Comme ça Das­sault Serge – fils de Mar­cel, feu le tenan­cier du Café du com­merce – cherche pour son Figa­ro « un des­si­na­teur poli­tique gen­til pour rem­pla­cer Jacques Fai­zant ». Il a pas­sé la petite annonce en inau­gu­rant un salon de la BD à Cor­beil-Essonnes (Essonne) où il est aus­si maire, en plus de séna­teur et bien­fai­teur de la presse (70 canards ache­tés en un seul chèque).

L’offre est tom­bée dans l’oreille des sourds de Char­lie Heb­do. Onze d’entre eux, de Wolins­ki à Luz, en pas­sant par Tignous ou Jul, ont donc pos­tu­lé et pro­po­sé leurs ser­vices sous forme de des­sins parus dans le der­nier numé­ro. Das­sault se trouve donc bien embar­ras­sé : com­ment trier dans ce déluge talentueux ?

Mais j’oubliais : il veut un « gen­til », un clone de Fai­zant. Ça devrait se trou­ver sans peine.  Le vieux des­si­na­teur vient d’être évin­cé du Figa­ro nou­velle mou­ture à la veille de ses  97 ans. Pour fêter ça, le jour­nal a annon­cé hier un « hom­mage » à l’artiste déchu, dans une for­mule bien faux-cul : « …Parce que Le Figa­ro ne pou­vait pas le lais­ser par­tir à la retraite sans lui rendre un grand hom­mage, le quo­ti­dien lui consacre deux pages ven­dre­di 16 décembre ». Plan­tu, Solo, Ray­naud, Deligne, Dubouillon, Redon, Méot, Ran­son, Dobritz, Trez, Wolins­ki et d’autres se sont coti­sés pour lui tres­ser une cou­ronne des­si­née dans les colonnes dudit Figa­ro (numé­ro du 31 décembre…).

Fai­zant, je ne me sou­viens pas qu’il m’ait fait sou­rire. Ou bien à l’arrachée, un jour de gri­saille, un jour à lire Le Figa­ro chez le den­tiste. Ça doit quand même être un brave type. Et cos­taud avec ça ! C’est pas comme ce grin­ga­let – je sup­pose –, ce gom­meux – j’en suis sûr –, dont je trouve une espèce de des­sin repris aujourd’hui sur Yahoo. J’ai honte pour lui (il s’appelle Delize) et c’est pour ça que je le repro­duis, pour la lui faire boire ici même, sa honte (mais il en est fier, bien sûr).

DelizeC’est vrai­ment le genre de bave cra­po­teuse qui va faire hur­ler notre Faber pré­fé­ré. Sans par­ler de la mochon­ce­té du cro­bard, son pro­pos est car­ré­ment con et fachoïde, exac­te­ment au centre du débat qu’il pré­tend « illus­trer ». Le Pen et Devil­liers tenant le crayon d’un pauvre type. Même Das­sault n’en vou­drait pas.

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