Mon ami Pierrot

Pas de portable. Pas d’internet ni d’ordi. Juste le téléphone normal, avec fil. Sans quoi pas de nouvelles. Eut fallu lui prêter ma plume… En fait, c’est lume qu’on devrait dire, selon la comptine originale… où il ne fait pas bien clair : Lume comme lumière. Or, mon ami Pierrot a quand même l’électricité. Mais peut-être plus pour longtemps : sage, il anticipe sur la fin du pétrole et songe à passer au solaire. En Bretagne. Ah ? Oui. Avec des chandelles s’il le faut (même plus la lampe à p…) Il s’est planté là, face à l’océan, le dos tourné à ce continent qu’il semble ignorer. Presque un ermite en sa thébaïde. Presque. Lui et sa poignée d’amis ont acheté un quinze mètres. Tous n’ont pas tenu. Lui si : trois ans autour du monde. Ça lui fait quelques stères de souvenirs. De quoi se tenir chaud et se passer de télé pour un moment – jusqu’au prochain appel du large. Mi Haddock, mi Némo, il fume, boit, joue de l’orgue et du piano. Du Bud Powell, entre autres – si vous voyez ce que j’entends par là. Tel est mon ami Pierrot. A ne pas confondre – quoique – avec Pierrot mon ami, ce tendre roman de Raymond Queneau. Extrait, de mémoire :
– A quoi tu penses, Pierrot ?
– A rien.
– C’est déjà mieux que de ne pas penser du tout.

Voilà, tout ça parce que je pensais à Pierrot.

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