Tou­jours se faire trai­ter de traître, qui aime­rait ça ? Sur­tout pas un Bes­son, ain­si que le rap­porte le Canard de cette semaine, lequel rend compte du bou­quin où l’ex-épouse règle quelques comptes avec celui qu’a opté (tra­hi ?) pour une jeu­nette… Rien que du banal.  Frin­gale de pou­voir, crise d’amour-propre, désir de revanche, tout ça porte sur les hor­mones et cham­boule les neu­rones, foi de sexo-politologue.

inquietanterupture.1255705314.jpgPlus tris­te­ment comique encore fut la pres­ta­tion du même Bes­son ce matin sur France Inter. Spé­cia­le­ment à pro­pos du prince Jean et de l’empereur Nico­las 1er envers les­quels, par un flot de com­pli­ments, il s’est acquit­té de ses obli­ga­tions de ral­lié et aus­si de repen­ti – n’avait-il pas com­mis en 2007 le pam­phlet le plus « sar­ko­zy­cide » comme dit le Canard, inti­tu­lé « Les inquié­tantes rup­tures de Nico­las Sar­ko­zy » ? Le renie­ment qui s’est ensui­vi sonne comme une tra­hi­son de soi-même, mar­quée par la plus zélée des sou­mis­sions à l’imperator. Lequel a scel­lé le contrat d’allégeance en attri­buant au repen­ti le plus ingrat des rôles : bou­ter les gueux hors des fron­tières de l’Empire. Ce dont il s’efforce de s’acquitter au mieux. 

Tâche pas facile, qui exige de grands sacri­fices, comme celui de renon­cer à tout regain de popu­la­ri­té… Ter­rible piège. Tan­dis que court déjà la rumeur qui le ver­rait aux portes de Mati­gnon… D’où, sait-on jamais ? le lèche-cultage de ce matin sur Inter : « Je déteste les chasses à l’homme [Ndlr : le chas­seur de migrants sait de quoi il parle et n’est pas gêné, ces der­niers n’étant peut-être pas des hommes…] […] et la chasse au fils est encore plus déplo­rable.. […] C’est un grand acquis répu­bli­cain et démo­cra­tique que n’importe qui puisse se pré­sen­ter devant le suf­frage uni­ver­sel. »  Le « n’importe qui » [vrai­ment ?! ] en ques­tion, Bes­son « a appris à le connaître depuis deux ans et demi. […] Ce gar­çon a une ambi­tion et un talent per­son­nels qui n’ont rien à voir avec les volon­tés ou les sou­haits de son père »… Qui c’est, déjà, son père ?

Dites-nous, sire, votre valet a-t-il bien ser­vi la soupe ce matin ?

Même deve­nu pre­mier ministre, valet il res­te­ra. Peut-on res­pi­rer libre­ment dans l’ombre de César ? Voyez Fillon. Bes­son, lui, s’est en plus renié, à la (légère) dif­fé­rence de ses col­lègues ral­liés venus de la « gauche ». Il est même désor­mais secré­taire géné­ral adjoint de l’UMP, une vraie pro­mo­tion dans l’ordre de la légion traî­tresse. Curieux comme on le ver­rait bien tour­ner dans un péplum et endos­ser la toge de Bru­tus. Ce matin encore, sur Inter, l’humoriste Fran­çois Morel a décli­né à qui mieux-mieux le verbe éric­bes­so­ner en lieu et place de tra­hir. Il y a deux ans sur ce blog, je me lais­sais aller à des pré­dic­tions : « Ce temps est aus­si celui des traîtres, et même de leur consé­cra­tion. On dira désor­mais « le bes­son » pour mesu­rer le degré de tra­hi­son poli­tique, qu’il per­son­ni­fie en le por­tant à son point de subli­ma­tion ».

 

 PS – J’avais mis de côté cette « page trois » du Monde (1/10/09) consa­crée aux ral­liés de l’ « ouver­ture ». Savou­reuses gale­ries. Celle du haut, en pied, les sept prises de guerre, cou­leur de hareng et enfi­lées en bro­chette. Celle du bas ras­sem­blant les onze har­pon­nés au titre plus « neutre » de char­gés de mis­sions, bien fer­rés quand même. Et puis dans le coin en bas, la pub qui tue. Même sans la célèbre cita­tion : « Si à cin­quante ans t’as pas ta Rolex »…

 

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