« Time » remet à la justice les notes d’un de ses reporters

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Time, le magazine américain, a fini par remettre à la justice les notes révélant la source d’information d’un de ses reporters. C’est un déculottage devant le pouvoir juridico-politique, même si le rédacteur en chef se dit préoccupé par les nouvelles limites ainsi imposées à la liberté de la presse : “En refusant de revoir les questions importantes posées par ce cas, nous croyons que la Cour suprême a limité la liberté de la presse”, a en effet déclaré Norman Pearlstine. Pour celui-ci, il s’agissait d’abord de protéger le journaliste Matt Cooper, visé par 18 mois de prison s’il ne révélait pas ses sources.

 

Le patron du New York Times, Arthur Sulzberger, a regretté le revirement du magazine : “Nous sommes profondément déçus […]. Nous avons été confrontés à des pressions similaires en 1978, quand, avec le journaliste Myron Farber, nous avons été accusés d’outrage à la cour pour avoir refusé de donner les noms de sources confidentielles. M. Farber a passé 40 jours en prison et nous avons payé des amendes substantielles. Nous nous concentrons maintenant sur notre journaliste, Judith Miller, pour la soutenir pendant cette période difficile “, a-t-il écrit dans un communiqué.

Le revirement de Time est sévèrement critiqué, car il met en porte-à-faux son journaliste et risque de miner la relation de confiance qui s’établit entre un reporter et ses sources. Comment un journaliste de Time pourra-t-il garantir l’anonymat d’une source, alors que son entreprise peut passer outre cette décision ?

Judith Miller et Matt Cooper sont menacés de prison, en marge d’une enquête visant à établir qui, au gouvernement, a révélé l’identité de l’agent de la CIA, Valerie Plame, pour discréditer son mari l’ambassadeur Joseph Wilson qui avait mis en doute l’existence d’armes de destruction massive en Irak.

Rappelons au passage l’affaire du Watergate dont l’informateur principal, « Gorge profonde », vient – de son propre fait – de révéler son identité. Il est vrai que la portée du scandale provoqué (jusqu’à la démission du président d’alors, Nixon), constituait une sorte d’autoprotection des deux journalistes du Washington Post. Ce n’est pas le cas avec cette nouvelle affaire. (Lire notre article du 01/06/05).

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