1) Analyse de titre. Ou tout l’art du Monde mis au service de NS

Monde070506
Le sarkozysme rampant d’une grande partie de nos médias dominant
s n’est pas toujours facilement décelable. Une forme d’indépendance, ou plutôt une indépendance de forme, oblige les plus prudents à se prémunir d’une trop voyante et encombrante sarkophilie. Il faut donc souvent y aller à la pioche ou/et au scalpel, c’est selon. Ainsi ce titre du Monde daté du 7 mai, derrière lequel se joue tout un jeu serré entre le politicien et le journal. J’ai évoqué la question quelques fois (et encore ), notamment à propos d’un éditorial du « journal de référence » qui a jeté le trouble chez certains de ses journalistes. Dans sa livraison du 13 mai, Marianne démonte bien ce que François Darras et le service politique de l’hebdo qualifient de « coup d’État » de Sarkozy. De fait, ce dernier, est parvenu à prendre le pouvoir – par des manœuvres évoquant le 18 Brumaire de Bonaparte (en fin connaisseur admiratif, de Villepin appréciera le parallèle…) La démonstration de Marianne est convaincante. Notamment pour ce qui est, chez Sarkozy, de son art d’instrumentaliser les médias –ce qui ne paraît d’ailleurs pas bien difficile!. L’extrait qui suit livre la clé expliquant le titre du Monde « Chirac oblige Sarkozy à envisager Matignon ».

« Habilement, les sarkozystes, pour faire passer leur marchandise en contrebande, n’utilisent  pas le Figaro (Serge Dassault étant, selon eux, en partie tenu par ses espoirs de vente d’avions Rafale), pas non plus le Parisien, mais, comme ils le firent déjà lors de la campagne Balladur en 1995, le Monde, journal de référence systématiquement repris par l’AFP, les télés, les radios, dont la rédaction très indépendante est, certes, très loin de leur être acquise, mais qui, avec Jean-Marie Colombani, le patron du quotidien, Alain Mlinc, le président du conseil de surveillance, et Patrick Jarreau, l’un des directeurs adjoints de la rédaction, leur assurent des oreilles disponibles et bien disposées!

« Le lendemain [journal daté du 7 mai] , notre confrère cite cette phrase du président à son interlocuteur: « Nicolas, il ne faut pas que tu quittes le gouvernement. Si tu penses que tu peux aller à Matignon pour finir ce quinquennat, réfléchis-y. On en parle la semaine prochaine »! Or, rappelons-le, il s’agissait d’un tête-à-tête. Et comme ce n’est pas Chirac qui a rapporté ce supposé « propos», ça ne peut être que l’autre, c’est-à-dire Sarkozy.

« Objectif: achever Villepin, le transformant en has been en sursis; montrer Chirac déboussolé, sans ressources, condamné à s’accrocher au ministre de l’Intérieur comme à sa dernière bouée de sauvetage. Faire entendre que ce n’est pas Sarkozy qui veut devenir Premier ministre, n’allez pas croire ça, il n’en est plus là, il lorgne plus haut; non, c’est Chirac qui le supplie de le devenir et Sarko qui, malgré toutes ses réticences, est prêt à se sacrifier sur l’autel de l’intérêt supérieur du pays (et de la droite accessoirement). »
Faut-il vous l’emballer ?

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Sarkozy à Matignon ?
Une excellente idée, un cadeau empoisonné, la meilleure façon de le couler pour les présidentielles… Je suis pour.

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