DSK. Drôle d’affaire, drôle de monde

L’Affaire. Évitons la saturation, soit. Tout de même quelques grains de sel…

D’un côté cette Amérique puritaine, rigoriste, implacable : riches ou pauvres égaux devant la justice… Jusqu’à un certain point, faut rien exagérer, et vive le libéralisme le plus sauvage ! Devenu la victime, l’inculpé peut à nouveau faire valoir sa « valeur ». 100 millions de dollars par ci, 500 par là ; un appartement de circonstances en plein Manhattan – rester dans la Cité des hommes –, aménagé en conséquence, selon la requête de cette justice redevenue du jour au lendemain si compréhensive, humaine. Ouf, vive l’Amérique !

 

De l’autre, donc, cette Amérique autre et tout à fait elle-même – « In Dol’ we trust » –, pour qui la femme de ménage reprend sa place « normale », c’est-à-dire tout en bas de cette vertigineuse échelle qui gratte-le-ciel des possédants.

Selon que vous serez riche ou misérable – La Fontaine, avec ses pots de fer et de terre, veille au grain de l’injustice foncière d’une société foncièrement inégalitaire.

Côté hexagone restreint (médiatique), la parole dominante accaparée par le clan. L’émission de Pujadas en a fourni la caricature hier soir (19/5/11) jusqu’à l’indécence : ce milieu autorisé s’est autorisé une fois de plus. Ils volent tous au secours de l’ami, ce qui serait louable en lucidité, donc en décence. Ce fut l’inverse. Jusqu’à voir un Badinter se déconsidérer (à mes yeux tout au moins, par un tel manque de recul) dans son postulat d’innocence de l’Ami, défini au passage par l’affreux F-O Gisbert comme celui qui aiderait même l’assassin en y allant de la pelle pour dissimuler le cadavre…

Tandis que Manuel Valls, l’œil noir, mitraillait à tout va sur l’air de l’indignation (va-t-il prendre le relais de son ami politique ?). Tandis que le débat s’engouffrait dans le « tout le monde savait-personne n’a rien dit »… Ce qui revenait à valider la vraisemblance de l’affaire et des chefs d’accusation.

Le fait que DSK soit considéré un dérangé sexuel notoire a jusqu’à présent amusé la galerie, alimenté les vannes les plus graveleuses, forcé ses nombreuses victimes au silence honteux. Et cela continue aujourd’hui sous un registre à peine feutré :

Jean-François Kahn, sur France Culture :
« Je suis certain, enfin pratiquement certain, qu’il n’y a pas eu une tentative violente de viol, je ne crois pas, ça, je connais le personnage, je ne le pense pas. Qu’il y ait eu une imprudence on peut pas le… (rire gourmand), j’sais pas comment dire, un troussage […] un troussage, euh, de domestique, enfin, j’veux dire, ce qui est pas bien. Mais, voilà, c’est une impression. » [Propos regrettés ensuite par l’auteur].
Jack Lang, sur France 2:
« Ne pas libérer, alors qu’il n’y a pas mort d’homme, ne pas libérer quelqu’un qui verse une caution importante, ça ne se fait pratiquement jamais. »
En effet, pour une broutille pareille !
► Pour BHL, DSK n’est pas un justiciable comme un autre :
« J’en veux, ce matin, au juge américain qui, en le livrant à la foule des chasseurs d’images qui attendaient devant le commissariat de Harlem, a fait semblant de penser qu’il était un justiciable comme un autre. »

Et puis il y a ce « dîner en ville » chez Ardisson, qui faisait même rire la première intéressée, Tristane Banon – qui fait à nouveau parler d’elle et pourrait être citée à témoigner au procès de New York –se présentant alors, à la télé en 2007, comme une des proies de DSK :


Une drôle d’affaire, vraiment, à l’image même de notre monde à la dérive : un drôle de monde. Quoi qu’il en sera de ses aboutissements, elle aura tout de même permis de recentrer un peu, espérons, les enjeux politiques actuels au PS sur le fond. PS comme parti socialiste ? Comme politique sociale ?

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Pierre

DSK adepte du droit de cuissage, le PS ouvertement favorable au rétablissement des privilèges…

Ou quand la clarté émerge des eaux troubles.

Un de la Bande

Pourquoi l’accuser à priori ?

A qui profite “la suppression” de DSK de la scène internationale ?

Bien discrète et trop parfaite victime…

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