On n'est pas des moutons

Coup de gueule

Gloire au «Bug». Chère Cliente, Cher Client, Chers Enfoirés !

« On n’arrête pas le progrès, il s’arrête tout seul ». Ces mots cinglants d’Alexandre Vialatte, alors qu’il se trouvait pris dans un embouteillage, je ne manque pas de les ressortir à chaque fois que les occasions se présentent. Au risque de les voir s’user trop vite, tant les occasions se multiplient.

« Bug » est l’affreux mot de la modernité. Il désigne le dieu diabolique qui met des bâtons dans les roues des trains – entre autres –, les empêchent d’arriver à l’heure et, pire encore, de partir. Comme ça, aurait dit Coluche, les accidents arriveront moins vite. 1

sncf pub bug

Pub parue en même temps que le bug de la gare Montparnasse. Pub et bug simultanés. Ils avaient (presque) tout prévu, même les bus. C’est beau le Progrès.

Certains nostalgiques vont ressortir leur « c’était mieux avant ». Ils auront raison, au moins concernant les trains. Et sur bien d’autres sujets de dénigrement liés à ce modernisme tragico-comique. On sait à quel point il nourrit l’inspiration des humoristes. Fernand Raynaud en fut l’un des précurseurs avec son « 22 à Asnières ». Il annonçait la course en avant vers l’absurde qui livrait l’humain à la machine, c’est-à-dire à la déshumanisation des rapports qu’on n’ose plus appeler sociaux. On en déduit que la société va mal, et même qu’elle « ne fait plus société ».

« Panne informatique », c’est le leitmotiv le plus entendu chaque fois qu’on se casse le nez sur la porte fermée d’un service public (ce qu’il en reste), devant un distributeur de timbres, de billets de banque, de cartes grises (il paraît que ça coince là aussi). Le bureau de poste urbain ressemble désormais à un magasin Darty. Les usagers sont ainsi devenus des clients – l’affreux mot pour désigner le cochon qui paie, est prié de la fermer et de paraître radieux. La Caisse d’épargne, par exemple, m’envoie du « Cher Client » pour annoncer qu’« afin de mieux [me] servir », la Direction a « le plaisir de moderniser ses services »… en fermant son agence du coin de ma rue. Tenez, je ne résiste pas à recopier leur bafouille. Attention, chef d’œuvre !

« Chère Cliente, Cher Client,

« Les usages bancaires de nos clients évoluent. Mieux vous servir, c’est nous adapter à votre mode de vie en vous offrant plus d’accès à votre banque. C’est aussi vous accueillir dans les meilleures conditions.

« Nos locaux situés à […] ne permettent pas une mise aux normes, aussi l’agence fermera ses portes le 4 novembre. Nous nous aurons le plaisir de vous accueillir dès le 7 novembre au sein de l’agence […]

« Une agence plus accessible, plus de services avec un espace Libre Service Bancaire doté d’automates disponibles de 6h à 22h où vous pouvez / etc. »

Chers enfoirés, leur ai-je répondu en substance, que savez-vous de mon « mode de vie » pour décréter ainsi la conception de mon bonheur de « Cher client » ? Que savez-vous de mon extrême « plaisir » à marcher au loin vers vos « automates disponibles » ? Tout dans cette bafouille de technocrate merdique respire, jusqu’au moindre mot, de la fausseté générale culminant dans la formule finale : « Soucieux de maintenir une relation personnalisée et durable… » Beurk !

Bon, j’arrête de m’énerver à propos de situations sur lesquelles je ne peux rien. Surtout que j’ai un train à prendre, enfin si j’arrive à acheter mon billet, ce que décideront ensemble mon ordi et ceux de la SNCF, dont celui qui ne tient qu’à un bug . Après tout, valons-nous mieux qu’un bug ? – voyez d’Ormesson…

Notes:

  1. Mais ils arriveront quand même ! Tout ce qui peut arriver, finit par arriver ( loi de Murphy), même dans une centrale nucléaire !

De Socrate à Lidl, Free et autres Macron, un peu de philosophie politique à l’usage improbable de nos gérants

C’est un peu comme une urticaire : ça me démange de partout… sans savoir au juste d’où ça vient. Je parle de cette « actu », drogue journalistique à haute accoutumance. S’en défaire, une gageure. Sortie par la porte, la revoilà par la moindre lucarne, facteur de stress, de manque. Que faire ? comme disait l’autre. Sentiment d’impuissance contre désir d’agir. Comment ? Alors je cause, je me cause, je cause ici en écrivant, comme dans un journal, un autre, pas celui du métier d’informer – enfin d’essayer. Donner une forme à cette réalité du monde qui semble s’effilocher par tous les bouts. Pour parodier Nougaro, « est-ce moi qui vacille, ou la terre qui tremble ? » Le fait est que j’ai bien du mal à prendre ladite « actu » par un bout, sans être rattrapé par un autre ; sans donner dans la dispersion… Je connais un type qui a écrit L’Homme dispersé, un roman documenté. À l’image de notre monde, au bord de l’éclatement.

Les optimistes espèrent, ils croient : on trouvera des solutions, c’est le sens du progrès : la technologie, ses miracles, la Lune, Mars. L’Homme s’en sortira, trop génial. Les pessimistes analysent, pensent : c’est cuit pour le bipède sapiens (mal)pensant, l’homo faber (mal)faisant ; il s’est mis la corde au cou, celle de l’economicus. Gloire au « plus », encore « plus », toujours « plus ».

Ils auront trait la vache Terre jusqu’à sa dernière goutte de « plus » ; elle, elle s’en remettra, depuis le temps qu’elle s’accommode des cataclysmes – dont elle naquit. Mais ses habitants, locataires arrogants, vils profiteurs, exploiteurs éhontés, fiers imbéciles. Ils ont oublié, ou jamais su, qu’ils ne faisaient que passer ici-bas, suspendus au viager d’une vie brève, aléatoire. À ce sujet, « vu à la télé » l’enquête de Cash investigation (France 2) sur les esclavagistes modernes à l’œuvre chez Lidl et Free, deux casseurs de prix de la bouffe et du téléphone. Rois de la « petite marge », ils font galérer leurs salariés, maltraités comme des bêtes de somme, méprisés, sermonnés, engueulés, usés et finalement jetés comme des déchets à la poubelle de Pôle emploi, aux frais de la collectivité. On connaît la musique : « Privatiser les bénéfices, mutualiser les pertes », rengaine capitaliste. Marx n’y pourra rien, tout juste figurant de cinéma (un film vient de sortir sur le père du Manifeste communiste ; signe des temps désespérés car nostalgiques).

Retour à l’envoyeur.

Ils sont là, les prolétaires d’aujourd’hui, comme dit à sa façon Xavier Niel, le multimilliardaire patron de Free : « Les salariés dans les centres d’appels, ce sont les ouvriers du XXIe siècle. C’est le pire des jobs. » Au moins sait-il de quoi il parle. Mais il n’a pas voulu parler dans le poste ; pas davantage sa chargée de com’ – le comble ! –, laissant la corvée à un chef de régiment bien emmerdé, probablement aussi faux derche qu’intraitable « manager ». Tous ces pions néfastes ne jurent que par le « manag’mint », ont été biberonnés aux mêmes évangiles productivistes. Comme l’autre de chez Lidl, qui aura dû en tuer des comme lui avant de recevoir l’onction du pouvoir par la schlague. Il est là comme un mioche pris les doigts dans la confiote, minable rouage d’une machine à « faire du cash », en rêvant que d’autres machines éliminent totalement les travailleurs – pourtant déjà robotisés. Ah, que viennent enfin les temps bénis de la robotisation totale, totalitaire ! « 1984 » en vrai et en pire.

Certes, chacun peut toujours aller chez Lidl ou chez Free – entre autres exploiteurs de choc – pour gagner trois euros six sous. À quel prix ? Ils ne pourront plus ignorer ce que recouvre la question – enfin si, ils pourront toujours se voiler la face. 1

À ce propos, et dans la rubrique « ONPLG », On n’arrête pas le progrès 2, les femmes saoudiennes vont être autorisées par leurs princes à conduire. Elles vont pouvoir prendre le volant – mais restent astreintes au voile intégral. L’inverse eut été plus libérateur. Chacun ses hiérarchies de valeurs.

Le procès de Socrate

Le procès de Socrate. Sur les 501 juges, 280 votent en faveur de la condamnation, 221 de l’acquittement.

Justement, côté valeurs, comment ne pas saluer les quatre émissions, cette semaine, des Chemins de la philosophie (France Culture) consacrés à Socrate, spécialement à son procès et à sa mort ? La condamnation du philosophe grec (470399 avant notre ère) demeure un sujet de discussion à la fois philosophique et politique. Adèle Van Reeth, l’animatrice des Chemins, mène au mieux l’« instruction » à partir des chefs d’accusation ainsi libellés : « Socrate enfreint la loi, parce qu’il ne reconnaît pas les dieux que reconnaît la cité, et qu’il introduit d’autres divinités nouvelles ; et il enfreint la loi aussi parce qu’il corrompt la jeunesse. Peine requise : la mort. »

Si le débat garde toute son actualité, c’est parce qu’il pose de nombreuses questions concernant le droit et la loi, la citoyenneté et la démocratie, la liberté et la philosophie – tout comme la religion et le libre-arbitre. De ces quatre heures passionnantes, il apparaît, pour le dire vite et vulgairement, que Socrate fut un emmerdeur suprême, un gêneur politique qui claquait le bec aussi bien à ceux qui prétendaient savoir qu’aux sophistes, embobineurs filoux, aux politiciens, poètes, gens de métier renvoyés à leur ignorance – comme la sienne propre… Socrate sait… qu’il ne sait rien. Ce qui est impie ! En effet, ne pas savoir revient à ne rien croire, pas même les dieux !

Autre question, et non des moindres, posée par Socrate et sa condamnation : celle de la démocratie. Le philosophe était très critique à son sujet ; il lui reprochait notamment de faire la part belle aux opinions, et ainsi de figer l’examen des faits et l’exercice de la pensée libre. 3  Sa philosophie politique se situait entre mépris de la majorité et amour des lois, y compris celles qui le condamnaient : plutôt subir l’injustice que la commettre…

Socrate Athènes

Socrate, devant l’Académie, Athènes © gp

Reste la « corruption de la jeunesse »… Concerne-t-elle l’enseignement du maître – lui qui se disait n’avoir jamais été maître de qui que ce soit, qui enseignait en déambulant, professant le « Connais-toi toi-même » 4 car le savoir est en soi, passe par soi-même, et la sagesse se transmet par l’échange, la discussion. On avança aussi ses attirances pour les beaux jeunes gens, lui, le laideron… Pédophilie socratique ? en des temps où la pédérastie effarouchait peu, semble-t-il… Il est plus probable que la perversion en question portait d’abord sur le contenu subversif de l’enseignement. 5

Voilà qui nous emmène loin de Lidl et Free… Loin ? Que nenni ! Socrate rappelle au sens de la vie qui, de nos jours, se trouve accaparé par les obligations de la survie. Se tuer à gagner sa vie – formulation ancienne (mai 68…) du « burn out ». Plus-plus-plus : subir les indécentes pubs, sur les radios publiques, qui font chatoyer les charmes du productivisme, le privilège de « vivre les samedis comme des lundis » ! Le travail renoue plus que jamais avec son origine latine : tripalium, engin de torture à trois pieux… L’économie vulgaire commande. Les possédants et affairistes télécommandent les gouvernants – qui n’en sont plus depuis si longtemps, depuis 1983, pour en rester à nos horizons, quand Mitterrand s’est converti à la religion libéraliste.

Gouverner suppose un gouvernail, un cap, des directions, des idées, et tant qu’à faire des idéaux. Nos rameurs de la finance et du bizness ne sont plus que de sinistres gérants, tout comme ceux de Lidl et de Free, qu’ils vénèrent et imitent jusque dans leur arrogance inculte. De petits boutiquiers derrière leur caisse enregistreuse, tenant un pays comme une épicerie. La Santé, combien ? Ah ? trop cher ! On rabiote. L’impôt sur la fortune ? Trop élevé, incitant à l’évasion fiscale ? On va arranger ça. La formule magique reste inchangée : les pauvres ne sont pas riches, mais ils sont si nombreux que leur prendre un peu, rien qu’un peu, ça rapporte beaucoup beaucoup.

Je parlais, au début de ma dérive, du partage binaire entre optimistes et pessimistes. Reste les réalistes, ou ceux qui s’essaient à donner du sens au réel, tel qu’ils le perçoivent. Exercice très instable d’équilibriste. Casse-gueule ! Arrêtons là pour aujourd’hui.

Notes:

  1. On peut revoir l’émission ici.
  2. En taxi, pris dans un embouteillage, l’écrivain Alexandre Vialatte, s’entendant dire par son voisin la sentencieuse phrase, lui réplique : « Non, il s’arrête tout seul ».
  3. Pléonasme aurait ironisé Jules Renard, comme dans son Journal : « Libre penseur. Penseur suffirait. »
  4. Prolongé par Nietzsche : « Deviens ce que tu es ».
  5. « Mélétos, tu m’accuses de pervertir la jeunesse. Sans doute nous savons ce qui constitue la perversité des jeunes gens. Nomme-s-en, si tu connais, qui, pieux d’abord, sages, économes, modérés, tempérants, laborieux, soient devenus par mes leçons, impies, violents, amis du luxe, adonnés au vin, efféminés ; qui enfin se soient livrés à quelque passion honteuse.

    – Oui, repartit Mélétos, j’en connais que tu as décidés à suivre tes avis plutôt que ceux de leur père, de leur mère.

    – J’avoue, répliqua Socrate, qu’ils ont suivi les avis que je leur donnais sur l’instruction morale de la jeunesse. C’est ainsi que pour la santé nous suivons les conseils des médecins plutôt que ceux de nos parents. Vous-mêmes Athéniens, dans les élections de généraux, ne préférez-vous pas à vos pères, à vos frères, à vous-mêmes, les citoyens jugés les plus habiles dans la profession des armes ?

    – Tel est l’usage, repartit Métélos ; et le bien général le demande.

    – Mais, ajouta Socrate, toi Métélos, qui vois que dans tout le reste les plus habiles obtiennent préférence et considération, explique comment tu peux solliciter la mort de Socrate, précisément parce qu’on le juge habile dans une partie essentielle, l’art de former l’esprit. »

    XénophonApologie de Socrate, pp.726727


Trump / Kim Jong-un. Affreux, bêtes, méchants et surtout dangereux

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Trump — Kim Jong-un © faber 2017

Quand deux débiles et néanmoins chefs d’État prennent le monde pour une cour d’école ; quand dans leur bac à sable ils ont apporté des joujoux du genre missiles balistiques à tête nucléaire et autres râteaux et pelles démoniaques… les humains un peu conscients ont de sérieuses raisons de s’inquiéter. Mais l’inquiétude demeure bien vaine, tout juste bonne à nous angoisser face à l’impuissance résignée. L’Histoire se nourrit de ces « malades qui nous gouvernent » – que nous les ayons élus, qu’ils aient usurpé notre naïveté, trahi nos « espérances », abusé de notre crédulité. Bref, que nous ayons, par un biais ou un autre, renoncé à affirmer nos désirs d’humains libres et vivants. Ce « Nous » de la majesté du Peuple pas encore adulte, pas davantage debout. Il lui faudra encore bien du talent, bien du désir, bien de la grandeur. Jusqu’à quand ?


Interdire la corrida, «grand pas pour l’humanité»

La corrida est une abomination, une indignité et, comme telle, une déqualification de ses pratiquants – acteurs comme spectateurs – dans le genre humain. S’il en fallait encore une preuve, celle-ci ne suffirait donc pas encore ?

La «tradition» ne saurait constituer un quelconque argument de justification d’une telle boucherie à ciel ouvert. Un tel «argument» serait du même ordre que celui justifiant la mutilation sexuelle des fillettes par l’excision.

La condition et la place de l’animal dans nos sociétés occidentales font l’objet d’une mise en avant nouvelle et importante, amenant les opinions publiques à manifester une opposition de plus en plus résolue à toutes formes de maltraitance. C’est évidemment la cas pour les animaux d’élevage, leurs conditions de vie et de mort, en particulier dans le règne du rendement productif et, pire, encore, dans les abattoirs. Ces mouvements d’opinions rejoignent des remises en cause des modes alimentaires liés à une agriculture industrielle et aux désordres écologiques et sanitaires qui s’ensuivent.

Les spectacles de corrida, impliquant la mise à mort des taureaux dans un «combat» aussi inégal que couru d’avance – sauf accidents, rares – doivent provoquer autant d’indignation et de protestation que les pratiques détestables dénoncées dans les abattoirs. Leur interdiction marquerait un autre «grand pas pour l’humanité».


Macron ou Le Pen ? Entre deux maux, il faut choisir le moindre 

Par Serge Bourguignon, simple citoyen
onreflechit@yahoo.fr

Je suis effaré par tous ces gens, y compris des gens que j’aime et j’estime, qui croient dur comme fer que Macron et Le Pen, c’est pareil. Et je suis encore plus effaré par ceux pour qui Macron, c’est pire que Le Pen ! Aurait-on atteint le degré zéro de la conscience politique ?

La soupe néolibérale, je ne la goûte guère. Elle détraque toujours plus notre bonne vieille Terre et ses habitants, en particulier nous autres les z’humains. Il n’est pas inutile de le rappeler. Mais j’aime encore moins la soupe FHaine, qui me fait vomir et qui hélas ! rencontre tellement d’écho aujourd’hui dans notre France : la candidate néofasciste (j’ai bien dit néo) a obtenu bien plus de voix que son père en 2002. Si la façade a été rénovée pour être plus «présentable», la réalité empiriquement observable n’est pas belle à voir. Ce parti reste un ramassis de pétainistes et le soi-disant gaulliste Philippot y est minoritaire. La gestion des municipalités FN est inquiétante, il y a beaucoup de témoignages à ce sujet pour qui veut savoir. Et n’oublions pas que l’amère Le Pen a participé au bal de l’extrême droite européenne le 27 janvier 2012, jour du 67e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz !…

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© Ph. Reuters. Cliquer pour agrandir

Le Monde28.01.2012
C’était son premier bal à Vienne, mais aussi l’occasion de resserrer ses contacts avec d’autres dirigeants de l’extrême droite européenne. La candidate du Front national à l’élection présidentielle française, Marine Le Pen, était l’hôte de marque, vendredi 27 janvier dans l’ancien palais impérial de la Hofburg, du fringant Heinz-Christian Strache, chef du Parti de la liberté (FPÖ), qui affiche son ambition de devenir chancelier d’Autriche. Avant de valser avec les étudiants «combattants», adeptes de duels virils au sabre, la présidente du FN, en longue robe noire, a dû attendre que les forces de police aient éloigné des milliers de manifestants décidés à perturber la soirée. […]
Le bal des corporations estudiantines à Vienne est toujours un événement controversé. Principal réservoir de cadres du FPÖ, les Burschenschaften (de Bursch, jeune homme) comptent environ 4 000 membres, engagés leur vie durant dans des fraternités dont les noms – Aldania, Vandalia, Gothia, Silesia – cultivent une germanité mythique. L’une d’entre elles, Olympia, est considérée comme proche du néonazisme. […]
Cette année, les polémiques étaient d’autant plus vives que l’organisation du bal coïncidait avec le 67e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz.

Le FN aujourd’hui se présente comme le défenseur du peuple français contre la technocratique Union européenne. Ce qui plaît dans ce discours anti-UE, c’est qu’il offre un bouc-émissaire facile aux électeurs, leur évitant par là-même la fatigue de penser à des problèmes complexes qui ne peuvent se résoudre d’un coup de baguette magique.  Il y a plein d’inconvénients à être dans l’UE, mais il y a aussi quelques avantages. Et si l’on en sortait, il y aurait certes quelques avantages, mais quand même pas mal d’inconvénients. Mais pour séduire le bon peuple, on simplifie les choses, on lui fait miroiter des solutions miracles.

Ce que ne font jamais  les idéologues (qu’ils soient anti- ou pro-UE, d’ailleurs), et ceux qui boivent leurs paroles, c’est la part des choses. Or la réalité est toujours multiple et contradictoire : la contradiction est l’essence même du vivant. Mais nous vivons à l’époque de l’ordinateur roi et de la pensée binaire, et dans le cirque électoral la réalité est très souvent gommée d’un effet de manche, sans jamais être appréhendée dans sa complexité.

Comment ne pas voir qu’il sera plus facile de s’opposer à Macron président qu’à Le Pen ? C’est la soi-disant proche du peuple Le Pen qui demandait l’interdiction des manifs pendant le mouvement d’opposition à la loi travail, et non pas le banquier Macron. Il serait donc sage de choisir le moins nocif.

Citoyennes, citoyens, encore un effort pour être réellement républicains !

Rappel : Res publica signifie la chose publique, qui appartient à tous.

S.B. (29 avril 2017)
onreflechit@yahoo.fr


Mélenchon, l’homme qui ne plantait rien (ou qui plantait tout)

Jean-Luc-Melenchon

[Ph. Gerhard Valck, 2015, domaine public]

De la mélasse présidentielle, que pourrait-il sortir de bon ? Qu’ajouter à cette triste question ? « C’est pour dire » n’avait donc rien à dire sur ce chapitre. Sauf  à le considérer sous la plume inspirée d’Eugène Pottier écrivant L’Internationale : « Il n’est pas de sauveurs suprêmes / Ni Dieu, ni César, ni Tribun ». L’air est aujourd’hui plutôt éventé, mais le message reste d’une navrante actualité. Ainsi m’est-il revenu l’autre soir (23/2/17) à la télé en regardant le spectacle monté autour de Jean-Luc Mélenchon. 1

Mélenchon, ce soir-là, n’a pas craint de se présenter comme « un tribun » et même comme « le tribun du peuple ». Oui : « Je suis le tribun du peuple », a-t-il renchéri, modeste… On sait l’homme porté à l’admiration de lui-même, qu’il clone à l’occasion par hologramme interposé, réussissant ainsi l’admirable synthèse du Spectacle à la fois politicien & technologique. « Miroir, mon beau miroir… », cette si vieille fascination égocentrique… De nos jours – à l’ère du tout médiatique – la conquête et l’exercice du pouvoir passent par la mise en spectacle du geste et de la parole, surtout de la parole. Il est significatif et cocasse que cette émission de France 2 s’intitule Des Paroles et des Actes

Tandis que la politique se résume au Verbe, à l’effet de tribune (pour tribuns…), un gouvernement peut se restreindre à un seul ministère, celui de la Parole. Cette pratique est, elle aussi, vieille comme le monde politique ; elle remonte même à la rhétorique des Anciens, qui l’avaient élevée au rang du discours philosophique. Disons qu’aujourd’hui, seul le discours a subsisté. Enfin, surtout le discours, parfois quelques idées. Aucun politicien n’y échappe, surtout pas les candidats à la présidence. Il peut être intéressant, voire distrayant, de lire entre les lignes des verbiages électoraux, d’en décrypter aussi les non-dits, à l’occasion exprimés par le corps – attitudes, gestes, tonalités.

À cet égard, la parlure de Hollande ponctuée, et même truffée de « euh… », s’avère tout à fait révélatrice de sa gouvernance à base d’hésitations, de doutes peut-être et de renoncements. 2 Celle de Mélenchon, elle, si elle ne manque pas de souffle, respire peu et ne s’autorise aucun silence. Pas de place pour le doute ou le questionnement dans cette parole péremptoire, définitive. Un propos souvent abrupt, cassant, dont son auteur prend parfois conscience ; alors, il tente de se reprendre par une pirouette, comme dans l’émission de jeudi : « Eh, on peut plaisanter, je suis méridional… il y a du Pagnol en moi ! » Ouais… Et du Giono aussi ?

Car Mélenchon doit se prouver en humaniste  3, ce qui ne lui semble donc pas si naturel… Voilà qu’arrive l’« invité surprise » – toujours dans la même émission –, le comédien Philippe Torreton  4 Or, il a apporté, pour l’offrir à Mélenchon, le livre de Jean Giono, L’Homme qui plantait des arbres. « [Un livre] fondamentalement immoral ! », lance tout aussitôt Mélenchon. Étonnement du comédien, qui s’explique néanmoins sur le sens de ce choix lié à l’urgence écologique, en lit un passage et se lève pour l’offrir au politicien du jour, que l’on relance : alors, quelle immoralité ? « L’immoralité, lance Mélenchon, vient du fait que cette histoire est écrite pendant la guerre, et que quand on lutte contre le nazisme on plante pas des arbres, on prend une arme et on va se battre ! »

L’ancien militaire – non : militant trotskyste, dirigeant de l’OCI (Organisation communiste internationaliste) de Besançon (197279 selon Wikipédia), a lâché sa leçon de morale, celle du politicien professionnel qu’il n’a cessé d’être – puisque c’est un « métier ». Et ainsi de reprendre, en les sous-entendant, les accusations vichystes et collaborationnistes à l’encontre de Giono. Lequel avait pris le fusil à baïonnette, enfin celui qu’on lui avait mis d’office dans les mains, dès janvier 1915, pour ses vingt ans, direction la Somme, Verdun, le Chemin des dames, où il n’est « que » gazé alors qu’il y perd son meilleur ami et tant d’autres. Choqué par l’horreur de la guerre, les massacres, la barbarie, l’atrocité de ce qu’il a vécu dans cet enfer, il devient un pacifiste convaincu. Jusques et y compris la seconde grande barbarie. En 1939, s’étant présenté au centre de mobilisation, il est arrêté et détenu deux mois pour cause de pacifisme (Il avait signé le tract « Paix immédiate » lancé par l’anarchiste Louis Lecoin). Durant la guerre, il continue à écrire et publie des articles dans des journaux liés au régime de Vichy. A la Libération, il est arrêté, mais relâché cinq mois plus tard sans avoir été inculpé. 5

J’en reviens à notre sujet, sans m’en être vraiment éloigné, je crois. En refusant de considérer pour ce qu’il est, le message profond – écologiste avant la lettre, humaniste et universel – de L’Homme qui plantait des arbres, pour placer sa parole moralisatrice, le patron de La France insoumise s’érige en Fouquier-Tinville du Tribunal révolutionnaire. Il tranche. Il se pose en garant du « pur et dur », lui que les guerres ont heureusement épargné, qui n’a pas eu à résister – l’arme à la main –, ni même à s’insoumettre. Lui qui, certes, connut les tranchées du Parti socialiste durant 32 ans (19762008) et, tour à tour, les affres du conseiller général de Massy (19982004), du sénateur de l’Essonne (20042010), du ministre sous Chirac-Jospin (20002002), du président du Parti de gauche (20092014), du député européen depuis 2009. Que de combats héroïques, à mains nues cette fois ! (Quelle belle retraite en perspective aussi, non ?)

Il en a usé de la dialectique, de la stratégie, de la tactique ! Il en a mâché de la parole verbale ! Tout ça pour rabaisser le débat politique à un calcul politicien minable. Pourtant, il l’assure :

– « À mon âge, je fais pas une carrière ; je veux pas gâcher, détruire ; j’ai de la haine pour personne ; il faut convaincre ! J’ai jamais été mélenchoniste ! [sic]

– Alors vous seriez prêt à vous retirer devant Benoît Hamon ?

Pourquoi pas lui ? J’ai 65 ans, je veux pas dilapider ! [re-sic]»

Alors Torreton, devenu pâle, semble jeter l’éponge. Non pas tant qu’il se soit dégonflé, comme il a été dit, de lui poser LA question pour laquelle il avait été l’« invité surprise ». Non, on dirait plutôt qu’il comprend alors que c’est cuit, que Mélenchon ne démordra pas, que sa « vocation », son « métier » c’est de s’opposer, de baigner dans ce marigot où il se complaît, où son égo enfle avec délice. Un demi-siècle de « métier » n’empêche pas, à l’évidence, de s’agripper à une puérile dialectique de cour d’école.

Et dès le lendemain de l’émission, il prétendait sans ambages ne pas se souvenir d’avoir parlé de rapprochement avec le candidat socialiste. « J’ai dit ça hier soir ? Je ne m’en rappelle pas ! » a-t-il assuré. À la sortie d’un déjeuner avec le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, il a rejeté l’idée d’un rassemblement : « Ça n’a pas de sens aujourd’hui. De quoi parle-t-on ? Benoît Hamon dit qu’il propose sa candidature. Moi aussi. Si vous voulez que le programme s’applique, la meilleure des garanties, c’est moi ! » Ainsi, pour lui, la question d’un ralliement ne se pose même pas. « Non, faut pas rêver, ça n’aura pas lieu. D’ailleurs, personne ne le proposait », a-t-il asséné.

Le trotskyste est revenu au galop : « Faut pas compter sur nous pour aller faire l’appoint d’une force politique qui a du mal à remonter sur le cheval ». Aurait-il donc choisi « objectivement » l’option Marine Le Pen ? 6 Ira-t-il ainsi jusqu’à refuser toute collaboration avec ce qui reste de la social-démocratie, sous entendu avec Benoît Hamon, puisqu’investi par le Parti socialiste ? Ou encore, estime-t-il que Macron va l’emporter, que l’affaire est pliée et que sa planche de salut, par conséquent, réside encore et toujours dans les délices de l’éternelle opposition, dans un hors-sol en quelque sorte, à l’abri de toute impureté, de tout compromis.

Comme si la démocratie ce n’était pas l’art subtil des arrangements acceptables par le plus grand nombre – jamais par tous, évidemment. Comme si la vie même ne relevait pas en permanence de ses combinaisons complexes, ni blanches ni noires. La première – la démocratie – se compte en siècles, parfois seulement en années ; quelques semaines peuvent suffire à l’anéantir. La vie, elle, remonte à des millions d’années ; elle reste à la merci de la bêtise des humains.

Si je vote, ce sera pour Elzéard Bouffier, qui plantait des arbres.


En prime, le très beau film d’animation d’après le récit de Jean Giono, dit par Philippe Noiret, réalisé par Frédéric Back (19242013), Canada 1987. L’Homme qui plantait des arbres a remporté l’Oscar du meilleur court métrage décerné par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences de Los Angeles, aux États-Unis, le 11 avril 1988.

Notes:

  1. Je dis bien spectacle, au sens de Guy Debord et sa Société du spectacle (1967); c’est-à-dire au sens de la séparation entre réalité et idéologie, entre la vie et sa représentation. Dans ce sens la société est devenue « une immense accumulation de spectacles », prolongement de l’« immense accumulation de marchandises » énoncée par Marx dans Le Capital. Au « fétichisme de la marchandise » (et des finances), puis à celui du Spectacle, il y aurait lieu aujourd’hui d’ajouter, à la façon d’un Jacques Ellul, le fétichisme technologique.
  2. Sur cette adéquation idéale « paroles/actes », voir ici mon article de 2014 sur Jaurès.
  3. «Droit-de-l’hommiste», il est sans doute, car cela relève encore de la parole politique, différente du sens de l’humain. Je me garde d’aborder ici le chapitre de ses tropismes latinos envers Chavez et les Castro – sans parler de Poutine.
  4. De gauche, écologiste, il tient actuellement le rôle-titre dans La résistible Ascension d’Arturo Ui, de Brecht – que j’ai vue et appréciée il y a peu à Marseille ; pièce ô combien actuelle sur le fascisme présenté en l’occurrence comme « résistible »… espérons !
  5. Dès 1934, Giono avait affirmé un pacifisme intégral ancré en profondeur dans ses souvenirs d’atrocités de la Grande Guerre. Le titre de son article pacifiste publié dans la revue Europe en novembre 1934 « Je ne peux pas oublier » atteste de cette empreinte indélébile de la guerre dont il refuse toute légitimation, même au nom de l’antifascisme. Il affirme dans « Refus d’obéissance », en 1937, que si un conflit éclate, il n’obéira pas à l’ordre de mobilisation.
  6. Rappel : Jusqu’à l’avènement d’Hitler, l’objectif principal du Parti communiste allemand demeurait la destruction du Parti social-démocrate. Voir à ce sujet Sans patrie ni frontières, de Jan Valtin, implacable témoignage d’un marin allemand sur le stalinisme en action. Ed. J-C Lattès, 1975.

La trouble casquette de Mehdi Meklat

mehdi-meklat

Lors de l’émission La Grande librairie, 17 février.

Il avait l’allure d’un jeune homme bien, un rien effronté sans doute, sous sa casquette « chanvrée »… Mehdi Meklat, 24 ans, s’était construit une certaine notoriété avec son compère Badrou : Bondy Blog, France Inter, Arte, Les Inrocks. Sympas, quoi, ces jeunes, porte-voix des banlieues autres que désespérantes. Jeudi dernier, on les retrouve même, l’Arabe et le Noir, comme incongrus dans le décor de La Grande librairie, émission de France 5 pour la sortie de leur bouquin, Minute.

La mariée était trop belle : entretemps, des internautes exhument des tweets de Meklat à base d’injures antisémites, homophobes, racistes, misogynes. Sidération. Le jeune homme à casquette fleurie s’excuse, invoque un « personnage fictif » caché derrière son pseudonyme (« Marcelin Deschamps »), histoire de « questionner la notion d’excès et de provocation »… Mais quand il eut décidé de reprendre sa vraie identité de twitteur, il prit tout de même soin d’intégrer à son compte ses délires précédents. Florilège :

 

Quelques voix médiatiques s’élèvent cependant pour prendre la défense de l’indéfendable. Pour excuser quoi ? Au nom de quoi ? Ce qui est sûr, c’est qu’une telle duplicité va alimenter encore davantage la lepénisation en marche. Peut-être est-ce même le but recherché, celui de Daesh en particulier : couper en deux la société française, pousser à l’affrontement et, « idéalement » à la guerre civile.


Aidons Mme Lagarde à aller se rhabiller !

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Cliquez sur l’image, vous n’en croirez pas vos yeux. Il y a deux ans, «Closer», ce magazine de la vulgarité totale, publiait sans barguigner, avec leurs coûts respectifs («environ»), les élégances vestimentaires de Madame FMI. Cette pauvresse – «au goût très sûr pour les belles choses (et on la comprend)» – ne craignait pas d’étaler ainsi une garde-robe estimée à : 2800 + 1800 + 5900 + 3500 = 14.000 euros. [Merci François Ponthieu pour cette archive hors de prix !]

L’ « affaire Lagarde »… Quelle affaire ? On n’en parle déjà (presque) plus. Ça tourne si vite, le monde, l’actu, l’ordinaire des choses. Et aujourd’hui encore, un autre nouveau tour du monde, un nouveau héros à la voile. Et puis un héros de la chansonnette qu’on retrouve mort. 1 Toutes ces questions fondamentales. Tandis que les négligences, les étourderies de Madame Lagarde, ça c’est de la broutille à 400 millions, juste une insulte au peuple, même pas tancée par la Cour de Justice [sic] de la République – qui prononce en l’occurrence un véritable déni de justice. Sinon, comment justifier à la fois une faute et une non-faute ?

Alors, quelle République ? Voilà comment ils la galvaudent – les Lagarde, les Cahuzac, les Tapie et tant d’autres – la « Chose Publique », Res Publica ; ces escrocs, ces brigands, ces bandits – et j’en passe ! Cette République considérée comme une traînée, sur laquelle on ne se retourne même plus, une gueuse pour maquereaux profiteurs (pléonasmes) prêts à la refiler aux autres proxos du FN déjà en piste, prêts à la recycler au Nom du Peuple, bien sûr, et même de la République !

Une pétition circule pour exiger « un vrai procès pour Christine Lagarde ». Plus de 200.000 signatures ont été recueillies [la signer ici]. C’est encore trop peu compte tenu de l’outrage à ce qu’un George Orwell appelait la décence commune.

Car nous sommes bien en l’occurrence dans l’indécence totale. Des images de plus en plus nombreuses circulent sur la toile, prenant le relais des mots qui s’étouffent dans la colère, comme les miens ici.

Voici un échantillon de ces photos et dessins qui expriment une révolte des esprits, signes peut-être avant coureurs de révoltes « tout court » qu’ils n’auront pas vu venir

Notes:

  1. Thomas Coville et George Michael, selon la Une du Monde. Je n’ai rien contre eux, je souligne juste un ordre des valeurs médiatiques.

Boues rouges dans les calanques de Marseille : Royal rejette la responsabilité sur Valls

Les monticules de boues rouges rejetées par l’usine d’alumine Alteo de Gardanne, qui recouvrent les fonds marins du Parc national des calanques (Bouches-du-Rhône), inquiètent les spécialistes, mais aussi les défenseurs de l’environnement.

boues-rouges-calanques-marseille

Les déchets liés à la fabrication de l’alumine sont rejetés en mer par un tuyau long de 50 km. Des millions de tonnes de «boues rouges» contenant métaux lourds, éléments radioactifs et arsenic sont accumulés au fond de la Méditerranée, dans le Parc national des Calanques. [Thalassa-F3]

La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, interrogée sur le rejet de ces déchets en mer, a imputé à son Premier ministre l’absence de lutte contre ce fléau : elle assure avoir voulu les interdire, mais que «Manuel Valls a décidé le contraire». «C’est inadmissible», assène la ministre devant la caméra de «Thalassa», diffusé vendredi 2 septembre sur France 3.

Un permis de polluer pour six ans

Le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a autorisé en décembre la société Alteo à poursuivre l’exploitation de ses usines sur le site de Gardanne et à rejeter en mer, pendant six ans, les effluents aqueux résultant de la production d’alumine. La décision avait pourtant été aussitôt dénoncée par Ségolène Royal, rappelle Le Monde.

La décision d’interdire ces déchets incombe au chef du gouvernement, affirme Ségolène Royal : «[Manuel Valls] a pris cette décision. Il a donné l’ordre au préfet, donc le préfet a donné l’autorisation. Je ne peux pas donner un contre-ordre», ajoute-t-elle.

[Source : Franceinfo, 30/8/16]


« En ces temps troublés ». Quand le maire d’Argenteuil se fait programmateur-censeur de cinéma

Comme ça, à lui tout seul, d’un trait de plume municipal, Georges Mothron, maire Les Républicains d’Argenteuil, décide si ses concitoyens peuvent ou non aller voir un film au cinéma – et même deux.

Voici l’affaire, résumée par Le Figaro [30/04/2016:

« Le cinéma Le Figuier blanc a dû annuler il y a quelques jours la projection de deux films en raison d’une demande expresse du maire de la ville du Val-d’Oise, qui craignait que leurs sujets «mettent le feu aux poudres» dans la commune.

 G. Mothron dans ses œuvres

Maire-argenteuil Georges Mothron• Pour «changer l’image de la ville» […] le boulevard Lénine et l’avenue Marcel Cachin sont rebaptisés respectivement boulevard du général Leclerc et avenue Maurice Utrillo.
• Le 6 août 2007, un arrêté municipal interdisant la mendicité dans le centre-ville d’Argenteuil est associé à la consigne aux agents de la voirie de diffuser du malodore, un répulsif nauséabond, dans les lieux fréquentés par les sans-abris. La campagne de presse nationale qui s’ensuit et des controverses sur la rénovation urbaine en cours lui coûtent la mairie qui revient au socialiste Philippe Doucet aux élections 2008. Lors des élections municipales de 2014, il reprend la mairie d’Argenteuil face au maire sortant. [Wikipédia]

« […] La salle, associée à un centre culturel, a eu la curieuse surprise de recevoir la semaine dernière un courrier […] dans lequel l’élu demandait la déprogrammation de deux films : La Sociologue et l’ourson, d’Étienne Chaillou et Mathias Thery, et 3000 nuits, de Mari Masri.

« Le premier, sorti le 6 avril, est un documentaire qui revient sur les débats autour du mariage homosexuel en suivant la sociologue Irène Théry et en mettant en scène, sur un mode pédagogique et ludique, des peluches et des jouets pour évoquer certaines questions et reconstituer des moments familiaux. Le second, diffusé depuis l’an dernier dans plusieurs festivals, raconte l’histoire de Layal, une jeune Palestienne incarcérée dans une prison israélienne, où elle donne naissance à un garçon.

« Des thèmes qui pour le maire de la commune sont sujets à la polémique, d’où leur interdiction. Dans les colonnes du Parisien, il explique que sa décision est «motivée par le fait qu’en ces temps troublés, des sujets tels que ceux-là peuvent rapidement mettre le feu aux poudres dans une ville comme Argenteuil». « Dans un souci d’apaisement […]la ville a préféré jouer la sécurité en ne diffusant pas ces films, évitant ainsi des réactions éventuellement véhémentes de certains», ajoute-t-il. Mais l’exigence de l’édile a surtout provoqué une volée de bois vers à l’encontre de la mairie d’Argenteuil. »

L’association Argenteuil Solidarité Palestine (ASP), qui programmait 3000 nuits a dénoncé « la censure du maire qui, en octobre dernier, avait déjà interdit une exposition sur l’immigration.»

L’Association pour la défense du cinéma indépendant (ADCI) d’Argenteuil, dénonce « un refus idéologique de réflexion sur des questions qui se posent dans le contexte actuel ».

De son côté, la Scam, Société civile des auteurs multimédia, publie un communiqué sur cet acte de censure. Extraits :

« Les 102.000 habitants d’Argenteuil seraient-ils plus décérébrés, osons le dire, plus cons que la moyenne ?
« Certainement pas, mais c’est ainsi que le maire, Georges Mothron, considère les habitants en les jugeant incapables de regarder sereinement un documentaire de société où les personnages principaux sont des peluches. Un documentaire qui fait réfléchir sur pourquoi la société française s’est déchirée sur le mariage pour tous.
« Si le film sort en DVD, Georges Mothron le fera-t-il saisir dans les rayonnages ? Quand le film sera diffusé à la télévision, Georges Mothron fera-t-il couper les antennes du diffuseur sur sa ville ?
« En ces temps troublés », Georges Mothron a peur que le film « mette le feu aux poudres ». […]
« En ces temps troublés », nous avons bien besoin de films qui nous ouvrent au monde, qui apportent de la pensée dans les réflexes pavloviens de repli sur soi de telle ou telle communauté.
« La Scam soutient la manifestation organisée le 7 mai à 15 heures devant la mairie d’Argenteuil pour exiger la reprogrammation des films et rappeler au maire, Georges Mothron, que le suffrage universel ne lui confie pas pour autant un droit à décider ce que ses concitoyens peuvent choisir d’aller voir au cinéma. »

Pour ma part, me référant à la loi sur le non-cumul des mandats, je rappelle à ce maire qu’il ne peut ni ne doit cumuler sa fonction de magistrat municipal avec celles de programmateur-censeur de cinéma et de directeur des consciences. Non mais.


Enfin de la pub, de la vraie, sur les radios du service public !

hara_kiri_pubSur l’autel de (feue) la gauche, ce gouvernement ne recule devant aucun sacrifice. Ce matin au réveil, j’apprends dans le poste qu’un décret paru aujourd’hui même au Journal officiel autorise la publicité sur les ondes de Radio France !

Le tout-pognon aura encore sévi, emportant sur son passage les restes d’éthique auquel on croyait encore pouvoir s’accrocher. Tu croyais, naïf, que les radios du service public te mettaient à l’abri des saillies de « pub qui rend con – qui nous prend pour des cons »… Macache ! Finies les débilités limitées aux seules « oui qui ? Kiwi ! » et autres « Matmut » à en dégueuler. On est passé au tout-Macron, mon vieux ! Tu savais pas ? Vive le tout-libéral, l’indécence commune et la vulgarité marchande ! Les enzymes gloutons sont de retour, et les bagnoles à tout-va, les chaussée-au-moine, les justin-bridoux, les mars-et-ça-repart – autant dire que le bonheur nous revient en splendeur, avec ses trouvailles enchanteresses, la vie facile, enfin !

Manque tout de même à ce gouvernement qui, lui aussi, nous prend pour des cons, un ministre à la hauteur. Je ne vois que Séguéla. Un Séguéla, sinon rien ! Et au complet, avec sa rolex et sa connerie.

Nous restera à fermer le poste. On mourra moins con (« oui mais, on mourra quand même ! »).

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« Pas de ça chez nous ! » Quand les bourgeois du XVIe parisien puent du bec

En soulevant le couvercle de la soupière de porcelaine, on a découvert un pot de chambre et ses relents. C’était lundi 14 mars au soir, la mairie de Paris organisait une réunion publique d’information sur le centre d’hébergement d’urgence devant être installé d’ici l’été en lisière du bois de Boulogne, – “à deux pas de l’hippodrome d’Auteuil, du musée Marmottan et des jardins du Ranelagh”, précise judicieusement Le Figaro.

Alors que les débats auraient dû se tenir pendant deux heures entre les habitants mécontents et les représentants de la ville de Paris, ils ont dû être écourtés au bout de 15 minutes pour cause de débordements. Quand la bourgeoisie du XVIe sort de ses gonds, elle se révèle dans sa nue crudité.

C’est d’abord au préfet de Paris, Sophie Brocas, que les “révoltés” s’en prennent. Et en termes particulièrement châtiés. Échantillons : “Escroc”, ”fils de pute”, “menteur”, “collabo”, “stalinien”, ”vendu”, “salopard”, “salope”, “Sophie Brocas caca ! » …

Acclamé par la foule en furie, Claude Goasguen, maire d’arrondissement LR et principal élu local opposé au projet, a rehaussé le niveau sur le mode séditieux, encourageant ses partisans à “dynamiter” la piscine installée à proximité du futur centre d’hébergement, précisant Ne vous gênez pas, mais ne vous faites pas repérer ».

Pour commenter pareil événement, France Inter a invité à son micro la « sociologue des riches », Monique Pinçon-Charlot, qui a assisté à cette réunion et n’en revient pas, elle qui en a pourtant remué du beau linge. Cette fois, pour l’effet caméléon, elle avait même revêtu un petit manteau de fourrure… synthétique… Voici son récit, grandiose !

Petit florilège complémentaire ici.


Corruption et politique. L’exemplarité ordinaire de la Norvège

On peut toujours y aller de prêchi-prêcha, de pompeuses déclarations de lendemains de cuites, rien ne vaudra l’exemple en action. Ainsi ce reportage de 2007 tourné en Norvège pour Compléments d’enquête, France 2. On est loin de la litanie du « Moi, président » ou du « Président normal ». Le train de vie de l’Élysée aurait notablement diminué sous ce quinquennat – on dira que, vu le précédent, ça n’a pas dû être bien difficile. Soit. Mais il en faut plus sur le registre de l’exemplarité, et pas seulement chasser du temple politique ses Cahuzac et autres Thévenoud. Plus, afin de n’avoir pas à opposer de la morale à quatre sous aux autres exactions ordinaires éclaboussant la « classe » politicienne et désespérant Billancourt – enfin, ce qu’il en reste. On n’en finirait pas sur ce chapitre, d’énumérer ce qu’on nomme pudiquement « les affaires »pour ne pas dire « scandales ». Égrenons le chapelet des récentes années :

Hippodrome de Compiègne ; financement occulte du Parti républicain ; tramway de Bordeaux ; Guérini, Sylvie Andrieu (Marseille) ; Karachi ; Takkieddine ; Total ; Woerth-Bettencourt ; Sarkozy-Kadhafi ; Bygmalion ; Tapie-Lagarde ; sondages de l’Élysée (présidence Sarkozy)…

J’allais oublier, champions toutes catégories, les exploits financiers des époux Balkany à Levallois-Perret ! Et aujourd’hui, attention, épluchage des patrimoines des Le Pen, père et fille…

Et il n’est question ici que d’affaires politiciennes, en France, hors milieux sportifs…

D’après l’Institut de la Banque mondiale, le coût de la corruption internationale s’élève à plus de mille milliards de dollars. De quoi éradiquer la misère, ou l’attaquer sérieusement.


Politique. Si on commençait par là ? par gerard-ponthieu-9


Élections. Xavier Bertrand, salaud sartrien (article de 2010, pour l’Histoire…)

Xavier Bertrand, futur président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, ce politicien de bas étage – je maintiens –, se refait donc une sorte de virginité sur l’air du “front républicain”. Le politicien, on le reconnaît à ça, lui aussi, tout comme l’autre : il ose tout. Et, comme tel, il parvient à faire accroire au bon peuple si abusable qu’il vient de terrasser le Dragon. Lui qui l’a engraissé, tout comme tant de ses congénères de la basse politique. Voici donc, pour mémoire et pour l’Histoire (avec sa grande hache…), ce moment télévisé de février 2010, il y a cinq ans. Pour illustrer une belle saloperie.


 

J’écris « salaud sartrien » par précaution judiciaire, vu que c’est une catégorie estampillée philo. Bon. Mais normalement, si j’écrivais à un pote, je m’en passerais et parlerais plutôt de la dignité selon Camus. Car ce type est ignoble (contraire de noble, ça oui !), abject (qu’on a envie de jeter), méprisable, etc. Si vous voulez le voir en action, y a qu’à cliquer sur l’image et vous allez assister à la représentation la plus vile de ce qu’un politicien peut donner à voir. Ce lamentable spectacle montre un Xavier Bertrand et nonobstant secrétaire général de l’UMP pratiquer une danse du scalp, voire une mise à mort, autour d’un journaliste du Courrier picard. Un tel mépris de la personne, affiché avec tant de morgue, ça fait plus que froid dans le dos.

Cela se passe le 19 janvier, sur le plateau de l’émission «Terrain politique» de la chaîne Public Sénat. Xavier Bertrand, par ailleurs adjoint au maire de Saint-Quentin (Aisne), est questionné par Nicolas Totet, responsable de l’édition locale du Courrier picard à Saint-Quentin. Le journaliste n’est pas à l’aise, ce n’est pas son truc la télé. L’autre le toise de son œil noir comme un bandit au coin du bois. Pas besoin d’en dire plus puisque le document fait foi. Ce morceau désolant va s’ajouter à la vaste anthologie couvrant la catégorie vulgarité et bassesse politiciennes.

Extrait des réactions des lecteurs du monde.fr :

Soutien le plus total au journaliste du Courrier Picard. Tout le monde ne peut pas être à l’aise à la télévision, et profiter des faiblesses de son contradicteur pour l’humilier, c’est vraiment pitoyable. Ne vous en faites pas Monsieur Totet, ce n’est pas vous qui sortez rabaissé de cette vidéo, mais bien le balourd d’en face.

Vrai qu’il fallait lui rentrer dans le lard à l’ex assureur trop assuré, mais là nib ! Un journaliste en forme de feuille morte tremblante à la moindre chiquenaude de l’engraissé Bertrand. Le Courrier Picard… ça doit venir du climat, le froid ça fait perdre ses moyens.

Je vous trouve dur avec le pauvre Xavier. Souvenez-vous, il était sympa dans le lipdub de l’ump… Pensez à son déhanchement, sa petite main au bout de son bras dessinant des vagues. Avouez, de suite, on ressent bien la bêtise profonde, grasse, du personnage…

Le comportement de Xavier Bertrand est celui d’un 4x4 face à une 2 chevaux : gros, puissant et vulgaire. Proprement scandaleux, non pas fellinien, mais berlusconien!


Paru icihttps://c-pour-dire.com/xavier-bertrand-salaud-sartrien/  Et sous l’article voir aussi le pertinent commentaire de l’époque.


Des tas d’urgences

Le hasard m’a fait tomber, hier, sur l’article que j’ai consacré au journaliste polonais Richard Kapus­cinski lors de sa mort en 2007. Dans un de ses bouquins fameux, Imperium – sur l’empire soviétique finissant, une suite de reportages à sa façon –, j’y relevais ça :

« Trois fléaux menacent le monde. Primo, la plaie du natio­na­lisme. Secundo, la plaie du racisme. Ter­tio, la plaie du fon­da­men­ta­lisme reli­gieux. Trois pestes unies par la même carac­té­ris­tique, le même com­mun déno­mi­na­teur, la plus totale, agres­sive et toute-puissante irra­tio­na­lité. Impos­sible de péné­trer dans un esprit conta­miné par un de ces maux. »

Dans le dernier numéro du mensuel L’Histoire (thème : Newton, les Lumières et la révolution scientifique : excellent autant qu’actuel), un lecteur revient sur le précédent numéro (novembre) consacré aux communistes et titré « Pourquoi il y ont cru », sans point d’interrogation. En effet, bien des réponses peuvent être avancées. Mais ce lecteur continue à s’interroger : « Si je ne m’étonne pas du nombre d’intellectuels séduits, je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi ils sont resté communistes ». Et d’égrener le chapelet des horreurs staliniennes qui « auraient dû leur ouvrir les yeux ». Oui, mais non ! Confère le troisième fléau selon Kapus­cinski : la plaie du fondamentalisme religieux.

Même si les causes et les effets différent dans les nuances, nazisme, stalinisme et djihadisme relèvent du tronc commun de « la plus totale, agres­sive et toute-puissante irra­tio­na­lité. » Les conséquences aussi convergent dans la violence la plus mortifère conduisant les peuples crédules aux pires horreurs.

Notons qu’en ces « champs d’horreur » s’illustrent bien d’autres fanatiques para-religieux. Ainsi les fondamentalistes du libéralisme ultra, les adorateurs du Marché et de sa Main invisible, celle qui agit « en douce », par délégation, sans se montrer au grand jour, et n’en conduit pas moins à son lot d’atrocités, dénommées injustices, guerres, misère.

Ainsi les négationnistes de la dégradation du climat qui, à l’instar de leurs illustres prédécesseurs face aux génocides nazis, choisissent la catastrophe plutôt que de renoncer à leurs cultes consommatoires. Cultes innombrables auxquels d’ajoutent la plus crasse imbécillité telle que montrée ce jeudi soir [3/12/15] dans Envoyé spécial (France 2) exhibant de fameux spécimens du genre : ceux qui, aux Etats-Unis, trafiquent leurs diesel monstrueux pour qu’il éructent les plus épaisses fumées noires… (J’avais publié une vidéo sur ces énergumènes, mais elle a été désactivée, je ne sais pourquoi… Des dizaines de vidéos paradent sur la toile – taper «coal rolling» et désespérer du genre humain…)

Après eux le déluge. Sur le même mode, en somme, par lequel un tiers des électeurs du « pays des Droits de l’Homme » – et patati et patata – seraient prêts à tâter du fascisme présentable, juste « pour essayer », puisque les autres leur paraissent usés – ce qui n’est pas faux, certes !

Mais enfin, quelle défaite annoncée ! Défaite de la pensée, des convictions, des valeurs. De soubresauts en cahots, en culbutes et en sursauts, l’Histoire n’en finit pas de bégayer, on le sait. Au bord du vide, des haut-le-cœur nous saisissent.

tas-urgences

Où allons-nous ? «Ça déborde» de partout ; de gauche et de droite„ extrêmement. [Ph. d.r.]


  • © Ch.- M. Schulz

    « Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer. » F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, 1925
    ––––
    « Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet. » Bossuet

  • Traduire :

    • Twitter — Gazouiller

    • Énigme

      Philippe Casal,, 2004 - Centre national des arts plastiques

      Philippe Casal, 2004 - Centre national des arts plastiques - Mucem, Marseille

    • La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste. (Claude Lévi-Strauss)

      La réa­lité vraie n’est jamais la plus manifeste.
      (Claude Lévi-Strauss)

    • 2sexpolLa Revue Sexpol ressuscitée !

      Parue de 1975 à 1981, la Revue Sex­pol (sexualité / politique), ses 39 numé­ros et 2000 pages ont res­sus­cité par la grace de la numé­ri­sa­tion. Un DVD est désor­mais dis­po­nible, au prix coû­tant de la numé­ri­sa­tion, de la dupli­ca­tion et des frais de port, soit 16 euros avec jaquette cou­leur et boî­tier rigide ou 11 euros sans. Ren­sei­gne­ments et com­mande en cli­quant ici ou sur la cou­ver­ture du der­nier numéro, ci-dessus. En savoir plus ici sur Sex­pol.
    • «Comme un nuage – 30 ans après Tchernobyl»

      Comme un nuage, album photos et texte marquant le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986). La souscription étant close (vifs remerciements à tous les contributeurs !) l'ouvrage est désormais en vente au prix de 15 euros, franco de port. Vous pouvez le commander à partir du bouton "Acheter" ci-dessous (bien préciser votre adresse postale !)

      tcherno2-2-300x211

      Il s'agit d'un album-photo de qualité, à tirage soigné et limité, 40 p. format A4 "à l'italienne". Les photos, prises en Provence et notamment à Marseille, expriment une vision artistique sur le thème d’« après le nuage ». Cette création rejoignait l’appel à l’organisation de "1.000 événements culturels sur le thème du nucléaire", entre le 11 mars 2016 (5 ans après Fukushima) et le 26 avril 2016 (30 ans après Tchernobyl).
    • L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances (Ber­trand Russel)

      L’argument fon­da­men­tal pour la liberté d’expression est le carac­tère dou­teux de toutes nos croyances. (Ber­trand Russel)

    • montaigne

      Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. Montaigne - Essais, I, 26

      La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve. Djalāl ad-Dīn Rūmī (1207-1273)

    • « C’est pour dire » de Gérard Ponthieu, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (3.0 France). Photos, dessins et documents mentionnés sous copyright © sont protégés comme tels.
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    • « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

      « Si vous ne chan­gez pas en vous-même, ne deman­dez pas que le monde change »

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