La maire d’Aix-en-Provence contre le Nouvel Obs’ « Il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté de la presse ». Alors où est le problème ?

Les procès intentés à la presse sont toujours à double tranchant. Même et surtout s’agissant d’un procès d’intention. La maire d’ Aix-en-Provence, Mme Maryse Joissains-Masini, semble ignorer cette réalité ; et si elle fut jadis avocate, elle paraît aujourd’hui bien cavalière au regard du droit de la presse. Ainsi veut-elle traîner le Nouvel Observateur en justice, du moins si elle n’obtient pas réparation par un droit de réponse équivalent à l’outrage – d’ailleurs non encore juridiquement qualifié.

Et quel est diantre cet outrage ? Le supplément régional de l’hebdomadaire consacré à sa gestion municipale et titré (couverture ci-contre) : «Maryse Joissains-Masini est-elle à la hauteur ?» Certes, émanant d’un hebdo de centre gauche, la question implique une réponse prévisible. Mais celle-ci s’avère tout à fait argumentée, fondée sur un travail journalistique sérieux, mesuré, et même équilibré. Du vrai bon boulot comme on aimerait que bien des journalistes s’en inspirassent ( ;-), et qui pourra servir aussi bien aux étudiants aixois du mastère de journalisme juridique de la faculté de droit, y compris avec ses possibles prolongements au prétoire…

Or donc, quand Mme Joissains-Masini n’est pas contente, elle ne sait jamais se retenir de le tonitruer, dans son style inimitable, entre gouaille et vulgarité. Si bien qu’on ne trouvait plus un Nouvel Obs qui vive sur la place d’Aix et environs. Bonne affaire pour le journal. Son service des ventes n’a pas manqué les réassorts, et le « brûlot » encore chaud se négociait de plus belle, en deuxième et troisième semaines après parution, jusques et y compris au kiosque devant la mairie. Bravo la promo !

Comme le rapporte La Provence au lendemain du conseil municipal en partie consacré à l’ «affaire», Mme Joissains-Masini s’estime « traînée dans la boue » par le dossier «qui met en cause la crédibilité des électeurs […], l’honorabilité et la compétence du maire» et de son équipe. Bien sûr, a-t-elle ajouté, «Il ne s’agit pas là de remettre en cause la liberté de la presse ni sa capacité d’interpréter les faits. Mais là, l’exercice vise à déstabiliser l’équipe municipale en utilisant des moyens souterrains et indignes». Moyens ainsi qualifiés dans un document aux élus : […]«la désinformation, la calomnie, la rumeur, le mensonge et l’injure». Bigre ! Attendons voir ce que peut bien recouvrir chacun de ces termes dans l’esprit de la maire d’Aix-en-Provence. On en en saura alors plus sur la législation de la presse. A l’avocate, cette fois, de se montrer à la hauteur.

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anto

je cherche le numéro du magazine ou est publié l’enquète sur maryse joissains

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