Mon Œil

2018 – 2026. L’histoire bégaie, au risque de se répéter

2018, branle-bas des Gilets jaunes. L'histoire bégaie, au risque de se répéter : je retrouve sur ce même blog, mes P'tits coins d'alors qui, aujourd’hui, n'ont pas besoin des déguisements d'Halloween pour manifester leur cinglante actualité – vent debout et à quelques réglages près. En voici un échantillon :

6/11/18 – L’armistice et la guerre. Il veut célébrer l’Armistice centenaire en grandes pompes. Mais « en même temps » il doit éteindre l’incendie de sa politique qui met le feu aux pompes petites. C’est qu’elle est très inflammable, l’essence ! C’est qu’il est géo-stratégique, le pétrole ! On lui doit l’origine des guerres d’aujourd’hui. Jupiter ne maîtriserait pas tout ?

13/11/18 – « Gilets jaunes » : Castaner voit rouge. Il ne tolérera « aucun blocage total » le 17 novembre. La menace comme arme politique des faibles. Elle renforce les ardeurs combattantes. Un réflexe vieux comme l’homme dominant – surtout quand il se sait adoubé par Jupiter « en personne ». De même, taxer les anti-taxes d’extrême-droite, c’est casser le thermomètre pour ne pas voir la fièvre.

22/11/18 – Hybridation des langues et des cultures, ça va de pair. On a déjà les happy birthday à tout va, les halloween, le coca, les nike et même les kellogs… Voici les black friday ! Pourquoi pas les day trump ?

24/11/18 – Samedi de tous les dangers. Et, quoi qu’il en soit, samedi noir pour le pouvoir. Les Gilets jaunes déferlent sur Paris, toutes nuances confondues, tous risques possibles. L’Élysée a pris des allures de Bastille retranchée. Une étincelle et tout s’embrase.

27/11/18 – Macron et son « Je vous ai compris ». Paroles et musique connues. Les Gilets jaunes sont certes des bleus politiques, de toutes nuances – celles du peuple et de tout un chacun, selon flux et reflux de la vie. Certains entrevoient les perspectives de l’auto-organisation libertaire. D’autres s’en tiennent à leur fin de mois. Macron va miser sur les dissensions, gagner du temps pour « se refaire ». Sous le vent du boulet populaire, il enfilerait bien le costume gaullien. Tout de même un peu grand pour lui, non ?

30/11/18 – Il y a deux Macron. Tout comme il y eut deux Prudhomme : un poète prénommé Sully, et le Joseph de Henri Monnier, le « vrai » Monsieur Prudhomme, prototype du bourgeois infatué. Sachez les reconnaître par la hauteur du verbe : « Je vous entends, mais je ne changerai rien » ; « Nous sommes au bord du gouffre, avançons donc avec résolution. » ; « On ne va jamais plus loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va » ; « Le char de l’État navigue sur un volcan. »

1/12/18 – Gilles et John, deux vieux potes lointains. L’un est pétri de 1789. L’autre du Tea Party de Boston, à l’origine de la révolution américaine. Une histoire de thé, oui, mais surtout de taxe : TEA signifiant « Taxed Enough Already », déjà assez taxés. Comme pour l’essence aujourd’hui. Dans les deux cas, une affaire de carburant. Le thé comme le fuel, produits essentiels dans des époques différentes. Gilles et John sont dans la même galère, dans une même révolte sociale et mondiale.

5/12/18 – L’épiphanie du 4 décembre. Ils étaient aveugles, la lumière leur est rendue. Sourds, voilà qu’ils entendent tout. Leur silence était d’or, la parole se fait argent. Alléluia ! Mais le jaune reste vif, un jaune fluo, qui réfléchit et éclaire. Ainsi, « ils » ne veulent plus des miettes, mais toute la brioche.

11/12/18 – Sous son gilet de sauvetage, le Roi est nu. Mains sur table, face prompteur, pro de la com’, il a bouffé sa couronne. Mais pas tout. L’ISF est sauf ; ça valait bien 100 balles de Smic. Les Jaunes soupèsent les miettes. Bercy fait les comptes. Les ministres se comptent. La Cour croise les doigts.

12/12/18 – Fin de l’ISF ? Pas de ça entre nous ! Il faut sauver les riches de la guenille jaune. Version appauvrie (sic) de l’assertion nietzschéenne : Défendre les forts contre les faibles. Président des riches ? Prenons-le au mot, soyons fous et pleins aux as ! Sortons nos pancartes : JE VEUX PAYER L’ISF !

13/12/18 – Strasbourg. L’assassin du Père Noël est bien une ordure. On lui doit des morts et des blessés, certes. Mais aussi : de tuer un symbole païen lié au renouveau cosmique du solstice ; de mettre à genoux le commerce du pain d’épices et du vin chaud ; de fatiguer encore les polices exténuées ; de contrarier les Gilets jaunes et les lycéens. Seuls les complotistes s’y retrouvent, puisque « ça arrange Macron ».

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Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité non passif. Blogueur depuis 2004.

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