D’ Alger, le noir tableau de l’Étranger (2)

Alger, 1er février. Ce matin, petit cinq heures, appel du muezzin. Ah ! mais, on dirait une berceuse… Celle d’un crooner câlin. Sono de qualité, voix travaillée. Un Sinatra du Coran, sur l’air de «Stranger in the night». Il faut dire que je me trouve dans le quartier Hydra, sur les hauteurs chicos où perchent ambassades, la radio-télé, le grand hôtel. Un «XVIe»algérois, loin de Bab El-Oued ou de Belcourt qui m’auraient mieux convenu. C’est ainsi.

Hier donc, je me voyais en Étranger – référence à Camus, oui et, au-delà, interrogation sur mon état de Français foulant une terre d’ex-colonie. Étrange statut de l’étranger quand même un peu «chez lui». Non pas au sens du proprio, bien sûr, mais du terrien universel, promeneur d’un monde idéalement sans frontières et, pourtant, empêtré dans ses barbelés. Sensation ambiguë d’un bonheur d’être là et, en même temps, de ce sentiment d’étrangeté, sinon de gêne.

4alger010206 Ces foutus barbelés ! Le plus souvent invisibles – les pires. Ceux qui ruinent les intérieurs, rongent les têtes et les cœurs, s’insinuent jusque dans les ventres des hommes. Religion unique, religion d’État, omnipotence et omniscience divine. Toute résistance est hérétique, ou tend à le devenir. Tout écart dubitatif, pour un peu, relèverait de l’inquisition. L’espace libre est menacé par une domination insidieuse, non-dite.

Je le vois bien, depuis cet espace islamique algérien, avec cette affaire des caricatures danoises. Réprobation unanime des émetteurs d’opinion. Pas un contrepoint public. En privé, sans doute trouverais-je quelques avis de dissidents mis en confiance – et en confidence – auprès du mécréant de passage, cet étranger au Sacré… «Étranger» ? Non, juste amarré au doute comme à sa bouée de sauvetage : ne pas, ne jamais renoncer au libre arbitre, respiration vitale de l’esprit et de l’être tout entier.

D’ailleurs, j’en ai bien rencontré un qui ose le pas de côté ; qui se dise athée, tout bonnement, face à ses camarades de parti (le FFS, Front des forces socialistes, seuls vrais opposants au régime en place). Ça ne fait pas une légion, mais n’y en aurait-il qu’un… Tout comme celui-là aussi, citoyen – peut-être unique – du Niger qui refuse l’inféodation religieuse et personnelle à Allah. Mais hier, par exemple, dans un début d’échange sur l’actualité, j’aurais bien pu provoquer le scandale, ou tout au moins l’indignation. C’était auprès de militants du MSP, Mouvement pour une société de paix, parti dit «islamiste modéré», un pied dans le gouvernement, un autre dehors. Sorte d’équivalents de nos anciens sociaux-chrétiens confondant Voltaire et satan, et pour un rien, ou si peu, prêts à rallumer des bûchers.

Cette société aussi repose sur un volcan très éruptif : politique, économique, social, culturel, religieux semblent se neutraliser. Mais par l’action pressante-oppressante de forces aussi énormes que contraires. Un écart, une étincelle, et c’est l’explosion. Pour le moment «ça tient» par la contrainte: quatorze années d’état d’urgence ; quelque 200.000 morts en des crimes abominables ; des flics partout, visibles et invisibles ; un chômage à plus de 20%, 10 millions de moins de quinze ans, sur 30 millions d’Algériens ; la corruption comme sport national ; des médias sous surveillance étroite ; et la femme algérienne sous l’étouffoir de la double domination mâle et religieuse.

Noir tableau, appelant des nuances de gris. J’y viendrai.

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Une réflexion sur “D’ Alger, le noir tableau de l’Étranger (2)

  • 27 juin 2007 à 22 h 49 min
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    Douze ans après le “satanique” contrat de Rome, décrié par des attafs, la panoplie des patriotards du verbe (logorrhées nationalissistes) et autres ex officiers de l’armée coloniale: décideurs malgrè la volenté populaire;

    Et malgrè, les accords secrets de 97 qui pérennisent la primauté du militaire sur le politique = l’exact contraire de la décision majeure du congrès de la soummam: primauté du politique sur le militaire;

    Tout en suivant les tentatives maladroites (Niveau Louhha= bas de gamme) du pouvoir réel à vouloir instrumentaliser les concepts de réconciliation aux finx de les reprendre à son compte et pour mieux les pervertirs; Il ne peut plus tromper personne ce pouvoir, qui dans tous ses compartiments que ce soit ses vitrines institutionnelles et ses relais visibles HIZBAOUATES (Partillons et autres), ou des dans ses faces cahées (l’Arépubliqe du club des putins) n’a qu’une seule constante et elle n’est ni républicaine, ni nationaliste, ni patriotique ni aucun iste, isme ou autres machin, mais elle simplement basée sur la conjugaison pérenne à son compte exclusif et de ses lampions de “AYAT EL KOURSI” (se maintenir que coûte sur le trône) et user des privilèges de la “MA’IDA” (la Table ; la manne du pouvoir; la rente, la rapine et le bradage des richesses de la nation, etc;), import import oblige!

    Mais voila que dans la presse Algérienne, je lis que des démocrates “sérieux” proposent en 2007 – Après: 200.000 morts, 30.000 disparus, plus de quinze années de terreur à laquelle ils y ont largement contribués en stimulant, derrière les blindés, Le COUP D’ETAT du 11 Janvier- et ce, plus de 12 ans après le contrat de rome qu’ils ont rejeté “globalement et dans le détail” en traitant de tous les Noms d’oisons les artisans du dit contrat et soutenant la démoctature bagages, corps et “âme!?’ , Voila que ces “Démocrates très sérieux et très conséquents” proposent en 2007 en guise de sortie de la crise patente, visible et non latente, dans laquelle se débat notre pays depuis 1962, ..j’hésite, tellement c’est hallucinant .. ILS PROPOSENT L’OPTION DU DIALOGUE SANS EXCLUSIVE Y COMPRIS AVEC LES ISLAMISTES.

    Allah ou Akbar – Lah Yerhham Li Matou

    Pour reprendre une formule à grand impact parapsychologique, made in Base de LANGLEY: “ce ne sont que des dommages collatéraux” , la merde qu’on a vécue n’était qu’une “opération chirurgicale nécessaire” pour “Sauver L’Arépublique”.

    TAHHOUNAT Ya LAHA MIN MATHHANNA

    RAKHOUSSAT Ya LAHA Min MARKHASSA

    PS: Je ne peux m’empêcher de penser en ce moment à tous mes amis et connaissances et ceux que je n’ai pas connus, parmi les enfants de mon quartier, les lycéens, les femmes, les jeunes filles, les policiers, les militaires, et même ceux qui ont servi de chaire à canon parmi les barbus, et en particulier, permettez moi de faire sortir de l’ombre des algériens morts pour …?? à cause de ….??? que personne n’a cité ni dans la presse , ni dans la télévision, et qui n’auront ni symposium ni mémorial, si ce n’était le coeur meurtri de leur parents, leurs épouses, leur frères, leurs voisins, leurs amis.

    – Mon ami d’enfance, mon frère défunt KASRI ABDELGHANI (Ghanou), enfant de Bologhine ancien champion d’Algérie en BOXE catégorie superwelter devenue soldat des forces spéciales, tombé au champs d’honneur les armes à la main pour défendre l’Arépublique de LARBI BELKHEIR et NEZZAR. les spécialistes de l’import import.

    – Le policier qui était agent de circulation au carrefour du Boulevard 1er Novembre – c’est une des personnes que je n’ai jamais connues personnelement- ce jeune Algérois, enfant du “Cadix” cartier en contrebas de “Sour – Stara” qui habitait à l’entrée de la Rue Abdelaziz Mouzaoui dépendante d’Alger centre mais limitrophe de la CASBAH, que nul enfant du cadix et de la casbah ne pourra oublier: ce policier -agent de circulation- aimable et aimé de tous pour sa simplicité et sa serviabilité, et qui avait pour devise servir et protéger; ce jeune Algérien que je ne connaissais que de vue pour l’avoir vu plusieurs fois, toujours en souriant, entrain de régler la circulation, fût lâchement assassiné par les terroristes au niveau de « Souq N’Kasser » « Marché couvert à l’entrée de la rue de la lyre » pour le seul objectif de lui enlever son arme ; il laissai sans tuteur et sans soutien ses nombreuses sœurs son petit frère (07), ainsi que sa grande mère et son grand père vieillard à la retraite misérable.

    Il était un élève studieux avec des félicitations, des encouragements à chaque trimestre que ce soit au CEM ou au lycée, son père était déjà mort depuis longtemps, sa mère couturière et femme de ménage à mi-temps qui était le soutien financier de la chaumière mourut elle aussi ; alors que sa grande sœur se proposa d’aller faire la femme de ménage pour subvenir aux besoins de ses petites sœurs et ses deux frères, son cadet, ce jeune Algérien la stoppa nette, refusant l’idée de continuer ses études en laissant sa sœur faire la boniche des « Bouhioufs Endimanchés », et derechef opta pour le premier boulot trouvé, Agent AOP et il devint l’agent de circulation sus-mentionné. Le monsieur permettez moi d’utiliser un grand M : le MONSIEUR ne jouait pas avec le « NIF ».

    AASSA EDHIKRA TANFAAOU EL MOUWATININE.

    Lorsque les sages prêchaient la bonne parole et bon sens pour faire taire les armes, en agissant avec des actes concrets pour faire primer la lucidité, le dialogue et le politique sur l’aventure guerrière de frères contre frères, pour traiter les prémices de la guerre qu’ils ont toujours essayé de cacher, vous étiez parmi ces héraults de la démoctature qui traitaient AIT AHMED de tous les noms d’oiseaux – ” Sira Naker Lahssan-, vous avez approuvé et applaudi le coup d’état scientifique contre Ablehamid Mehri qui essayait de faire du Front de Liquidation de la Nation un parti politique autonome non à la solde du pouvoir, Vous fûtes et êtes parmi ceux qui se sont Rassemblés Contre la Démocratie, vous fûtes et êtes parmi les Partisans de l’Aliénation Générale au Système… Arépublicains… AASSA EDHIKRA ……

    La ligne de Démarcation est faite, elle est claire et limpide (la ghoubar alayha) entre les hommes, les vrais et les autres ( Democratawates, islamawates, – un pied par ci, un pied par là-, les HHAnnounnates , les officiers du RND et les HHarkawates du FLN).

    Ni vos logorrhées, ni les diatribes médiatiques- tous médias confondus-, ni vos élucubrations cérébro-spinales, ni vos théories théorisantes qui ne sont que des clichés importés d’orient et d’occident, ni vos spéculations spéculantes, encore moins vos propositions proposantes n’arriveront à détourner l’histoire de son cours : le référendum populaire du 17 Mai a mis fin au jeux de rôles orchestré par les décideurs de club des pins. Le peuple à tranché avec les vases communicants ; il est en attente d’une vrai alternative ; c’est celle qu’il construira lui-même sans vous et encore moins avec vos commanditaires.

    Ecoutez … sentez …
    Le règne de la sagesse, de la culture de la vie, de la Hikma, de la force des idées, de l’Algérie combattante …. Il arrive, il a fait jonction avec la jeunesse d’octobre qui ne fera pas de chahut de gamin…… il est là ….. il est tout près…. Patientez : c’est le 4,5 & 6 septembre 2007 avec Si LHOCINE, la relève est là.

    ” elli zyan saadou ou tlâa nharou iban lel âabad chtara
    welli âatah rabbi ou ftahh bsarou bel ferhh we lhna we sâada”

    Abat l’opium du peuple : le foot-ball,
    Vive les enfants d’octobre 88.

    Casbah – Alger, le Mercredi 27 juin 2007
    Youcef Mimouni
    Citoyen Algérien Majeur

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