La cor­ri­da est une abom­i­na­tion, une indig­nité et, comme telle, une déqual­i­fi­ca­tion de ses pra­ti­quants – acteurs comme spec­ta­teurs – dans le genre humain. S’il en fal­lait encore une preuve, celle-ci ne suf­fi­rait donc pas encore ?

La “tra­di­tion” ne saurait con­stituer un quel­conque argu­ment de jus­ti­fi­ca­tion d’une telle boucherie à ciel ouvert. Un tel “argu­ment” serait du même ordre que celui jus­ti­fi­ant la muti­la­tion sex­uelle des fil­lettes par l’excision.

La con­di­tion et la place de l’animal dans nos sociétés occi­den­tales font l’objet d’une mise en avant nou­velle et impor­tante, amenant les opin­ions publiques à man­i­fester une oppo­si­tion de plus en plus résolue à toutes formes de mal­trai­tance. C’est évidem­ment la cas pour les ani­maux d’élevage, leurs con­di­tions de vie et de mort, en par­ti­c­uli­er dans le règne du ren­de­ment pro­duc­tif et, pire, encore, dans les abat­toirs. Ces mou­ve­ments d’opinions rejoignent des remis­es en cause des modes ali­men­taires liés à une agri­cul­ture indus­trielle et aux désor­dres écologiques et san­i­taires qui s’ensuivent.

Les spec­ta­cles de cor­ri­da, impli­quant la mise à mort des tau­reaux dans un “com­bat” aus­si iné­gal que cou­ru d’avance – sauf acci­dents, rares – doivent provo­quer autant d’indignation et de protes­ta­tion que les pra­tiques détesta­bles dénon­cées dans les abat­toirs. Leur inter­dic­tion mar­querait un autre “grand pas pour l’humanité”.