A Venelles, le Loto sait récompenser des « gens bien »

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Ainsi, les dieux de la chance et de la fortune ont fait un crochet par Venelles. En m’ignorant, je vous le dis tout de suite, tas de tapeurs à l’affût, passez votre chemin ! Ils m’ont ignoré car ils ont préféré s’abattre sur « des gens qui se lèvent tôt et travaillent dur », selon le très sarkozyste maire de là-que-je-vis. Des « gens bien » a-t-il ajouté pour enfoncer le clou de la bonne pensance – à défaut de bonne gouvernance : comme, par exemple, décider dans son coin de jumeler la commune avec une cité italienne, organiser une cérémonie, poser la plaque officielle, PUIS demander un vote au conseil municipal. Ça s’est passé vendredi dernier. Si !

Comme pour la grippe A et la panade socio-économique, ce Loto fera passer la pilule locale – enfin, si pilule il y avait dans cette douillette commune. D’où les sourires de ravi du maire et de son adjoint devant les caméras, comme s’ils avaient eux-mêmes mérité des mannes célestes. Imaginons leurs bobines si les quinze s’avéraient être de ces Gitans sans cesse rejetés du territoire venellois ? De ces glandeurs qui se couchent à pas d’heure au lieu de célébrer le dur labeur et de sacrifier au culte du Marché ! Ou encore de ces chômeurs grassement entretenus par les impôts des « gens biens » !

Jeu d’argent et de hasard, la loterie n’est rien moins qu’une arnaque organisée visant à ramasser l’argent des pauvres pour en redistribuer une part à quelques-uns d’entre eux. Le rêve de richesse, la cupidité ambiante, ainsi que pub’ et com’ de nos jours ont porté cette pratique immorale au sommet des grandes « valeurs » sociétales. Son culte est ainsi célébré chaque jour dans tous les médias, dont le pompon télévisuel évidemment, rejoignant les autres grands rendez-vous rituels que sont la météo et la bourse.

Plus que critiquées sous les Lumières, interdites par la Révolution, rétablies sous Napoléon et jusqu’à nos jours, les loteries ratissent d’énormes sommes d’argent – bien plus que l’impôt sur le revenu (je n’ai pas les chiffres sous le coude). Elles ont l’avantage, contrairement au fisc, d’amalgamer des croyances religieuses et païennes à la fois, tout en recevant l’onction implicite des politiques dominantes.

Quant à la question de fond(s)…, celle de l’immoralité liée au culte de l’Argent-roi – sans même remonter à l’adoration du Veau d’or –, elle renvoie à l’indécence des sommes « gagnées » et à une autre question, bien fondamentale, celle du bonheur simple de vivre.

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la commune doit prier pour que le gagnant ne déménage pas et investi ici, bonjour les impôts!

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