Etat du monde : 54 journalistes tués en 2004

Voilà un indicateur qui en vaut bien d’autres sur l’état du monde. Selon un rapport publié le 10 décembre par le Comité de protection des journalistes, l’année 2004 restera comme l’une des plus meurtrières avec 54 reporters tués dans l’exercice de leur profession.
Ce chiffre est le plus élevé depuis une décennie. Il dépasse le triste bilan de 1995, année au cours de laquelle 51 journalistes avaient trouvé la mort. La guerre civile qui se déroulait alors en Algérie était en partie responsable de cette situation.
En 2004, l’Irak a été le lieu de tous les dangers pour les reporters : 23 tués, victimes des tirs des insurgés, des tirs croisés, mais également des attaques des forces américaines. Depuis le début du conflit irakien, en mars 2003, le nombre des journalistes tués s’élève à 36.
Mais le plus grand nombre des tués l’ont été en représailles directes pour leurs enquêtes. C’est en particulier le cas aux Philippines, où les meurtriers de journalistes ne sont d’ailleurs pas traduits en justice. En Côte d’Ivoire, la mort de Jean Hélène, de RFI, est sans doute à mettre dans la catégorie intermédiaire des meurtres liés à une pathologie politique aiguë et téléguidés de manière très tordue. Ayant eu l’occasion de rencontrer Jean Hélène au Niger, sa fin tragique m’a d’autant plus touché. Chesnotmalbruno De même que celle de Joël Donnet, qui avait été un de mes étudiants au Centre de formation des journalistes, en 1983. Photographe-reporter indépendant, l’hydravion qui le transportait pour un reportage s’est abîmé le 11 novembre dernier près de Manaus, au nord du Brésil, provoquant également la mort du photographe de l’agence Gamma, Nicolas Reynard, et de leur pilote brésilien.
Enfin, dans ce sinistre tableau, on ne saurait ici oublier Christian Chesnot et Georges Malbrunot, pris en otages en Irak depuis le 20 août !

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