver­ne­ment israé­lien devra payer pour ce crime. Car, depuis des années, les Nations unies ont adop­té des dizaines de réso­lu­tions (« Réso­lu­tions de l’ONU non res­pec­tées par Israël », Le Monde diplo­ma­tique, février 2009), l’Union euro­péenne a voté d’innombrables textes qui demandent à Israël de se confor­mer au droit inter­na­tio­nal, ou tout sim­ple­ment au droit huma­ni­taire, en levant, par exemple, le blo­cus de Gaza. Ces textes ne sont jamais sui­vis du moindre effet. Au contraire, l’Union euro­péenne et les Etats-Unis récom­pensent Israël. C’est ce qu’a prou­vé l’admission d’Israël dans l’Organisation pour la coopé­ra­tion et le déve­lop­pe­ment éco­no­miques (OCDE), la semaine der­nière, et la visite en France du pre­mier ministre israé­lien Néta­nya­hou pour assis­ter à l’intronisation de son pays.»

Dans la fou­lée des perles his­to­riques, on dis­tin­gue­ra aus­si sur le sujet  celle de l’autre inef­fable et néan­moins porte-parole de l’UMP, Fré­dé­ric Lefebvre décla­rant fine­ment, comme tou­jours, que son par­ti « regrette » les morts, mais dénonce les « pro­vo­ca­tions » de « ceux qui se disent les amis des Palestiniens ». 

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