Alerte !Coup de gueuleDémocratie

Grève à Radio France. Honte à eux, ces censeurs fiers de l’être !

? Comment déjà appelle-t-on un pays…
• qui ferme d’autorité une chaîne de télévision (C8) ;
• dont une institution censée veiller à la pluralité des opinions (Arcom) s’en prend obstinément à une chaîne dite d’extrême-droite à qui elle inflige à répétitions d’importantes amendes financières (CNews) ; mais semble ignorer les déséquilibres d’expression dans le service public de l’information (Radio France);
• qui expulse une journaliste russe « sévissant » en libre indépendance dans des médias insupportablement « bolloréens »…

Comment donc qualifier un tel pays ?
Une démocratie ? Une République ? Une dictature ? Voyons…

• Un pays dont les salariés de ses médias d’État, du service public de l’information – c'est-à-dire de l’information du public en ses infinies composantes d’opinions et de jugements, payés par l’ensemble des citoyens imposés,
• Dont les salariés, de Radio France et France Inter, pour les nommer ainsi que leurs syndicats corporatistes, se mettent en grève contre le pluralisme d’expression dans leur propres rédactions, se posant ainsi en censeurs et fiers de l’être !
• Et que dans ce même pays il se trouve des… comment dire ? des bêtes de troupeau qui s’agglutinent pour défendre ces dénis démocratiques, et en particulier celui visant un journaliste par eux-mêmes tatoué « extrême droite ». Et quand bien même (sans entrer dans cette si commode et imbécile qualification, toute imprégnée d’idéologie et d’inculture historique), quand bien même donc : devrait-il être interdit de libre expression ? En vertu de quelle idée de la liberté, au nom de quel principe démocratique ?

Je me fous que tel éditorialiste prêche selon ses convictions, dès lors que la pluralité est permise, sinon encouragée et même sanctuarisée comme cela semble l’être dans notre Constitution – cette loi commune (que d’aucuns promettent de chambouler…). Je m’en fous, dès lors que rien ne m’oblige à l’écouter, ou le subir de quelque manière.

Les moutons de Pavlov se sont donc regroupés, attroupés, réchauffés autour de leur bienpensance, retranchés dans leur camp du Bien, sûr de leurs certitudes, certains de leur majesté, ces nains de la pensée libre (pléonasme), aboyeurs patentés. J’ai honte pour certains d’entre eux pour lesquels je pouvais avoir quelque considération… Ils me font honte ces « intellos » planqués, idolâtrés souvent, grisés par l’ivresse du Spectacle – la majuscule au sens d’un Guy Debord marquant ainsi la séparation d’avec le réel. Honte pour eux, dans ce troupeau pétitionnaire, d’y inclure, puisqu’ils s’y sont jetés comme dans une nasse, ces réfugiés de l’entre-soi du cinéma et de la littérature (ou du moins de l’édition germanopratine), les mêmes grégaires. qui auront signé contre Canal+ et Grasset et les menaces existentielles qui les frappaient, en effet, de par leur propre inconséquence pavlovienne.

Ces signataires ont entraîné, selon le panurgisme contemporain, des milliers d’autres aboyeurs en quête d’une petite reconnaissance par le « milieu », cette mafia, ces chantres de l’omerta auprès de laquelle ils tentent de se réchauffer, tout affolés qu’ils sont de perdre la part, même infime, de leur notoriété et pour certains, surtout, de leurs privilèges.

En quoi je rejoins Alain Finkielkraut quand il déclara : « Parce que je suis de gauche, je ne suis plus de gauche. » Comprenne qui peut.
——
À défaut de retrouver la liste complète des « 300 » bravaches, en voici l’échantillon retenu par les médias bienpensants, par ordre du spectaculaire dominant :
« Parmi les près de 300 signataires, on retrouve des comédiens (Josiane Balasko, Denis Podalydès, Julie Gayet, Bruno Solo, Ariane Ascaride, Romane Bohringer, Dominique Blanc, Gérard Hernandez, Yolande Moreau, Jacques Gamblin, Corinne Masiero, Laure Calamy), des cinéastes comme Patrice Leconte, Valérie Donzelli, Audrey Diwan ou le documentariste Vincent Munier, mais aussi des figures de la musique (Yann Tiersen, Camille, Lio, Aldebert, Emily Loizeau, Jeanne Added, Mathias Malzieu, Miossec, Magyd Cherfi, Lo’Jo), ou des écrivains (la Prix Nobel Annie Ernaux, plusieurs Goncourt dont Leïla Slimani, Pierre Lemaitre, Éric Vuillard, Hervé Le Tellier, Atiq Rahimi, Laurent Gaudé, et Virginie Despentes, Vanessa Springora), et notamment le photographe Yann Arthus-Bertrand, parmi de très nombreux grands noms du monde intellectuel. »
(C’est moi qui souligne la dernière phrase qui résume tout ce qui précède et aurait pu m’en épargner l’écriture si j’en avais perçu toute la puissance… « intellectuelle » avant mon point final. Mais je regrette en rien d’avoir ainsi exercé mon bon plaisir de libre penseur (pléonasme : Penseur suffit, comme disait mon copain Jules Renard) . Et, chers amis, comme disait ma copine Ernestine Chassebœuf1 Ernestine écrit partout. Tome 3. Éd. Ginkgo. Savoureux recueil des « lettres de rouspétance » dont l’auteur masqué pourrait bien être un certain Gilles Rosières. : « Dans l’attente de votre réponse, espérant que ma lettre vous trouvera de même, »

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    Ernestine écrit partout. Tome 3. Éd. Ginkgo. Savoureux recueil des « lettres de rouspétance » dont l’auteur masqué pourrait bien être un certain Gilles Rosières. ↩︎
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Gerard Ponthieu

Journaliste, écrivain. Retraité non passif. Blogueur depuis 2004.

9 réflexions sur “Grève à Radio France. Honte à eux, ces censeurs fiers de l’être !”

  • Arsene

    Tu vas encore te faire des amis ! Bravo pour ta luci­di­té et ton panache !

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  • Trop tard : en des­cen­dant de l’es­ca­lier avec mon faible esprit, selon l’a­mi Diderot, je me suis dit que j’au­rais dû citer le vieil adage : « Si t’aimes pas ça, n’en dégoûte pas les autres ! ». Je pen­sais aus­si à Voltaire : « La dis­corde est le plus grand mal du genre humain, et la tolé­rance en est le seul remède. » (extrait du Dictionnaire phi­lo­so­phique). Je pour­rais aus­si me réfé­rer, du même Voltaire, à son Traité sur la tolé­rance. De nom­breux autre auteurs ont abor­dé cette ques­tion fon­da­men­tale posée autour du doute et des cer­ti­tudes abso­lues, les­quelles conduisent à la fixi­té idéologique.
    J’oubliais : « Qui se res­semble s’assemble »… devise des troupeaux.

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  • Gallerini

    Comme le sug­gère Homère ‚la lutte d’Ulysse pour se libé­rer du cyclope est vitale​.Au risque d’engendrer la colère des dieux…

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  • Robin. B

    Salut Gérard, ton texte m’ins­pire quelques réflexions.

    Il évoque la cen­sure d’une ou deux per­sonnes du RN, mais passe sous silence, à part la cita­tion de Finkelkraut, la dis­pa­ri­tion de la gauche et encore plus la cen­sure de la gauche radi­cale dans les médias.*

    Je me rend régu­liè­re­ment chez une amie iso­lée – je fais ma BA – qui regarde BFM et autres chaînes télé­vi­sées en zap­pant conti­nuel­le­ment et les résul­tats sont qu’elle honis Melanchon et qu’elle vénère le RN. Je pré­cise qu’elle a gran­di à Pavillons-sous-Bois dans un monde de blancs qui ont aujourd’­hui qua­si­ment dis­pa­ru sur le mar­ché dimanche matin.

    Dommage que tu n’é­voques pas ACRIMED, qui pro­duit des ana­lyses appuyées sur des études sta­tis­tiques qui débouchent sur des conclu­sions en accord avec leur convic­tions poli­tiques, de gauche.

    * J’entends par gauche radi­cale la gauche non pro­duc­ti­viste, décrois­sante, qui doit en repré­sen­ter 5% maxi­mum. À ce sujet je donne depuis le 24 mai des confé­rences et tente de lan­cer des ate­liers sur l’éner­gie du péda­lier pour se rea­po­ro­prier notre sou­ve­rai­ne­té locale, eco­no­mique, concer­tée, par la voie asso­cia­tive : une uto­pie hyper-réa­liste pour enrayer la des­truc­tion du vivant. Dates : 24/​05, 13/​08, 2/​10 et 26/​11.

    Bien ami­ca­le­ment,
    Robin.

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  • Graille

    Oui hélas nous ris­quons de cou­ler sous la pen­sée unique du camp du bien et de son idéo­lo­gie indé­trô­nable et indiscutable.

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  • Bernard_H

    Il y de quoi être inquiet de la cen­sure qui ne consiste pas seule­ment à empê­cher la parole de ceux qui pensent mal, mais aus­si du retour à la pudi­bon­de­rie dans l’art et le ciné­ma. Cette pri­va­tion de liber­té, si elle devait ser­vir à évi­ter les nom­breux faits divers ou de socié­té notam­ment au niveau de la pédo­phi­lie et du res­pect des femmes autre­ment qu’en les cachant, ce serait une conso­la­tion, mais je pense que der­rière, il y a une idéo­lo­gie qui s’est infil­trée dans le vide et le déses­poir du wokisme et qui n’an­nonce rien de bon si le peuple ne réagit pas. Sur Europe 1, ce same­di, il y avait un éloge de l’oeuvre d’Albert Camus, dont l’hu­ma­nisme athée se rap­proche du mes­sage de paix de l’Evangile des Chrétiens, par oppo­si­tion au couple col­la­bo­ra­tion­niste, sous Pétain de Sartre et de Beauvoir. Pour cer­tains cas­ser la légende entre­te­nue à gauche, c’est du révi­sion­nisme, au point de mépri­ser un hom­mage à Albert Camus.

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  • Gian

    L’intolérance du cen­seur témoigne de son impuis­sance à confron­ter des idées contraires. Et de plus, en l’oc­cur­rence, de l’in­co­hé­rence à vivre d’un sys­tème qu’il dit hon­nir mais qui le nourrit.

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  • Grève à Radio-France ?
    Je n’y ai même pas fait atten­tion tel­le­ment c’est habituel.
    Leurs rai­sons, je n’ai jamais su (et je m’en fous, tous ces plan­qués fonc­tion­naires me débèquètent).
    Il est vrai que tout ce qui est poli­tique, poli­ti­sé, poli­ti­cien, poli­ti­que­ment cor­rect… je fais l’im­passe, sans pou­voir trai­ter le pus de ce can­cer quo­ti­dien, puisque par­ta­gé par tous et partout.
    Mais, j’ai quand même « cen­su­ré » de mes oreilles (et bien mal­heu­reu­se­ment) Rance Kultur et son rou­leau-com­pres­seur écra­sant toutes valeurs et libre-arbitre.
    Mon point de vue, c’est que ceux qui se disent de gauche, …pro­gres­sistes ? …wokistes ? (mal­gré leurs vies en France ?) ont re-pro­pul­sé l’extrême-droite au centre de tous débats. Les pires étant les « très à gauche », déses­pé­rés de leur des­pote, qui ont fait le saut encar­té vers les remugles sui­ci­daires des incultes FN/​RN… « Qui se res­semble s’assemble ».
    Ah oui, BFM, C8, CNews, je ne connais même pas leurs numé­ros de chaine, il me suf­fit juste d’es­sayer de ne pas les voir ni écouter.
    Il me reste FIP, Sophia Aram et France Musique…
    La presse ? Fini, je ne la lis plus.
    Censurer les cen­seurs, comme les bas du front, ne me gêne pas. N’empêche, je subis.

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