Puisque c’est ain­si, je la sors « mon » échelle, celle au joli nom d’Ines (Inter­na­tion­al Nuclear Event Scale) qui désigne la Richter du nucléaire. Cette échelle a valeur uni­verselle pour mesur­er la grav­ité d’un événe­ment nucléaire. Gen­darme du secteur, en France, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’y réfère. Un gen­darme d’ailleurs très juge et par­tie, qui s’est mon­tré bien indul­gent pour ce qui est de l’accident de Tri­c­as­tin en le clas­sant d’« autorité » au niveau 1. C’est-à-dire au plus basique niveau de l’anomalie. Or, les pro­pres critères de clas­si­fi­ca­tion four­nis par l’ASN mon­tre qu’il y a eu « acci­dent » à Tri­c­as­tin (niveau 4) ou, à la lim­ite, « inci­dent grave » (niveau 3). Voyons le tableau de clas­si­fi­ca­tion de l’ASN :

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Document de l’ASN (clic droit pour agrandir)

On voit donc que dans la colonne « Con­séquences à l’extérieur du site », le niveau 4 indique « Rejet mineur : expo­si­tion du pub­lic de l’ordre des lim­ites pre­scrites ». Au « mieux » des don­nées fournies (rejet de 75 kg d’uranium, tout de même, et non plus 300 kg selon les chiffres avancés par le seul exploitant, la Soca­tri – qui donc con­trôle ces don­nées, qui les recoupe ?), la clas­si­fi­ca­tion pour­rait être au min­i­mum de niveau de grav­ité 3…

Mais l’ASN a décrété 1. Et le chœur des répéti­teurs d’entonner l’air du Un : l’ensemble des médias paten­tés et, en écho, le min­istre Bor­loo ain­si que Mme Are­va, Anne Lau­ver­geon – l’un et l’autre trop con­tents de s’appuyer sur cette béquille pour atténuer la grav­ité de la sit­u­a­tion et clairon­ner l’autre tube de cir­con­stance, celui de la Trans­parence.

Il ne s’agit pas de jouer les alarmistes. Informer devrait suf­fire. On en est loin. Exem­ple avec Libéra­tion du jour [same­di 19] qui, mal­gré sa Une tapageuse et ses trois jour­nal­istes sur le coup, ne dégage aucune infor­ma­tion de pre­mière main recoupant les don­nées offi­cielles : pas le moin­dre ingré­di­ent de con­tre-enquête de ter­rain. Ter­rain trop con­t­a­m­iné pour les fan­tassins de l’info ? Ne serait-on pas mieux servi si l’accident avait eu lieu, met­tons à la cen­trale bul­gare de Koslo­duy, plus à l’abri du red­outable lob­by­ing hexag­o­nal ?

Même la Cri­irad sem­ble au ralen­ti : rien de neuf sur son site depuis le 11 juil­let, seule­ment quelques appari­tions feu­trées de respon­s­ables à la télé…

Les Verts étant… au vert et Dominique Voynet en apnée (son blog s’arrête au 7 juil­let), à part Sor­tir du nucléaire et Green­peace, le boule­vard paraît dégagé pour faire pass­er l’affaire Tri­c­as­tin-Romans au chapitre courant des pertes et prof­its.

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