(B)REVES D’AFRIQUE – COTE D’IVOIRE

CoteivoireCOTE D’IVOIRE. « Ce qu’a vraiment fait la France » : sous ce titre, une remarquable enquête du Nouvel Observateur (n°2093 – 16/12) sur les événements de novembre, côté français. Où l’on peut mieux comprendre, derrière les regards de Jean-Paul Mari et Robert Marmoz, comment les quelque 350 militaires de la force Licorne (renforcés ensuite par des légionnaires venus du Gabon) ont eu à faire face aux dérèglements d’un pays en proie à la guerre civile et aux déchaînements de violence.

Sacrée épreuve : encaisser le bombardement du camp de Bouaké, avec morts et blessés ; secourir autant que possible les milliers d’expatriés devenus la cible des pires exactions («A chaque Ivoirien, son blanc !») ; maintenir le contrôle de la base française et de l’aéroport, indispensables aux renforts comme à l’évacuation des civils ; et tout cela dans un climat d’outrances et de provocations, en évitant autant que possible la «casse» – autrement dit le bain de sang – de part et d’autre. Sans oublier le climat général dans le pays avec ses dimensions politiques, les manipulations ivoiriennes comme les atermoiements français. On aimerait, bien sûr, trouver l’équivalent informatif côté ivoirien. Ce qui s’avère aujourd’hui impossible pour un journaliste blanc. Le dernier à le tenter, et sans doute le plus légitime pour ça, fut Jean Hélène, qui le paya de sa vie.

Dans ce même numéro, ne se limitant pas à l’événementiel, l’Obs’ donne la parole à Jean-François Bayart. Ce chercheur du CNRS, prend toute la hauteur nécessaire à la compréhension de ce drame qui cristallise tant d’ingrédients : le colonialisme, certes, mais plus encore aujourd’hui son cortège complexe qui aura fait défiler les Houphouët-Boigny, Pleven, Mitterrand, De Gaulle, Foccart, Bédié, Balladur, Chirac et Bgagbo enfin. Où l’on comprend comment a pu naître « la colère des jeunes citadins qui n’ont connu du “miracle ivoirien” que le chômage, et de la “Françafrique” que le refus des visas convoités ou la clandestinité des sans-papiers».

Comprendre n’excuse personne. Surtout pas une classe politique irresponsable d’où auront jailli les ultras de l’ «ivoirité» et les «demi-choix» des dirigeants français.

Partager

1
<span style=

  S’abonner  
plus récent plus ancien
M'avertir en cas de
BIGO

sous ‘tutelle’ les pays africains ex-colonies, particulièrement les plus géographiquement stratégiques ou les plus riches. La Côte d’Ivoire a le ‘malheur’ de figurer parmi ceux-là. Les contours de la guerre montée en épingle contre la Côte d’Ivoire sont maintenant connus. Chirac ayant eu la maladresse de jouer le pourrissement de la crise, persuadé qu’il est, que les Ivoiriens s’essouffleront dans la résistance. N’est-il pas dans sa conception, et celle de tous les pourfendeurs de l’Afrique, que les Africains ne se contentent que de déclarations tapageuses et qu’ils ne vont jamais au bout de leurs actions ? Mais, de par la… Lire la suite

Translate »